les interferences des grandes puissances dans les initiatives diplomatico - strategiques de la rdc

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  • REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

    ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE

    UNIVERSITE OFFICIELLE DE BUKAVU

    B.P. 570/ BUKAVU

    FACULTE DES SCIENCES SOCIALES POLITIQUES ET

    ADMINISTRATIVES

    DEPARTEMENT DES RELATIONS INTERNATIONALES

    Anne Acadmique : 2009 2010

    Mmoire prsent et soutenu publiquement en vue de

    lobtention du Diplme de Licence en Relations

    Internationales.

    Par : NEEMA BAHATI Atosha Nelly

    [email protected]

    LLEESS IINNTTEERRFFEERREENNCCEESS DDEE GGRRAANNDDEESS PPUUIISSSSAANNCCEESS

    DDAANNSS LLEESS IINNIITTIIAATTIIVVEESS DDIIPPLLOOMMAATTIICCOO

    SSTTRRAATTEEGGIIQQUUEESS DDEE LLAA RRDDCC

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    PRELUDE

    Larme la plus puissante dans les mains des oppresseurs est la volont des opprims.

    Stephen BANTU BIKO

    Notre soif de connatre trouve surtout sapaiser dans ces uvres de synthse mis notre

    disposition par le labeur gnreux dun esprit clair. Par eux nous saisissons dans une vue

    densemble, logique et rigoureuse un groupe des connaissances humaines un instant

    donn.

    Albert CAQUOT

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    DEDICACE

    A vous mes chers parents ;

    A toi mon tendre mari ;

    A vous mes chers enfants ;

    A vous tous qui mtes chers.

    Par le sang,

    Par lamour,

    Et par la foi,

    A tous ceux qui combattent linjustice et qui, par leur vie quotidienne militent pour la paix et

    le bonheur chez tous les peuples du monde ;

    Je ddie ce travail fruit de mes efforts et de vos soutiens !

    NEEMA BAHATI Atosha

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    REMERCIEMENTS

    Nous voici au terme de notre parcours acadmique aprs avoir pass cinq annes

    dtudes au Dpartement des Relations Internationales de lUniversit Officielle de Bukavu.

    Cest avec un rel plaisir que nous tenons exprimer travers ces mots notre profonde

    gratitude aux personnes qui ont consenti des efforts et sacrifices pour notre formation et

    notre parcours acadmique.

    Ainsi, nous disons avant tout merci notre Dieu, source de vie et de bonheur, pour

    sa bont et sa misricorde, pour avoir guid nos pas et clair notre intelligence durant ces

    cinq annes et pour avoir port un regard particulier sur notre existence.

    Avec une reconnaissance infinie nous adressons nos remerciements aux autorits

    acadmiques et administratives ainsi quau corps professoral de lUniversit Officielle de

    Bukavu, spcialement lAssistant MUNENGE MUDAGE Florent qui, malgr ses multiples

    occupations sest disponibilis nous suivre de prs dans la rdaction de ce travail et pour y

    avoir mis le meilleur de lui-mme. Sans lui ce travail naurait vu le jour.

    Nous remercions nos chers parents BAHATI ZIGABE Andr et MUKUZO BORA

    Jacqueline .Inspirateurs de nos talents, vous avez seuls le prix de notre ducation et de notre

    formation, vous avez peru leur envergure et pourtant vous navez pas cess de nous

    encourager dans la recherche du savoir et du bonheur. En aucun moment vous ne vous tes

    drobs de vos responsabilits, accomplissant ainsi votre devoir devant Dieu et devant la

    socit. Malgr les difficults conjoncturelles que vous avez rencontres, vous avez sacrifi

    le meilleur de vous-mme pour faire de nous une femme utile pour nous-mmes et pour la

    socit entire. Ce travail est lun des fruits de vos sacrifices.

    Nos sentiments damour, de reconnaissance et de gratitude les plus sincres notre

    cher poux, Dr. CHISHUGI BARHEZANDI John, pour lencadrement spcial quil nous

    accorde en vue dun panouissement social et pour tous les soutiens tant moral, matriel que

    spirituel nous apports pour la ralisation de ce travail. A travers lui, nous ritrons notre

    attachement et remerciements la famille CHISHUGI BAHIZIRE Fidle et Justine

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    NTAKWIGERE qui nous est trs chre ; nous ne savons passer sous silence lamour dont a

    fait preuve leur progniture. Nous leur sommes reconnaissantes.

    Que nos compagnons de lutte, les amoureux des Relations Internationales ainsi que

    nos ami(e)s et connaissances lisent ici lexpression de notre gratitude pour lencouragement,

    le soutien et lintrt sous toutes les formes, quils ont port la ralisation ce travail ; ainsi

    qu vous tous lecteurs du prsent travail pour lattention, lobjectivit et le soin que vous y

    apporterez.

    NEEMA BAHATI Atosha

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    SIGLES ET ABREVIATIONS

    1. ACP : Afrique Carabes et Pacifique

    2. AFDL : Alliance des Forces Dmocratiques pour la Libration du Congo

    3. AMF : American Minerals Fields

    4. BAD : Banque Africaine pour le Dveloppement

    5. BM : Banque Mondiale

    6. CEEAC : Communaut Economique des Etats de lAfrique Centrale

    7. CEMAC : Communaut Economique et Montaire de lAfrique Centrale.

    8. CEPGL : Communaut Economique des Pays des Grands Lacs.

    9. CIA : Central International Agence

    11. CIAT : Comit International dAccompagnement la Transition.

    12. CNDP : Congrs National pour la Dfense du Peuple

    13. COFED : Cellule dappui lOrdonnateur national du Fonds Europen de

    Dveloppement

    14. COPS : Comit Politique et de Scurit

    15. DDR : Dsarmement Dmobilisation et Rinsertion

    16. DIA : Defense Intelligence Agency

    17. DSRP : Document de Stratgie et de Rduction de la Pauvret

    18. EIC : Etat Indpendant du Congo

    19. EUSEC : Europe Scuritaire

    20. FAC : Forces Armes Congolaises

    21. FADRC : Forces Armes de la Rpublique Dmocratique du Congo

    22. FAZ : Forces Armes Zaroises

    23. FDLR : Forces Dmocratiques pour la Libration du Rwanda

    24. FED : Fond Europen de Dveloppement

    25. FMI : Fond Montaire Internationale

    26. FRPC : Facilit pour la Rduction de la Pauvret et la Croissance

    27. IDH : Indicateur de Dveloppement Humain

    28. MIBA : Mines des Bakwanga

    29. MLC : Mouvement de Libration du Congo

    30. MONUC : Mission dObservation des Nations Unies au Congo

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    31. MONUSCO : Mission de lOrganisation des Nations Unies pour la

    Stabilisation du Congo

    32. MPLA : Mouvement Populaire pour la Libration de lAngola

    33. MPR : Mouvement Populaire de la Rvolution

    34. NEPAD : Nouveau Partenariat pour le Dveloppement de lAfrique

    35. OKIMO : Office dOr de KiloMoto

    36. OMC : Organisation Mondiale du Commerce

    37. OMS : Organisation Mondiale de la Sant.

    38. ONG : Organisation Non Gouvernemental

    39. ONU : Organisation des Nations Unies

    40. PEG : Programme Economique du Gouvernement

    41. PESC : Politique Etrangre de Scurit Commune

    42. PESD : Politique Europenne de Scurit et de Dfense

    43. PFBC : Partenariat pour les Forts du Bassin du Congo

    44. PIB : Produit Intrieur Brut

    45. PIR : Programme Intrimaire Renforc

    46. PMURR : Programme Multisectoriel dUrgence, Rhabilitation et

    Reconstruction

    47. PNC : Police Nationale Congolaise

    48. PNUD : Programme des Nations Unies pour le Dveloppement

    49. PPTE : Pays Pauvres Trs Endetts

    50. RCD : Rassemblement Congolais pour la Dmocratie

    51. RDC : Rpublique Dmocratique du Congo

    52. REJUSCO : Restauration de la Justice en RD Congo

    53. RUD : Rassemblement pour lUnit et la Dmocratie

    54. RPR : Rassemblement du Peuple Rwandais

    55. SADC : South African Development Community

    56. SOMINKI : Socit Minire du Kivu

    57. UA : Union Africaine

    58. UE : Union Europenne

    59. UEO : Union Europenne Occidentale

    61. UPI : Unit de Police Intgre

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    62. URSS : Union des Rpubliques Socialistes Sovitiques

    63. UMCN : Union Mondiale pour la Conservation de la Nature

    64. WWF : Word Wide Fund

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    INTRODUCTION GENERALE

    1. Choix et Intrt du sujet

    La Rpublique Dmocratique du Congo est un pays de paradoxe, elle recouvre la

    plus grande partie du bassin du fleuve Congo, le second au monde par son dbit aprs

    lAmazone et le cinquime par sa longueur.

    Le pays immense dont lunification administrative et linguistique fut luvre du colonisateur,

    vou devenir le premier Etat francophone du globe avec une population denviron

    55millions dhabitants en 2003, est aussi le ventre mou de lAfrique.

    Depuis lpoque coloniale, la R.D.C. est qualifie de scandale gologique .Elle

    possde la moiti des rserves mondiales de cobalt, mtal recherch dans lindustrie

    aronautique, dans la production des fibres optiques et dans lindustrie darmement. La

    R.D.C. est galement parmi les principaux producteurs du diamant. Elle possde galement le

    coltan, mtal qui est utilis dans la fabrication des tlphones mobiles et des ordinateurs,

    mais surtout dans lalliage des ttes des missiles anti-blindage, elle est aussi productrice

    duranium et important producteur dor pour ne citer que ces quelques mtaux et matires

    prcieuses. Ces diffrentes ressources minires ont toujours intress le monde entier qui

    continue exploiter sur le sol congolais de gr ou de force.

    La R.D.C. a une situation gostratgique au cur de lAfrique et plus

    particulirement en Afrique Centrale, ce qui constitue galement un lment qui puisse

    susciter la convoitise des puissances trangres soit pour le maintien de la stabilit ou pour le

    contrle de la rgion; soit pour la recherche des intrts particuliers.

