20120708 el watan num spe

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  • Une seule histoire,OY|WUH

    Photo : Rfugis/Fonds priv de la famille Moussa.

  • WWW.MEMOIRES-ALGERIE.ORGWWW.MEMOIRES-ALGERIE.ORG

    VOUS AVEZ DES DOCUMENTS NOUS FAIRE PARVENIR ?Une seule adresse : temoignages@memoires-algerie.org

    Mmoires dAlgrie est un muse numrique en devenir, lanc le 19 mars2012 par El Watan et OWNI. Des tmoignages et archives personnelles indites sont rassembls, ainsi que des archives de larme franaise et des notes de renseignement des services franais. De nouveaux documents seront rgulirement ajouts jusquau 5 juillet, date de lIndpendance algrienne. Dans les archives publies, nous avons dcid danonymiser certains noms dans les documents, principalement dans les comptes-rendus dinterrogatoires. Lutilisation trs rpandue de la torture doit pousser la plus grande prudence quant aux faits rapports dans ce cadre. Les aveux ne constituent pas des faits, encore moins des preuves. De mme, les comptes-rendus dopration et les notes de renseignement doivent tre lus en gardant en tte quils sont produits par lune des parties dans un contexte de guerre. Pour continuer se dvelopper, pour permettre chacun dexplorer sa guerre dindpendance, Mmoires dAlgrie a besoin

    de votre soutien. Vous pouvez nous envoyer vos tmoignages et archives personnelles. Pour plus dinformations, contactez-nous. Mmoire dAlgrie vous permet de naviguer au coeur des documents via deux entres principales : carte et timeline. Elles ont en commun une frise chronologique divisant les huit annes de la guerre en six grandes priodes historiques et permettant de filtrer les documents par priode. Sur lentre carte, en cliquant sur un point li une ville, le nombre prcis de documents saffiche et vous avez la possibilit dy accder. Vous basculez alors sur le mode timeline. Sur le mode timeline, des informations plus prcises relatives chaque document saffichent : thmes, dates, noms ou villes cits. En un clic, vous pouvez consulter individuellement chacun de ces documents ainsi que les mdias qui y sont associs (images, sons). Utilisez la borne Facebook, sous chaque document, pour commenter et les partager sur les rseaux.

    Comment a marche

    StatistiquesJusquau 1er juillet 2012

  • Ma guerrrrrrreeeee

    moi

    Hamid TahriEl Watan

    Mon enfance a t marque deux blessures. En effet, deux vnements restent enfouis en moi comme des cicatrices mmorielles. Lun, lentame de la guerre ou presque ; lautre survenu alors que se dessinaient les prmices dune indpendance laborieusement arrache, au prix du sang et des larmes.Le premier vnement saillant se produisit lorsque mon pre, que Dieu ait son me, officiait en qualit de reprsentant des oulmas, prodiguant des cours darabe des jeunes, de condition modeste mais assoiffs de savoir, qui considraient que lacquisition des connaissances tait un formidable moyen pour se hisser dans lchelle sociale. La mission du paternel tait aussi dveiller les consciences. Mon pre rptait souvent, en faisant allusion au joug colonial, que la libert ne consiste pas avoir un bon matre, mais nen point avoir ! Lide prne par lenseignant quil tait consistait dire que lhomme a beaucoup savoir et peu vivre et il ne vit pas sil ne sait rien !Un jour, un de ceux quon appelait les bellounistes au service du tristement clbre colonel

    flon, avait tent dattenter la vie de mon pre. Arm, il lui tendit un pige en laccostant la sortie de la mdersa, pointant larme feu sur son visage Mon pre sen sortit miraculeusement en se jetant sur son assaillant. Sa forte corpulence laida matriser son adversaire, le rouler par terre et lui subtiliser larme. Mais dans la bagarre, une balle fusa et alla se nicher dans son pouce. La main ensanglante, dstabilis, mon pre rentra la maison en essayant de dissimuler sa blessure.Enfant, cette squence mavait boulevers. Le lendemain, mon pre nous signifia quon allait vite quitter les lieux. Ce quon fit dans un long et prouvant exil qui nous mit labri pendant quelque temps pour ensuite reprendre une autre destination. Mon pre survcut cette tentative dassassinat. Digne et pudique, il nvoquera jamais plus ce fait, jusqu sa mort, en 1996.Lautre fait qui sest invit dans mon enfance a eu lieu la fin des annes soixante. Javais pris part, sans en connatre les tenants et les aboutissants, des manifestations Kouba contre

    lordre colonial. Insouciant et/ou inconscient, je me retrouvais au milieu des protestataires dans une posture qui, pour moi, participait moins dune action politique revendicatrice que dun mouvement de masse presque festif Jai souvenance que la soldatesque coloniale avait barricad la route principale et lanait des grenades dans notre direction. En retrait, jobservais les oprations avec une certaine jouissance jusquau moment o, battant

    en retraite, la foule se disloqua, prise de panique et courant dans tous les sens. Javais pris la poudre descampette, mais dans la mle, je mtais foul la cheville. Jai eu du mal rejoindre le domicile familial, heureusement quelques dizaines de mtres seulement du lieu des hostilits. Cette blessure mattira les foudres de mes parents, auxquels javais promis de ne plus jamais refaire cela.

