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Thème 3 – Dynamiques des grandes aires continentales. Niveau d’échelle Ville État Aire régionale Aire continentale Identification dans le thème 3 – Mumbai – Japon-Chine – États-Unis- Brésil – Afrique du sud – Bassin caraïbe – Sahara – Amérique – Afrique – Asie du Sud et de l’Est Notions-clés - Économie extravertie : Économie dont les activités sont fortement liées aux exportations de ressources naturelles (pétrole pour le Venezuela), de productions agricoles (plantations de bananes et de café sur les plaines côtières du bassin caraïbe) ou de produits manufacturés réalisés par une main-d’œuvre bon marché (maquilas mexicaines). - Intégration régionale : Processus par lequel des États intègrent une organisation régionale. Plus la mise en commun des prérogatives est forte, plus l’intégration régionale est élevée. Cette coopération peut être motivée par de simples objectifs économiques (Alena, AEC), sécuritaires (Alena) ou, au contraire, envisager un partenariat plus abouti (UE présente par les territoires européens). - Interface : Lieu privilégié d’échanges entre un espace et le reste du monde. Le bassin caraïbe est une interface américaine puisque les échanges (migratoire, financier, économique, culturel) sont importants entre les États qui la composent, mais il est surtout une interface mondiale puisqu’il constitue un lieu de passage privilégié (Panama) de la navigation internationale. À plus grande échelle, l’interface est ici linéaire (littoral caraïbe, frontière entre États) ou ponctuelle (hubs tels que Colon ou Kingston, aéroports tels que Miami ou Mexico). Question1 - L’Amérique : puissance du Nord, affirmation du Sud. Introduction générale : Le continent américain est un espace de forts contrastes entre un Nord riche et développé (Canada, États- Unis), et un Sud en développement désigné en tant qu’Amérique « latine ». Ces contrastes se reflètent largement à travers le bassin caraïbe, situé dans la partie dite Amérique « centrale », qui constitue une interface aussi bien américaine que mondiale par la présence de flux internationaux très denses. Depuis le début des années 1990, diverses associations régionales voient le jour, tentant d’organiser les échanges par la coopération active entre États du Nord d’une part, puis États du Sud d’autre part. L’intégration régionale est ainsi privilégiée, mais au détriment sans doute d’une intégration continentale qui ne rencontre encore que peu d’échos du fait de tensions vives entre Nord et Sud, comme entre pays du Sud, et même à l’intérieur de chaque État. De cet immense continent se détachent deux géants mondiaux que sont les États-Unis et le Brésil, chacun avec ses propres dynamiques territoriales et sa puissance affichée à l’échelle régionale, continentale et mondiale : en effet, si les États-Unis sont depuis longtemps à la tête de la mondialisation, le Brésil s’affirme en tant que puissance émergente comme un sérieux concurrent aux ambitions et aux intérêts toujours plus vastes. En quoi la mondialisation redéfinit-elle les rapports Nord/Sud sur le continent américain ?

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Thème 3 – Dynamiques des grandes aires continentales.

Niveau d’échelle Ville État Aire régionale Aire continentale

Identification

dans le thème 3

– Mumbai

– Japon-Chine

– États-Unis-

Brésil

– Afrique du sud

– Bassin caraïbe

– Sahara

– Amérique

– Afrique

– Asie du Sud et

de l’Est

● Notions-clés

- Économie extravertie : Économie dont les activités sont fortement liées aux exportations de ressources

naturelles (pétrole pour le Venezuela), de productions agricoles (plantations de bananes et de café sur les

plaines côtières du bassin caraïbe) ou de produits manufacturés réalisés par une main-d’œuvre bon marché

(maquilas mexicaines).

- Intégration régionale : Processus par lequel des États intègrent une organisation régionale. Plus la mise

en commun des prérogatives est forte, plus l’intégration régionale est élevée. Cette coopération peut être

motivée par de simples objectifs économiques (Alena, AEC), sécuritaires (Alena) ou, au contraire, envisager

un partenariat plus abouti (UE présente par les territoires européens).

- Interface : Lieu privilégié d’échanges entre un espace et le reste du monde. Le bassin caraïbe est une

interface américaine puisque les échanges (migratoire, financier, économique, culturel) sont importants entre

les États qui la composent, mais il est surtout une interface mondiale puisqu’il constitue un lieu de passage

privilégié (Panama) de la navigation internationale. À plus grande échelle, l’interface est ici linéaire (littoral

caraïbe, frontière entre États) ou ponctuelle (hubs tels que Colon ou Kingston, aéroports tels que Miami ou

Mexico).