    Ainsi, notre choix de ce sujet sexplique par le souci de faire une lecture et une

    analyse du rle de grandes puissances dans la gopolitique de la R.D.C. Nous essayerons de

    faire une lecture des diffrentes interfrences des grandes puissances dans la politique de la

    R.D.C.

    Cette tude revt un triple intrt qui est dabord personnel, scientifique et social.

    Sur le plan personnel: en tant que aspirante spcialiste des questions gostratgiques,

    cette tude qui constitue le premier pas dans nos analyses des questions gopolitiques,

    nous permet de comprendre avant tout la situation dans notre pays pour mieux

    comprendre dans lavenir les situations dailleurs.

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    Sur le plan scientifique : cette tude apporte une contribution importante en terme de

    documentation dans le domaine de la gopolitique et la gostratgie du Congo ; domaines

    qui sont souvent vits par les auteurs vu leur complexit et leurs exigences.

    Sur le plan social : cette tude invite les dtenteurs du pouvoir en R.D.C. comprendre ce

    quont t les cinquante annes dindpendance du pays et les amener ainsi repenser leur

    politique de coopration avec les puissances trangres, sous la prime des innovations et

    progrs technologiques que le monde connat actuellement, sous celui des avantages que le

    pays a de valoriser ses ressources naturelles et enfin du rle que les grandes puissances ont

    jou et continuent jouer dans la politique du pays.

    2. Problmatique

    Comme nombre dEtats africains modernes, le Congo Kinshasa actuel est une

    cration de loccident. Les contours de son territoire ont t dtermins par la confrence de

    Berlin de 1885 et les consquences de ce partage se font sentir jusqu nos jours. Qui plus est,

    les acteurs occidentaux ont jou et continuent jouer des rles dterminants dans la politique

    intrieure du pays, soit directement, soit aux travers des organisations internationales. Leur

    ingrence ou leur refus dingrence ont t dterminants tout au long de lhistoire1

    Depuis la priode coloniale jusqu ce jour; la R.D.C. a toujours t secoue par

    plusieurs guerres et troubles qui perturbent la paix et la scurit de sa population, la stabilit

    politique des institutions et le dveloppement conomique du pays. Il suffit de penser la

    mutinerie de la Force Publique, le 05 juillet 1960, la scession du Katanga le 11 juillet

    1960, la scession du Sud Kasa le 09 aot 1960, loccupation par les mercenaires de

    Jean Schramme en 1967, aux nombreuses guerres des annes 1967 1970 au Shaba , la

    guerre de libration en 1996 et trs rcemment la guerre dite dagression du 02 aot 1998

    suivie par plusieurs autres guerres lEst du pays dans les Kivu.

    Ces guerres et rebellions ont occasionns plusieurs pertes en vies humaines, en

    dtruisant les infrastructures conomiques, sanitaires, environnementales, scolaires,

    1 M-F. CROSS, et F. MISSER, Gopolitique de la R.D.C. ; Bruxelles ; Complexe, 2006.

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    ouvrant ainsi la voie aux pillages des diverses richesses du pays sans oublier linscurit et

    linstabilit des institutions politiques du pays.2

    Plusieurs tentatives de rconciliation nationales, la Table ronde de Lopold ville en

    janvier 1961, la confrence de Tananarive en mars 1961 en passant par la constitution de

    Luluabourg en 1964, la confrence Nationale Souveraine en 1991- 1992, les ngociations du

    Palais du peuple en 1993, lAccord de cessez-le-feu de Lusaka de juillet 1999, pour aboutir

    lAccord Global et Inclusif du 17 dcembre 2002 Sun City en Afrique du Sud. Aprs les

    lections qualifies de correctes par la communaut internationale, les institutions issues des

    lections se sont fixes les priorits de poursuivre les initiatives de paix jusqu ce que le pays

    retrouve la scurit et la stabilit dont il a besoin pour son dveloppement.

    Signalons, cependant que les vnements qui se sont succds en R.D.C. ces

    dernires dcennies ntaient pas seulement luvre des congolais et des acteurs rgionaux, il

    y a une certaine main invisible des acteurs lointains qui sont des grandes puissances et qui ont

    jou des rles assez importants dans la guerre en R.D.C. Qui plus est, ces grandes puissances

    ont galement jou des rles dans les initiatives diplomatico stratgiques de la R.D.C.

    notamment dans la recherche de la paix et la scurit ainsi que le domaine de dveloppement.

    Partant de ces lments danalyse de la situation en R.D.C., nous pouvons nous

    poser une interrogation suivante : comment et pourquoi les grandes puissances interfrent

    dans les politiques intrieure et trangre de la R.D.C. ?

    Comme on peut le voir, une telle problmatique peut reposer sur des hypothses.

    3. Hypothses de travail

    Comme on peut le constater, le moment est crucial. La chasse croise diplomatique

    observe ces derniers temps est certainement un prlude une redistribution des cartes en

    Afrique. Gopolitiquement parlant, il y a un signal fort de la R.D.C. sur la scne rgionale et

    internationale. Aux dirigeants congolais den prendre conscience et de rebondir. A chaque

    courant les occidentaux ont chang de stratgie. Il nest pas question de tolrer que des

    intrts privs se bouscules de manire dsordonne et sans vergogne dans ces fameuses

    2A. MULUMA MUNANGA, Processus de paix dans lenvironnement post lectoral en R.D.C. , in Congo

    Afrique , N405 , Mai 2006 , pp. 171 173.

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    zones grises o lautorit de lEtat ne sexerce plus, puis quil y va de la scurit, il

    sagit de faire rgner lordre dans les banlieux de la plante.

    La R.D.C. a souffert de la convoitise des puissances cause de ses potentialits et de

    son rle central en Afrique. Ces puissances ont jou des rles dans les guerres du Congo soit

    en tlguidant les acteurs, soit en leurs apportant des appuis politiques et militaires avec

    comme raison non avoue une tentative de contrle de ses ressources naturelles et de son

    territoire. Toutes les analyses convergentes sur le fait que linvasion de la R.D.C. ne serait

    jamais alle sans lappui dcisif entre autre des pays occidentaux dEurope et plus

    particulirement des Etats-Unis dAmrique, cest le cas de lappui politique et militaire des

    Etats-Unis la guerre en R.D.C.

    Ces puissances trangres, dont les Etats Unis, la France, lUnion Europenne, la

    Belgique, ont galement jou un rle important prpondrant dans le processus de paix en

    R.D.C. lors de la signature de lAccord Global et inclusif de dcembre 2002, lequel rle sest

    prolong par la mise en place dun Comit International dAppui la Transition (CIAT).3

    A cette poque o lon est en pleine procdure de reconstruction de lEtat en R.D.C., on

    assiste plusieurs interfrences des grandes puissances parmi lesquels les EtatsUnis et

    lUnion Europenne, qui pour lappui au maintien de la paix, qui pour laide au

    dveloppement, Nous noterons ce sujet, le signal dcisif de la relance des relations de

    coopration entre les Etats-Unis et la R.D.C., lequel fut exprim dans les propos de la

    secrtaire dEtat amricaine Hillary Clinton indiquant, en filigrane; la fin de la paranoa de

    stabilisatrice qui a menac lintgrit de la R.D.C. ces dernires dcennies.4

    La R.D.C. reoit galement plusieurs aides au dveloppement de la part des EtatsUnis et de

    lUnion Europenne.

    Pour ces puissances, leurs ingrences dans les affaires intrieures de la R.D.C. se

    justifie par le souci de contrle de ce pays continent dont sa stabilit peut influencer la

    stabilit de sept pays de ses voisins vue sa position centrale au cur de lAfrique, ainsi que

    ses richesses naturelles dont leurs industries ont besoin.

    4. Mthodologie

    3 R. MINANI BIHUZO, 1990 2007 : 17ans de transitions politiques et perspectives dmocratiques en

    R.D.C., Kinshasa, CEPAS/RHODECIC, MEDIASPAUL, 2008. 4 C. KOSISAKA NKOMBE, Les Etats-Unis rajustent leur politique africaine , in le Potentiel(R.D.C.) ,

    Kinshasa, le 06 aot, 2009.

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    Tout chercheur qui sadonne un travail scientifique doit observer les rgles de la

    mthodologie et avoir conscience du but de la recherche, de la nature de raisonnement et de

    lexigence dun systme thorique.

    Nous galement, pour aborder notre sujet de recherche, nous nous sommes appuyes sur des

    mthodes et techniques appropries.

    a. Mthode

    Dans notre travail nous convoquerons essentiellement les mthodes gopolitiques

    appuyes par des approches dialectiques.

    La mthode gopolitique

    Selon les mots de Franois Thual, la gopolitique est une mthode des situations .

    Elle permet didentifier les acteurs, analyser leurs motivations, dcrire leurs intentions,

    reprer des alliances en voie de construction soit au niveau local, rgional, continental ou

    international.5

    Dans cette tude, la gopolitique nous permettra de comprendre que la politique

    trangre a cess dtre la dfense des intrts politiques uniquement, de plus elle dpend

    aussi des intrts conomiques, lesquels sous-entendent les nouvelles logiques de coopration

    entre les Etats.

    Elle nous permettra galement de comprendre la volont des grandes puissances de

    matriser et de scuriser les ressources, de jouer un rle dterminant dans la politique de la

    R.D.C., car disent-ils : qui contrle la R.D.C., contrle toute lAfrique centrale .

    Lapproche dialectique

    Nous nous sommes servies de lapproche dialectique pour comprendre les enjeux des

    relations entre les grandes puissances et la R.D.C. et saisir du mme coup les contradictions

    de ces relations.

