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  • Les Champs Ecole Paysans une première expérience de vulgarisation paysan-à-paysan dans l’Atacora-Donga

    Septembre 2016 / Cotonou

    Afin de tirer mieux profit des opportunités du marché local et de lever le défi du potentiel de production maraîchère, l’Union Régionale des Coopératives de Producteurs Maraîchers de l’Atacora-Donga (URCooPMa-AD), en collaboration avec le Programme Agriculture de l’Agence belge de développement (CTB) et les services de vulgarisation et de recherche agricole, a mis en place un dispositif de Champs Ecole Paysans (CEP), inspiré de l’approche Farmer Field Schools. La particularité de ce dispositif est que sa mise en place ainsi que son fonctionnement sont la responsabilité des coopératives de producteurs maraîchers. La région compte présentement dix-huit CEP dans neuf des treize communes de la région. Les premières expériences avec les CEP sont encourageantes. Cependant, elles ont aussi permis de tirer quelques enseignements qui sont essentiels pour rendre le dispositif plus performant et, à terme, durable sur le plan financier.

    Contexte Dans les régions de l’Atacora et de la Donga, la production maraîchère est une activité qui connait aujourd’hui un véritable essor en raison des réformes structurelles qui sont intervenues au sein des coopératives de producteurs maraîchers. Ces réformes ont permis aux coopératives, avec l’appui de la CTB, à travers le Programme Agriculture de l’Atacora-Donga, de donner une nouvelle impulsion aux activités de maraîchage. Cette réorganisation, qui a commencé depuis la base au niveau des villages, s’est achevée avec la mise en place d’une nouvelle structure appelée l’Union Régionale des Coopératives de Producteurs Maraîchers de l’Atacora-Donga (URCooPMa-AD) en janvier 20121.

    L’URCooPMa-AD a un statut de société coopérative régie par l’acte uniforme de l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA). Son envergure géographique concerne les départements de l’Atacora et de la Donga. Ainsi, elle représente les maraîchers de ces deux départements au plan régional et national, pour toutes les questions relatives au développement du maraîchage. L’union régionale est le sommet d’une organisation pyramidale. Dans les villages, il y a les Coopératives villageoises de Producteurs Maraîchers (CooPMa) qui se réunissent en Unions Communales de Coopératives Maraîchers (UCCooPMa). Fin Mai 2015, l’union régionale réunissait environ 2.700 producteurs maraîchers dont 58 % de femmes, répartis dans 115 coopératives à la base, elles-mêmes réunies dans 13 unions communales. Les services rendus par l’union régionale à ses membres sont l’accès aux intrants, l’organisation de la vente collective des produits maraîchers, le suivi-appui-conseil des maraîchers dans les différents domaines de l’amélioration de la production maraîchère2.

    Malgré l’augmentation des superficies sous cultures maraîchères, la production locale n’arrive pas toujours à satisfaire la demande locale aussi bien en quantité qu’en qualité. A part le gombo, les autres spéculations (tomate, légumes feuilles, piment) n’arrivent pas à répondre

    Thomas COUSSENS, Wilma BAAS (CTB), Richard OUOROU BOUN, Bertus WENNINK (KIT)

    1 Baas, W., A. Dieng, R. Quenum, H. Emongou, E. Nadjo et B. Wennink (2014). Restructuration et renforcement des organisations de producteurs agricoles. Cas des unions régionales des producteurs de l’Atacora et de la Donga au Bénin. CTB Bénin, Programme Agriculture. 2 Hountondji, T., M. A. Soulemana, W. Baas et B. Wennink (2015). Achat groupé d'intrants pour le maraîchage. Le cas des Unions de Coopératives de Producteurs Maraîchers de l'Atacora-Donga. CTB Bénin, Programme Agriculture.

    Introduction

    De par ses bas-fonds et cours d’eau, la région de l’Atacora- Donga représente un important potentiel en production maraîchère. La demande en produits maraîchers, dans la région elle-même et au Bénin, ne fait qu’accroître. Toutefois, ce sont surtout les produits maraîchers du Burkina Faso et du Niger qui sont écoulés sur le marché local. Il y a donc un manque à gagner pour les producteurs maraîchers dans l’Atacora-Donga, d’autant qu’ils se sont organisés en coopératives villageoises, communales et régionale pour pouvoir tirer plus de profit de la demande croissante. Un diagnostic de la filière maraîchère a mis en évidence que les producteurs n'ont pas encore atteint le potentiel de la production maraîchère, faute surtout d’une bonne maîtrise des techniques de production maraîchère.