Question1 - L’Amérique : puissance du Nord, affirmation du Sud.

Introduction générale :

Le continent américain est un espace de forts contrastes entre un Nord riche et développé (Canada, États-

Unis), et un Sud en développement désigné en tant qu’Amérique « latine ». Ces contrastes se reflètent

largement à travers le bassin caraïbe, situé dans la partie dite Amérique « centrale », qui constitue une

interface aussi bien américaine que mondiale par la présence de flux internationaux très denses.

Depuis le début des années 1990, diverses associations régionales voient le jour, tentant d’organiser les

échanges par la coopération active entre États du Nord d’une part, puis États du Sud d’autre part.

L’intégration régionale est ainsi privilégiée, mais au détriment sans doute d’une intégration continentale

qui ne rencontre encore que peu d’échos du fait de tensions vives entre Nord et Sud, comme entre pays du

Sud, et même à l’intérieur de chaque État.

De cet immense continent se détachent deux géants mondiaux que sont les États-Unis et le Brésil, chacun

avec ses propres dynamiques territoriales et sa puissance affichée à l’échelle régionale, continentale et

mondiale : en effet, si les États-Unis sont depuis longtemps à la tête de la mondialisation, le Brésil s’affirme

en tant que puissance émergente comme un sérieux concurrent aux ambitions et aux intérêts toujours plus

vastes.

En quoi la mondialisation redéfinit-elle les rapports Nord/Sud sur le continent américain ?

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Chapitre 1 - Le bassin caraïbe : interface américaine, interface mondiale (étude de cas).

→ Croquis + Schéma

I – Les limites du bassin caraïbe. I – Le bassin caraïbe, quelle interface ?

II - Une interface américaine. Ou II – Son intégration dans la mondialisation.

III - Une interface mondiale. III – Espace d’intégration ou de tensions ?

Introduction :

Le bassin caraïbe est un espace regroupant les littoraux riverains de la mer des Caraïbes, très fragmenté

géographiquement et géopolitiquement : une mer de 4 millions de km², 7000 îles, 34 États riverains, et près

de 80 millions d’habitants. Ce bassin illustre au mieux les contrastes de la mondialisation et ses effets

positifs comme négatifs. Il s’agit d’un espace ouvert sur le monde mais associant des États très diversifiés et

divisés, opposés tant au niveau économique que politique et social (États-Unis, Venezuela ou Cuba par

exemple). C’est une interface entre Amérique du Nord et du Sud, comme entre Atlantique et Pacifique, entre

espaces anglo-saxons, hispaniques, lusophones ou européens : les fractures y sont multiples et les tensions

sévères. C’est pourquoi l’intégration régionale qui y est à l’œuvre peut sembler une solution efficace à long

terme mais qui peine à émerger réellement.

● En quoi le bassin caraïbe est-il une interface à la fois américaine et mondiale ?

I – Pourquoi le bassin caraïbe est-il une interface ?

→ Un des plus forts différentiels de développement au monde

A/ Le bassin caraïbe oppose un État du Nord et des États du Sud.

Même si la transition est progressive, le bassin caraïbe est l’espace qui présente un des plus forts

différentiels de développement au monde. Avec les territoires européens caraïbes, les États-Unis (1er PIB

mondial, 4e IDH) incarnent les pays du Nord développés. À l’inverse, les pays d’Amérique latine

appartiennent au Sud : Haïti (158e rang mondial de l’IDH) cumule les critères du mal-développement.

B/ Le bassin caraïbe est une interface mondiale car il est un carrefour des échanges internationaux.

Dans le cadre de la mondialisation croissante des échanges matériels et immatériels, cet espace occupe une

place stratégique (liaison interocéanique de Panama, paradis fiscaux) dans les flux entre les trois pôles de la

Triade : le bassin caraïbe est un trait d’union entre l’Est et l’Ouest. Les hubs des Caraïbes (Miami, Colon,

Kingston) deviennent des espaces relais sur les grandes routes maritimes mondiales, ce sont des pôles

logistiques et des plaques tournantes : Miami est la métropole économique et financière du bassin.

C/ Le bassin caraïbe est une interface américaine aux échanges régionaux inégaux.

