paris-photographe 1893 n° 12, 30/12/1893

Download Paris-photographe 1893 n° 12, 30/12/1893

Post on 05-Jan-2017

247 views

Category:

Documents

11 download

Embed Size (px)

TRANSCRIPT

  • 3 "ANNE 3o DCEMBRE 1893 Nu 12

    PARIS-PHOTOGRAPHE REVUE MENSUELLE ILLUSTRE

    De la Photographie et de ses applications aux Arts, aux Sciences et l'Industrie.

    DIRECTEUR : Paul NADAR

    SECRTAIRE DE LA RDACTION : ADRIEN LEFORT

    ABONNEMENTS : PAIUS. Un an 25 Ir. DPARTEMENTS. Un an 36 (r. 5 UNION POSTALE. Un an 28 fr.

    On peut s'abonner directement et sans frais dans tous les Bureaux de Poste

    PRIX DU NUMRO : 2 FR. 50

    Paris-Photographe est en vente chez tous les grands libraires de la France et de l'tranger,

    ainsi que chez les principaux fournisseurs d'articles photographiques.

    RDACTION ET ADMINISTRATION : A L'OFFICE GNRAL E>E PIIOTOGItAPlIIE

    53, RUE DES MATHURINS, 53

    18 9 3

    tlHMlSUE FRANAISE W&i8Hl$0E - K'JSti

  • 3e ANNE. 3o DCEMBRE 1893 N 12

    _S>ommaie du Tf 12; :

    Le plerinage de la Mecque, E. B. Emploi du papier photographique dit au charbon-velours , de M. Artigue, Ch. Gravier. Correspondance trangre : Vienne, 25 dcembre 189.3, F. Silas. Applications multiples de ia photographie aux choses de la marine, A. F. Muller. Chambre syndicale del photographie, sance du 10 octobre 189.3. Informations. A travers les Revues. Inventions nouvelles. Bibliographie. Brevets relatifs la photographie.

    IIIusafion$ :

    La crmonie du Grand alat, la Mecque, hliogravure. Srie photographique, hliogravure.

    Les planches que nous publions la fin de chacun des numros du Paris-Photo-graphe sont les rductions des photographies originales faisant partie de la collection Nadar. Ces photographies sont en vente et on peut se les procurer en indiquant les numros inscrits, qui servent de rfrence.

    COLLABORATEURS

    DES PRCDENTS NUMROS DU PARIS-PHOTOGRAPHE

    MM. W. de W. Abney, vice-prsident de la Socit de Photographie de la Grande-Bretagne; G. Balagny; Bayard; Bthune; J. Bourdin; comte d'Assche; A. Cornu, de l'Institut; E. Cousin; G. Davison, II.-S. Camra Club; J. Demaray ; G. Demny, chef du laboratoire de la Station physiologique; Dr J.-M. Eder, directeur de l'cole impriale de Photographie de Vienne ; C. Fabre, de la Facult de Toulouse; Commandant H. Fourticr; Colonel Fribourg; Gustave Geffroy; j. Grancher; Grand-Carteret, L. Grandeau; Ch. Gravier; Flix Hment; Paul et Prosper Henry; J. Janssen, de l'Institut, prsident de la Socit franaise de Pho-tographie; Colonel A. Laussedat, directeur du Conservatoire des Arts et Mtiers; Lavroff, E. Legouv, de l'Acadmie franaise; Hugues Le Roux; Auguste et Louis Lumire; D' Marey, de l'Institut; Mars; Mercier; Nadar; Vicomte de Ponton d'Amcourt; A. Peignot; H. Reeb; A. Riche; F. Silas; L. de Tinseau ; G. Tissandier; Ch. Trpied, directeur de l'Observatoire d'Alger; E. Trutat, directeur du Musum de Toulouse; Vicomte de Spoel-berch de Lovenjoul: Soret; Lon Vidal; A. Villain; t. Wallon; Colonel J. Waterhouse, Assistent surveyor gnerai oflndio; F.-H. Wilson; P. Yvon, etc., etc.

  • LE

    PLERINAGE DE LA MECQUE

    ES deux photographies que nous offrons aujourd'hui nos lecteurs prsentent un intrt tout particulier cause de leur sujet. Les clichs dont elles sont l'agrandissement ont, en effet, t pris la Mecque,

    .la ville sainte des Musulmans, l'un des points du globe o, jusqu' prsent, l'art photographique a eu le moins d'occasions de s'exercer.

    Chacun en France sait peu prs, aujourd'hui, ce qu'est ce grand plerinage de la Mecque qui runit tous les ans, dans un pays aride et dpourvu de tout attrait nature], des millions de plerins venus de tous les coins du monde. On sait que tout musulman doit, autant que possible, tacher de faire ce plerinage au moins une fois dans sa vie. Ce voyage, pnible et lointain pour la plupart de ceux qui le font, et aux frais duquel beaucoup d'entre eux consacrent la totalit des conomies pniblement amas-ses pendant un grand nombre d'annes, donne ceux qui en sont revenus de nombreuses prrogatives parmi leurs coreligionnaires. Elle leur confre notamment le droit de porter le titre 'El Hadj (plerin) ainsi que de grands avantages au point de vue de leur salut ternel.

    Les formalits qui rglent l'accs des plerins jusqu' la ville sainte tt jusqu'aux crmonies religieuses sont minutieuses et compliques. Aussi malgr la diversit des races auxquelles appartiennent les visiteurs, malgr leur nombre immense, aucun chrtien n'a pu russir, jusqu' ces dernires annes, s'im-miscer parmi eux pour surprendre le secret des rites sacrs. Indpendamment du fanatisme de la foule qui ferait payer de sa vie au profane son imprudente

  • PARIS-PIIOTOGRAPIIE.

    curiosit, les autorits locales, ainsi que les reprsentants du clerg musulman, interdisent absolument aux infidles les abords de la ville sainte.