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    aux besoins (FAO Countrystat 2012). Sans disposer des statistiques officielles, les importations du Burkina Faso et du Niger indiquent de graves déficits en matière de production d’oignons, de tomates et de pommes de terre. A contrario, la grande zone de production maraîchère dans l’Atacora-Donga située dans la commune de Djougou est excédentaire et les grossistes de Cotonou envoient des camions pour acheter des choux et les revendre à Cotonou.

    Ensemble avec le Centre d’Action Régionale pour le Développement Rural (CARDER), l’Institut National des Recherches Agricoles du Bénin (INRAB), l’URCooPMa et le Programme Agriculture ont conduit un diagnostic sur la filière maraîchère dans la région. Les principales conclusions sont que les producteurs produisent toujours les mêmes variétés, qui ne répondent pas toujours aux exigences des consommateurs, avec des rendements faibles alors que les itinéraires techniques de production ne sont que faiblement maîtrisés par les producteurs.

    En 2009, le Burkina Faso et le Niger comptaient pour presque toutes les spéculations maraichères de meilleurs rendements par rapport à ceux du Bénin. Par exemple, pour la tomate respectivement +72 % et +77 % pour le Burkina Faso et le Niger ; et pour les piments forts +272 % au Niger et +39 % au Burkina Faso3. De plus, il y a beaucoup de pourriture au cours du stockage et de la conservation des produits.

    C’est dans ce contexte que l’union régionale a initié un dispositif de CEP qui sont des parcelles pour permettre aux producteurs d’apprendre et d’améliorer leur savoir-faire en matière de maraîchage. Un tel dispositif, basé sur une vulgarisation paysan-à- paysan, comble aussi une lacune dans la disponibilité des agents d’encadrement des services agricoles publics.

    La préparation des Champs Ecole Paysans

    Le dispositif des Champs Ecole Paysans repose sur deux piliers. D’abord, les coopératives villageoises (CooPMa) qui s’engagent à abriter les parcelles de démonstration et à mobiliser leurs membres qui sont intéressés par l’amélioration de la productivité et de la production maraîchère pour participer aux différentes séances organisées. Ensuite, les unions communales (UCCooPMa) qui identifient les formateurs-relais des CEP et l’union régionale (URCooPma) qui fournit les facilitateurs (Encadré 1).

    Les formateurs-relais jouent deux rôles fondamentaux :

    • Ils conduisent des opérations culturales innovatrices (ou pas/peu appliquées par les maraîchers) dont ils partagent le savoir-faire aussi bien avec les membres de leurs coopératives qu’avec ceux des coopératives environnantes.

    • Ils constituent des relais entre les facilitateurs des CEP et les autres participants qui prennent part aux séances d’animation. Pendant la saison culturale, le formateur-relais organise des séances de démonstration à chacune des phases critiques des opérations culturales (installation de la pépinière, repiquage, application d’engrais chimique et organique, traitements phytosanitaires, etc.).

    Les facilitateurs CEP sont de préférence des animateurs de

    Une première expérience de vulgarisation paysan-à-paysan dans l’Atacora-Donga

    3 Source : Plan de Développement de la Filière Cultures Maraîchères de la Région Atacora-Donga. CTB Bénin, Programme Agriculture.

    l’URCooPMa puisque l’objectif est bien d’ancrer le dispositif CEP au sein de l’union comme un service aux membres. Dans les communes où l’union régionale ne dispose pas d’un animateur, ce sont des agents d’encadrement du CARDER qui assument le rôle de facilitateur. Le premier rôle du facilitateur est la modération des débats, la gestion du temps et le remplissage des fiches de suivi. Il est également responsable de renforcer l’appui-conseil technique aux formateurs-relais des CEP. Le facilitateur veille à ce que le formateur-relais prenne des dispositions pour inviter le maximum de participants à chacune des séances de démonstration. Le nombre idéal de participants se situe entre 25 et 30 personnes.

    Au début de la campagne maraîchère, (octobre-novembre), les choix des formateurs-relais et facilitateurs sont confirmés au niveau de chaque site. Leur rôle est expliqué par le chargé de programme de l’URCooPMa, un spécialiste du CARDER et un membre de l’équipe du Programme Agriculture et débattu avec la coopérative villageoise.

    Pendant la campagne 2014-2015, quinze sites ont été identifiés pour abriter dix-huit CEP dans la région de l’Atacora-Donga (Encadré 1). Quatre animateurs et une stagiaire de l’URCooPMa ont suivi sept CEP tandis que dix agents du CARDER étaient retenus pour suivre la mise en œuvre des onze autres champs dû au nombre insuffisant des animateurs de l’union régionale par rapport au nombre de CEP installés.

    Encadré 1 : La sélection des formateurs-relais

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