programme - orchestre de chambre de lausanne · pdf file 2016. 12. 20. · humeurs...

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  • PROGRAMME DU CONCERT

    SÉRIE LES

    DOMINICALES

  • DIMANCHE 15 JANVIER 2017, 11H15 SALLE MÉTROPOLE – LAUSANNE

    ARAM DEMIRJIAN DIRECTION

    OLIVIER BLACHE VIOLON

    ORCHESTRE DE CHAMBRE DE LAUSANNE

    GYULA STULLER, PREMIER VIOLON SOLO

    JEAN SIBELIUS 1865–1957

    Romance pour orchestre à cordes en do majeur, op. 42 (5’)

    Humoresques n° 6, 1, 4, 2 pour violon et orchestre, op. 87 et 89 (13’)

    MANUEL DE FALLA 1876–1946

    El Amor Brujo (L’Amour sorcier), ballet pantomime (2e version, 1925) (24’)

    1. Introduction et Scène. 1b. Chez les gitanes. La veillée. 2. Chanson du chagrin d’amour. 3. Le Revenant. 4. Danse de la frayeur. 5. Le cercle magique. Récit du pêcheur. 6. Minuit. Les sortilèges. 7. Danse rituelle du feu. Pour chasser les mauvais esprits. 8. Scène. 9. Chanson du feu follet. 10. Pantomime. 11. Danse du jeu d’amour. 12. Finale. Les cloches du lever du jour.

  • HUMEURS CHANGEANTES, HUMEURS PASSIONNÉES

    Les Finlandais ont fait leur entrée sur la scène musicale européenne grâce à la personnalité de Sibelius, le père de Finlandia et de Kullervo, de splendides symphonies et de poèmes symphoniques inspirés de l’épopée du Kalevala, mais qu’il est évidemment possible de goûter sans l’appui d’un programme littéraire. Sibelius est aussi l’auteur de l’un des plus beaux concertos pour violon et or- chestre qui soient (qui connut deux versions entre lesquelles vit le jour la brève et sombre Romance op. 42). Lui-même violoniste, il eut à cœur d’écrire également pour son instrument chéri deux Sérénades op. 69 ainsi que six Humoresques op. 87 et 89. Les Humoresques ont été composées en 1917—1918, puis révisées en 1923. Peut-être pro- viennent-elles des esquisses d’un second concerto que Sibelius imagina vers 1915 mais qu’il n’ache- va jamais. Pièces d’humeurs changeantes, elles expriment « l’angoisse de l’existence, éclairée par à-coups par le soleil », dit le compositeur. Ce qui n’empêche pas certaines d’entre elles d’être très virtuoses (op. 87 n° 2), pleines d’énergie (op. 89 n° 4), d’un balancement élégant (op. 89 n° 3) ou d’une couleur populaire marquée (op. 89 n° 1).

    Le cas de l’Espagne est différent. Les rythmes des danses espagnoles, notamment celui de la sarabande, ont irrigué une grande partie de la musique européenne, et c’est en Espagne qu’est né, dès le XVIIe siècle, le genre de la zarzuela qu’on peut comparer, pour aller vite, au singspiel

    ou à l’opéra-comique. Mais si l’Espagne attira des compositeurs comme Domenico Scarlatti ou Boccherini, il fallut également attendre la fin du XIXe siècle pour qu’elle fasse connaître un grand créateur à l’extérieur de ses frontières. Ce fut le cas de Manuel de Falla qui, arrivé à Paris en 1907, devint rapidement l’ami de Debussy, Ravel et quelques autres, et composa plusieurs partitions qui comptent parmi les plus belles du début du XXe siècle. Partitions toutes différentes par la forme, le propos, l’effectif requis.

    Parmi elles, la « gitanerie » El amor brujo (L’Amour sorcier), créée le 15 avril 1915 au Teatro Lara de Madrid alors que le musicien était de retour en Espagne pour cause de guerre mondiale. A l’origine de la partition : une célèbre danseuse de flamenco, Pastoria Imperio, qui donna l’idée à Falla d’écrire un ballet-pantomime inspiré du folklore gitan, constitué de pages orchestrales, de trois chansons et de scènes dialoguées. L’intrigue en est simple : Candelas aime Carmelo et repousse le spectre de l’amant mort, figure qui hante la mythologie des gitans andalous.

    Pour illustrer cette histoire d’apparitions et d’incantations, Falla a puisé dans les danses de son Andalousie natale (il est né à Cadix) et réinventé un folklore qu’il réussit à transcender par sa propre inspiration mélodique et par la beauté de son orchestre. L’œuvre, passionnée de bout en bout, ne saurait se résoudre à la Danse rituelle du feu ! Il modifia cependant sa partition en 1916, en supprimant notamment les dialogues, puis en 1925 en remplaçant les trois chansons par des pages instrumentales. C’est cette version que nous écouterons aujourd’hui.

    CHRISTIAN WASSELIN

    Sibelius est aussi l’auteur de l’un des plus beaux concertos pour violon et orchestre qui soient.

