stendhal - de l'amour

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La description de chaque étape du processus de l'amour...

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Stendhal (1783-1842). De l'amour . Tome premier. 1995.

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LE

LIVRE

DU DIVAN

STENDHAL

DE

L'AMOUR

RVISION DU PRFACEPAR TEXTE ET HENRI MARTINEAU

PARIS LE DIVAN 37, Rue Bonaparte,MCMXXVII

37

I.

L'AMOUR.

1

DE L'AMOUR 1

CETTE 1.825 PLAIRES SUR 1800 1

DITION EXEMPLAIRES

A

T 25 DE

TIRE EXEMI A

A

NUMROTS DE RIVES

XXV ET DE

PAPIER

BLEU,

EXEMPLAIRES SUR VERG

NUMROTS LAFUMA.

A 1800

EXEMPLAIRE

NO

1367

STENDHAL DE L'AMOURThat you should be made a fool of by a young woman, why, it is many an honest man's case. THE PIRATE, tome nr, page 77.

TOME PREMIER

PARIS LE DIVAN 37, Rue Bonaparte, 37MCMXXVII

PRFACE

DE L'DITEUR

Voici le livre d'un amoureux, le livre d'un homme qui, passant un jour en revue les femmes qu'il avait aimes, avouait navement que la plupart de ces tres charmants ne l'avaient point honor de leurs bonts, mais qu'elles avaient la lettre occup sa vie. Un peu plus loin, au cours de ses confidences, L'amour a ce mme homme ajoutait des toujour t pour moi la plus grande affaires ou plutt la seule. Et pour attester, comme s'il en tait besoin, la vracit de ce propos, Mrime, ami clairvoyant et sans complaisance, vient affirmer son tour qu'il a toujours connu Stendhal amoureux ou croyant l'ire. Rien donc de plus naturel pour cet crivain amoureux que de dverser ses constantes proccupations dans un livre. Ce livre est incomplet, mais vif, piquant, et on le relil encore avec plaisir et intrt cent ans aprs son apparition, car, ainsi que le disait dj Duvergier de Hauranne, dans

II

PRFACE

son article du Globe du 24 octobre 1829 Prenez les deux volumes de l'Amour, les plus bizarres assurment que M. de Stendhal ail crits. Si, la dixime page, vous ne les jelez pas de dpit, vous serez surpris en arrivant au bout du mouvement qu'ils auroni donn votre imagination. Sans doute parce que le meilleur en est eniiremenl fait de notes prises sur le vif. C'est dans sa chre Italie que l'ide de disserler sur l'amour devait venir l'auteur. Il ne voulait voir que l commenl la passion l'lal de nature fournit l'observateur des exemples renouvels du temps pass, et cependant toujours neufs. Les Italiens taienl ses yeux le seul peuple des temps modernes exempt d'affectation. Parmi eux, il avait got pour la premire fois cette vie libre qu'il affeclionna toujours plus tout au monde,celle conversation divineque et avec les femmes, ces discussions entre lgre hommes que ne gte jamais un sot amourpropre ni la peur du ridicule. Ce monde idal lui tait apparu sitt qu'il eut pass les Alpes en 1800, l'aube de sa dix-huitime anne, el ds celle poque il rvait d'y jouer un rle. Il ne commena seulement de-l tenir qu'en 1811, Milan, el il le possda pleinemenl enfin, duranlles sjours qu'il fil en Ilalie, aprs la chule de l'Empire. Sans doule pourra-t-il bien mener une exis-

DE L'DITEUR

III

tence analogue, toute remplie par la conversation des salons et les aventures sentimenlales Paris dans les annes qui suivront son retour de 1821 mais toujours il jugera les Franais apprts et ne croira pas possible qu'on puisse ailleurs cultiver aussi librement que sous le ciel bleu d'Italie la plante nomme amour . Le climat n'est pas seul considrer pour la croissance de celte plante, il lui faut encore un terrain propice. Slendhal non seulement amoureux, mais qui mieux est, malheureux par amour, tait, aux environs de 1820, dans les conditions requises pour bien sentir et bien analyser la passion. Il prouvait le sentiment sans doute le plus sincre et le plus fort de son existence, sentiment qui ne fut point pay de retour et qui, par cela mme, fut singulirement plus mouvant, plus excitateur de ses penses el qui lui permit de goter cr la jalousie et les humiliations. Il aimait follement Madame Mathilde Viscontini, qui vivait Milan spare de son mari, le gnral baron Jean Dembowski. Il chrissait tout en elle son physique, son altitude fire, sa ressemblance avec l'Hrodiade du Vinci, son got potique, son ddain du vulgaire et surtout celle me si noble aux aspirations gnreuses qui lui faisaient rver la dlivrance de l'Italie.