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    Quelle est la part de vrit dans LIliade et lOdysse ? Cest un rcit fabuleux. Eblouissant dimagination, dont la construction de toutes pices est attribue Homre. Et pourtant, le pome sest rvl une source intarissable dinformations et denseignements sur une priode fort recule (entre 1300 et 1100 av. J.-C.) de lhistoire de la Grce antique. Homre, sil nest pas une identit fabrique, comme certains spcialistes le supposent, aurait vcu la fin du VIIIe sicle (av. J.-C.). Et pourtant, si lon sen tient la seule partie qui concerne La Guerre de Troie, la narration qui en a t faite par lade ionien a permis larchologue Heinrich Schliemann de dcouvrir, en 1870, les ruines de la cit antique. La comparaison peut paratre incongrue ds lors quon met en quation des vnements qui se sont drouls il y a plusieurs sicles avec dautres qui nous sont proches et qui se sont passs lre de la tlvision et du cinma, cest--dire des instruments qui ont enlev son caractre absolu la mort elle-mme. La source demeure identique : le tmoin ; le vecteur en est la parole. La crdibilit, elle, peut donner sujet lincertitude

    ou, en tout cas, une forme de scepticisme.Toutefois, au regard de ce qui se passe, notamment dans le domaine de ldition et du journalisme, les Algriens, confronts au silence des pouvoirs publics en charge de la reconstruction mmorielle, sont en train de se rapproprier leur Histoire. Il est vrai que les historiens auront fort faire, lavenir, pour passer au crible tous les tmoignages qui sont en train de sexprimer de faons diverses ; mais tout ce qui scrit et se dit est bon prendre. Rien nest ddaigner. Tous les tmoignages doivent tre rcolts, consigns, films, enregistrs, non pour attribuer des satisfecit ou distribuer des mrites, mais pour constituer une vritable banque de donnes. Ds le lendemain de lindpendance nationale, les premiers ukases ont frapp lhistoire. Les autorits ont commenc par en extraire des personnages, puis des dates et des vnements. Il aura fallu attendre la fin des

    annes 1970 pour que la presse puisse parler du Congrs de la Soummam et que les officiels le clbrent. On a assist au jumelage des dates importantes comme le 5 Juillet qui a t coupl avec la Fte de la jeunesse et, plus tard, du FLN (le parti et non lartisan de la Libration). Le 19 juin tait commmor et fri, mais pas le 19 mars, par exemple. Lhistoire de lAlgrie tait prisonnire des fonctionnaires de la Vrit ainsi que Ben Khedda dsignait les cerbres de lHistoire. Ce dernier rapporte quen 1976, le prsident Houari Boumedine avait demand aux historiens et aux chercheurs du Centre national des tudes historiques (CNEH) dcrire lhistoire de lAlgrie et de sa Rvolution en insistant sur la ncessit de ne pas citer de noms dans la phase contemporaine. Le deuxime prsident du GPRA poursuit : A un historien qui stonne quon puisse crire cette histoire sans citer les noms de Abdelkader, Ben Badis, Messali, Ferhat Abbas le Prsident estima que ce qui a t fait par la Rvolution algrienne dpassait de loin leurs actions... No comment.

    1962-2012 Mmoires dAlgrie. 1962-2012 Mmoires dAlgrie. Supplment dit par la SPA El Watan Presse au capital social de 61 008 000 DA. http ://memoires-algerie.org. Directeur de Directeur de la publication : la publication : Omar Belhouchet. Pilotage ditorial. Pilotage ditorial. D'Alger : Adlne Meddi, Mlanie Matarese avec Yasmine Sad et Tristan Lesage de La Haye (El Watan Week-end). De Paris : Guillaume Dasquier, Pierre Alonso, Julien Goetz, Rodolphe Baron, Marie Coussin, Lila Hadi (OWNIOWNI). Conception et ralisation Conception et ralisation graphiques : graphiques : Ammar Bouras. Iconographie : Iconographie : Fonds privs, Ahmed Moussa, AFP Coordination et correction des documents : Coordination et correction des documents : Fatiha Meziani

    Direction - Rdaction - Administration : Direction - Rdaction - Administration : Maison de la Presse Tahar Djaout - 1, rue Bachir Attar 16 016 Alger, Place du 1er Mai : Tl. : : Tl. : 021 65 33 17 - 021 68 21 83 - : Fax : : Fax : 021 65 33 17-021 68 21 87 : Sites web : : Sites web : http://www.elwatan.com et www.memoires-algerie.org. E-mail :E-mail : temoignages@memoires-algerie.org PAO/Photogravure :PAO/Photogravure : El Watan : Impression : : Impression : ALDP - Imprimerie Centre ; Simprec - Imprimerie Est ; Enimpor - Imprimerie Ouest. Diffusion : Diffusion : Centre ALDP. Tl./Fax :Tl./Fax : 021 30 89 09 - Est - Est Socit de distribution El Khabar. Tl. :Tl. : 031 66 43 67 - Fax :Fax : 031 66 49 35 - Ouest Ouest SPA El Watan Diffusion, 38, Bd Benzerdjeb (Oran) Tl. :Tl. : 041 41 23 62 Fax :Fax : 041 40 91 66

    Nos sincres remerciements aux ditorialistes et tous les contributeurs qui nous ont fait confiance en mettant notre disposition leurs d