rapport du 17 avril 2009

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  • Mission du Haut Responsable charg de lIntelligence conomique

    La protection du Secret des Affaires : Enjeux et propositions

    Rapport du groupe de travail prsid par M. Claude Mathon, avocat gnral la Cour de Cassation

    17 avril 2009

  • 2

    Membres du Groupe de travail

    Prsident M. Claude MATHON Avocat gnral la Cour de cassation

    M. Jean-Benot BUSNEL Conseil en proprit industrielle

    Me Corinne CHAMPAGNER KATZ Avocat la Cour

    M Didier JULIENNE Dirigeant de socit trangre Membres

    M. Pierre LODDE Administrateur civil directeur de projet Ministre de lintrieur

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    Avant-propos

    Protger les entreprises franaises vulnrables aux attaques dloyales de prdateurs conomiques et financiers, constitue un impratif de dfense des intrts de la nation et une proccupation permanente des pouvoirs publics.

    Pour raliser cet objectif, il convient de contribuer restaurer lquit, - sinon une certaine moralit -, dans les pratiques commerciales en vigueur, gage dune expansion optimale des changes conomiques, dans le cadre dun nouveau climat de confiance juridique scuris.

    La recherche dune meilleure protection du secret des affaires de lentreprise sinscrit dans cette stratgie de politique publique et y tient une place centrale, par la mise en uvre de mesures conservatoires lies lintelligence conomique.

    Toutefois, lanalyse et la pratique convergent vers un mme constat : linadaptation de notre dispositif juridique et technique actuel pour lutter contre les dviances observes dans les relations commerciales internationales, et limpuissance des services de ltat comme de linstitution judiciaire pour accompagner et soutenir avec succs nos entreprises dans le domaine de la scurit et de la protection des informations et des donnes vitales quelles dtiennent.

    Dans cet esprit, le Haut responsable charg de lintelligence conomique a mandat un groupe de travail charg didentifier la nature de ces informations, de les hirarchiser, den apprhender les tenants et aboutissants, puis de prconiser des recommandations susceptibles damliorer lefficacit de nos procdures juridiques pour en renforcer lefficacit face des pratiques inacceptables, et au demeurant, en voie de banalisation.

    Cest avec le mme objectif quen dcembre 2005 a t acheve la refonte du cadre lgislatif et rglementaire relatif au contrle des investissements trangers dans les domaines spcifiques de la dfense et de la scurit publique. Ces dispositions du code montaire et financier1 permettent de contrler efficacement la prise de contrle dentreprises franaises sensibles, et ont inspir des rglementations similaires dans dautres pays europens tel que le projet de loi adopt par le gouvernement allemand cet t.

    Mais, en dehors des domaines de la dfense et de la scurit - o les rgles du secret et leur application ne posent pas de difficult excessive -, la France, contrairement dautres pays, manque de moyens juridiques pour protger le secret des affaires dans les entreprises publiques et prives prsentes dans les autres secteurs dactivit.

    Or, ainsi que lillustrent certains cas rcents, la violation dun secret dentreprise ou la divulgation de procds de fabrication et de formules confidentielles a des incidences

    1 Articles L 151-3 et R 153-1 et suivants du CMF

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    prjudiciables irrmdiables : perte dun contrat linternational, prise de contrle inamicale dune entreprise franaise, mise en uvre dune stratgie de destruction dune entreprise concurrente, etc. Les consquences qui en rsultent sapprcient gnralement en termes de perte demplois, de parts de marchs, dactifs financiers, et en dfinitive, de croissance.

    Sensible ces risques, le Tribunal de Premire instance des Communauts europennes a rcemment tabli une classification du niveau de secret des affaires quil applique aux pices des dossiers dans les contentieux dentreprises quil est amen instruire, afin de prvenir tout prjudice et dviter, le cas chant, la mise en cause de sa responsabilit de ce chef.

    Dans cette mme perspective, la France dispose de marges de manuvres importantes et peut sinspirer de rglementations et de pratiques trangres, qui rpondent aux enjeux considrs.

    Cest pourquoi, en liaison avec les ministres de la justice et de lintrieur, et lappui de spcialistes du droit des affaires, le groupe de travail a ralis une analyse approfondie du secret des affaires, dans le droit et dans les faits, pour y puiser les rflexions ncessaires une adaptation de notre droit aux exigences nouvelles du temps.

    Tel est lobjet du prsent rapport, dont les propositions, si elles taient adoptes, contribueraient renforcer la protection des acteurs nationaux de lconomie sur ce nouveau champ de bataille mondialis, o se joue dsormais lavenir des nations.

    Alain JUILLET

  • 5

    TABLE DES MATIRES

    I Les moyens de protection juridique existants ..................................................................... 8

    1.1. La notion de secrets daffaires dans les textes et la jurisprudence ....................................................................................8

    1.1.1. En Droit franais ...................................................................................................... 8 1.1.1.1. En Droit de la concurrence................................................................................ 8 1.1.1.2. En Droit financier.............................................................................................. 9 1.1.1.3. En Droit social................................................................................................... 9 1.1.1.4. En Droit de la Proprit intellectuelle ............................................................... 9

    a) Lobjet du secret des affaires en matire de proprit intellectuelle.................... 10 Le secret, objet de protection ............................................................................... 10 Le secret des affaires au sein de lentreprise........................................................10 Le secret des affaires de lentreprise dans ses rapports avec les tiers .................. 11 Le secret et lintrt gnral ................................................................................. 11

    b) Apprhension dinformations relevant du secret des affaires lors de la mise en uvre de la protection des droits de proprit intellectuelle.................................... 12

    Extension du champ de la saisie-contrefaon ...................................................... 13 Le Droit linformation ....................................................................................... 14

    c) Lencadrement de la rvlation du secret des affaires ......................................... 16 1.1.1.5. En Droit du secret de dfense.......................................................................... 17 1.1.1.6. En Droit pnal ................................................................................................. 17 1.1.1.7. En Droit administratif la procdure de la CADA......................................... 17 1.1.1.8. La loi dite de blocage du 26 juillet 1968 ..................................................... 18

    1.1.2. En Droit Communautaire ....................................................................................... 18 1.1.3. En Droit amricain : lEconomic Espionage Act ou Cohen Act ........................ 19

    1.2. La protection dcoulant des obligations contractuelles.......20

    1.3. La rparation de la violation du secret des affaires par le droit commun..................................................................................21

    1.3.1. Labus de droit ....................................................................................................... 21 1.3.2. La concurrence dloyale......................................................................................... 22

    1.4. Le bilan .....................................................................................23 II Les solutions possibles........................................................................................................ 24

    2.1 Les orientations.........................................................................24

    2.2. Les voies civiles ........................................................................24 2.2.1. Les mesures damnagement de la procdure civile .............................................. 24 2.2.2. La transposition en France de larticle 39 de lAccord sur les Aspects des Droits de Proprit Intellectuelle lis au Commerce (ADPIC)........................................................ 25 2.2.3. Lamnagement du Code Civil ............................................................................. 26 2.3.4. Le renforcement du mcanisme de rparation ....................................................... 27

    2.3. La voie pnale...........................................................................27 2.3.1. Le contexte politique.............................................................................................. 28

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    2.3.2. Le contexte juridique.............................................................................................. 28 2.3.3. Limpact de la pnalisation du vol de secret daffaires.......................................... 29

    2.3.3.1. Un effet pdagogique ...................................................................................... 29 2.3.3.2. Un effet dissuasif............................................................................................. 29 2.3.3.3. Un effet conomique ..............................................