    Nous avons par consquent appliqu les quatre lois de la dialectique, savoir :

    - la loi de la totalit : elle nous a permis dtablir la structure des faits pour comprendre la

    politique mene par les grandes puissances en la R.D.C;

    5 F. THUAL, Gopolitique au quotidien. Apprendre dchiffre lactualit ; Paris ;Dunod ;1993, p.04.

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    - La loi de lvolution : elle nous a permis dtablir les diffrentes tapes de lvolution de

    cette politique;

    - La loi du dveloppement quantitatif : elle nous a permis de comprendre comment chaque

    stade de lvolution de cette politique est lev par rapport au prcdent;

    - La loi de la contradiction : elle nous a permis de comprendre comment chaque stade de

    cette politique nie et contient lautre. 6

    b. Technique

    Notre cheminement a altern rflexion thorique et travail empirique. Nous ne nous

    sommes pas dispenses de faire lconomie de tout ce qui jusqu prsent est sur la

    gopolitique de la R.D.C. et les interfrences des grandes puissances. Pour cela, nous nous

    sommes appuys sur deux techniques :

    la technique documentaire

    Comme le dit Maurice DUVERGER : cest sur les documents que les phnomnes

    laissent des traces.7 Cette technique nous a permis de collecter des ouvrages et documents

    divers relatifs notre sujet de re

    la technique de traitement des donnes

    Il sagit ici de technique danalyse du contenu qui nous a permis de faire lanalyse des

    donnes recueillies au cours de nos recherches.

    5. Dlimitation du travail

    Tout travail scientifique ncessitant que son champ soit dlimit dans le temps et dans

    lespace, le ntre ne peut chapper cette vidence.

    a. Dlimitation temporelle

    6 M. GRAWITZ, Mthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz, 2001.

    7 M. DUVERGER, Mthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz, 1964 ;pp .03-04.

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    Notre tude va de 1990 2010. Lanne 1990 est lune des priodes marquantes de la

    seconde moiti du 20me

    sicle. Sur le plan international, elle est le tmoin du duopole

    amricano-sovitique, mais aussi on assiste au cours de cette anne plusieurs mutations

    politiques, conomiques, financires, scuritaires, technologiques, sur la scne

    internationale. Pour la R.D.C. cette anne correspond au dbut des transitions politiques qui

    ont pris fin par lorganisation des lections instituant la troisime Rpublique.

    Lanne 2010 nous intresse parce quau cours de cette anne notre pays totalise ses

    cinquante annes dindpendance, ce qui peut amener les responsables actuelles de la

    politique du pays faire un bilan sur ce qui sest pass dans le pays pendant des cinquante

    annes. Ce travail est donc un de ces bilans.

    Disons cependant que nous ne serons pas rigide en ce qui concerne les dates car dans

    nos analyses nous serons quelques fois obliges daller au del de cette dlimitation

    temporelle.

    b. Dlimitation spatiale.

    Notre tude porte sur les interfrences de grandes puissances dans les initiatives

    diplomatico - stratgiques de la R.D.C.. La Rpublique Dmocratique du Congo constitue

    donc le vritable champ spatial de notre tude.

    Quant en ce qui concerne les grandes puissances, nous allons prendre le cas des Etats-Unis et

    de lUnion Europenne car elles sont reprsentatives des puissances qui sont plus prsentes

    dans la politique intrieure de la R.D.C..

    6. Difficults rencontres

    Les chercheurs sont unanimes sur le fait que la production dun travail scientifique est

    le prix dune longue et douloureuse preuve. Nous nous sommes heurtes de nombreuses

    difficults ; mais les plus redoutables ont t celles lies la collection des donnes. Nous

    nous sommes butes une insuffisance des productions scientifiques relatives notre sujet

    dtude disponibles dans nos bibliothques de la place, do nous avons t obliges daller

    tlcharger certains ouvrages linternet ce qui nous a valu dnormes moyens financiers. Par

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    l il faudra avouer que des difficults dordre social et financier ne nous ont pas permis de

    produire un module au temps voulu.

    7. Subdivision du travail

    Lconomie gnrale de notre travail sarticule autour de trois chapitres, lesquels

    sont constitus chacun en deux sections.

    Le premier chapitre abordant les considrations gnrales de ltude semploie

    clarifier quelques concepts oprateurs avant de donner un aperu sur la gopolitique de la

    R.D.C. pour permettre au lecteur de bien comprendre la suite du travail.

    Le deuxime chapitre traite des dfis gopolitiques et des initiatives diplomatico -

    stratgiques de la R.D.C..

    Le troisime chapitre qui incarne le sujet mme de notre travail traite des

    interfrences de grandes puissances dans la politique de la R.D.C..

    Enfin une conclusion pour rendre effectif notre travail.

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    CHAPITRE I. CONSIDERATIONS GENERALES

    Section I. CADRE CONCEPTUEL DE LETUDE

    1. Le concept de puissance

    Equivalent dans lordre politique internationale de ce quest le pouvoir lintrieur

    dun Etat souverain; la notion de puissance est un des matres mots de la stratgie et un des

    concepts cls des relations internationales; si non son objet central. Mais bien quelle soit un

    concept cl dans la thorie raliste, sa dfinition prcise reste un sujet de controverse.

    Etymologiquement la puissance peut tre comprise comme le fait de commander, de

    dominer, dimposer son autorit. 8

    Par extension, elle est considre comme synonyme dEtat et dsigne notamment en droit

    international les Etats qui par leur poids dmographique, leurs forces conomique et militaire

    jouent un rle dterminant dans la vie politique internationale. Cette dfinition voque dide

    de grandes puissances et petites puissances.9

    Dans les relations internationales, on a pu distinguer la puissance comme la capacit

    dimposer sa volont autrui sur la scne internationale, et le pouvoir comme cette mme

    capacit sur le plan interne. Dans tous ces cas la puissance est au moins une capacit

    modifier son environnement ou atteindre un objectif.

    Le pouvoir exerc par un Etat sur un autre rvle sa puissance. Il sagit donc la fois de sa

    force et des moyens de lexercice de celle-ci ; dun tat de fait et dune relation entre au moins

    deux acteurs.10

    A lorigine de la conception raliste contemporaine de la puissance se trouve Max

    Weber ; selon qui, la puissance signifie toute chance de faire triompher au sein dune

    relation sociale sa propre volont ; mme contre des rsistances, peu importe sur quoi repose

    cette chance.11

    8 Le Petit LAROUSSE illustr ; Larousse ; 2006. 9 C. DEBBASH; Lexique de Politique ; 7me dition, Paris, Dalloz ; 2001, p.344. 10 D. ALCAUD et L. BOUVET (dir) ; dictionnaire de sciences politiques et sociales, Paris, Dalloz, 2004. 11 M. WEBER; cit par M-C. SMOUTH ; Dictionnaire des relations internationales, 2me d., Paris, Dalloz , 2006.

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    Etudiant de Weber, Hans MORGENTHAU verra donc dans la puissance lemprise dun

    acteur sur lesprit et les actions des autres 12

    De sa part Raymond Aron la considre comme la capacit dune unit politique

    dimposer sa volont dautres units .13

    Ainsi dfinie, la puissance comporte deux dimensions :

    Positivement : puissance dfensive, elle signifie la capacit dune unit politique de faire

    ce quil veut faire comme et quand il veut le faire, de ne pas se laisser imposer la volont

    des autres et sa capacit demmener un autre Etat faire ce quil naurait pas fait en

    labsence de cette relation.

    Ngativement : puissance offensive qui est la capacit dun Etat de ne pas faire ce quil ne

    veut pas faire et dempcher un autre de faire ce quil souhaiterait faire, cest la capacit

    imposer sa volont autrui.

    Surtout, la puissance dun Etat se situe non pas dans labsolu, mais dans linteraction

    dans le cadre dune relation dynamique entre deux ou plusieurs units politiques : la

    puissance politique nest pas absolue, mais une relation crit Raymond Aron aprs que

    Morgenthau ait prcis quil sagit dune relation psychologique entre ceux qui lexercent et

    ceux sur qui elle est exerce .

    Le fait de concevoir la puissance comme relation entre units politiques nempche pas

    les ralistes de lassimiler la plupart du temps ses lments composants ; aux facteurs qui

    permettent un Etat dimposer sa volont aux autres.

    a. Les lments de la puissance.

    Maints auteurs ont numr les lments de la puissance sans que lon aperoive

    toujours sils visent la force militaire ou la capacit globale daction, sils se rfrent au

    temps de paix ou au temps de guerre. Faute de cette distinction, les numrations semblent

    arbitraires, htrognes, sans quaucune liste semble complte ou incontestable.

    Par exemple le gographe amricain Spykman Nicolas numre les dix facteurs

    suivants : la surface du territoire, la nature des frontires, le volume de la population,

    labsence ou la prsence des matires premires, le dveloppement conomique et

    12H. MORGENTHAU, Politics among nations, New York, MacGraw Hill, 6me dition ;1993. 13 R. ARON, Paix et Guerre entre les nations, Paris, Calman-Lvy, 2005, pp58-59.

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    technologique, la force financire, lhomognit ethnique, le degr dintgration sociale, la

    stabilit politique et lesprit national.14

    Le professeur Hans Morgenthau, lui, en trouve huit : la gographie, les ressources

    naturelles, la capacit industrielle, la population, ltat de prparation militaire, la morale

    nationale, la qualit de la diplomatie.15

    Rudolf Steinmetz en trouve huit galement : la population, les dimensions du territoire, les

    richesses, les institutions politiques, la qualit du commandement, lunit et la cohsion

    nationales, le respect suscit et les amitis ltranger et les qualits morales.

    Un autre auteur allemand, la veille de la deuxime guerre mondiale, Guido Fisher,

    classe les lments de la puissance en trois catgories :

    1. Facteurs politiques : position gographique, dimensions de lEtat, nombre et densit

    de la population, habilet dorganisation et niveau culturel, types des frontires et attitudes

    des pays voisins.

    2. Facteurs psychologiques : flexibilit conomique et habilit dintervention,

    persvrance et capacit dadaptation.

    3. Facteurs conomiques : fertilit du sol et richesses minrales, organisation

    industrielle et niveau technologique, dveloppement du commerce et des transactions, force

    financire.