Les Caraïbes sont une « Méditerranée américaine » comme en témoigne l’intensité des flux migratoires qui

parcourent la région : l’espace caraïbe est à la fois une région de départ et de transit vers le Nord pour le

reste de l’Amérique latine. S’ils ne rivalisent pas avec les flux de transit internationaux, les flux régionaux

de marchandises, licites ou illicites, sont importants et s’organisent en réseaux grâce à des infrastructures

cohérentes (spokes - rayons - et ports relais) ou inachevées (route panaméricaine). Les flux de capitaux

(IDE, transferts des migrants) sont essentiellement Nord-Sud.

II - Comment le bassin caraïbe s’intègre-t-il dans la mondialisation ?

→ Une inégale intégration des territoires dans la mondialisation

A/ Le bassin caraïbe est intégré à la mondialisation.

Les activités économiques y sont fortement extraverties : mise en valeur de rente énergétique (États-Unis :

3e producteur mondial ; Mexique : 7e ; Venezuela : 11e), développement de productions agricoles com-

merciales (plantations de café, sucre, fruits...), industries ouvertes aux investissements (maquiladoras

mexicaines), valorisation du potentiel naturel (climat, paysages) et culturel pour une ouverture au tourisme

international. Le bassin caraïbe est également un espace d’attractivité financière dans le cadre des flux

croissants de capitaux : IDE, remesas (transfert des migrants), argent relevant de trafics illicites (paradis

fiscaux et pavillons de complaisance), aide au développement. Outre les infrastructures portuaires, cette

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intégration encourage la valorisation des ressources du territoire et leur spécialisation (monoculture,

tourisme…) mais également leur développement : les espaces ouverts sont aussi les plus développés.

B/ Mais sa forte ouverture sur le monde entraîne une dépendance.

D’abord, la forte ouverture des économies caraïbes les soumet fortement aux aléas de la conjoncture

économique internationale : flux de touristes internationaux, vente des productions agricoles suivant des

cours fixés par le Nord (Bourse de Chicago, Bourse du café de Londres), exportations d’hydrocarbures… La

dépendance financière est également très forte : importance des IDE dans le développement local (31 % du

PIB mexicain), des transferts de migrants indispensables au développement de certaines régions

défavorisées, blanchiment d’argent dans les paradis fiscaux.

C/ Les territoires du bassin caraïbe sont inégalement intégrés.

En effet, si les littoraux, les métropoles (hubs de Miami, Mexico) et certains espaces transfrontaliers

(Mexamérica) sont largement ouverts sur le monde, une grande partie de l’espace caraïbe est à l’écart de

cette intégration. L’hinterland, très large au nord, est limité, au sud et dans la plupart des îles caraïbes, à une

simple plaine côtière qui concentre les hommes et les activités (plaines d’agriculture commerciale, littoraux

touristiques, ZIP) : 80 % de la population vénézuélienne se concentre sur le littoral. Même si elles sont peu

nombreuses, les métropoles sont également des pôles de concentration des activités, à tel point qu’on peut

parler de macrocéphalie pour Mexico ou Caracas (40 % de la population, 50 % de l’économie). Les régions

les plus pauvres sont aussi les périphéries marginalisées en raison d’un enclavement lié aux conditions

naturelles (forêts, montagnes), politique (embargo américain) ou d’une trop grande pauvreté (Haïti). À

l’échelle nationale, ces inégalités sont aussi très marquées, tout comme à l’échelle intra-urbaine : les centres

d’affaires concentrent les activités et contrastent avec les bidonvilles déshérités.

III - Le bassin caraïbe est-il un espace d’intégration, ou de tensions ?

→ Un espace entre tensions et intégrations régionales

A/ Le bassin caraïbe est sous influence des États-Unis et de l’Europe.

Cette double influence s’exprime de manière politique (possession – Antilles et Guyane françaises, Iles

vierges britanniques- ou association de territoires – Porto Rico associé aux États-Unis), militaire (présence

de flotte ou de bases : Guantanamo, Martinique), culturelle (diffusion d’un mode de vie – McDo –, de la

langue française…) ou socio-économique (migrations, aide au développement, investissement). Si l’aire

d’influence européenne se limite à quelques archipels orientaux des Caraïbes, le modèle américain est

dominant même s’il se heurte à des formes diverses de résistance : régimes hostiles (Cuba, Venezuela),

associations de coopération économique concurrente (Mercosur, Alba).

