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  • Ingalit de prsence des filles et des garons dans les diffrentes filires scolaires

    Intervention faite au colloque de lassociation Femmes et Mathmatiques , le 8 dcembre 2000 Clermont-Ferrand, par :

    Denise COURBON, I.P.R-I.A. mathmatiques de lAcadmie de Lyon et

    Annie NOIRFALISE, M. de C. lUniversit B. Pascal

    L'galit des chances entre les filles et les garons constitue un enjeu prioritaire de notre socit, et dans ce cadre, en novembre 2000, le Ministre de lEducation Nationale a publi un numro hors srie du Bulletin Officiel, (N 10 du 2 novembre 2000), intitul A lcole au collge et au lyce : de la mixit lgalit. Ce document a pour vocation de fournir des pistes de travail pour dclencher, dans le systme ducatif, une rflexion de fond sur lgalit des sexes, participant ainsi la mise en uvre de la Convention pour la Promotion de lEgalit des Chances entre les Filles et les Garons, les Femmes et les Hommes dans le Systme Educatif. Dans la prsente contribution, nous dcrivons des faits mettant en vidence une ingalit de prsence des filles et des garons dans les diffrentes filires scolaires. Cette ingalit, en soi ne pose pas problme, mais ces filires ne dbouchant pas sur les mmes avantages sociaux, sur des emplois quivalents en terme de quantit, de statut, de rmunration, se trouvent hirarchises. Le problme est alors de savoir pourquoi, une partie de la population, les filles, accdent majoritairement aux filires basses de la hirarchie et de faon minoritaire aux autres. Notre travail se limite la description de faits et de certains mcanismes pouvant, dans le systme scolaire, expliquer la mise en place de ces faits. Toutes les corrlations qui peuvent tre mises en vidence ne nous paraissent pas, elles seules susceptibles dexpliquer ces faits. La convention sera prsente dans la troisime partie de ce document, mais dans un premier temps nous allons reprendre un certain nombre de tableaux prsentant des donnes chiffres, extraits du Bulletin Officiel et les commenter. Ceci nous permettra de dcrire des diffrences de prsence des filles dans diffrentes filires scolaires, voire de montrer comment ces diffrences saccentuent au cours de la scolarit. Nous reviendrons, dans un second temps, plus prcisment, sur les mcanismes permettant la mise en place des ingalits dcrites.

    I QUELQUES DONNES CHIFFRES DE LENTRE EN SECONDE AUX TROISIMES CYCLES

    1 - A lentre en seconde : Orientation des filles et des garons en fin de troisime gnrale, juin 1999, (valeurs exprimes en pourcentages), source : DESCO.

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  • 2de GT Redoublement 2de Prof. CAP en 2ans Autres Demandes des F 68,9 2,9 24,7 1,6 1,9 familles G 62 3,3 30 1,4 3,3 Dcisions F 63,8 6,1 27,2 1,8 1,1 G 56,2 6,8 33,3 1,8 1,9 * Toutes les valeurs sont exprimes en pourcentages.

    Ce tableau ne fait pas apparatre la rpartition globale filles/garons la sortie du collge. En fait, si les effectifs sont sensiblement les mmes lentre en sixime, on retrouve en fin de collge une plus faible reprsentation des garons : ces derniers sortent plus tt du systme scolaire quand leurs rsultats sont faibles, un certain nombre quitte lenseignement gnral ds la classe de quatrime alors que cest beaucoup plus rarement le cas des filles. Ce tableau prcise, pour lensemble des filles et pour lensemble des garons qui sont en fin de troisime, la rpartition dans les diffrentes filires possibles. Si les deux sous-populations choisissent majoritairement la seconde gnrale ou technologique, le pourcentage de la population de filles choisissant cette section est beaucoup plus lev que celui de garons, et ces pourcentages sinversent quand il sagit des secondes professionnelles. Aucun argument significatif en terme de rsultats scolaires ne permet de justifier ces disparits qui vont dans le mme sens que les orientations prcoces, en quatrime, voques ci-dessus. Au collge, en effet, on ne voit pas apparatre de diffrence significative entre les scores des garons et ceux des filles aux preuves normalises de la DPE en mathmatiques. En troisime une diffrence lgre apparat en mathmatiques lavantage des garons alors que les scores aux preuves de franais restent trs favorables aux filles. En dbut de seconde, ce faible cart en mathmatiques et en physique persiste mais il faudrait voir sil rsiste lorsquon intgre leffet des slections antrieures, (les garons les plus faibles sortent plus tt du systme scolaire que les filles). Dans cette classe, les scores des garons sont galement meilleurs en conomie et en histoire gographie et ceux des filles sont suprieurs en franais et en langue vivante. Toutefois ces carts sont trs faibles au regard des carts lis au milieu social dorigine. Lorientation plus facilement prcoce des garons vers des mtiers manuels peut, peut-tre, tre lie au fait que lacquisition dune qualification professionnelle reste, pour eux, beaucoup plus prioritaire que pour les filles dans lesprit des parents, mais aussi des diffrences dattitudes entre les deux sexes, mises en vidence dans un certain nombre de recherches. Une diffrence dattitude importante par rapport aux savoirs en gnral apparat surtout partir de ladolescence entre les filles et les garons souvent lie, dans les articles sur la question, des modes diffrencis de socialisation : on met en vidence des performances plus faibles en ce qui concerne les dmarches danalyse de situations, dinfrence sur les mcanismes sous-jacents, de ractions moins actives pour surmonter les problmes chez les filles.