    Raymond Aron distingue quant lui : le milieu (espace occup par une unit

    politique), les ressources (matires premires) et laction collective.16

    Ces interventions parmi tant dautres se rejoignent en ce que la varit des donnes

    gographiques, matrielles, conomiques et techniques, politiques et humaines, cde

    rapidement le pas une hirarchie au sein de laquelle sont de facto privilgies les

    ressources objectivement mesurables qui permettent de comparer les Etats entre eux.

    Paradigme raliste, cest la force militaire qui est considre comme la source par excellence

    de la puissance : selon Morgenthau le fait que la puissance nationale dpende de la force

    militaire est si vident quil ne ncessite gure de dmonstration .17

    14 N. SPYKMAN., Americas strategy in world politics, cit par Raymond Aron, op. Cit., p.63. 15 H. MORGENTHAU, op. cit ;pp80 et suivantes. 16 R. ARON, op. cit, p. 64. 17 H. MORGENTHAU, op cit., p. 87.

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    De nos jours, si le facteur militaire garde bien videmment sa pertinence, on peut

    cependant douter du postulat de sa primaut. A limage du facteur espace qui, mis en avant

    par lapproche gopolitique des relations internationales na plus ; lpoque des missiles

    intercontinentaux et de la Rvolution dans les affaires militaires , le caractre incontournable

    quil a pu avoir dAlexandre le Grand jusqu Hitler, le facteur militaire a lui aussi vu son

    importance sroder au profit du facteur conomique.

    b. Puissance douce et puissance structurelle

    Le soft power ou puissance de sduction, de cooptation par opposition au hard power

    ou puissance de commandement, de contrainte est lhabilit dun Etat dresser lordre du

    jour politique dune manire qui modlera les prfrences exprimes par les autres , la

    capacit dune nation de structurer une situation de telle sorte que les autres pays fassent des

    choix ou dfinissent des intrts qui saccordent avec les siens propres : plutt que de

    reposer sur les lments tangibles de la puissance que sont la force militaire et le poids

    dmographique, une telle puissance en douceur sappuie sur des ressources intangibles

    telles que la culture, lidologie, les institutions ; limage que donne delle-mme une

    socit, la rputation quelle a de servir de modle dans les domaines aussi divers que le

    respect des droits de lhomme, le pluralisme politique, la crativit culturelle, linnovation

    technologique, lattrait quexercent ses ides.

    Quant au structural power oppos au relationnal power , il est dfini comme

    la capacit de faonner et de dterminer les structures de lconomie politique globale au

    sein de laquelle les autres Etats, leurs institutions politiques, leurs entreprises conomiques

    et leurs scientifiques et autres professionnels doivent oprer, manifestement son emprise dans

    linfluence diffuse quelle exerce directement sur les individus dcideurs, investisseurs ,

    experts, faiseurs dopinions, mais aussi sur les simples producteurs , consommateurs,

    pargnants, travers les entreprises, les banques, les mdias, les universits, les club, etc.

    Cette puissance structurelle dtermine la faon dont sont satisfaits les quatre besoins

    fondamentaux de toute socit que sont la scurit, la production, les finances et le savoir.18

    18 M - C. SMOUTH (dir), op cit, pp449 450.

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    2. Le concept de gopolitique

    Il est difficile de donner une dfinition prcise la gopolitique qui, bien que

    rattache aux sciences humaines ne dispose pas des lois gnrales strictement dfinies et ne

    peut donc tre considre comme une science. Celle - ci aura dailleurs connu une

    interprtation diffrente selon les thoriciens, les pays, les poques. Et si elle nobit pas

    des lois gnrales, elle dpend de la combinaison de multiples facteurs : conomiques,

    politiques, militaires, idologiques, religieuses, chaque fois diffrents.

    La gopolitique nest pas confondre avec la gographie physique ou la gographie

    politique ou encore la gostratgie, cette dernire rsultant non pas des rapports entre la

    gographie des Etats et leurs politiques, mais des donnes de la stratgie issues strictement de

    la gographie physique, conomique et dmographique. Toute fois, les diffrentes analyses

    de la gopolitique permettent de dduire quil sagit dune discipline visant tudier les

    projets politiques de diffrents acteurs prsents sur la scne internationale en fonction de leur

    rapport lespace. Elle concerne donc ltude des multiples influences ( la fois de la

    gographie, de la culture, de la socit et de lconomie) qui orientent le comportement

    dune nation et le type de relation que cette dernire entretient avec ses semblables.19

    Etymologiquement, la gopolitique est dfinie comme ltude des rapports

    existants entre les donnes gographiques des Etats et leur politique et qui repose sur le

    postulat dune troite corrlation entre elles.20

    Dautres auteurs dfinissent la gopolitique comme un organisme gographique ou comme un

    phnomne spatial ; cest dire, une terre, un territoire, un espace, ou plus exactement

    un pays, cest la science de lEtat en tant quorganisme gographique, tel quil se manifeste

    dans lespace.21

    19 Y. LACOSTE, (dir.), Dictionnaire de Gopolitique, Paris, Flammarion, 1993. 20 C. DEBBASH., et ali, op cit, p 184. 21 M. FOUCHER; Introduction du sminaire de gopolitique : lanalyse gopolitique et la gographie des crises, Grand Sminaire de gopolitique de lEcole Normale Suprieure ; Master II de gopolitique, Universit Paris I Panthon Sorbonne, Octobre 2007.

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    3. Le concept d initiative diplomatico - stratgique

    Avant daborder le concept initiative diplomatico stratgique en soi, il se rvle

    important de faire brve dfinition des concepts qui le composent, entre autre : diplomatie et

    stratgie.

    a. La diplomatie

    Il nexiste pas une dfinition universelle de la diplomatie. Elle peut tre envisage de

    trois faons diffrentes qui sinscrivent dans une certaine approche des relations

    internationales.

    Dans une perspective dordre international, la diplomatie est la conduite pacifique

    des relations entre entits politiques 22

    Juge moins coteuse que le recours la violence, moins alatoire que le recours

    larbitrage, cette pratique traduit un choix politique en faveur du dialogue. Dans une vision

    raliste domine par la logique de comptition entre Etats ; la diplomatie est un instrument

    de politique trangre, lart de faire avancer les intrts nationaux par lchange continu

    dinformation entre les peuples et les nations. Son but est de changer les dispositions desprit

    et les comportements. Cest la persuasion dEtat Etat.

    Enfin, si lon considre les relations internationales comme le rsultat dinteractions entre

    lappareil public par de l les frontires, la diplomatie est une branche de ladministration

    publique spcialise dans les relations avec ltranger. Elle est ne par le besoin des socits

    de communiquer et de traiter les uns avec les autres.

    Pour dautres auteurs, la diplomatie reprsente lart de reprsentation dun Etat dans

    les relations internationales, dans la dfense de ses intrts ltranger et dans les

    ngociations avec les autres. Assimile la politique trangre dun Etat, la diplomatie se

    comprend comme lensemble des organes et moyens employs pour la conduite des relations

    internationales de lEtat.23

    La diplomatie est un des instruments que lEtat utilise pour lexcution de sa

    politique trangre. La diplomatie se situe sur le plan des relations extrieures des Etats et des

    22 H. KEITH et R. LANGHORNE, The practise of diplomacy, Londres, Routledge, 1995. 23C. DEBBASH et ali ;op cit , p.141.

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    organisations internationales, des organisations internationales et Etats. Les sujets de droit

    international ne peuvent pas vivre isols, replis sur eux-mmes. Ils sont obligs dtablir

    entre eux des relations dans beaucoup de domaines dintrts communs. Ils sont aussi

    intresss la conduite des affaires lextrieur de leurs frontires et doivent donner une

    certaine cohrence cette conduite (Ide dextranit). La diplomatie nexiste que l o il y a

    des rapports extrieurs lEtat o lorganisation internationale.

    Elle ne peut avoir lieu quentre sujets de droit international qui tablissent entre eux des

    rapports volontaires et rciproques.24

    b. La stratgie

    Comme pour de nombreux termes scientifiques, le mot stratgie (anglais strategy,

    Italie strategia) provient du grec strategos (gnral) qui ne comportait pas la connotation

    dont il est revtu dans le monde moderne. Les grecs pour dsigner ce que nous entendons par

    stratgie employaient lexpression stratgike episteme (le savoir du gnral) ou stratgia

    saphia (la sagesse du gnral). Elle signifie ici la direction dune arme en campagne et

    correspond la science et lart du gnral. 25

    En dpit de cette tymologie, le concept stratgie na gure t utilis en ce sens

    grec et en latin. Longtemps, il na t repris dans les langues occidentales que de manire

    restreinte pour dsigner la fonction athnienne de stratgie.

    A partir de 1876, la stratgie est comprise comme la partie de la science militaire qui

    concerne la conduite gnrale de la guerre et lorganisation de la dfense dun pays.

    Au 20me

    sicle, le terme stratgie a connu une extension sans limite et

    paralllement une dilution de sa signification. En dpit de toutes les tentatives plus ou moins

    claires et plus ou moins heureuses pour largir le sens du mot stratgie, son emploi le plus

    prcis et le plus fiable dans la pratique comme dans ltude des relations internationales reste

    celui qui a trait la puissance militaire et ses rapports avec le politique. Il sagit

    paralllement de lusage retenu par les diplomates et les militaires.26

    24 H. KISSINGER, Diplomatie, Paris, Fayard, 1996. 25 Le Petit LAROUSSE Illustr, Paris, Larousse ; 2007. 26 M-C SMOUTH, (dir), op cit, pp. 514 518.