B/ Le bassin caraïbe est un espace de tensions.

Ces tensions sont d’abord liées à l’influence qu’exercent les États-Unis dans la région : le bassin caraïbe est

parfois qualifié de « lac étasunien ». Cette domination suscite des protestations plus ou moins virulentes

(Venezuela, Cuba) mais relativement limitées. L’autre motif de tensions géopolitiques relève du tracé des

frontières, en particulier maritimes. La forte insularité et la fragmentation de l’espace en de multiples États

accroissent le risque d’oppositions (litige sur le tracé de la ZEE) : le moindre îlot prend alors une importance

stratégique (île « disparue » de Bermeja). Enfin, les tensions sont internes aux États : la Colombie est un

exemple exacerbé des violences (guérillas, trafic de drogue) qui règnent dans les Caraïbes, région la plus

violente au monde.

C/ Les tentatives de coopération sont trop nombreuses pour être efficaces.

Les nombreux litiges et contrastes opposant les pays du bassin caraïbe expliquent à la fois l’absence d’une

réelle coopération régionale et la multiplication des petites organisations régionales. Le nombre (16 au total)

et l’enchevêtrement des organisations régionales en empêchent l’efficacité : le Nicaragua, par exemple,

appartient à sept associations différentes. Les organisations les plus abouties sont en fait périphériques et

n’intègrent qu’un petit nombre de territoires des Caraïbes : l’Alena (Mexique, États-Unis), le Mercosur

(Venezuela) et la lointaine UE par les territoires européens (DROM et PTOM). Elles sont souvent en

situation de concurrence dans les Caraïbes. Quant au CARICOM (marché commun des Caraïbes), créé en

1973 et regroupant 14 États, il reste largement en retrait et connaît de trop nombreuses difficultés.

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Chapitre 2 - Le continent américain : entre tensions et intégrations régionales.

Introduction :

Continent aux multiples contrastes, l’Amérique est un continent aux tensions mutliples qui balance entre

cloisonnement du fait de l’existence de nombreuses associations régionales et intégration continentale dans

un idéal de prospérité et d’échanges généralisés. Avec 42 millions de km² et 900 millions d’habitants, le

continent américain s’appuie sur des échanges à différentes échelles, depuis des métropoles très

hiérarchisées jusqu’aux États plus ou moins bien intégrés à la mondialisation (États-Unis/Paraguay), aux

espaces plus ou moins bien connectés (Andes/Littoraux). Cet ensemble diversifié est animé par la nécessité

d’une meilleure intégration et des logiques d’intérêts nationaux ou locaux, les enjeux majeurs de puissance

et de développement passant par une intensification des échanges et une densification des réseaux.

[Problématique] Les initiatives d’intégrations régionales reflètent-elles ou résorbent-elles les tensions qui

affectent le continent américain ?

I – Puissance du Nord, affirmation du Sud : pôles et marges du continent.

A/ Un pôle de la Triade.

Les États-Unis sont, avec le Canada deux des principales puissances mondiales : 1er

PIB mondial pour les

États-Unis et 6e pour le Canada. À eux deux, ils forment l’un des pôles de la Triade qui impulse la

mondialisation depuis le XXe siècle. Il s’agit plus précisément de la façade atlantique de l’Amérique du

Nord, autour de la Megalopolis (BosWash), puis autour de la mégalopole des Grands Lacs (Chicago-Détroit)

et de la Main Street America (Montréal-Toronto).

Les échanges entre les deux pays sont majeurs, notamment sur la frontière des Grands Lacs à l’Est, et entre

Vancouver et Seattle à l’Ouest. Le commerce s’est intensifié surtout depuis 1994 avec la création de

l’ALENA, avec le concours du Mexique.

Cependant, ce sont les États-Unis qui dominent largement ces échanges et la concurrence est très forte avec

le Canada. Les États-Unis restent un modèle économique, social et culturel attractif qui affiche encore des

ambitions hégémoniques à l’échelle mondiale. Ils restent par ailleurs les premiers dans de nombreux

domaines et investissent largement à l’échelle du continent et du monde.

Le Canada quant à lui est un pays riche de ressources naturelles et exporte ses matières premières, il profite

d’un réservoir d’exploitation immense en hydroélectricité et de capacités agricoles vastes. La proximité de

sa mégalopole du Saint-Laurent avec le Nord-Est des États-Unis fait de cette région transfrontalière un poids

lourd de la mondialisation.

