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Penser droitPENSERDROIT

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Paolo BartolomeoAvec Nicolas Brard

Penser droit

Paolo Bartolomeo

PENSERDROIT

avec Nicolas Brard

Flammarion

Flammarion

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© Flammarion, 2020ISBN : 978-2-0814-8524-2

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INTRODUCTION

Pour en finir avec les neuromythes

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« Pensez avec votre cerveau droit ! » était un man-tra très en vogue dans le milieu New Age. Encoreaujourd’hui, en naviguant sur Internet, on découvredes images édifiantes (Fig. 1). Elles reposent de faitsur une vérité anatomique : le cerveau est divisé endeux moitiés gauche et droite, approximativementsymétriques, que l’on appelle hémisphères, commeles deux moitiés nord et sud de la Terre. Maisl’illustration proposée va plus loin, puisque les deuxhémisphères présentent des fonctions très différentes :le grisâtre hémisphère gauche est le siège de fonctions« ennuyeuses » comme l’analyse, le calcul et la logique.Par opposition, fantaisie, fonctionnement « holis-

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tique* », imagination, intuition, art, créativité et spi-ritualité égayent le paysage verdoyant de l’hémisphèredroit.

* « Holisme » se réfère à un traitement des objets de façonglobale, dans leur unité, par opposition au traitement analy-tique qui les considère selon leurs parties constituantes.

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« Libérer son cerveau » ?

Selon cette vision des choses, dans notre mondeoccidental, nous serions tous esclaves des facultés« pédantes » du cerveau gauche. En un moment, il fau-drait libérer les capacités de notre cerveau droit pournous épanouir réellement. Ces conceptions ont prisune telle ampleur que, selon certains prophètes, penseravec son cerveau droit serait la clé pour « gouvernerle futur 1 ». Jusqu’à l’influent New York Times qui, encommentant cette injonction, note qu’« il est tempsque notre imaginatif cerveau droit, qui voit toute laforêt en même temps, occupe une place centrale 2 ».

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Figure 1. Cerveau gauche « calculateur » et cerveau droit « artis-tique » : un mythe New Age éculé.

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Introduction

Mais d’où viennent ces représentations ? En 1979,une enseignante d’art californienne, Betty Edwards,prône une nouvelle méthode d’apprentissage de la pein-ture 3. Celle-ci est fondée sur l’idée que le cerveauposséderait deux modes de fonctionnement : un modeverbal et analytique, le mode L (de left, « gauche »), etun mode visuel et perceptif, le mode R (de right,« droite »). Betty Edwards encourage alors ses élèvesà développer le mode R, afin de les libérer de leurconnaissance de l’objet visuel à dessiner et d’enfin le« voir » comme si c’était la première fois. Dans sonouvrage traduit mondialement, elle relate les débutsde sa démarche :

« En 1968, les premiers rapports des recherches dupsychobiologiste Roger W. Sperry sur les fonctions deshémisphères du cerveau humain, pour lesquels il aensuite reçu un prix Nobel, sont parus dans la presse.La lecture du travail de Sperry fut pour moi révélatrice.Sa découverte étonnante, à savoir que le cerveau humainutilise deux modes de pensée fondamentalement dif-férents, l’un verbal, analytique et séquentiel, l’autrevisuel, perceptuel et simultané, a éclairé mes questionssur le dessin 4. »

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Un peu plus loin, elle précise que son livre fut lapremière application pratique de la « vision novatrice deRoger Sperry sur la dualité de la pensée humaine – lapensée verbale, analytique principalement localisée dansl’hémisphère gauche et la pensée visuelle, perceptiveprincipalement localisée dans l’hémisphère droit 5 ».Une vision binaire très séduisante sur le papier…

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Un paysage beaucoup plus riche

Or je peux vous assurer que ces notions « scienti-fiques » ne tiennent pas la route*. Les neurosciencesl’ont démontré : des capacités complexes comme la créa-tivité requièrent des contributions non seulement ducerveau droit, mais bien des deux moitiés du cerveau.Certes, comme l’a illustré une recherche récente 6 effec-tuée à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière(ICM) à Paris où je travaille, des réseaux nerveux dansle cerveau droit nous aident à activer les processus créa-tifs, en associant des idées lointaines entre elles. Toute-fois, d’autres réseaux, cette fois dans le cerveau gauche,sont cruciaux pour combiner ces idées dans une orga-nisation structurée, sans laquelle ces processus n’abou-tiraient… à rien.

