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  • Hiver 2009

    Le Jumel | Hiver 2009 1

    La Fondation Alex et Ruth Dworkin est fire de soutenir Le Jumel et sa mission de sensibilisation aux relations interculturelles

    ANNICK GERMAINLauteure est professeur-chercheur titulaire INRS-UCS et Directrice, Centre Mtropolis du Qubec -Immigration et mtropoles

    Notre modle dintgration fait len-vie de nombreux pays peut-tre avecun brin dagacement! Alors quun peupartout limmigration est vue commeun problme, ici lintgration semblese faire sans clat mme avec des fluxmigratoires importants.

    Les vnements de Montral-Nordauront peut tre rassur certains despays jalousant notre modle (encorequil en ait t peu question ltranger)en mme temps quils nous aurontempchs de prendre lintgration desminorits pour acquis. Mais soyonssrieux.Sil est vrai que le Canada et le Qubecsuscitent de lintrt pour leurs politiquesdimmigration notamment en Europe ettout particulirement en Espagne et enCatalogne, o les volumes dimmigrationdes dernires annes sont particulire-ment levs, il faut dire que notre situa-tion est particulire. Nous augmentonsrgulirement nos cibles dimmigrationet la gographie du Canada simplifie la vie bien des fonctionnaires en matiredimmigration clandestine. De leur ct,la plupart des pays europens ont tent

    Lintgration au QubecUn modle mis lpreuve?

    tant bien que mal de fermer leurs fron-tires depuis de nombreuses annes. Bref,les situations ne sont pas comparables. Cela dit, certaines convergences se des-sinent mais il nest pas sr que ce soitpour le mieux.

    voquons le nombre croissant de migrantstemporaires, bientt aussi nombreux queles travailleurs slectionns. Il y a l unsigne qui ne trompe pas et qui montreen tout cas que nous ne contrlons pasvraiment bien la situation. Notre systmede slection - via une grille de points -

    semble mis rude preuve et comme enEurope, les travailleurs temporaires sontune ralit omniprsente.Ensuite, de nombreux pays europens ontadopt, depuis quelques annes, desmesures pour sassurer de la conformit

    > suite en page 4

    Fais comme chez toi, mais noublie pas que tu es chez moiNOURREDINE BELHOCINELauteur est directeur de la Maison internationalede la Rive-Sud

    Se conduit-on de la mme manireavec un invit et un copropritaire,ft-il diffrent? Les rgles ou pluttlart, devrais-je dire, de lhospitalitconsistent honorer linvit et faireen sorte quil se sente quelque peuchez lui, charge pour lui de respectertrs scrupuleusement les rgles ta-blies forcment par lhte. Avec lideque tout ceci est temporaire. Les chosessont quelque peu diffrentes sagis-

    sant des relations qui rgissent des co-propritaires, qui tout en vivant cha-cun chez soi, partagent quand mmedes parties communes et doivent con-venir dun minimum de rgles res-pecter, faute de quoi, rien ne tient.Les choses se corsent davantage lors-que la personne reue ne jouit ni dustatut dinvit, ni de celui de copro-pritaire. Il y a l une espce de nomans land rglementaire ou nor-matif que lon cherche comblerautant que faire se peut, selon nospropres perceptions et proccupations.

    Le parallle est pos. Limmigrant seraitcelui qui nest ni invit ni copropri-taire, pas tout de suite en tout cas,que lon reoit parce que lon auraitbesoin de lui, autrement on ne lauraitpas fait, ( lexception de lhospitalitdes rfugis) et avec lequel on ne saitpas trop quoi faire ni comment se com-porter, encore moins ce que lon attendde lui.

    Lquation est pose, plusieurs incon-nues, qui plus est. Quand tout se passebien, eh bien, on a tendance faire

    comme si de rien ntait. Par contre, sily a remous, on commence sinquiter, essayer de comprendre, discuter, voire dsigner un fautif dans les cas extrmes.En tout temps et dans toutes les socits,on a exorcis les peurs collectives endsignant un coupable. Faute de fairebien, les tats confronts la diversitculturelle et ethnique font de leur mieux,tant les modles censs les inspirer ontassez largement du. Convenons dem-ble que la situation est fort complexe.

    > suite en page 11

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    Hiver 2009ditionspciale

    p.3p.4p.5p.6p.7p.8

    p.13p.14

    p.10p.9

    p.12

    Un modle ambitieux parfaire

    Rejeter le manichismedu multiculturalisme

    La poursuite d'galit:une histoire sans fin

    Limmigration dans le Sud-Ouest:le dfi de l'intgration

    Identit d'un soirDans le quartierAhuntsic

    Diffrencier le dangerTmoignages de rfugis

    Le public au rendez-vous

    De la survie la vieLintgration des nouveaux arrivantsen Outaouais

    Services publics et communautairesEnjeux en Montrgie

    Famille immigranteLa ralit des pres,quen savons-nous?

    Lembauche dimmigrantsUn choixdinvestissement durable

    Mieux vivre ensembleQuartier Hochelaga-Maisonneuve 6

    Quand 150 pays se croisentLa diversit l'UQAM 8

    La rgionalisation, avec raison 10

    Les jeunes de la Maisonne 13

  • Le Jumel | Hiver 20092

    Agir pour intgrer, laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    Le Jumel, la croise des cultures, souhaiteouvrir un dialogue entre les personnes immi-grantes et celles issues de la socit daccueil.Il vise encourager la tolrance en matire depluralit sociale, culturelle, religieuse, histo-rique et coutumire.