B/ Des espaces associés : les « Jaguars » émergents.

À l’image des Dragons asiatiques développés depuis les années 1970, les pays émergents d’Amérique latine

sont surnommés les Jaguars. Parmi eux, il faut distinguer d’abord le Brésil, véritable puissance motrice du

Sud du continent, c’est un contrepoids important à la puissance des États-Unis notamment depuis la

présidence de Lula da Silva (2003-2011), et cela malgré de graves inégalités sociales et des écarts de

richesse énormes entre les régions du pays (Nordeste pauvre face à un Sudeste bien développé).

Ensuite, le Mexique profite de sa situation frontalière avec les États-Unis : c’est à la fois un atout pour les

exportations notamment du fait de la présence de maquiladoras (main-d’œuvre moins chère), et une

situation de dépendance accrue. Le pays est toutefois bien intégré dans l’économie mondiale et profite

d’atouts majeurs (pétrole, tourisme international en particulier dans la région du Yucatan/Cancun), enfin il

est le premier pays émetteur d’IDE en Amérique latine, et le deuxième récepteur du Sud du continent.

L’Argentine et le Chili sont d’autres émergents assez proches dans leur situation économique, tous deux

exportateurs de matières premières et de produits agricoles et d’élevage (minerais, viande, fruits…)

Enfin, le Venezuela, la Colombie et le Pérou sont dans des situations ambivalentes : leur situation

économique semble s’améliorer en intégrant l’économie mondiale grâce à leurs matières premières (pétrole

du Venezuela : 7e exportateur mondial et 1ères réserves mondiales ; or du Pérou ; café et charbon de

Colombie). Mais leur production n’étant pas diversifiée, ils sont très dépendants de leurs exportations.

Enfin ces trois pays sont dans des situations politiques et sociales délicates : élections peu claires au

Venezuela, présence de milices antigouvernementales en Colombie (Farc) par exemple.

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C/ Les périphéries marginalisées.

Malgré une situation en nette amélioration de nombreux pays d’Amérique latine, il reste des périphéries en

retard de développement, totalement dominées, quelle que soit l’échelle : pays, espaces urbains et ruraux, au

sein des villes, etc.

Au sein du bassin caraïbe, quelques îles profitent de la présence de nappes pétrolifères (Trinidad-et-Tobago)

mais à faible niveau, la plupart ne subsistant que par des exportations à faible valeur ajoutée (produits

tropicaux divers). L’économie de nombreux pays reste celle de PED voire de PMA, notamment lorsqu’il y a

mono-exploitation et exportation : bauxite au Surinam par exemple.

Ensuite, plusieurs pays n’exportent que peu et privilégient encore une agriculture vivrière destinée à

l’autoconsommation, donc très peu compétitive. De ce fait, de nombreux pays subissent les cultures illégales

(cannabis et coca de Colombie, Venezuela, Jamaïque, Guatemala, Salvador, Nicaragua), ou les encouragent

pour soutenir des économies en difficulté. Cuba a longtemps été soutenue financièrement par l’URSS, mais

depuis 1991 son économie est délabrée, d’autant plus que l’embargo total des États-Unis (économique,

commercial, financier) persiste depuis 1962 !

Parmi les États les plus pauvres du monde, le Honduras ou Haïti subissent l’absence d’économie stable et un

pouvoir politique corrompu et trop faible, de même que des catastrophes naturelles à répétition (séismes,

cyclones) : Haïti a un PIB/habitant de 672 dollars, contre 1130 pour le Nicaragua, 6300 pour la Colombie,

11000 pour le Brésil (47300 pour les États-Unis). D’autres pays comme le Guatemala, la Bolivie voient leur

population majoritairement en situation de misère, en particulier les indigènes (indiens des Andes).

II – Une intégration en marche.

A/ L’intégration régionale multipliée.

Au niveau de l’intégration régionale, ce sont les deux grands marchés d’échanges du Nord et du Sud qui

dominent :

- L’ALENA (Accord de Libre-Échange Nord-Américain), entre États-Unis, Canada et Mexique qui

s’appuie sur l’abaissement des barrières douanières et la facilitation des échanges transfrontaliers.

Cette union qui existe depuis 1994 est cependant encore bien loin de ce que les européens ont pu

réaliser avec l’UE en termes d’intégration.