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    Pour Clausewitz, la stratgie tait normative et elle le demeure dans la dfinition

    suivante : un art ou un plan (susceptible dtre rvis) qui gouverne la leve, larmement et

    lutilisation des forces militaires dune nation (coalition) pour que les fins de celles-ci soient

    efficacement poursuivies et atteintes contre un ennemi rel, potentiel ou simplement

    prsum.27

    La dfinition standard du WebsterThird New International Dictionnary est plus

    vaste encore, mais galement prescriptive, la science et lart demployer les forces

    politiques, conomiques, psychologiques et militaires dune nation ou dun groupe de nation

    en vue dapporter le plus vaste soutien aux politiques adoptes en temps de paix ou de

    guerre.28

    c. Concept dinitiative diplomatico stratgique

    Dans les relations internationales ; les units politiques fires de leur indpendance,

    jalouses de leur capacit de prendre seules les grandes dcisions sont rivales par le fait mme

    quelles sont autonomes. Chacune ne peut compter, en dernire analyse sur elle-mme. Selon

    les mots de Raymond Aron, laction diplomatico stratgique est par dfinition celle qui agit

    en fonction de lintrt national, pour ainsi employer le langage des thoriciens des relations

    internationales. Toujours pour expliciter ce concept il loppose laction conomique. Il dit

    que tandis que la seconde avec un objectif relativement dtermin (bien quil prenne, selon

    les circonstances et les personnes, un autre contenu), savoir, la maximisation dune

    quantit qui, au niveau le plus lev dabstraction sera appele valeur ; la premire sans autre

    caractristique au point de dpart que de se drouler lombre de la guerre et, par suite

    dtre contrainte, en raison de tenir compte du rapport des forces.29

    Le calcul des forces au quel le diplomate idal peut se soustraire nest ni le premier,

    ni le dernier mot de laction diplomatico stratgique. Les amitis et les inimitis un

    moment donn ne rsultent pas toutes du rapport des forces. Le diplomate sefforce de

    maintenir un quilibre, mais certaines amitis ou inimitis lui sont donnes comme

    27 C. Von CLAUSEWITZ, De la guerre, Paris, Grard Challiand, 1999. 28 Cit par Philippe BIYOYA, Notes de cours dInitiation la gostratgie, premire Licence Relations Internationales, UOB, 2008 2009, indit. 29 R. ARON, op. cit. pp98 100.

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    irrductibles. Il ne vise pas dabord la maximisation des ressources, il dsire telle position

    stratgique. Les units politiques sont en comptition pour la satisfaction damour propre, la

    victoire ou le prestige.

    Pour clore donc nos analyses sur le concept de laction diplomatico stratgique, il

    sied de prciser que cette notion est indtermine et dont la dfinition mme mne des

    dbats. Mais nous en retiendrons la dfinition selon laquelle laction diplomatico stratgique

    est celle qui agit en fonction de lintrt national lequel est considr comme lensemble des

    objectifs poursuivis par un Etat et son contenu varie avec les conditions et ses objectifs

    changent selon la politique nationale.30

    Section II. APERU SUR LA GEOPOLITIQUE DE LA R.D.C.

    1. La position gostratgique de la R.D.C. et son rle en Afrique

    a. Un pays au cur de lAfrique

    Le Rpublique Dmocratique du Congo recouvre la plus grande partie du bassin du

    fleuve Congo, le second au monde par son dbit et cinquime par sa longueur. Ce territoire

    est le fruit des tractations entre puissances europennes lors de la Confrence de Berlin de

    1885, sur le partage de lAfrique.

    Sa superficie de 2.345.000km reprsente plus du quadruple de celle de la France, environ

    quatre vingt fois celle de la Belgique et peu prs la taille de lEurope de 25. Ce pays dont

    lunification administrative et linguistique fut luvre du colonisateur, vou devenir le

    premier Etat francophone du globe avec une population denviron cinquante cinq millions

    dhabitants en 2003, qui dpassera bientt celle de la France, est aussi le ventre mou du

    continent africain.31

    De nombreux pays voisins lentourent : le Rwanda, le Burundi, la

    Tanzanie, la Rpublique Centrafrique , la Zambie , le Soudan , lAngola, le Congo

    Brazzaville.32

    30 R. ARON, op cit, p 103.

    31 L. VAN DEN STEEN , sj ; La R.D.C. , lAfrique , le monde, Kinshasa, Ed. Loyola; 1998, p. 8.

    32 Idem

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    Lengagement dtermin de Lopold II et plutard de la Belgique, conqurir puis

    administrer cet espace instaurera jusqu lindpendance en 1960, une stabilit relative entre

    coupe par les rvoltes. Mais la dsorganisation de ladministration qui suit le dpart prcipit

    des Belges au lendemain de lindpendance et le soutien apport par lex-mtropole et les

    compagnies minires aux scessions du Kasa et du Katanga au lendemain de la passation du

    pouvoir aux congolais plongeront cet eldorado minier et agricole dans lanarchie.33

    De 1960 1967, ladministration centrale instaura le contrle sur la totalit du

    territoire que durant de brves priodes, cette fragilit de lEtat congolais sest vrifie encore

    par deux fois, en 1977 et 1978 lorsque les allis de Mobutu (Maroc et France) doivent

    intervenir au Shaba (Katanga) pour contrer linvasion dex-gendarmes katangais appuys par

    lAngola. Par la suite, le contrle de lEtat sur toute ltendue du territoire ne sera que partiel

    comme en tmoigne la survivance du maquis de Laurent Dsir KABILA dans les montagnes

    du Sud-Kivu de 1967 1985.34

    La gographie explique en partie la difficult du Zare de lpoque, entour de neuf

    Etats, dfendre ses 9000Km de frontires et empcher les tentatives de mouvements

    rebelles hostiles aux rgimes voisins de lAngola, de lOuganda et du Rwanda de se mnager

    des sanctuaires sur son sol pour les attaques contre leurs pays dorigine.

    Cet Etat affaibli qui est le Congo, occupe cependant une position gostratgique au

    centre de lAfrique. Non sans raison, lcrivain Frantz Fanon avait prsent ce pays comme

    la gchette du continent . De la stabilit du Congo dpend celle de neuf pays voisins parmi

    lesquels deux producteurs importants de lhydrocarbure, le Congo Brazzaville et surtout

    lAngola, qui parce quil pourvoit 8% de lapprovisionnement en ptrole des Etats-Unis,

    est considr comme une zone dintrt national.

    Pour la plupart de ses voisins, la position gostratgique du Congo au cur de

    lAfrique ainsi que ses richesses ont largement contribu motiver leur engagement militaire

    durant deux conflits qui ont endeuill le pays (1996 -1997, 1998 2003).

    33I. NDAYWELL NZIEM., Histoire du Congo. De lhritage ancien la Rpublique Dmocratique, Bruxelles,

    Duculot, 1998. 34

    I. NDAYWELL NZIEM, op cit ; pp. 580 680.

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    b. Un acteur de lintgration en Afrique

    La taille du pays ainsi que sa localisation centrale sur le continent explique

    galement pourquoi la R.D.C. est un acteur cl de lintgration politique et conomique

    africaine, mme sil est encore loin dtre en mesure de jouer pleinement son rle.

    Depuis 1976, le Congo Kinshasa est membre, avec deux de ses voisins de lEst,

    les deux anciens territoires sous mandat belge que furent le Rwanda et le Burundi, de la

    Communaut Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL), dont il hberge le sige de la

    Banque Goma au Nord-Kivu.35

    Depuis la fin, en 2003, du conflit qui les opposait, les trois

    pays tentent de relancer la coopration rgionale.

    Lex-Zare est aussi fondateur dune organisation rgionale plus vaste, cre en 1993,

    la CEEAC, qui outre la R.D.C. et le Burundi, regroupe lAngola, le Cameroun, la

    Rpublique Centrafrique, le Congo Brazzaville, le Gabon, la Guine Equatoriale ainsi que

    Sa Tom et Principe.36

    Aprs la chute de Mobutu, tout en demeurant membre de ces deux entits rgionales,

    pour lessentiel francophone et dAfrique Centrale, le Congo-Kinshasa se tourne vers deux

    espaces majorit anglophone. En septembre 1997, il adhre la SADC dont la coopration

    recouvre outre les aspects conomiques (nergie, transport, eau), les aspects politiques et

    scuritaires. Cet espace comprend la R.D.C., lAngola, lAfrique du Sud, le Botswana, le

    Lesotho, la Namibie, le Mozambique, le Swaziland, la Zambie, la Tanzanie et le

    Zimbabwe. Ladhsion la SADC se justifie galement par le fait que en raison de la

    dtrioration progressive de la voie nationale , la plus grosse partie des exportations

    provenant du Katanga est vacue par le chemin de fer vers les ports sud-africains, de

    Durban et Port Elizabeth voire par celui de Beira au Mozambique.37

    Le Congo-Kinshasa sous la prsidence de Laurent Dsir Kabila accueille le 29 juin 1998

    la troisime Confrence dune organisation caractre essentiellement commerciale : le

    March Commun de lAfrique Australe et Orientale, plus connu sous lacronyme anglais

    COMESA. Il regroupe une partie des Etats membres de la SADC (Angola, R.D.C., Malawi,

    35E. MURHULA AMISI , Lavenir du Congo dans la rgions des Grands Lacs :paradoxe autour dune certaine

    communaut , in RD Congo, les lections et aprs ?, Paris, lHarmattan ;2006 , p.137. 36

    http://www.ceeac-eccas.org 37

    T. MARX MICHAEL et C. PEETERS-BERRIES, intgration au sein de la SADC , in D+C Dveloppement et Coopration, n2, Mars - Avril, 1998.

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    Maurice, Namibie, Zambie, Zimbabwe, Swaziland) ainsi que Djibouti, Egypte, Erythree,

    Ethiopie, Kenya, Madagascar, Ouganda, Rwanda, Seychelles, et Soudan soit 18 pays

    membres au total. Cette dernire connat des fluctuations cause de lappartenance de ses

    membres plusieurs organisations rgionales.38

    Cependant, malgr sa position centrale au cur de lAfrique, la R.D.C. est souvent

    considre comme une prsence gnante, elle naurait pas de place dans les structures

    rgionales et sous rgionales existantes. Comme le dit le Professeur Philippe BIYOYA, le

    principal handicap dans le chemin rgional de la R.D.C. cest son incapacit russir

    lintgration interne, faute de projet politique qui vise la construction dune socit nationale

    dynamique qui aurait besoin dune rgion stable et dun monde solidaire et pacifique. Par

    ailleurs, lintgration conomique africaine souffre de la carence de limpulsion politique que

    requiert ce genre dentreprise.39 La R.D.C. ne peut tirer profit de lintgration rgionale quau

    sein des structures qui dpendent ou qui dpendraient de la puissance de son conomie

    nationale ou de sa vision stratgique comme autre fois la CEPGL ou lancienne Union des

    Etats de lAfrique Centrale qui runissait lex-zare, la Rpublique Centrafrique et le Tchad.

