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  • MONDIALISATION ET DEVELOPPEMENT DURABLE - SOMMAIRE

    Sommaire

    Mondialisation et dveloppement durableQuelles instances de rgulation ?

    12 FICHES POUR COMPRENDRE, ANTICIPER, DEBATTRE

    Fiche 1.A.La mondialisation ingale

    Fiche 1.B.Reprsentations et courants de pense

    Fiche 2.A.Le concept de dveloppement durable

    Fiche 2.B.Les indicateurs du dveloppement durable

    Fiche 3.A.Les instruments des politiques nationales de lenvironnement

    Fiche 3.B.Les instruments dune politique internationale de lenvironnement

    Fiche 4.AActeurs et institutions du dveloppement durable

    Fiche 4.B.Instruments de rgulation et jeu des acteurs. Le cas du climat

    Fiche 5.A. Commerce international et environnement. Des relations contradictoires ?

    Fiche 5.B. LOMC et lenvironnement

    Fiche 6.A.Coopration pour le dveloppement durable. Lenjeu financier Nord-Sud

    Fiche 6.B.Rgulation des investissements et dveloppement durable

    Lexique et siglesBibliographie

  • MONDIALISATION ET DEVELOPPEMENT DURABLE - FICHE 1.A. - PAGE 1

    Fiche 1.A.

    La mondialisation ingale

    La mondialisation est un processus complexe qui touche non seulement la productionet les changes de biens et services, mais galement la culture et les processus de dci-sion dans tous les domaines, notamment dans celui de lenvironnement. Partie la plusvisible de liceberg, la mondialisation de lconomie interagit troitement avec lamondialisation des problmes denvironnement et de dveloppement.

    1. LA MONDIALISATION DE LECONOMIE

    A. Les flux commerciaux, moteurs de la croissance

    Nouveaux changes. Lune des caractristiques dela globalisation de lconomie est laugmentationrapide et croissante du commerce international depuisla Seconde Guerre mondiale. Les changes de mar-chandises en valeur augmentent plus rapidement quela production et le revenu mondiaux (somme des pro-duits intrieurs bruts).

    La part des services (transports, assurances, tlcom-munications, tourisme, droits dauteur) dans le commercemondial est en nette progression. Elle reprsente aujour-dhui un cinquime des changes. La part des produitsmanufacturs augmente aussi, au dtriment des produitsde base destins la transformation industrielle : elle estpasse de 56 % en 1982 73 % en 1992.

    Prdominance du Nord. Les pays dvelopps ra-lisent plus des trois quarts du commerce mondial. Les

    importations de biens de consommation courante enprovenance des pays en dveloppement (PED) aug-mentent un rythme modr. En douze ans, leur partest passe de 19,7 26,9 % (et de 11,4 13,9 % pourlensemble de lindustrie). Nanmoins, la participationdes PED dans le commerce mondial sacclre depuis ledbut des annes 90. Ce phnomne rcent sembleencore marginal, mais certains experts pensent quildevrait samplifier lavenir. Cela vaut tout particuli-rement pour les conomies mergentes (pays asia-tiques et latino-amricains), dont la croissance cono-mique a t trs rapide dans les dix dernires annes.Ces conomies dynamiques voient aussi augmenterleurs importations, et constituent des marchs de plusen plus porteurs.

    Impact sur lenvironnement. Ce dveloppementsans prcdent du commerce international a un doubleimpact sur lenvironnement (cf. fiche 4.A.). Premire-ment, il pousse la spcialisation et lintensificationdes processus productifs, contribuant ainsi la dgra-dation des milieux naturels. Deuximement, il accrot lavisibilit de certains problmes environnementaux etrenforce leur dimension internationale. Cette volu-tion appelle une rgulation internationale de lenvi-ronnement dans certains domaines spcifiques (inter-diction de commercialiser des produits dangereux oudes espces menaces, par exemple).

    B. Lexplosion des flux financiers et des investissements ltranger

    Drglementation. La globalisation est aussi mar-que par lacclration des flux financiers et le dve-loppement des investissements directs ltranger(IDE). Ce mouvement est en partie d la drglemen-tation financire gnralise au cours des annes 80,elle-mme favorise par les innovations technolo-giques qui permettent une diffusion de linformationet des transferts quasi-immdiats. Partout, les activitsboursires et bancaires internes ainsi que les mouve-ments externes de capitaux ont t libraliss.

    Reprise du commerce et de la production au niveau mondialLe commerce et le PIB ont tous deux chut la fin des annes 2 avant d'amorcer une reprise en 1932. Aprs la guerre, l'un et l'autre ont connu un redressement exponentiel, la progression du commerce tant le plus souvent plus rapide que le PIB.1950 = 100 Commerce et PIB : chelle logarithmique

    1929-1932 38 48 60 70 80 90 1995

    2000

    1000

    200

    100

    50 Crationdu GATT

    Crationde l'OMC

    PIB

    Commerce des marchandises

    tLire lafiche

    lexique.