- Le MERCOSUR (Mercado Comun del Sur), créé en 1991 entre 4 États : Argentine, Brésil, Paraguay

et Uruguay : il s’agit ici d’un marché commun, c’est-à-dire qu’il a une dimension politique qui en

fait l’union la plus développée du continent américain.

Ces deux associations sont les véritables moteurs de l’intégration sur le continent, mais les alternatives à ces

organisations sont nombreuses :

- CAN (Communauté andine) : créée en 1969 autour de la Bolivie, Équateur, Colombie et Pérou. Le

Chili et le Venezuela en ont fait partie mais se sont retirés. D’autres pays sont associés à la CAN.

C’est un système complexe qui se base sur plusieurs institutions qui ont pour but l’union

économique, commerciale, politique, sociale…

- SICA (Système d’intégration centraméricain) : Organisation créée en 1993 autour de 8 pays, et qui

siège à Salvador. Il a des ambitions politiques et culturelles également. De nombreux États, y

compris la France et l’Espagne en sont observateurs.

- ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples d’Amérique) : autour des principes de solidarité entre

les peuples de l’Amérique latine et du bassin caraïbe : c’est le président vénézuélien Hugo Chavez

qui est à l’origine du projet, qui est créé en 2005 avec Cuba. De nombreux pays y adhèrent

aujourd’hui : Bolivie, Nicaragua, Honduras, Saint-Vincent, Antigua, Équateur.

- CARICOM (Carribean Community), créée en 1973 et qui comprend aujourd’hui 14 États membres

(Barbade, Jamaïque, Trinidad, Guyana…), avec pour langue officielle l’anglais, mais dont le français

est une langue majeure (présence d’Haïti).

- AEC (Association des États de la Caraïbe), association de coopération créée en 1994, avec 25

membres et des États associés (la France par exemple).

Cette multitude d’organisations témoigne de la volonté des petits États de se défaire de la domination des

grandes puissances régionales.

Pourtant il existe une organisation qui regroupe aujourd’hui tous les États du continent : l’OEA

(organisation des États américains) qui n’est pas économique mais politique et promeut les droits de

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l’homme, la démocratie et tente de lutter contre les trafics et la corruption. Cette organisation est faible et

très incomplète, et laisse donc de côté les enjeux majeurs du continent : intégration économique, sociale et

environnementale !

B/ Des échanges intensifiés, des réseaux plus denses.

Toutes les organisations régionales ont fini par encourager et favoriser les échanges commerciaux : en 20

ans, les échanges au sein du Mercosur ont été multipliés par 10 ! Toutefois ils se font nettement en faveur du

Brésil et témoignent d’un fort déséquilibre entre États membres. C’est le cas aussi de l’Alena qui profite

avant tout aux États-Unis.

D’autre part, les réseaux d’échange et de communication se sont largement développés et sont en pleine

expansion aujourd’hui : c’est ainsi que les villes-jumelles deviennent les points cruciaux des flux de biens et

services. Ces villes transfrontalières constituent les points de passage pour les hommes également. Elles sont

situées sur les frontières les plus actives et assurent la complémentarité entre certains États : Mexique/États-

Unis autour des villes de Tijuana/San Diego, El Paso/Ciudad Juarez ; Brésil/Uruguay, etc. Certaines zones

sont des lieux particulièrement surveillés : ainsi la triple frontière Brésil/Argentine/Paraguay.

Ces espaces constituent donc les passages essentiels des migrations entre Sud et Nord, mais aussi des

migrations Sud-Sud.

C/ Une intégration régionale en question : des limites majeures.

La première limite est celle d’une lutte entre organisations régionales aux idéaux divergents : certaines se

placent avant tout en organes de lutte anti-impérialiste, donc anti-étatsunienne. C’est le cas de l’Alba de

Chavez. Quelques représentants politiques du continent s’affirment clairement anticapitalistes : Chavez et

son successeur et disciple Maduro ; Fidel Castro et son frère Raul à Cuba ; Evo Morales en Bolivie ; Rafael

Correa en Équateur. Ils se veulent les héritiers des Simon Bolivar, Ernesto Guevara, José Marti ou Salvador

Allende.

Pourtant, de nombreux accords bilatéraux lient les États-Unis à presque chacun de ces pays ! Pour ces

raisons de méfiance vis-à-vis du grand voisin du Nord, la ZLEA (Zone de libre-échange des Amériques),

projet d’union économique continentale, est à ce jour en sommeil, d’autant qu’elle avait été lancée à

l’initiative des États-Unis. Pour contrer la ZLEA, plusieurs pays ont créé en 2008 l’Union des Nations sud-

américaines (Unasur) : 12 pays qui visent l’intégration énergétique.

