cinequanon 4 fevrier

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Le 4e numéro du journal du cinéclub de Sciences Po

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  • Cycle Le cinma de ltrange p. 18 Jim Carrey p. 24 Le saint-germain des prs p. 30

  • 2

    Edito Bizarre et paranormal, le cycle du cin-club vous emmne ce mois-ci dans un univers la frontire du rel, o ltrange intervient loisir dans un monde dsenchant celui de Twin Peaks, lespace totalitaire de Brazil, et lAmri-que strotype de Mars Attacks prouvent que le cinma le plus original nest pas forcment oppos une rflexion sociale et politique. Dans les salles cependant, le divertisse-ment pur jus a fait recette : Avatar, dsormais premier au box-office mondial, impose de nou-velles rgles en plaant la technologie numri-que en haut de la pyramide des valeurs cin-matographiques. La salle obscure en tant que parc dattractions, voil qui pose de nouveaux dfis lindustrie du cinma : si Gaumont et MK2 ont dores et dj pris le parti du numri-que, UGC ne sengage pas encore, clamant que les bnficiaires de ce systme ne sont pour linstant que les producteurs et les distribu-teurs. Mais puisque le spectateur est aussi un consommateur rationnel, je tiens souligner le nouveau partenariat sign entre SciencesPo et le Saint-Germain des Prs et la Pagode, qui vous proposent dsormais des places cinq euros pour toute leur programmation et tous leurs horaires. Rangez vos lunettes 3D, lart et essai est plus que jamais votre porte.

    Nomie Calais

    Contacts Cin-club :

    Margaux Juvnal

    Contact BdA :

    Ana Webanck

    Contacts Journal :

    Nomie Calais

    Alexandra Besly

    Vincent Danon

    Rejoignez le groupe Facebook pour plus dinformations : Cin Club {BDA Sciences Po}.

    [email protected]

    http://cinequanonscpo.free.fr/

  • 3

    Cahier critique p. 4 Sorties du 06/01 p. 4 Sorties du 13/01 p. 6 Sorties du 20/01 p. 12 Sorties du 27/01 p. 14 Sorties du 03/02 p. 15 Cycle du mois p. 18 Brazil p. 18 Twin Peaks p. 20 Mars Attacks p. 23 Dossiers p. 24 Jim Carrey p. 24 Avatar p. 26 Vincere p. 28 La salle du mois Le Saint-germain p. 20

    Sommaire

  • 4

    Sortie en salles du 06/01/2010

    http://cinequanonscpo.free.fr/

    Bright Star Bliss Gigantic Invictus

    Mr. Nobody Tsar Gainsbourg, vie hroque A serious man

    In the air Sherlock Holmes Brothers

    Bright Star, Jane Campion

    Des vers, des fleurs et de lennui

    Acclam lunisson par la majori-t de la critique cinmatographique, Bright Star, le dernier film de Jane Campion, ralisatrice pourtant bril-lante et dtentrice dune Palme dor pour La leon de piano, concourt hlas pour la Palme du film le plus ennuyeux de 2010. Mais gardons nous bien de dcerner la rcompen-se de manire trop htive : Twilight 3 est prvu pour cette anne. Pour en revenir au film de Campion, il russit lextraordinaire prouesse de faire cohabiter la puissance formelle dune ralisatrice accomplie et une reprsentation ennuyeuse et molle dun sentiment combien dynami-que et puissant. En effet, Bright Star cest lhistoire au dbut du XIX si-cle de la passion amoureuse qui lia John Keats un jeune pote, reconnu

    aprs sa mort comme un des grands potes Romantiques an-glais, Fanny Brawne sa voisine. Histoire que Campion, il faut le re-connatre, film de manire trs esthtique et trs travaille, ce qui permet Bright Star de reconsti-tuer lgamment lunivers poti-que habit par Keats et sa muse. Mais hlas, Campion commet une erreur typiquement fminine en mconnaissant lessence du senti-ment amoureux. En effet, point de passion, point de violence, point de saisissement abolissant l'abme sparant le spectateur du film. De cette impossibilit et de la distance qui en dcoule nat lennui qui en un billement silencieux nous fait oublier le fade Bright Star ds la fin du film. Cest cela Bright Star, un beau film froid qui narrive ni sai-sir lesprit du spectateur, ni saisir lessence de la relation entre John et Fanny. Dommage.

    Nicolas Lemaire.

  • 5

    Bliss, Drew Barrymore

    Be your own hero

    Debbie est une actrice, une excellen-te actrice qui sait rire delle-mme, la preuve en est la dlicieuse interpr-tation de Trashley. Cest aussi une actrice qui a du se farcir des scena-rios aux happys end dgoulinants et aux enchainements douteux. Ainsi, son premier film chappe et dtour-ne les clichs du genre et se rvle tre une comdie drle et ose. Bienvenue dans la vie de Bliss (Ellen Page). Elle vit au Texas, Bo-deen. Pour aggraver les choses, sa mre la fait participer des pa-geants au milieu de pom-poms idio-tes, telle sa rivale qui sort avec le quater back dbile qui mange son hamburger en moins de 60 sec. Bliss mne une vie ennuyeuse dune ado-lescente de 17 ans, videmment amoureuse du sexy chanteur de rock, jusqu sa rencontre avec Mag-gie Grabuge, rollerderby girl. Munies de ses Barbie rollers, Bliss slance et fuse, Babe ruthless est ne. On rit, on smeut, et pour une premire ralisation, on est agra-blement surpris. Surtout, nous aussi on veut chausser nos patins et avoir Razeur comme coach.

