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TRANSPORTS PRESSAC 40 ans au plus près des fabricants Octobre 2015 - Mensuel n° 690 P. 22 DOSSIER AUVERGNE Terre d’élevage & de qualité MATIÈRES PREMIÈRES Assurer la durabilité des approvisionnements BILAN SPACE 2015 Des filières ouvertes sur le monde et tournées vers demain AFTAA Dans l’ère du Web 2.0

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Page 1: DOSSIER AUVERGNE Terre d’élevage & de qualité

TRANSPORTS PRESSAC

40 ans au plus près des fabricants

Octobre 2015 - Mensuel n° 690

P. 22

DOSSIER AUVERGNE

Terre d’élevage

& de qualité

MATIÈRES PREMIÈRESAssurer la durabilité

des approvisionnements

BILAN SPACE 2015Des filières ouvertes sur le

monde et tournées vers demain

AFTAA Dans l’ère du Web 2.0

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Depuis sa création il y a 20 ans par Hervé Balusson, le groupe Olmix tra-vaille sur la recherche d’alternatives naturelles aux additifs utilisés dans l’agriculture. Il s’est peu à peu spécialisé dans les biotechnologies marines et ce qu’on appelle la chimie verte, c’est-à-dire non polluante et respectueuse de l’environnement. La jeune société basée en Centre Bretagne, qui pèse désormais 66 millions d’euros et emploie près de 400 personnes à travers le monde, à ouvert le 15 septembre dernier sa Breizh Algae School afin de diffuser le savoir en matière d’utilisation des algues dans l’agriculture et la nutrition animale. Olmix va pour cela faire appel à des experts de l’Ifip (Institut du porc), de l’Ispaia (Centre de formation spécialisé), l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), l’Anses (Agence natio-nale de sécurité sanitaire des aliments pour les humains et les animaux) ainsi que ses propres spécialistes, tout en profitant de sa localisation au cœur de bassins importants de production pour pratiquer des échanges d’expériences.

« Carte à jouer »Souhaitant participer activement à

l’urgence sanitaire en matière de lutte contre l’antibiorésistance, Olmix défend une approche intégrée de la santé par les algues. Son programme « One health

thanks to algae » répond ainsi au concept « One health » élaboré par l’OIE (Orga-nisation mondiale de la santé animale) et l’OMS (Organisation mondiale de la santé) qui associe santé humaine, ani-male et végétale. La société bretonne entend précisément développer la pré-vention par les algues afin d’avoir un recours limité aux antibiotiques.

Son désir de voir émerger une filière alimentaire sans pesticide, sans antibio-tique et sans additif chimique grâce aux algues vient aussi d’un constat simple : les consommateurs réclament du « sans antibiotiques  ». «  Avec l’objectif 2020

d’Obama, les préconisations de l’OMS et

de l’OIE, tout le monde se mettra à pro-

duire sans antibiotiques d’ici 5 ans, note Thomas Pavie, directeur du programme «One health thanks to algae». C’est impor-

tant d’être parmi les leaders en nutrition

animale. Nous avons une carte à jouer et il faut la saisir. »

Grâce au rachat des abattoirs Tilly

Sabco, fin 2014 via son fonds d’inves-tissement Breizh Algae Invest (avec MS Food et la CCI de Morlaix), Olmix s’est donc lancée dans la production d’une filière de poulets premium élevés sans antibiotiques grâce aux algues, sous la forme de compléments alimentaires. « Ce sont des compléments minéraux élabo-rés à partir de la fraction liquide de l’algue,

qui se présentent sous forme galénique ou

effervescente », explique Thomas Pavie. Depuis la mise en place en mars 2015, une trentaine de lots ont été abattus, soit 1,2 million de poulets : « Tilly Sabco pro-

duisait 44 % de ses lots sans antibiotiques,

nous sommes aujourd’hui à 97 %. La tech-

nicité de l’éleveur est ainsi mise en valeur

à travers ces pratiques, car il est forcé de s’interroger sur la façon de réagir face à un problème éventuel. »

Breizh Algae School

Olmix ouvre un institut dédié aux algues et à leurs applications pratiquesEn marge du Space, la société Olmix a inauguré sa Breizh Algae School dans le Centre Bretagne, un institut de formation entièrement dédié aux algues et leur utilisation dans l'agriculture. Par cet investissement, la société entend asseoir l'idée de « produire mieux avec moins » grâce aux algues, et surtout participer pleinement aux enjeux d'une production sans antibiotiques.

ACTUALITÉS

FRANCE

Thomas Pavie, directeur du programme « One health thanks to algae », affirme qu'il y a une carte importante à jouer avec l'utilisation des algues dans la nutrition animale pour limiter

la consommation d'antibiotiques.

Hervé Balusson a inau-guré la Breizh Algae School mardi 15 sep-tembre en compagnie du député Marc Le Fur.

St-Etienne-

du-Gué-de-l'Isle

© O

lmix

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contact : +33 (0) 2 99 18 52 52

www.elvor.com - [email protected]

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de 50 ans, fabrique des aliments d’allaitement pour l ’élevage

et l’engraissement de vos veaux, agneaux et chevreaux.

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L'institut dédié aux connaissances des algues et à leurs applications pratiques dans l'agriculture et l'agroalimentaire est implanté à Saint-Etienne-du-Gué-de-l'Isle dans le Centre Bretagne, au cœur d'un impor-

tant bassin de productions agricoles.

D’où l’intérêt de développer les échanges de bonnes pra-tiques, une des vocations premières de la Breizh Algae School implantée à Saint-Etienne-du-Gué-de-l’Isle (Côtes-d’Armor), dans les murs de la ferme natale d’Hervé Balusson. « Il s’agit

de ramener du confort aux éleveurs avec ce partage de bonnes

pratiques. En réunissant locaux et internationaux, nous créons

un véritable hub du savoir et participons pleinement à l’économie de la connaissance. »

L’objectif revendiqué de ce nouvel institut, entièrement financé par des fonds privés, est de monter une chaîne de pro-duction alimentaire, nutrition et santé qui limite les dangers liés à l’antibiorésistance.

Conscient des problèmes de ressource inévitables et déjà

d’actualité (la récolte d’algues vertes a été problématique à plusieurs niveaux cette année), Olmix réfléchit à la mise en place de bassins d’élevage d’algues. « Nous en sommes au stade

de la réflexion avec d’autres partenaires pour ce qui concerne l’in-

frastructure et l’installation, glisse Thomas Pavie. Mais l’idée est d’obtenir, via le mode de culture ou la sélection variétale, des algues

avec une teneur particulièrement intéressante en protéines. »Avec l’ouverture de cette école en Centre Bretagne, Olmix

espère fédérer les énergies pour faciliter l’émergence d’une vraie filière algues. Créé avant tout pour ses clients (inter-nationaux à 80 %), l’institut se veut néanmoins ouvert à tous. Les cours, qui démarrent fin septembre en interne, s’articulent autour de deux types de sessions : la formation continue pro-fessionnelle et les fondamentaux. Olmix annonce qu’elle est en attente d’agrément pour pouvoir délivrer des certificats pro-fessionnels valorisant sa formation. « La Breizh Algae School est

à la fois un centre de formation, de diffusion des savoirs et un lieu d’échanges et de réflexion », résume Thomas Pavie. Ceci dans le souci essentiel de favoriser les relations clients « qui appré-

cient le côté familial du groupe ». Et en effet les élèves pourront facilement croiser la mère d’Hervé Balusson qui leur racontera à quoi ressemblait la ferme d’antan…

Sarah Le Blé

© O

lmix