Enfin, il est clair que les différentes tentatives d’intégration ne prennent quasiment jamais en compte

l’aspect social et la question des minorités laissées pour compte : les indigènes de quelques pays sont

marginalisés, mis à l’écart de la vie économique, politique et civique : indiens du Chiapas au Mexique,

indigène guatémaltèques pourtant majoritaires dans le pays, populations d’Amazonie, indiens de la

cordillère des Andes (Mapuche, Quechua…). C’est pourquoi les flux migratoires restent un enjeu majeur de

l’intégration continentale : les contrôles aux frontières sont intensifs, notamment sur la frontière la plus

surveillée du continent, entre Mexique et États-Unis le long de laquelle les morts se comptent en nombre. La

plupart sont des migrants centraméricains qui traversent le Mexique vers les États-Unis sur les toits des

trains de marchandises : la ligne ferroviaire est d’ailleurs appelée « la Bestia » pour en souligner la

dangerosité (trafics, corruption, assassinats…).

III – L’Amérique, espace de tensions, continentales et mondiales.

A/ Les États-Unis critiqués.

Depuis la doctrine Monroe de 1823 qui fait de l’Amérique la chasse gardée des États-Unis et menace toute

puissance étrangère d’y prendre pied, les États-Unis sont en situation hégémonique sur le continent.

D’autant qu’ils ont toujours soutenu des régimes militaires autoritaires et des dictatures dites « bananières »

qui leur étaient soumises : Pinochet au Chili après le coup d’État de 1973 contre Allende, Batista à Cuba

avant l’arrivée de Castro en 1958, Somoza et ses fils au Nicaragua de 1936 à 1979, etc.

L’un des appuis à ces dictatures venait de la compagnie fruitière des États-Unis : United Fruit Company,

deuxième exportatrice de bananes au monde, qui corrompait les responsables politiques des pays

d’Amérique latine pour obtenir terres et concessions (d’où les « républiques bananières »).

L’influence des États-Unis se mesure encore aujourd’hui par sa présence militaire tout autour du continent,

et en particulier dans certaines bases : Guantanamo sur l’île de Cuba depuis 1961 ; mais aussi par les très

nombreuses interventions militaires ou des services secrets (CIA) à travers le continent : Guatemala en 1954,

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Cuba en 1961, Chili en 1973, Nicaragua en 1979, Grenade en 1983, Panama en 1989, Haïti en 1994 et bien

d’autres.

C’est ainsi que se développe un très fort ressentiment anti-étatsunien dans de nombreux pays sud-

américains, qui persiste largement aujourd’hui. En particulier avec les nombreuses crises économiques et

financières du système capitaliste libéral qui a entrainé la ruine de nombreux pays contrôlés ensuite par le

FMI dirigé par les États-Unis eux-mêmes (Argentine en 1998 par exemple).

L’axe anti-impérialiste a été dirigé pendant une décennie par Hugo Chavez qui se voulait le disciple de Fidel

Castro. Or il apparaît malgré tout que les États-Unis sont encore un modèle attractif et puissant car la

stabilité de son régime politique et économique fait ses preuves : les migrants vers le brillant État du Nord

sont toujours plus fortes.

B/ La course aux ressources : guerres et mafias.

Dans des pays confrontés à une misère importante, l’économie souterraine et les trafics en tout genre

pullulent et ne cessent de croître en déstabilisant les États. Les inégalités sociales sont ainsi renforcées et les

violences extrêmes : les taux d’homicide au Venezuela, ou au Honduras et Salvador sont les plus forts au

monde. Cette violence touche les États-Unis car des gangs ultraviolents apparus parmi les exilés

centraméricains existent dans le pays : à Los Angeles et jusqu’en en Amérique latine, les « maras » diffusent

une violence armée depuis les années 1980.

Mais les contestations se basent avant tout sur les questions d’accès à la terre et à la propriété : c’est le cas

en Bolivie, au Paraguay, au Mexique (Mouvement zapatiste), au Brésil (Mouvement des Sans terre), etc.