    Gigantic, Matt Aselton

    Rien nest jamais normal

    Brian Weathersby a 29 ans mais en parat 18. Ses parents ont lge d-tre ses grands-parents. Il veut adop-ter un bb chinois, pas coren, chi-nois, depuis au moins ses 8 ans. Son pote travaille avec une blonde qui tudie la sexualit des gerbilles. Un jour dans ce labo, Brian emmnera Al plonger dans la piscine aprs avoir bu de la vodka bleue. Al Lolly a une mre indigne, elle na jamais t amoureuse et parle franais. Un jour, elle sest endormie sur un ma-telas sudois ; et Brian vend des ma-telas. Il va la chasse aux champi-gnons avec son pre et ses frres. Il se fait rgulirement tirer dessus et battre par un Sdf. Rien nest vraiment normal, mais rien ne surprend vraiment. Toutes ses probabilits se croisent et se dcroisent dans un univers ni vraiment surraliste ni vraiment co-mique. Matt Aselton samuse filmer les chemins tragicomiques de ses acteursZooey Deschanel y res-plendit et nous divertit sans autre prtention ou souci que celle de la dsarmante simplicit.

    Alexandra Besly.

  • 6

    graphiques : jamais le rugby na t aussi bien et aussi longuement film. On soufrerait toutefois de payer, nous aussi, un prix : celui de la vrit. Si ce film ment, ce nest certes que par omission. Lors de la demi-finale contre la France (15 secondes l-cran, sous la pluie et dans lobscuri-t), ce nest ni le courage ni les pri-res sud-africaines qui ont permis la victoire, mais bien un arbitrage aber-rant, la preuve en est les essais refu-ss. Quand la finale contre les All Blacks de Nouvelle-Zlande, il ne fau-drait pas oublier que treize joueurs souffraient de la turista, apparem-ment empoisonns. Dtails ellipss, peine mentionns par une rplique de Morgan Freeman rpte avec conviction : We cannot lose. Le film gagne en lourdeur avec les actes philanthropiques sur jous. Surtout, la progressive conscience du sort des noirs durant lapartheid par lquipe, modeste pour ne pas dire minable, sud-africaine et surtout de son capitaine Franois Piennar, le fa-de Matt Damon, est dune niaiserie caricaturale. Pour autant, le film est visuelle-ment poustouflant, larmoyant et mme drle. La magie du cinma de Clint Eastwood opre pour nous faire oublier lHistoire, prfrant nous nar-rer une merveilleuse fable. Alexandra Besly.

    Invictus, Clint Eastwood

    I am the master of my fate, I am the captain of my soul

    Le dernier film de Clint East-wood, le ralisateur qui tourne plus vite que son ombre, nous emmne en Afrique du Sud en 1994. On suit le formidable chemin suivi par Nelson Mandela, frachement lu prsident de la nouvelle Afrique du Sud qui renat aprs lapartheid. Calcul hu-main, peut tre, politique surement, lancien prisonnier de Robben Island mise en particulier sur la coupe du monde de Rugby pour rconcilier son pays. Morgan Freeman incarne avec brio cette figure emblmatique et impressionnante du XXe sicle qui, il est vrai, incarne mieux que personne les mots de William Henley : Peu im-porte ltroitesse de la porte, le nom-bre de punitions sur le parchemin. Je suis le matre de mon destin, je suis le capitaine de mon me. Homme fail-lible, le film reste une louange adres-se cet homme qui travaillait jour et nuit rconcilier son pays, surpre-nant la fois ses amis et ses anciens ennemis. LAfrique du Sud devait se r-concilier, oublier le pass et pardon-ner, tout prix. On ne peut dnier ce film de relles qualits cinmato-

    Sortie en salles du 13/02/2010

  • 7

    On aurait pu se sentir touff, sub-merg par ce flot dhypothses, de retours en arrire et de changements de vie, mais le scnario, certes riche, est habilement construit. Aprs plus de sept ans dcriture, Van Dormal a conu un vritable petit bijou. Au d-part, explique til dans une interview, il souhaitait quelque chose de binaire, sinspirant de son cours mtrage de 1982, E Pericoloso Sporgersi, mon-trant un jeune garon courant aprs un train dans lequel se trouve sa m-re, fuyant son mari qui reste sur le quai : deux avenirs sont alors possi-bles. On retrouve aussi dans cette logique, linfluence de Pile ou face de Peter Howitt ou de Cours Lola cours de Tom Tykwer. Seulement voi-

    l, ces deux hypothses de vie laissent place dau-tres possibili-ts, dautres routes, dau-tres choix. Cest donc cet-te arborescen-ce qui est mise en scne, cet arbre des pos-

    sibles qui tend ses branches tou-jours plus nombreuses.

    De ce fait, Mr Nobody est un entre-lacs de possibilits en attente, de chemins encore ouverts. Cest un film sur la vie, le doute et le choix.

    Mr. Nobody, Jaco Van Dormal

    Tant que tu ne choisis pas, tout reste possible

    Jaco Van Dormal russit mettre lcran un conte, plus philosophique que fantastique et terriblement po-tique. Ds les premires images, nous plongeons dans une atmosphre