journal paroisse saint-sauveur janvier 2012

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journal de la paroisse Saint Sauveur janvier 2012

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  • L e s trois rois ma-ges figu-rent en b o n n e p l a c e

    dans le folklore issu de la Bible chrtienne. Lvangile de Matthieu nous les mon-tre se prosternant avec leur offrande devant lenfant J-sus et sa mre, selon une mise en scne qui sinscrira jamais dans limaginaire chrtien par une longue s-rie de chefs duvre de peintures et de sculptures. Ces reprsentations ont ten-dance tirer le texte de Matthieu vers le genre litt-raire de la lgende alors que sa rdaction oriente vers une vritable dramaturgie provoque par lidentifica-tion de Jsus comme Messie et roi des Juifs. Trois figures dominent ce drame : les Mages dabord, les autorits religieuses Jrusalem grands prtres et scribes, et enfin le pouvoir politique avec le roi Hrode. Toutes les trois reprsentent une forme de sagesse que lv-nement de la naissance du roi des juifs va directe-ment interpeller. Examinons de plus prs la conduite de ces trois figures. Les Mages : Ils viennent aprs un long priple rendre hommage

    cet enfant Jsus le dsignant par roi des juifs . Comme ils sont astronomes, ils ont vu se lever une toile dans le ciel annonant la naissan-ce dun personnage illustre. Il leur a fallu la foi dAbra-ham pour suivre cette toile vers une destination incon-nue, eux qui comme Abra-ham ont tout quitt, leur maison, leur famille, leur scurit. Lvangliste nous dit quils viennent dOrient. LOrient est plus quun pays, cest une direction. En venir, cest arriver de plus loin quon ne le croit, daussi loin que lho-rizon. Ces hommes sont

    pousss par un dsir qui re-joint linfini. LOrient , cest aussi dautres horizons de sagesse qui ne sont pas dans

    la ligne des sages dIsral. Et pourtant, cette sagesse les met sur la voie dune rencontre dcisive avec la Rvlation faite Isral. Lorsquils arrivent Jrusa-lem, la prcision de leurs questions montre la rigueur de leur engagement. O est le roi des juifs qui vient de natre ? Nous avons vu son astre son lever et sommes venus lui rendre hommage Ainsi, le si long voyage que ces hommes ont entrepris nest ni pour la conqute, ni pour le pouvoir, ni pour le prestige, ni pour la connais-sance gratuite ou savante,

    mais pour lhommage. Ils veulent sincliner devant Celui quils estiment plus grand queux. Un vrai dsir

    dadoration les porte. Arri-vs dans la maison, au lieu indiqu par ltoile, non seu-lement ils se prosternent devant lenfant, mais de leurs bagages, ils sortent des prsents, de lor, de lencens et de la myrrhe, o la Tradi-tion voit une triple indica-tion sur le mystre de len-fant qui vient de natre : lor suggre sa royaut, lencens sa divinit et la myrrhe sa mort. Ainsi tout se passe comme si ces trangers voyaient plus loin et plus profond que ceux qui sont dpositaires de la rvlation biblique. Fort de leur honnte sages-se, avec simplicit ils dsi-gnent le Messie sauveur du monde. Ils font mme da-vantage, puisque leurs of-frandes pointent dj sur le mystre de lEnfant-Dieu appel manifester sa divi-ne royaut dans le mystre de sa Passion. Comme ils taient arrivs, les mages sen vont mais par un autre chemin, comme si rien maintenant ntait pareil. Les autorits religieuses Jrusalem : Ils sont les d-tenteurs du savoir. A priori directement concerns par la venue du Messie. Mais il faut le questionnement des mages, en loccur-rence des tran-

    Paroisse Saint-Sauveur - 38 rue de la Fosse Marine - 37100 Tours - 02 47 54 46 19 - paroisse.saint-sauveur@orange.fr

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    janvier www.saint-sauveur.doyenne-tours-nord.fr

    DITO DE JEAN-BAPTISTE QUOIRIN (ANIMATEUR AUMNERIE DES COLLGES)

    DES SAVANTS LA RECHERCHE DE DIEU

  • P hysicien passionn, Jean-Marie est cher-cheur depuis une quinzaine dannes. Il labore de nou-veaux matriaux pour des applications diverses et va-ries. Sa recherche, trs thorique, sur la raction des matriaux peut se faire partir des lois de la physi-que lmentaire. Ces lois correspondent des qua-tions que lon peut rsoudre laide dun ordinateur. Pa-ralllement sa recherche, Jean-Marie donne des cours dlectromagntisme aux tudiants en Master 2 de Physique. A lissu de ses tudes, il ef-fectue un stage de longue dure o il met au point des

    outils informati-ques pour le mon-

    de de la finance. Mais cette immersion au milieu des traders ne lenthousiasme gure. Elle ne rpond pas une dmarche scientifique, une soif de connaissance, seulement un besoin fi-nancier. Aprs lexcitation des premiers temps vient la sensation de vanit. Il se pose alors la question Pourquoi ai-je fait des tu-des scientifiques ? et alors, la rponse lui parat claire : Pour chercher, pardi ! . Si la dmarche scientifique lui parat autonome et agnostique, il nen demeure pas moins que cest en ve-nant la science que nat en lui un intrt mtaphysique. Sa foi se trouve travaille et enrichie par llargissement de la connaissance.