    Aujourdhui, la R.D.C. apparat, en dpit de ses multiples prsences lEst , au

    centre et au sud de lAfrique comme une nation dboussole, une puissance sans encrage

    gographique et en qute permanente de point de gravitation, une nation instable et non

    comptable, bref, un intrus quand elle nest pas indsirable.

    . 2. Les ressources naturelles de la R.D.C.

    Stratgique par sa position, la R.D.C. lest aussi par labondance et la varit de ses

    ressources naturelles. Cest pourquoi au cours de la conqute, les belges avaient qualifi

    juste mesure le Congo de scandale gologique. Il recle non seulement la moiti des rserves

    mondiales de cobalt, mtal hautement pris dans laronautique, mais aussi simpose comme

    lun des quatre principaux producteurs de diamant avec le Botswana, lAustralie et la Russie.

    La rputation mondiale des ressources minires de la R.D.C. pour leur abondance et leur

    diversit est reconnue depuis le dbut du 20me

    sicle. Le systme colonial a pour son

    38http://www.comesa.int

    39 P. BIYOYA MAKUTU, Le leadership rgional ou international dpend avant tout et pour tout du bon

    fonctionnement des institutions politiques , in Le Potentiel, Kinshasa, le 19 mars 2007.

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    bonheur pt mettre en exploitation avec succs les ressources minires qui ont produit les

    moyens financiers utiliss aussi bien pour le dveloppement de la mtropole que celui de la

    colonie durant cinq dcennies.40

    Le Pre Rigobert BIHUZO, dcrit la situation de la R.D.C. lorsquil dit : la R.D.C.

    est en Afrique subsaharienne, classe troisime en terme dtendue de la terre arable. Au

    niveau mondial, elle est deuxime possder une grande fort tropicale humide et des terres

    fertiles, un pluviomtre suffisant, considrable et une varit des ressources minrales . Il

    rappelle que dans son histoire, dautres mtaux ainsi que celle du ptrole lui ont procur prs

    de 75% des revenus qui lui ont permis de contribuer par exportations au PIB hauteur de

    25%.41

    a. Les ressources minires

    Les richesses de la R.D.C. sont ingalement reparties sur ltendue du territoire

    national. Le Katanga, longtemps dcrit comme la province du cuivre, est aussi dtenteur du

    cobalt qui lui est souvent associ, du zinc, de germanium et duranium, ainsi que de petits

    gisements dor sont situs dans les deux Kasa o se trouvent les grands dpts

    kimberlitiques. Les deux Kivu reclent des gisements importants dor, de columbotanlite et

    de cassitrite. Des riches dpts alluvionnaires sont situs dans le bassin du kwango

    (Bandundu) et dans la rgion de Kisangani. Enfin, lIturi abrite des riches concessions

    aurifres, dont la principale est situe Mongbwalu, 80Km de Bunia.42

    1. Le diamant

    Avec 27, 1 millions de carats expertiss en 2003, reprsentant une valeur de 642

    millions de dollars, le Congo est aussi aprs le Botswana, lAustralie et la Russie un

    producteur important du diamant. Sa production est estime entre 20% et de 25% de la

    production mondiale. Encore que ce chiffre, selon le Centre dEvaluation dExpertise et de

    40 Forum de la socit de la R.D.C. : Rvision des contrats miniers en R.D.C.. Rapports sur 12 contrats miniers,

    CEPAS, Novembre , 2007. 41

    R. MINANI BIHUZO, Problmatique des ressources naturelles en R.D.C.. Etat de lieux et perspectives , in Congo Afrique, N417, Septembre, 2007. 42

    M F. CROSS et F. MISSER, op cit , , pp 15-32.

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    Certification des matires prcieuses et semi prcieuses (CEEC) cre en 2002, ne tienne pas

    compte des fraudes.

    Lindustrie du diamant demeure lun des principaux pourvoyeurs en devises du pays

    , ses recettes dexportation dpassent de loin celles de toute autre industrie dextraction de

    minerai au pays, notamment celles du cobalt et du cuivre. Plus que tout autre produit au

    Congo, la richesse que constitue le diamant a jou comme un lment aggravant des deux

    conflits (1996 -1997 et 1998- 2003). Ce produit est devenu, en effet lun des principaux

    enjeux et le nerf de ces guerres, comme lont dmontr plusieurs rapports de lONU.43

    2. Le cuivre

    Dans les annes 1980, lex-Zare, dtenteur des rserves de minerais de cuivre dune

    haute teneur, rivalisait avec le Chili. Or, en 20 ans ce pays sud amricain a multipli sa

    production par sept pour se hisser au premier rang mondial avec 4, 7millions de tonnes,

    tandis que la production congolaise a connu une volution inverse, chutant moins de 0, 5%

    de la production actuelle du gant chilien. Les causes de leffondrement sont multiples. Elles

    dcoulent des ponctions du rgime Mobutu dans la caisse de lentreprise de lEtat

    Gecamines, qui a assur jusquen 1997, lessentiel de la production , mais aussi de la

    fonction sociale dvolue cette entreprise qui a procur jusquau dbut des annes 1990,

    plus de 60% des ressources budgtaires. Aprs la chute de Mobutu, lattribution des

    concessions des compagnies minires trangres a laiss augurer une relance de lactivit.

    Mais lannulation dune quinzaine des contrats au dbut de lanne 1998, par le

    gouvernement de salut public de Laurent KABILA, a introduit une confusion et une

    inscurit juridique telles que la plupart des investisseurs trangers ont opt pour lattentisme.

    Un mmorandum des travailleurs de la Gcamines envoy au Prsident Joseph Kabila en

    octobre 2001 attribuait le dclin de lentreprise lchec des contrats de partenariat avec les

    socits trangres.44

    3. Lor

    43 MANINGA SOLO, Lexploitation du diamant en R.D.C. et son apport sur lconomie nationale. Atelier

    Nationale de la socit civile sur la bonne gouvernance et les ressources naturelles et minires de la R.D.C., CEPAS, du 15 au 16 dcembre, 2006. 44

    La signature en septembre 1998 dun partenariat entre le groupe Ridge Point Overseas du Zimbabwe en Billy Reatenbach et la Gcamines fut dcrie un contrat lorin par lopposition politique.

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    Lor est lun des enjeux de la stabilisation de lEst du pays, et plus particulirement de

    la rgion de lIturi, proche de lOuganda et de celle du Sud Kivu. Les rserves situes dans

    les concessions de lOffice des Mines dOr de Kilo moto (OKIMO) de Bunia qui couvrent

    une superficie quivalente deux fois et demi celle de lancienne mtropole belge, sont

    estimes entre 100 et 150 tonnes. Celles de lancienne Socit Minire du Kivu (SOMINKI)

    sont du mme ordre de grandeur. Lensemble reprsente, au cours atteint en Avril 2004,

    lquivalent de trois milliards de dollars ou 60% du PIB national. Aprs la mise en place du

    gouvernement de transition en 2003, on a assist une vritable rue vers la rgion. Certaines

    des plus grandes socits aurifres du globe taient dj dtentrices des concessions dans ces

    deux rgions.

    Au dbut des annes 1990, alors que la production annuelle officielle congolaise tait

    estime aux alentours de deux tonnes, le Burundi voisin dpourvu de gisement nen exportait

    pas moins une dizaine de tonnes, dont lessentiel provenait de lEst de la R.D.C.

    4. Le columbotantalite (coltan)

    Le Congo est, de surcrot un acteur sur le march de la columbo tantalite (coltan) ou

    nobium , qui entre dans la fabrication des tlphones, des ordinateurs et dans la fabrication

    des missiles propres percer les meilleurs blindages. Aprs un boom spectaculaire en 2002,

    le cours du coltan a perdu, au dbut de lanne suivante, les deux tiers de sa valeur en dix

    mois, en raison dune srie des facteurs , allant de la miniaturisation des tlphones

    cellulaires lexcs doffre sur la demande ;d la rcession des industries de la

    communication , en passant par la dcision en dcembre 2000 de la Dfense Logistic Agency

    amricaine dcouler une partie de son stock stratgique sur le march , et surtout par lentre

    en production dune nouvelle mine ciel ouvert en Australie.

    En 2003, la production de la R.D.C., qui reprsente peu prs 15% du total

    mondial, tait dpasse par celle de lAustralie. Le Congo possde 80% des rserves

    mondiales connues de ce minerai. Mais la dtrioration des infrastructures terrestre dans

    lensemble du Congo a contribu orienter les flux dexportation essentiellement de contre

    bande, vers lEst. Mme aprs la fin de la guerre de 1998 2003, cet tat des choses

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    contribue au fait que les fonderies du Rwanda situes Kigali et Gisenyi tournent au moins

    pour moiti grce lapprovisionnement en coltan congolais.45

    5. Le ptrole : un trsor accapar

    Lancien Zare, depuis 1975, est galement un producteur de ptrole

    (30.000baril/jour). Les rserves prouves sont situes sur la plate forme littorale

    lembouchure du fleuve Congo et sur terre ferme dans la rgion ctire, et totalisaient une

    centaine de millions de barils, soit peine dix ans de production au rythme actuel. Elles sont

    exploites par la socit Perenco. Paradoxalement, la seule raffinerie dont dispose le pays na

    pas t conue pour raffiner le brut national, trop lourd, si bien que le Congo doit importer la

    totalit de ses besoins en carburant. La R.D.C. constitue une zone nvralgique cause de

    limportance de sa position gostratgique, mais cest aussi grce ses richesses, ses

    matires premires successibles de soutenir les conomies des grandes puissances.46

    b. Le chteau deau de lAfrique

    De tous les atouts pourtant considrables dont dispose le Congo, le plus important est

    la richesse hydrographique du fleuve Congo, dans un continent particulirement affect par la

    scheresse. Le fleuve Congo est le deuxime en dbit (40.000m3

    par seconde) aprs

    lAmazone (200.000m3 par seconde). Le fleuve est aliment par des milliers de rivires qui

    irriguent un bassin norme dune dimension de 3, 8millions de Km. Ceci fait que la moiti de

    toutes les eaux verses dans latlantique provient de ce chteau deau de la R.D.C.. Son rseau

    navigable comprend plus de 25.000Km de voies ltat naturel dont prs de 15.000explors et

    classifis. Le fleuve Congo et ses affluents constituent une pine dorsale du Congo et un axe

    nourricier du pays. Par lui on assure le transport le moins dispendieux. Le fleuve est lune des

    voies de communications qui permet des changes massifs des marchandises et des personnes

    des cots bas entre diffrentes rgions47

    .