  • Entre 1980 et 1988, les flux financiers sur le mar-ch des changes ont t multiplis par 8,5 dans lespays de lOrganisation de coopration et de dvelop-pement conomiques (OCDE), les flux dinvestisse-ment direct ltranger par 3,5 et les flux commer-ciaux et le produit intrieur brut (PIB) mondial par1,9. LIDE a ainsi augment trois fois plus vite que leschanges commerciaux au cours des annes 80. Lasomme des flux annuels dinvestissement enregistrsentre 1980 et 1989 a atteint 870 milliards, contre 290milliards pendant la dcennie prcdente. Limpor-tance des services (finance et distribution) est main-tenant quivalente celle des investissements indus-triels.

    Pays industriels. Les Etats-Unis ont vu leur partdans les investissements ltranger diminuer, mais ilssont devenus le principal pays daccueil de lIDE. LesPays-Bas, lAllemagne et le Royaume-Uni ont conso-lid leur prsence dans le monde. Le Japon et laFrance ont ralis une perce significative. Historique-ment, les pays en dveloppement ont peu particip

    ce mouvement, les flux tant concentrs entrepays industrialiss. La tendance sest toutefois

    inverse la fin des annes 80 : la part des pays endveloppement dans lIDE a fortement progress, pas-sant de 15 % en 1989 42 % en 1993. Les flux din-vestissement en direction des PED sont nanmoinsmarqus par une forte concentration gographique(Asie du Sud-Est principalement) et par une forte vola-tilit, dont la crise financire asiatique constituelexemple le plus rcent et le plus spectaculaire.

    Prime la non-rglementation. La fluiditfinancire permet aux entreprises de crer ou detransfrer facilement des units de production l oles charges salariales et fiscales ou les normes environ-nementales sont les moins contraignantes. Les paysmergents pourraient ainsi tre tents ddicter desnormes sociales et environnementales aussi faiblesque possible afin dattirer les dlocalisations. Cettehypothse reste cependant vrifier. Il est certain, enrevanche, que le gel du renforcement des normessociales et environnementales et surtout la faiblessedes contrles et sanctions constituent des facteursdattrait de capitaux provenant dentreprises peuscrupuleuses.

    C. Lincontournable puissance des multinationales

    Les phnomnes dcrits ci-dessus ont t suscits,accompagns ou encourags par les entreprises trans-nationales. Elles-mmes se sont dveloppes parallle-ment ce mouvement de mondialisation et ont su entirer dimportants bnfices.

    Les changes sous contrle. Centres sur quatresecteurs cls (automobile, ptrole, haute-technologieet banque), originaires avant tout des pays industria-liss mais disposant dun important rseau de filiales ltranger, y compris dans les PED, les firmes transna-tionales assurent presque lintgralit des changesmarchands mondiaux.

    Elles ralisent galement 70 % des investissementsdirects ltranger, qui jouent un rle moteur dansleur expansion. Les transnationales apportent un outilde gestion, un savoir-faire technologique et laccsaux marchs internationaux mais peuvent compter enchange sur le dveloppement des marchs locaux.Elles bnficient aussi dune main-duvre gnrale-ment meilleur march.

    Pouvoir de ngociation. Cet ensemble de carac-tristiques confre aux firmes transnationales unpoids considrable dans toute ngociation avec lesEtats, au Nord comme au Sud. Elles ont par cons-quent les moyens dinfluencer la conduite des poli-tiques publiques, notamment environnementales.Cela explique la participation active des entreprisestransnationales aux grandes ngociations internatio-nales sur lenvironnement et le dveloppement et auxdiscussions relatives aux codes de bonne conduitevolontaires prpars prcisment leur intention.

    MONDIALISATION ET DEVELOPPEMENT DURABLE - FICHE 1.A. - PAGE 2

    Des budgets comparables ou suprieurs ceux des Etats

    General motors automobile

    169

    Danemark 159

    Ford automobile 137

    Afrique du Sud 131

    Exxon ptrole 110

    Grce 102

    Toyotaautomobile 91

    Isral 81

    Mobil ptrole67

    Pakistan 55

    Algrie 46Nestl

    Multiproduits 40

    Nigeria30

    Pespsico boisson 28

    Sngal 5

    Heinekenbire5

    So

    urc

    e :

    Cd

    P n

    37

    0

    50

    100

    150

    200 milliards de dollars

  • 2. LE DEVELOPPEMENT TOUJOURS DANS LIMPASSE

    A. Llargissement du foss Nord/Sud

    Dveloppement ingal. Lenrichissement globalenregistr dans les dernires dcennies ne profite pasgalement tous. Si lintgration des conomies dve-loppes se poursuit et sacclre, la marginalisation desplus fragiles saccentue : elles ne disposent ni des struc-tures de production, ni des structures financires, ni desstructures dinformation dsormais capitales dans lco-nomie globalise. LAsie du Sud-Est est la seule rgionen dveloppement qui sest rvle capable, au dbutdes annes 90, de sinsrer dans la nouvelle donnemondiale. Entre 1965 et 1990, la part des quatre dra-gons (Core du Sud, Hong-Kong, Tawan et Singa-pour) dans les exportations totales de produits manu-facturs d