    On conoit donc combien sont intressantes et rares des images prises sur le vif, avec l'exactitude que donnent les procds photographiques, et nous renseignant sur l'aspect de ces lieux mystrieux ainsi que sur les solennits religieuses dont ils sont le sige.

    Le premier europen qui russit visiter la Mecque et nous donner des crmonies du plerinage une description oculaire fut le voyageur anglais Burckhardt, qui ralisa en 1816 cette dangereuse prouesse, sous un dguisement.

    Plus tard, la mme entreprise fut ralise, d'une faon beaucoup plus com-plte, par Lon Roches, rmittent orientaliste et diplomate qui, avant de devenir ministre plnipotentiaire, fut le secrtaire et le gendre d'Abd-el-Kader. C'est comme musulman, et durant la priode de sa vie o il pratiqua l'islamisme, que Roches russit faire le plerinage de la Mecque, charg d'une mission par le

    gouvernement franais. Il nous a relat ses impressions dans un livre des plus remarquables, publi

    en i885, etbienconnu de tous ceux qui se sont occups de l'histoire de l'Algrie1. Longtemps aprs lui, les voyageurs Von Maltzan, Burton et Keane, par-

    vinrent de nouveau pntrer jusqu' la Mecque au moment du plerinage, et leurs relations, trs sommaires, sous le rapport iconographique, ont constitu jusqu'en 1890 les seuls documents que les Europens aient possd sur la topo-

    graphie exacte du pays2. Tout rcemment, un voyageur hollandais, le docteur Snouck Htirgronje, a

    russi visiter la Mecque avec un outillage plus moderne et plus complet que celui dont disposaient ses prdcesseurs et a publi, l'anne dernire, en mme temps que deux volumes de texte descriptif du plus haut intrt, deux albums

    de remarquables photographies". Celles que nous donnons aujourd'hui leur sont antrieures en date : ce sont

    les seules que l'on ait possdes jusqu' la publication de l'ouvrage hollandais, et c'est d'aprs l'une d'elles qu'ont t faites les gravures insres tant dans l'ouvrage de Roches que dans la Gographie universelle de Reclus.

    Nous avons tch, sur les preuves originales elles-mmes, d'obtenir direc-tement des agrandissements plus prcis et plus nets que les gravures qui avaient t faites jusqu' ce jour, d'aprs une seule d'entre elles.

    Ces preuves originales, qui nous sont gracieusement communiques par un

    1. Trenle-deux ans travers l'Islam (1832-1864), par Lon Roches, ministre plnipotentiaire en retraite, ancien secrtaire intime de l'mir Abd-el-Kader, ancien interprte en chef de l'arme d'Afrique. 2 vol., Paris, Firmin-Didot, 188S.

    2. Burckhardt, Travels in Arabia. R. Burton, Pilgrimage lo Mekka. Maltzan, Wallfahrt nach Meltha. Keane, Six Monlhs in Mekka.

    3. Cf. Mekka, par le docteur C. Snouck Hurgronjc, avec deux atlas de figures. La Haye, Martinus Nijhoff, 1889-1890, 2 vol. in-8.

    LE PLERINAGE DE LA MECQUE. 5ll

    voyageur et naturaliste minent, M. le docteur Eugne Simon, ont t prises au moment le plus caractristique du plerinage par un officier gyptien, qui faisait partie de la mission annuelle envoye par le khdive pour escorter le tapis, ou

    plus exactement le voile, destin recouvrir la Caba. La Caba, ou maison d'Abraham, le sanctuaire par excellence de l'Islam, est

    en effet couverte d'une norme housse de soie qu'on renouvelle chaque anne. Cette housse de soie est faite au Caire, en une toffe spciale, aux frais du

    khdive-et du sultan de Constantinople, par qui elle est officiellement envoye chaque anne la Mecque. On considre que la prrogative de fournir cette

    housse constitue un acte de suzerainet. C'est la Caba, enveloppe de cette housse, que l'on aperoit, sous la forme

    d'une norme masse cubique de -couleur fonce, vers le milieu, et un peu sur la droite de la principale des deux photographies.

    Autour de la Caba se trouvent quatre constructions lgres qui, par leur architecture, ne sont pas sans analogie avec des pagodes, et que l'on nomme mzkham. On peut traduire assez exactement ce mot par tribunes. L sont les places d'honneur rserves aux reprsentants des quatre sectes orthodoxes, le rite malkite, le rite hanfite, le rite cheffate et le rite hambalite. Dans la pho-tographie qui nous occupe, la tribune hanfite (Makham-el-HanzJi) occupe l'extrme droite. La tribune malkite (Makham-el-Malki) se trouve cache derrire la Caba. Le Makham el-Mambali est cach galement derrire le grand arceau de la Porte du Salut (Bab-es-Selam), que l'on voit vers la gauche, au premier plan. La quatrime tribune, celle des Cheffates, se voit trs nette-ment droite de celte mme porte : ct est le Makham-Ibrahim, ou place d'Abraham; c'est l, disent les traditions musulmanes, que se tenait Abraham pendant la construction de la Caba, qu'il fut charg de rebtir par ordre de Dieu, l'endroit mme o Adam l'avait d'abord construite et o le dluge l'avait dtruite plus tard. L'ange Gabriel apporta lui-mme Abraham la pierre noire (Hadjer-el-Essoued), aujourd'hui objet de la vnration des fidles, qui se trouve dans un des angles de la Caba, et qui est le principal but du plerinage. Cette pierre servit, dit-on, d'chafaudage pour la construction de l'difice, car elle s'

Recommended

View more >