    45M-F. CROSS et F. MISSER, op cit ; p30.

    46 BLANCHARD KOTA, Nouvel ordre mondial. R.D.C., Afghanistan deux zones nvralgiques , in Le Potentiel,

    Kinshasa, 12 mars.2010. 47

    F. LELO NZUZI et C. TANTU NGINAMAU, les atouts et limites du fleuve Congo face la relance de lconomie post conflit en R.D.C. , in Congo - Afrique, N436, Juin - Juillet 2009.

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    Lon comprend donc pourquoi depuis longtemps on se bouscule pour avoir accs

    cette source de vie. Cest le cas de la compagnie Italienne Transaqua , qui a ngoci le

    march de louverture dun canal qui acheminerait leau du bassin du Congo vers le Sahel. En

    2003, cest la compagnie amricaine Saphire Aqua Corporation qui se proposait de

    creuser un aqueduc de 2000Km pour amener leau jusquau Soudan ; dautres compagnies

    envisageait damener cette eau mme vers lAfrique du Sud. A lheure des changements

    vertigineux du climat, on doit sattendre des sollicitations plus que volontaires.48

    c. Le poumon de lAfrique

    Il est aussi connu que la R.D.C. est classe quatrime en termes dtendue de terres

    arables, comme de population. La R.D.C. possde la plus grande fort tropicale humide

    dAfrique et la deuxime du monde aprs celle de lAmazonie. Les forts de la R.D.C. (47%

    des forts denses dAfrique Centrale et 6, 5% des forts tropicales du monde) couvre un peu

    plus de la moiti de ltendue nationale ; elles reclent en outre dimportants puits de carbone

    pour la captation de gaz effet de serre, elles influencent galement les caractristiques

    climatiques rgionales et locales, et assurent une alimentation en eau essentielle pour une

    vaste zone dAfrique. Elles abritent aussi plus de quatre cent espces de mammifres,

    presque autant de reptiles, quatre vingt damphibiens, un millier despces de poissons deau

    douce, plus dun millier despces de papillon.

    La prsentation de cet espace a fait lobjet dun sommet des chefs dEtat du bassin

    du Congo pour la prservation des cosystmes forestiers et de la biodiversit en Afrique

    Centrale qui sest tenue le 05 fvrier 2005 Brazzaville, en prsence du Prsident Franais

    Jacques Chirac. Il a dbouch sur un plan de convergence de 1,3millions deuros et sur

    ltablissement dun cadre juridique, technique et financier pour la prservation des forts

    du Bassin.

    La Belgique, le Canada, la France, lAllemagne, les Etats-Unis, lAfrique du Sud,

    le Royaume Unis et lUnion Europenne font partie des membres fondateurs du Partenariat

    pour les Forts du Bassin du Congo (PFBC) qui regroupe aussi depuis 2002 outre les

    gouvernements de la rgion, lorganisation mondiale des bois tropicaux, la Banque

    Mondiale, lUnion Mondiale pour la Conservation de la Nature (UMCN), ainsi que les ONG

    48R. MINANI BIHUZO , op cit, p.131.

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    qui sefforcent de promouvoir la gestion durable des cosystmes et des ressources naturelles

    des forts du bassin du Congo.49

    Il est donc temps que la R.D.C. dveloppe elle-mme une lgion des projets

    concernant la gestion et la valorisation de la fort tropicale et de sa biodiversit. Ces projets

    sont dj en cours un stade avanc dans lhmisphre Nord.50

    d. Scandale nergtique

    Doublement stratgique, le fleuve Congo et son bassin reclent des potentialits

    hydrolectriques les plus importantes du monde. Nombreux pays dAfrique et ceux dailleurs

    lorgnent avec convoitise sur les potentialits dInga seul site en Afrique mme de produire

    370.000gwatt. Cette potentialit place la R.D.C. quatrime au monde aprs la Chine

    (774.000gwatt), la Russie et le Brsil.51

    Il reprsente deux tiers du potentiel mondial.

    De tous les fleuves, le Congo est le seul prsenter sur son cours infrieur, une pente trs

    importante, cela fait du site dInga en aval des rapides, le plus grand gisement dnergie

    hydraulique au monde, reprsentant 370.000gwh de puissance ou 44.000Mw dont le faible

    cot de production. Quand on sait le rle de lnergie non polluante dans la projection des

    projets de croissance conomique du monde, il est ais de deviner lampleur du rle que la

    R.D.C. est appele jouer dans lavenir. Le NEPAD lui-mme a explicit plusieurs projets

    dans ce domaine.52

    . 3. Les relations extrieures de la R.D.C.

    Comme nous lavions dj signal ci haut ; comme bon nombre dEtat africain, la

    R.D.C. actuelle est une cration de loccident. Les contours de son territoire ont t

    dtermins par la confrence de Berlin et les consquences de ce partage se font sentir jusqu

    nos jours. Qui plus est, les acteurs occidentaux continuent jouer un rle important dans

    lhistoire du pays, soit directement, soit au travers des Nations Unies ou dautres

    organisations internationales. Leurs ingrences ou leurs refus dingrences ont t dterminant

    49 M C. CROSS et F. MISSER, op cit, p.115.

    50 R. MINANI BIHUZO, op cit, P132.

    51 R. MINANI BIHUZO, op cit , p133.

    52 Projet de cration des autoroutes de lnergie partir dInga, lune des principales stratgies du NEPAD.

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    tout au long de lhistoire du pays. Le fondateur de lEtat congolais moderne, le roi Lopold

    II, tait parvenu convaincre les puissances europennes de lopportunit de crer un Etat-

    tampon qui leur vite un affrontement direct au cur du continent, tout en leur garantissant

    un accs aux richesses du pays lors de la Confrence de Berlin de 1885. Mais comme le

    rappelle lhistorien belge Jean-Luc Vellut ; laventure qui dmarre avec la cration de lEIC

    nest pas uniquement une pope belge, cest aussi une tragdie laquelle sont mls des

    britanniques comme Stanley, des italiens et des franais, voire des amricains et des sudois

    titre de missionnaires.53

    Limportance des richesses du Congo a justifi plusieurs poques lintrt pour ce

    pays des puissances occidentales. Le Congo fut un enjeu stratgique durant la seconde guerre

    mondiale, en tant que dtenteur de la mine duranium de Shinkolobwe, au Katanga, qui

    servit la fabrication des bombes atomiques largues en aot 1945 sur Hiroshima et

    Nagasaki.

    Durant presque toute la guerre froide, il constituera un fournisseur important de

    cuivre et de cobalt du monde libre . Ces raisons stratgiques expliquent les ingrences aux

    lendemains de lindpendance des Etats-Unis et de la Belgique pour liminer le Premier

    ministre Patrice LUMUMBA qui, pour rduire la scession du Katanga menaait de se

    tourner vers lURSS. De la mme manire lengagement des mercenaires et de la Belgique

    pour rduire les rebellions, visait aussi contrer le soutien de la Chine et de Cuba, et de

    faon gnrale du camp anti imprialiste pour qui, selon lexpression de Frantz Fanon,

    le Congo est la gchette qui permettrait de dclancher la rvolution en Afrique .54

    Par la suite, de part sa position gographique centrale, le Congo a servi de base

    arrire aux tentatives de la CIA pour dstabiliser le gouvernement MPLA Luanda, allie de

    lUnion Sovitique. Lenjeu portait dj sur les vastes ressources en or noir de lAngola, qui

    ne devaient aucun prix tomber sous la coupe des sovitiques et de leurs allis. Par la suite,

    les Etats-Unis ont men une politique schizophrne, laissant leurs compagnies exploiter le

    ptrole angolais et verser de substantielles royalties au gouvernement de Luanda, tout en

    appuyant lunit de Jonas Savimbi jusquaux accords de Paix en 1991. Pour ce faire, la

    53J L. VELLUT, Les mmoires du congo. Le temps colonial, Muse Royal de lAfrique Centrale, Tervuren,

    2005. 54

    I. NDAYWELL NZIEM, I., op cit, pp. 573 583.

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    collaboration du Zare tait indispensable. Cela explique pourquoi, en dpit de tous ses

    travers, le rgime de Mobutu a reu un soutien sans failles de la part des Etats-Unis jusquau

    lendemain de la chute du mur de Berlin.

    Aprs vingt cinq ans dun rgne absolu, totalitaire qui a fait dire que Mobutu avait

    endoss lhabit du fondateur de lEIC, lautorit a commenc se dissoudre. Peu peu les

    esprits se prparent lavnement dune relve et mme un clatement du pays.55 Des

    scnarios de partition sont voqus au Pentagone o lon semble se rsigner leur

    inluctabilit. En dfinitive, linitiative est venue en septembre 1996 des acteurs rgionaux

    (Ouganda, Rwanda et Tanzanie dabord) dont certains nagure, avaient hberg des

    opposants congolais menant quelques petites oprations de dstabilisation aux marges du

    Zare. Leur dtermination a t renforce par la non application de la rsolution 1080 du

    Conseil de scurit de lONU du 15 novembre 1996, qui autorisait le dploiement dune

    force internationale lEst du pays. A partir du moment o larme rwandaise intervient dans

    les camps des rfugis et commence les rapatrier, les Etats-Unis considrent que leur

    participation une opration visant les protger dun massacre nest plus ncessaire. Tout se

    passe comme si Washington avait scell le sort de son ancien partenaire, Mobutu. Les

    satellites amricains suivent la progression des troupes des rebelles congolais de lAFDL, et

    des militaires ougandais et rwandais, sans communiquer le moindre renseignement Mobutu.