    Ceci a t mis en regard avec le fait que les filles, contrairement aux garons, sont davantage pousses explorer lenvironnement social et relationnel que lenvironnement matriel, plus facilement manipulable, que les parents attendent dune fille une attitude plus soumise que celle dun garon qui soppose plus facilement aux adultes. Elles ont, en consquence moins loccasion de risquer des tentatives originales et de les mener leur terme.

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  • On remarque aussi que le pourcentage des filles qui redoublent leur troisime est plus faible que celui des garons. Les dcisions des conseils de classe semblent anticiper les difficults dorganisation dans le travail que rencontrent les garons plus que les filles au niveau de la seconde. Cette difficult, relle ou non, peut tre mise en relation avec les rsultats des tudes concernant les diffrences dattitudes voques prcdemment qui conduisent souvent dire que les filles sont plus adaptes au travail scolaire que les garons. Les filles font aussi des tudes plus longues et plus soutenues que les garons : elles sortent du systme scolaire en moyenne 19,2 ans et les garons 18,8 ans, elles connaissent moins de redoublement durant lensemble de leur scolarit ; en 1998, 46% des filles de 6 sont en terminale gnrale contre 33% des garons, le niveau des filles en fin de formation est plus lev que celui des garons.

    2 - En fin de seconde gnrale et technologique et en classe terminale : Orientation des filles et des garons en fin de seconde gnrale et technologique, juin 1999*, source : DESCO

    Redoub. L ES S STI STL SMS STT AutresDemandes F 4,9 18,7 22,4 24,2 1,3 1,4 3,9 18,4 4,8 des familles G 5,3 5,3 15,7 38,9 16,2 1,4 0 12,2 5 Dcisions F 15,3 16,4 17,8 21,4 1,3 1,3 3,9 17,7 4,9 G 17,6 4,3 11,5 32,8 14,2 1,2 0,2 11,2 7 * Toutes les valeurs sont exprimes en pourcentages. Ce tableau prcise, pour lensemble des filles et pour lensemble des garons ayant suivis une seconde gnrale ou technologique, dune part la rpartition des demandes des familles pour lanne suivante, dautre part la rpartition des dcisions des conseils de classe, ceci suivant les diffrentes filires possibles. Si lorientation souhaite, (et accepte), est majoritairement pour les deux sous-populations en section S, le pourcentage des filles impliques dans ce choix est plus faible que celui des garons. La disparit est encore plus grande pour la section STI, (sciences et techniques industrielles), en revanche la rpartition filles/garons sinverse fortement en section littraire et en section SMS, (sciences mdico-sociales), alors que lon peut remarquer que dans la section STL, (sciences et techniques de laboratoire), dbouchant elle aussi sur des professions du domaine paramdical, les pourcentages de filles et de garons sont les mmes. Enfin on notera une demande importante de la part des filles pour les sections STT, (sciences et techniques du tertiaire). Si on met en regard de ces diffrentes sections les dbouchs professionnels envisageables on se rend compte que les filles demandent et se trouvent orientes majoritairement dans des sections dont les dbouchs posent problme : les forms y sont en trop grand nombre pour les emplois possibles, ils sont sous pays par rapport des emplois dans dautres secteurs, niveau de qualification gal, voire une rorientation est ncessaire pour dboucher sur une relle qualification professionnelle.

    Aucun argument en terme de rsultats scolaires ne permet de justifier ces disparits : pour expliquer leur faible reprsentation dans les sections scientifiques, on ne peut pas mettre en vidence un quelconque dcrochage des filles en mathmatiques et en physique durant la seconde, leur niveau samliore au contraire.

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  • Nous prsenterons dans un paragraphe spcial un certain nombre dlments permettant de comprendre comment progressivement, de la fin de la troisime la fin de la seconde, une telle situation se met en place, en mettant en parallle des tudes comportementales qui tentent dexpliquer ces faits. Ces phnomnes dorientation se jouent au cours de la seconde, nous y reviendrons plus en dtail par la suite, les modifications sont trs faibles au cours des classes de premires et de terminales. Comme le montre le tableau suivant des sections majoritairement masculines, (STI) ou fminines, (L, SMS) se constituent en cours de seconde. Rpartition des filles selon les sries -

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