    Toute personne peut soumettre un texte auJumel afin quil soit diffus. Nanmoins, LeJumel ne peut sengager diffuser tous lestextes quils reoit. Par ailleurs, Le Jumel serserve le droit de rduire la longueur des textesqui lui sont proposs, de supprimer certains pas-sages jugs offensant ou superflus, et de refor-muler certaines phrases ou sections de textespouvant conduire des erreurs dinterprtation.

    Bien que toutes les prcautions aient t prisespour assurer la vracit des informations con-tenues dans Le Jumel, il est entendu que lesditeurs ne peuvent tre tenus responsables deserreurs issues de leur utilisation. Les auteurs desarticles publis dans Le Jumel conserventlentire responsabilit des thories ou desopinions quils mettent dans leurs textes.

    Le JUMEL, la croise des cultures518, rue Beaubien Est Montral (Qubec) H2S 1S5Tlphone: 514-272-6060 poste 209Tlcopieur: 514-272-3748Courriel : lejumele@tcri.qc.caSite web: www.tcri.qc.ca/jumele.html

    diteurs TCRI et SEIIM www.tcri.qc.caUne co-dition de la Table de concertation desorganismes au service des personnes rfugieset immigrantes et du Service dducation etdintgration interculturelle de Montral.

    Rdactrice en chefBlandine Philippe

    JournalistesManuelle Ann Boissonneault, Andr Desroches,Ferdinand Mayega, Benjamin Vachet

    Rdacteurs(trices) et collaborateurs(trices)ric Bdard, Nourredine Belhocine, FlorenceBourdeau, Malle Bourguignat, HamiltonCidade, Fabien Cornu, Slim Daouzli, JohanneDoyon, Sad Fenaoui, Mahnaz Fozi, AnnickGermain, Marion Gouiry, Julie Jeannotte, StellaKukuljan, Laura Noyer, Marie-Josphe Pigeon,Stephan Reichhold, Pascale Romain, PaolinaRoman, Franois Vaillancourt.

    Rfrences Rivka Augenfeld, Marie-Jose Duplessis

    Soutien logistiqueEstelle Gravel, Giovanni Fiorino

    Photographe Alain Thibault

    Conception graphiqueCaroline Marcant - zigomatik.ca

    ImpressionHebdo Litho

    Tirage certifi AMECQ10 000 exemplaires

    Distribution Courrier A & A

    Droits dauteur Toute reproduction des textes, des illustra-tions et des photographies du Jumel est inter-dite sans une autorisation crite des diteurs.

    Dpt lgalISSN 1495-6276Bibliothque Nationale du QubecBibliothque Nationale du CanadaJanvier 2009

    Bien quil y ait eu de nombreux dbats et discussions surlimmigration, connaissons-nous vraiment les forces et leslimites du modle dintgration dvelopp au Qubec quisappuie essentiellement sur laction communautaire?

    La Rencontre nationale 2008 des organismes de services auprsdes personnes rfugies, immigrantes et sans statut fut unvnement organis par la TCRI1 les 4 et 5 dcembre derniers.Son but tait de faire connatre et reconnatre le travail desorganismes communautaires qui soutiennent lintgration desimmigrants2, de mobiliser ce secteur et dinviter les diffrentspartenaires. On peut dores et dj conclure du succs delvnement. Prs dun millier de personnes de tous horizons ontparticip aux dix-sept activits et rendez-vous organiss par lesorganismes, dans diffrentes rgions du Qubec, notammentdans la grande rgion de Montral. Cest tout un rseau com-munautaire qui sest mobilis dans le but de faire valoir et fairereconnatre le travail et lexpertise dvelopps depuis troisdcennies par les organismes regroups au sein de la TCRI.

    Lide et la dcision de tenir cette Rencontre nationale ont surgi lautomne 2007 durant les dbats entourant la commissionBouchard-Taylor, lorsquapparut dans lopinion publique lesentiment quil ny avait pas ou peu de services pour les immi-grants et que le Qubec les intgrait mal. Nous nous sommesrendus compte du peu de notorit et de reconnaissance dontbnficie le rseau des organismes communautaires quiuvrent auprs des personnes immigrantes. Actuellement,les organismes de la TCRI desservent environ 50000 person-nes par anne, mais les ressources disponibles ne suffisentpas, cest un fait. La demande et le besoin de soutien de la partdes immigrants dpassent largement loffre, et la populationqubcoise est gnralement peu sensibilise aux alas delimmigration. Or, notre rseau a dvelopp des pratiques et desapproches novatrices, adaptes aux personnes dorigines cul-turelles et sociales trs diverses, qui donnent des rsultatsmais qui sont malheureusement encore peu reconnues et pasassez soutenues. Il sagit de 132 organismes, membres de laTCRI, actifs dans la plupart des rgions du Qubec et dont ladevise est simple : Agir pour intgrer. Mais aujourdhui, unenouvelle tape se dessine, au cours de laquelle il va falloirfaire plus et mieux, tre plus cratifs et surtout trs per-svrants.

    Nous constatons galement que nous devons renforcer etdvelopper les p