    En mai 1997, les rebelles de lAFDL de Laurent Kabila, soutenus par le Rwanda,

    lAngola et lOuganda, et dautres allis occidentaux mirent fin au terme dune guerre-clair

    de huit mois cette exprience issue de la Confrence Nationale Souveraine.56

    Lquation personnelle de Kabila, qui allie de faon insolite le bradage des actifs de son pays

    un apptit sans freins et une rhtorique marxiste, va cependant mettre rapidement fin la

    lune de miel. La Secrtaire dEtat amricaine, Madeleine Albright rencontre Laurent Kabila

    le 11 dcembre 1997 Kinshasa et lexhorte libraliser lconomie, garantir la libert

    dassociation et autoriser les activits des partis politiques. Non content de faire une sourde

    oreille, Kabila inflige un affront au Prsident Bill Clinton , en refusant de rencontrer son

    envoy spcial , Jesse Jackson qui avait rencontr dabord lopposant Etienne Tshisekedi

    avant daller voir le Prsident. La dcision, durant le premier semestre 1998, de renvoyer

    55M. EKWA bis Isal, sj ; La R.D.C., de la 2

    me la 3

    me Rpublique. Continuits et ruptures , in Congo-

    Afrique, N422, Fvrier, 2008, p.1. 56

    C. BRAECKMAN, Lenjeu congolais. LAfrique Centrale aprs Mobutu, Paris, Fayard, 1999.

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    chez eux les militaires rwandais et ougandais , suscite de surcrot un conflit peru

    Washington comme opposant un partenaire douteux , qui flirte avec la Chine dont lobjectif

    dclar est dsormais de se passer du soutien occidental deux allis srs.

    Dans ce contexte, pour la seconde fois, dans lattaque dclenche le 02 aot 1998

    par le Rwanda et lOuganda qui mettent sur orbite la rbellion du RCD, la lgalit

    internationale est bafoue au Congo , la Communaut Internationale , les Etats-Unis en tte

    laisse faire.57

    Washington poursuit sa coopration militaire avec les deux Etats agresseurs , et

    interviendra pour que les troupes rwandaises et ougandaises encercles au Bas-Congo par

    larme angolaise, venue au secours de Kabila, puissent sen sortir. Il a fallu lvidence de

    lenlisement de la guerre, lchec de rbellion suscit lOuest par les rwandais et les

    ougandais renverser Kabila, et lincapacit de la coalition de lEst, comme celle de louest

    soutenu par les armes zimbabwenne, namibienne et angolaise avec quelques concours

    tchadien et soudanais prendre le dessus dans ce que la secrtaire dEtat amricaine adjointe

    pour les Affaires africaines, Susan Rice, a appel la premire guerre mondiale africaine ,

    pour que les Etats-Unis et la France embotent les pas la Belgique et dautres pays non

    belligrants , la Zambie et lAfrique du Sud afin de faciliter les accords de paix signs

    Lusaka en juillet 1999, qui tarderont quatre ans avant dtre mis en vigueur. Ils prvoient

    notamment la mise en place dune force de maintien de la paix de lONU pour assurer la mise

    en uvre de laccord : la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC), actuelle

    MONUSCO. 58

    Kabila sera assassin le 16 juin 2001 Kinshasa par un militaire attach sa

    protection, avec le concours des parrains extrieurs et rgionaux de la crise congolaise.59

    Alors que de partout on chafaude un complot pour assassiner Laurent Kabila, la population

    dsormais libre de la prsence des troupes rwandaises lui refait confiance. La haine de

    loccident contre le Prsident de la R.D.C. finira pour plus dun observateur par en faire un

    hros national , son fils Joseph Kabila fut dsign pour succder son pre. Le territoire

    congolais sest miett avec la cration de plusieurs composantes politiques (MLC, RCD,

    Mai-Mai, ).

    57 M - F. CROSS et F. MISSER, op cit, p114.

    58 M. BALANDA, Les accords de paix en R.D.C., Kinshasa, Ed. Cherche, 2003.

    59 E. NASHI, Pourquoi ont-ils Kabila ? Paris, lHarmattan, 2007, p.54.

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    En juillet 2003, a commenc un processus de runification et de stabilisation avec la

    mise en place Kinshasa dun Gouvernement dunion nationale. La Communaut

    Internationale via lONU et lUnion Europenne, notamment sous limpulsion de la Belgique

    qui a financ le Dialogue Inter congolais, na cess de maintenir la pression sur tous les

    acteurs congolais et leurs voisins pour faire en sorte que laccord soit appliqu. Les Etats-

    Unis, la France, la Belgique, lAfrique du Sud, ont jou un rle prpondrant lequel sest

    prolong par la mise en place dun Comit International dAppui la transition (CIAT).60

    Avec la fin du processus lectoral, un nouveau chapitre souvre dans lhistoire de la

    R.D.C.. Les lections tant qualifies de correctes par la Communaut internationale, la

    R.D.C. sest aligne dsormais sur la liste des pays frquentables . Pour sen convaincre, il

    suffit de voir le nombre des institutions et missions de haut niveau qui viennent prsenter

    leurs civilits aux institutions lues et exprimer leur volont de coopration avec la R.D.C.

    soit pour laide au dveloppement, soit pour laide pour la rforme de scurit et la stabilit

    du pays. On assiste depuis le dbut de la troisime Rpublique un ballet quasi interrompu

    dinvestisseurs la recherche des partenaires conomiques.

    Cette section prouve suffisance pourquoi depuis son existence comme entit

    gographique, la R.D.C. a souffert des convoitises de la part des puissances cause de ses

    potentialits. Chacune cherche maintenir et espace sous son contrle. Au lendemain de son

    indpendance, les rebellions et les diffrentes scessions tlguides de lextrieur ont eu

    comme consquences linscurit, linstabilit politique ainsi que le retard de dveloppement

    du pays. Les deux guerres qua connues la R.D.C. se sont rvles plutard comme une

    tentative de composition et de recomposition des alliances gographiques pour faire de la

    R.D.C. une sorte despace de libre service.

    Mme aprs les lections, la consolidation de lEtat, le progrs de la dmocratie et

    lessor de la nation sont fonction de la capacit des gouvernants ayant le pouvoir lgitime sur

    le pays contient de relever les dfis majeurs auxquels est confronte la R.D.C. depuis les

    annes 1990 et accentus par les deux guerres du Congo par des initiatives diplomatico -

    stratgiques.

    60R. MINANI BIHUZO, Accompagnement et mobilisation pour laboutissement de la transition, Kinshasa,

    RHODECIC, Juillet 2005, p .15.

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    CHAPITRE II. DEFIS GEOPOLITIQUES ET INITIATIVES

    DIPLOMATICO-STRATEGIQUES DE LA R.D.C.

    Section I. LES GRANDS DEFIS GEOPOLIQUES DE LA R.D.C.

    Sil est vident que le monde aujourdhui est confront aux grands dfis; la R.D.C.

    lest aussi daprs tout. Les grandes puissances de la plante, dont les Etats-Unis dAmrique,

    la Russie, lEurope de 27 (avec le point culminant des pays comme la France, lAllemagne et

    lAngleterre) ainsi que les pays mergents dont la Chine, lInde, le Brsil, lArabie

    Saoudite et lAfrique du Sud se sont retrouvs du 07 au 18 dcembre 2009 dans une

    confrence onusienne de Copenhague sur le rchauffement climatique initie dans le but

    dviter la

    Plante Terre une catastrophe environnement en limitant de ce fait les consquences du

    rchauffement climatique61

    .

    Le plus rcent , le plus visible aussi cest la crise financire mondiale due crise du

    crdit qui narrte pas de faire des vagues parmi les conomies de grands pays pourvoyeurs

    des capitaux du systme financier international aux consquences nfastes sur les pays en

    dveloppement et africains trs pauvres. Les grands dfis pour le Congo daujourdhui et de

    demain sont dordre politique, scuritaire, conomique, environnemental et social. Pour

    cela, le Congo doit lui-mme crer des conditions qui permettent de prendre en compte son

    propre avenir. Le Congo de demain sera limage de ce quil est capable den faire

    aujourdhui.

    .1. Les dfis dordre politique et scuritaire

    La scurit nationale, la dfense de lintgrit territoriale nationale et le respect de nos

    frontires hrites de la colonisation demeurent le fondement de la politique de bon voisinage

    de la R.D.C., de partenariat conomique international et de solidarit avec dautres nations et

    dautres peuples du monde entier. Pour navoir pas donn des garanties suffisantes aux

    puissances occidentales sur leur volont de faire de la R.D.C. le point dancrage du

    61 Confrence des Nations Unies sur le rchauffement climatique Copenhague (Danemark), du 07 au 18

    dcembre 2009.

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    capitalisme en Afrique Centrale, Lumumba est mort assassin, plongeant le pays dans une

    crise de lgitimit du pouvoir qui dure encore depuis plus de quarante ans.

    Outre la dstructuration des forces de scurit, les annes de crise et de guerres (1990-

    2003) ont profondment et durablement affaibli lautorit de ltat sur lensemble du pays :

    des zones entires chappent au contrle de ltat et lexercice de son pouvoir administratif

    au profit des groupes arms trangers ou congolais ; les structures sociales sont trs affectes

    par la crise politique et conomique doublement dcennale. Dans un tel paysage, linscurit

    est multiforme, allant du manque de garantie pour lintgrit physique des personnes aux

    graves violations des droits humains, en passant par le manque de moyens de subsistance. Le

    Pays est confront plusieurs dfis dordre politique et scuritaire quil faut tout pris

    relever pour prparer le terrain une paix durable et une rforme de la scurit.62

    Le premier et le plus important de ces dfis consiste mettre un terme la violence

    cyclique dans lEst o il existe une forte interpntration des agendas trangers et locaux