Dans ce livre, je vous propose des outils pour évaluerd’une façon critique les conseils de ceux qui vous invi-tent à « réfléchir avec votre cerveau droit ». Afin de« penser droit » pour le coup, nous allons parcourirensemble l’histoire passionnante des neurosciences desdeux hémisphères du cerveau. En chemin, vous décou-vrirez un paysage d’une beauté insoupçonnée qui, entant que médecin et chercheur, me bouleverse chaque

jour. D’autant que les arcanes de notre cerveau se révé-leront beaucoup plus riches et féconds que les clichésmanichéens ne le laissent supposer.

* Cela dit sans rien préjuger des conclusions et des recom-mandations de ces essais, qui pourraient bien conserver unecertaine validité en économie ou dans la pratique artistique.

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CHAPITRE 1

Quand cerveau gauche et droit ne se parlent plus

Voici à mon avis la recherche probablementla plus importante en science : tenter de com-prendre ces phénomènes évolutifs très particu-liers, par lesquels des cerveaux ont trouvé cetteastuce spéciale qui leur a permis d’ajouter àl’ordre cosmique couleur, son, douleur, plaisiret toutes les autres facettes de l’expériencementale.

Roger Sperry, Problems outstandingin the evolution of brain fonction,

The American Museum of Natural History,1964, p. 3

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Notre cerveau est composé de deux hémisphèresdistincts, eux-mêmes divisés en plusieurs lobes : fron-tal à l’avant du crâne, temporal au niveau des tempes,pariétal au milieu et occipital à l’arrière ; s’ajoutent,plus en profondeur, le lobe limbique et le lobe del’insula. En revanche, cerveau gauche et droit ne sontpas isolés ; chez les mammifères avec placenta, ilscommuniquent grâce à plusieurs faisceaux de fibresnerveuses – imaginez de gros câbles électriques quirelieraient les différentes régions du cerveau.

Le plus gros de ces faisceaux, avec près de 200 mil-lions de fibres nerveuses chez l’être humain, est le« corps calleux ». Il est appelé ainsi de par sa consis-

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tance dure et fibreuse (Fig. 1). Si nous connaissonsaujourd’hui son rôle essentiel pour faire communi-quer les deux hémisphères de notre cerveau, sa fonc-tion est restée longtemps inconnue.

Le mystère demeurait en effet lorsque le psycho-biologiste américain Roger Sperry commença ses tra-vaux dans son laboratoire du California Institute of

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Technology – travaux qui lui vaudront trente ansplus tard, en 1981, le prix Nobel de physiologie etde médecine.

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Figure 1. Le corps calleux (au centre) relie les deux hémi-sphères du cerveau humain.

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Un cerveau, deux hémisphères

À quoi pouvait bien servir le corps calleux ? Àmaintenir ensemble les deux hémisphères pour qu’ilsne tombent pas chacun de leur côté, pour reprendrela boutade d’un des mentors de Roger Sperry, KarlLashley ? Non, manifestement sa fonction n’était pasque mécanique, comme Sperry s’en rendit bientôtcompte en étudiant des animaux dont le corps cal-leux était sectionné : l’information présentée à unhémisphère ne passait plus à l’autre.

Avant de détailler cette fascinante expérience, uneprécision s’impose : il faut savoir que notre cerveauadopte un fonctionnement qu’on appelle « croisé ».Tout ce qui se passe du côté gauche de notre corpsest analysé par l’hémisphère droit de notre cerveauet vice-versa. Prenons l’exemple de la vision :lorsqu’elle traverse le cristallin et les autres structuresréfractantes de l’œil, l’information visuelle arrive à larétine en étant inversée. C’est un simple effetoptique : la partie gauche de la scène visuelle arrivesur la moitié droite de la rétine et vice-versa. C’estalors qu’il y a un croisement partiel des fibres du

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nerf optique au niveau de ce qu’on appelle le chiasmaoptique. Le résultat final ? Chaque hémisphère ducerveau reçoit l’information de la moitié du mondesituée de l’autre côté. Bref, le cerveau droit reçoitl’information visuelle de la moitié gauche du mondeet vice-versa (Fig. 2).