IV

PRFACE

Stendhal avait -os lui crire pour lui peindre son amour, mais elle le rprimanda de telle faon que pour ne pas dplaire davantage, il cessa peu prs toute correspondance. Mathilde, ou plus exactement Mtilde comme il l'a toujours appele, n'en prtendit pas moins qu'il la compromettait, et lui dfen-. dit de se prsenter chez elle, place Belgiojoso, plus d'une fois par quinzaine. Son soupirant dut se soumettre et borna son espoir obtenir la grce de lui pouvoir rendre quatre visites par mois. Mtilde cependant ne se dpartit jamais de sa svrit. Aussi- Stendhal, en 1821, lui vint-il faire ses adieux. Il ne devait jamais la revoir. Il ne l'oublia jamais, et parla- toujours d'elle avec une dvotion mue. Lorsqu'il songeait elle, aucun fait prcis, aucun souvenir artes trop vives ne venait arrter sa rverie et dtruire la cristallisation que lui avait inspire la petite tte la plus altire de Milan o. Morte, quatre ans aprs leur sparation, elle continua, ainsi qu'il nous l'avoue lui-mme, inspirer les actes de son platonique amant. Elle devinl pour moi comme un fantme tendre, profondment triste, et qui, par son apparition, me disposait souverainement aux ides tendres, bonnes, justes, indulgentes. M. Arbelel a publi les quelques pages d'un curieux Roman de Mtilde o Sten-

DE

L'DITEUR

V

dhal voulait mettre sa vie, ses sentiments, ses espoirs lorsque Madame Dembowski ne le recevait plus gure et lui avait sans doute interdit la moindre allusion un amour qu'elle ne voulait pas entendre. Ce roman ne devait tre lu que par elle et n'tait crit que pour lui peindre la profondeur d'une passion qu'elle ddaignait. Quelques feuillets peine en furent tracs. Mais, en revanche, si Mtilde a jamais ouvert les deux petits volumes de l'Amour, elle a pu voir courir en filigrane de ces pages l'hommage le plus ardent et le plus personnel qui soit et se reconnatre tout au long de celle confession dguise.

Beyle considra toute sa vie l'Amour comme son uvre principale, parce qu'il y avait expos ses ides les plus chres, ses croyances les plus intimes, toute celle science du bonheur laquelle il attachait tant d'importance, surtout parce qu'il y avait enferm ses plus douloureux secrets d'amour. Peut-lre mme prfrait-il ce livre moins pour les thories que pour les souvenirs dont il l'avait rempli. La part de son exprience personnelle y est en effet prpondrante, et le sens nous en chapperait. si nous ignorions certaines circonstances de sa vie et de

VI

PRFACE

son amour pour Malhilde Viscontini. Les phases de son dsespoir, de ses abattements; toutes les nuances des sentiments par lesquels il passa, on retrouve tout cela dans les quelques pages o il cherche raconter avec clarl et vrit l'histoire de son cur. Il serait fastidieux de relever tous les traits de l'existence de Stendhal que nous connaissons par ses ouvrages autobiographiques ou sa Correspondance et dont nous retrouvons. le reflet dans l'Amour. Toute une partie de ce livre n'est qu'une sorte de journal intime sous les noms supposs de Lisio Visconti, de Salviali, de Delfanle, etc. etc, Deux de ces personnages sont-ils en scne et en contradiction apparente, ils n'en reprsenlent pas moins l'un el l'aulre l'auteur lui-mme exprimanl sous un double masque les antinomies de sa nature sincre. Mtilde s'y nomme Lonore, et ce nom revienl chaque lournant de p