    Et du questionnement. Car le travail scientifique est une dmarche sans fin qui pose incessamment de nouvelles questions. Jean-Marie se demande mme : Dieu ne jouerait-il pas avec nous ? Ds que nous entrevoyons une rponse, une nouvelle question apparat. La recher-che de la structure math-matique ultime est-elle vai-ne ? Est-ce de lhumour di-vin ? Il nen demeure pas moins que la contemplation reste au cur de son mtier. La nature peut se traduire en une structure mathmati-que et cette structure est belle, profondment belle et fascinante, poustouflante mme. Et quen est-il du dfaut, de lerreur de la na-

    ture ? Mme si le dfaut est imprdictible pour lhomme, il reste explicable lorsque lon avance dans la recherche. Il est le rsultat de causes logiques qui appa-raissent chaque nouvelle dcouverte thorique. Quen est-il du problme thique ? Il est rsiduel toute dcouverte. La science est neutre. Cest ce quon veut en faire qui est dter-minant. Les intentions de lhomme sont les deux pen-tes dune montagne et la dcouverte en est la ligne de crte. Selon la finalit, on peut glisser dun ct ou lautre de la pente . Par exemple, llaboration du virus H5N1 peut permettre de merveilleuses applica-tions comme les pires.

    gers, pour quils exhument les prophties relatives Sa naissance. Ainsi renseignent-ils les mages sur le lieu o Il est n. Mais curieusement, ils ne bougent pas, alors que se manifestent devant leurs yeux, les signes comme quoi lesprance en la venue du Messie est en voie de se raliser. A loppos des ma-ges, ils sont comme incrus-ts leur maison, leur famil-le, leur bon sens de bien

    pensant et donc incapables de faire le moindre pas vers le lieu tout proche quils ont dsign aux mages, (Bethlem nest qu une dizaine de km de Jrusa-lem !) Leur conduite est ty-pique des gens installs et rassasis, vivant sur des avantages acquis et des cer-titudes inoxydables, et qui ont en horreur le change-ment. Leur sagesse est scl-rose, sans plus aucune pri-se sur le rel et sur les critures. Le roi Hrode : Cest un po-tentat brutal qui gouverne par le meurtre et la violence aveugle. Lhistoire le prsen-te comme un fin politique, mais pratiquant une sagesse dvoye base de cynisme et de mensonges. Il mani-feste une obsession maladi-ve du pouvoir. Selon lhisto-rien Flavius Joseph, il sest arrog le titre de roi des juifs mais nest pas juif lui-mme. Il a trois fils issus de son mariage avec une fem-me juive. Mais quand il ap-

    prend que lidentit juive se transmet par la mre, il fait assassiner ses trois fils avec leur mre pour liminer ces rivaux potentiels. Cest de-vant ce personnage que les mages posent leur ques-tion : O est le roi des juifs ? linsu de tout le monde, les lments dun drame se trouvent runis. Parce quil ne peut atteindre le Messie dans lequel il voit un concurrent, Hrode fait massacrer tous les enfants dIsral. Ce rcit avec ces trois protagonistes prend tout son sens quand on le met en cho avec un autre passage de lvangile de Matthieu. On retrouve en effet une configuration com-parable dans le rcit de la Passion. Des trangers se pressent autour de Jsus lors de son procs instruit simultanment par les auto-rits religieuses juives et les autorits politiques repr-sentes par les romains. Et cest encore un tranger, savoir un centurion ro-

    main, qui rvlera lidentit ultime de lhomme pendu au bois de la croix : Vrai-ment cet homme tait le fils de Dieu (Mt 27,54), tout comme les mages ont vu le fils de Dieu dans la fragilit et linnocence du petit en-fant tenu par Marie. Dans ce monde secou de violences, et qui appelle un salut, cest ltranger qui rvle o se tient Celui qui apporte le salut pour tous. Dautre part, ce rapprochement en-tre le dbut et la fin de l-vangile souligne une diff-rence essentielle : lors de la visite des mages, la mort est comme dplace de Jsus sur les enfants de Bethlem massacrs par Hrode. A lheure de la Passion, son tour, Jsus nest plus par-gn : il est mis mort. Ce qui permet de voir dans le rcit des mages une vrita-ble prfiguration du rcit de la passion.

    Jean-Baptiste Quoirin

    & Articles

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    A LA DCOUVERTE DE LA CRATION, AVEC JEAN-MARIE, CHERCHEUR ET CROYANT

  • M arie : A la fin de nos messes, on annonce les soires du lundi : qu'est-ce qui vous a attirs dans ces soires ? Thibaud et Gabrielle : cest plutt le bouche oreil-les qui nous a fait dcou-vrir le droul de ces soi-res, et qui nous a motivs ! Marie : Concrtement de quoi sagit-il ?

    Thibaud et Gabrielle : Ce sont des soires en trois

    temps :

    30 mn de louange : des chants qui portent nos prires intrieures et nous rappellent quel point il est bon de se tourner vers le Seigneur.

    30 mn denseignement, qui tanchent notre soif intellectuelle . Pour linstant, les enseigne-ments ont surtout concer-n Vatican II, que nous connaissions trs peu. Cela nous claire sur la faon de vivre notre foi et la liturgie aujourdhui, et comment lvolution sest faite de-puis les prcdents conci-les.

    30 mn dadoration, le point culminant Nous pouvons tout dposer a