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Figure 2. Comment l’information visuelle arrive au cerveau. Lesinformations visuelles parviennent à la rétine puis sont trans-mises au cerveau par les nerfs optiques connectés à la rétine de

l’œil droit et à celle de l’œil gauche. Au niveau du chiasmaoptique, l’information qui provient de la moitié proche du nez,dite nasale, de la rétine droite passe dans l’hémisphère gauchepour rejoindre le cortex visuel primaire gauche et vice-versa.L’information de l’autre moitié des rétines (proche des tempes,ou temporale) reste dans le même côté. Ce croisement partielfait que, pour finir, chaque hémisphère traite l’informationvisuelle en provenance du côté opposé de l’espace.
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Revenons à l’expérience de Sperry : elle portait surun chat dont le corps calleux avait été sectionné, demême que son chiasma optique. Ainsi, l’œil droit necommuniquait qu’avec l’hémisphère droit du cerveauet vice-versa. En couvrant l’œil droit du chat, Sperrypouvait ainsi n’envoyer de l’information visuellequ’au seul hémisphère gauche. L’animal avait apprisà trouver de la nourriture en soulevant un triangleen bois présent à sa gauche, donc capté par sonhémisphère gauche puisqu’il n’avait plus de chiasmaoptique croisant l’information. Or il ne savait plusquoi faire lorsque le même triangle était présenté àsa droite.

Le cerveau divisé

Ces expériences contribuèrent à mettre au pointun traitement chirurgical de l’épilepsie résistante auxtraitements médicamenteux. Si l’on coupe le corpscalleux de ces patients, les crises épileptiques ne dif-fusent en effet plus d’un hémisphère à l’autre, ce quipermet de prévenir la survenue de crises généraliséestrès invalidantes. Le neurochirurgien Joseph E.

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Bogen effectua alors plusieurs interventions de cetype et demanda à Sperry d’examiner ses patients.

Ces derniers, dits split-brain (« cerveau divisé »), nesouffraient d’aucune difficulté particulière dans la viede tous les jours : ils parlaient et bougeaient norma-lement, tout en jouissant d’une vie sociale ordinaire. Lespremières évaluations cliniques et comportementales

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avaient même conclu à une complète absence d’effetsde la section du corps calleux sur les processus cogni-tifs. Bientôt, une exception notable apparut : l’inca-pacité de ces patients de nommer les objets tenusdans leur main gauche. Dit autrement, l’hémisphèredroit, qui reçoit l’information tactile de la maingauche, est muet. Par la suite, Sperry demanda à sonéquipe d’employer des techniques plus rigoureusespour étudier la perception visuelle chez ces patientssplit-brain.

En effet, si nous percevons deux informationsvisuelles, l’une avec notre œil gauche et l’autre avecnotre œil droit, nous ne voyons pas deux scènesvisuelles, mais bien une seule. Cela vient du fait que,d’une part, nous explorons continuellement l’envi-ronnement avec des mouvements des yeux, la gaucheet droite changeant donc à tout moment ; d’autrepart, pour chaque stimulus visuel reçu, le corps cal-leux aide à intégrer les informations de gauche et dedroite.

Chez les patients split-brain, il est possible de sépa-rer le traitement de l’information provenant des deuxcôtés de l’espace en produisant cette dernière très

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rapidement. Cette technique s’appelle la tachisto-scopie : une image est présentée pendant 100 à 150millisecondes, ce qui ne laisse pas le temps d’effectuerdes mouvements oculaires. Si le patient maintientson regard au centre, toutes les informations à droitevont être captées par l’hémisphère gauche et vice-versa.

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Figure 3. Deux images tirées de la conférence de Roger Sperrylors de la remise du prix Nobel en 1981. À gauche, un testeffectué par un patient dont le corps calleux a été sectionné.L’objectif était de reproduire les deux figures du centre, avecla main gauche ou la main droite. On voit bien ici qu’enl’absence de communication entre les deux hémisphères, lesdessins reproduits avec la main droite, donc impliquantl’hémisphère gauche, sont très éloignés des originaux, souli-gnant ainsi le rôle crucial de la communication avec l’hémi-sphère droit pour ce genre de tâche.À droite, le fonctionnement cérébral (schématique) lors d’uneexpérience de tachistoscopie. Le sujet voit l’image d’une clédans la partie gauche de son champ visuel ; cette image arriveà son cerveau droit. Le mot « taxi » apparaît en revanche dansle champ visuel droit ; il arrive donc au cerveau gauche. Lesujet lit sans problème le mot « taxi », car son cerveau gauchele voit et le transmet aux circuits du langage qu’il héberge.Le sujet split-brain est lui incapable de nommer l’image qu’ilvoit à gauche, en disant le mot « clé », car son cerveau droitne parle pas ; de surcroît, le corps calleux est coupé, donc le

cerveau droit ne communique pas non plus avec les circuitsdu langage du cerveau gauche. Cependant, le système visueldu cerveau droit identifie bien la clé, même s’il n’en connaîtpas le nom. Le cerveau droit commande donc à la main gauched’aller chercher la clé parmi d’autres objets sur la table, touten restant incapable d’en dire le nom.
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Voir sans le savoir