  • OLIVIER BLACHE VIOLON

    Olivier Blache commence l’étude du violon à l’âge de cinq ans et entre à neuf ans dans la classe de Tibor Varga à l’Académie de musique de Sion. Il part étudier dans la classe de Raphaël Oleg à l’Académie de musique de Bâle, puis à la Hochschule für Musik und Theater de Munich. Il a eu l’occasion de suivre les masterclasses de Victor Pikaizen, Valery Gradow, Jean-Jacques Kantorow et Michaela Martin, et les cours de mu- sique de chambre de Gabor Takacs-Nagy (Quatuor Takacs), Walter Levin (Quatuor LaSalle), Rainer

    Schmidt (Quatuor Hagen). A Bâle il a travaillé la musique contemporaine avec Ivan Monigetti et la musique baroque à la Schola Cantorum.

    Il obtient en 2006 une licence de musicologie à la Sorbonne (Paris).

    Depuis février 2013, Olivier Blache occupe la place du deuxième solo des seconds violons à l’Orchestre de Chambre de Lausanne.

  • ARAM DEMIRJIAN DIRECTION

    Le chef arméno-américain Aram Demirjian a été membre de l’école préparatoire du New England Conservatory, où il a étudié avec Hugh Wolff et fondé le String Repertory Orchestra. Il a également dirigé le Lowell House Opera, la plus ancienne institution lyrique de Nouvelle Angleterre, où il a notamment dirigé Candide de Leonard Bernstein.

    Chef associé du Kansas City Symphony, il est fondateur et chef principal de la série « Classics Uncorked », qui mêle à la musique des éléments extérieurs tels que la lumière et la narration. Il dirige aussi les séries consacrées aux familles,

    les séries pédagogiques, sans oublier le cycle « Screenland at the Symphony » qui propose des classiques du cinéma dont la musique est jouée en direct par l’orchestre. Il fait connaître la musique chaque année à 40'000 étudiants, notamment dans le cadre du programme « Link Up » de Carnegie Hall.

    Il a travaillé avec des musiciens aussi divers que Yo-Yo Ma, le Silk Road Ensemble, John Adams, les pianistes Joyce Yang et Robert Levin, les violo- nistes Stefan Jackiw et Ryu Goto, le saxophoniste de jazz Bobby Watson, le comédien John Lithgow et l’auteur-compositeur Ben Folds.

    DE LA FINLANDE À L’ANDALOUSIE, UN VOYAGE MUSICAL EXPRESS.

  • L’ORCHESTRE DE CHAMBRE DE LAUSANNE

    Fondé en 1942 par le violoniste Victor Desarzens, l’Orchestre de Chambre de Lausanne (OCL) n’a cessé de déployer ses ailes pour devenir au- jourd’hui l’une des phalanges de chambre les plus demandées d’Europe. La nomination à sa tête en 2015 de l’un des jeunes chefs les plus prometteurs de la nouvelle génération, l’Américain Joshua Weilerstein, en est la preuve éclatante. De formation Mannheim (soit une quarantaine d’instrumen- tistes), il embrasse un vaste répertoire qui va des premiers baroques à la création contemporaine. Très vite convié à l’étranger, il participe au Festival d’Aix-en-Provence dès la deuxième édition, ses tournées en Allemagne puis aux Etats-Unis sont des succès retentissants, comme ses concerts plus récents au Théâtre des Champs-Elysées ou aux BBC Proms de Londres. Parmi ses dernières invitations, on citera le Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, le Festival Rostropovitch de Moscou et le Festival d’Istanbul. En 2016–2017, l’OCL se produira entre autres à Rome, Budapest et Vienne.

    Ses concerts sont rythmés par l’engagement de solistes de premier plan : de Clara Haskil, Alfred Cortot, Walter Gieseking et Edwin Fischer à Murray Perahia, Radu Lupu, Martha Argerich et Nikolai Lugansky chez les pianistes, d’Arthur Grumiaux à Frank Peter Zimmermann chez les violonistes, de Paul Tortelier à Truls Mørk chez les violoncellistes, ou encore de Jean-Pierre Rampal à Emmanuel Pahud chez les flûtistes, les plus grands noms l’ont gratifié de leur concours et continuent plus que jamais à lui faire confiance. L’OCL a aussi toujours su attirer les baguettes les plus intéressantes du moment : de Günter Wand à Charles Dutoit, de Paul Hindemith à Ton Koopman, de Jeffrey Tate à Bertrand de Billy (actuel principal chef invité), il s’enrichit sous leur direction des influences les plus diverses. À l’instar du disque, qui offre un miroir pérenne

    de cet esprit d’ouverture : de l’intégrale des opéras de Haydn dans les années 1970–1980 sous la di- rection d’Antal Dorati aux concertos de Beethoven avec Christian Zacharias (en DVD chez Bel Air Media), en passant par les récentes gravures dédiées à Schönberg et Webern (avec Heinz Holliger) et à Spohr et Weber (avec Paul Meyer), la vitrine est séduisante et parfaitement en phase avec l’iden- tité historique de l’OCL. Consacré à Stravinsky, le premier disque de l’orchestre sous la direction de Joshua Weilerstein paraît au printemps 2016.

    Résident de la Salle Métropole, l’OCL est l’hôte régulier de la fosse de l’Opéra de Lausanne et le partenaire privilégié de nombreuses institutions de la région telles que la Haute école de musique de Lausanne, la Manufacture (Haute École des arts de la scène), l’Auditorium Stra