Le neuroscientifique Mike Gazzaniga, chercheurpost-doctorant dans le laboratoire de Roger Sperry àl’époque, exploita précisément cette technique : ilmontra des objets à chaque hémisphère du cerveaud’un des patients split-brain de Joseph Bogen, au corpscalleux sectionné. Il découvrit que le patient pouvaituniquement nommer les objets présentés à sa droite,donc traités par l’hémisphère gauche. Impossible enrevanche pour lui de nommer les objets apparus à sagauche, comme si le cerveau droit était muet (Fig. 3) !

Cependant, bien qu’incapable de leur donner unnom, le patient voyait tout de même son compor-tement influencé par ces objets… Cette observationsignifiait que l’objet était bien perçu par le patient,par ses yeux et ses mains, mais qu’en l’absence decommunication entre les hémisphères de son cerveau,le sujet ne pouvait le nommer.

Mike Gazzaniga fit mieux encore : il montra rapi-dement à un patient split-brain une scène de neigedans son champ visuel gauche, analysé, donc, parl’hémisphère droit, et l’image d’une patte de pouletdans son champ visuel droit, relié à l’hémisphère

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gauche 1. Le patient avait également devant lui plu-sieurs images et devait choisir celles correspondant àce qui lui était montré (Fig. 4). Et c’est ainsi que lamain droite du patient choisit l’image d’un coq, etsa main gauche, entraînée par l’hémisphère droit,choisit correctement une pelle comme objet associéà la scène de neige.

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Quand cerveau gauche et droit ne se parlent plus

Figure 4. Tâche d’association d’images, effectuée correctementpar un patient split-brain dans l’expérience de Mike Gazzaniga.Le patient choisit ici une pelle en réponse à l’image de neige,et un coq face à l’image d’une patte de poulet.

C’est après l’expérience que le plus étonnant seproduisit. Questionné sur le pourquoi de ses choix,le patient répondit en effet :

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« Oh, c’est simple. La patte de poulet va avec lepoulet et vous avez besoin d’une pelle pour nettoyerle poulailler. »

Alors même que son hémisphère gauche n’avaitpas « vu » la scène de neige, du fait des perturbationsde sa communication avec l’hémisphère droit, le sujet

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avait inventé un récit pour justifier d’avoir choisi lapelle – « nettoyer le poulailler » !

Selon Mike Gazzaniga, l’hémisphère gaucheconstruit donc des interprétations verbales a posteriorides comportements qu’il ne peut pas expliquer, carengendrés par l’autre hémisphère, déconnecté. Cesrésultats vertigineux fournissent un éclairage sur lesmodalités de fonctionnement de notre cerveau si leshémisphères étaient déconnectés. D’ailleurs, il fautsouligner que ces étranges phénomènes n’émergentque dans ce cas. En définitive, lorsque l’activité céré-brale est intégrée grâce au corps calleux, cela ne faitpas beaucoup de sens de demander aux gens d’utiliserun hémisphère plutôt qu’un autre dans leurs activitésde tous les jours.

Un hémisphère, des « talents »

Cependant, ces découvertes nous montrent sansambiguïté que, si les deux moitiés gauche et droitedu cerveau sont grossièrement symétriques quant àleur forme, elles ne le sont pas dans tous les aspectsde leur fonctionnement. C’est en particulier vrai

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pour la préférence manuelle : le fait que la plupartdes personnes préfèrent utiliser la main droite pourécrire ou manger indique une spécialisation du cer-veau gauche pour le contrôle des mouvements fins.Plus intéressant encore, cette latéralisation s’appliqueà certaines fonctions cognitives (langage, atten-tion…), ainsi qu’aux émotions.

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C’est sans doute le plus fascinant : pour ces dif-férentes fonctions, chaque hémisphère cérébral a sesspécialités, ses « talents ». Dans les prochains cha-pitres, nous allons parcourir ensemble le chemin,parfois net, parfois controversé, de ces asymétries dufonctionnement des deux moitiés de notre cerveau.

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CHAPITRE 2

Le cerveau mosaïque

— Eh bien ! il m’a dit que Benedetto, qu’onregarde comme un phénix de subtilité, commeun géant d’astuce, n’est qu’un filou très-subalterne, très-niais, et tout à fait indignedes expériences qu’on fera après sa mort surses organes phrénologiques.

Alexandre Dumas,Le Comte de Monte-Cristo, Vol. XVII, 1846 1