Le narcotrafic est l’un des éléments clef de la violence que subit le continent et les exportations de drogues

entre le sud et le nord sont massives : les drogues sont avant tout destinées au marché des États-Unis et

transitent par le Mexique qui est impuissant face aux cartels (organisations criminelles). De même en

Colombie qui ne cesse de subir la pression des grands cartels même si l’État a réussi à éliminer quelques

cartels majeurs (celui de Medellin autour des frères Ochoa et de Pablo Escobar par exemple). Les villes

frontalières entre États-Unis et Mexique ont des taux de criminalité particulièrement élevés (Tijuana, Ciudad

Juarez).

Enfin, le pétrole est un élément de tensions important notamment dans le bassin caraïbe, mais qui n’a pas

entraîné pour le moment de crise majeure : les conflits entre Venezuela et Guyana, États-Unis et Canada,

Bolivie et Chili pour l’accès aux ressources de gaz et pétrole sont fréquents. De même entre Argentine et RU

pour le contrôle des îles Malouines et leurs ressources.

C/ Des tensions apaisées.

Depuis les années 1980, de nombreuses dictatures sont tombées (Pinochet au Chili, Somoza au Nicaragua,

Videla en Argentine, etc.), dont certaines soutenues par les États-Unis, et des guerres civiles ont pris fin

(Guatemala, Salvador). Seule la Colombie abrite encore un conflit armé intérieur entre le gouvernement

légitime et les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), guérilla marxiste opposée au pouvoir en

place. Par ailleurs, quelques pays voient des mouvements de contestation pacifistes face à des pouvoirs en

place trop peu enclins aux réformes en faveur des plus pauvres : c’est le cas au Mexique ou au Brésil. Mais

certains pays ont vu l’accession d’indigènes au pouvoir (Morales en Bolivie, Humala au Pérou), ou

d’anciens guérilléros (Ortega au Nicaragua, etc.)

Au final, les tensions de niveau international sur le continent américain sont rares, et rares sont les frontières

chaudes (contestées et militarisées) : entre Pérou et Équateur, ou Colombie et Équateur. C’est pourquoi les

gouvernements des pays d’Amérique latine consacrent peu aux budgets de défense et entretiennent de petites

armées, contrairement aux États-Unis qui ont le premier budget militaire au monde, et l’armée la plus

puissante. Si les États-Unis sont liés par plusieurs alliances militaires dans le monde, les États d’Amérique

latine ne le sont par aucune.

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Chapitre 3 - États-Unis - Brésil : rôle mondial, dynamiques territoriales.

Introduction :

Deux puissances rivalisent à l’échelle continentale et mettent en œuvre des organisations souvent similaires.

Les États-Unis et le Brésil sont deux pays neufs, colonisés à partir du XVIe siècle, mais jouent à l’échelle

mondiale aujourd’hui un rôle encore bien différent : si les États-Unis sont les leaders de la mondialisation

des échanges et la première puissance mondiale, le Brésil est un pays émergent en pleine croissance qui

réussit de mieux en mieux son intégration à cette mondialisation. Pourtant, ces deux pays révèlent un

ensemble de contrastes internes forts entre régions délaissées et grandes métropoles actives, ainsi que de

contrastes sociaux et économiques, de même qu’ils se fondent sur des éléments semblables : territoire vaste

mais contraignant, fort peuplement inégalement réparti par exemple.

Quel rôle mondial et quelles dynamiques territoriales pour les États-Unis et le Brésil ?

Plans possibles :

I – Les dynamiques territoriales des États-Unis : un territoire maîtrisé. I – Deux puissances rivales à l’échelle continentale.

II – Les dynamiques territoriales du Brésil : un territoire à maîtriser. II – Des territoires reflets de la puissance.

III – Étude comparée des deux puissances. III – Les limites du développement de deux géants.

I – Deux puissances rivales à l’échelle continentale, et mondiale.

A/ Deux géants économiques.

Les deux pays sont fortement insérés dans l’économie mondiale et en sont deux centres d’impulsion mais à

des degrés divers selon les domaines.

En effet, ce sont deux des plus grandes agricultures mondiales : si les États-Unis sont 1er

pour le soja, le

maïs, les bovins, le Brésil sont les 2e au monde. En revanche les FTN brésiliennes sont peu nombreuses et

rares sont les concurrentes des FTN étatsuniennes : Petrobras est la 4e compagnie pétrolière mondiale, mais

Exxon (EU) est la 1ère

; Vale est le 2e minéralier mondial derrière les anglo-australiens BHP et Rio Tinto.

Alors que les EU disposent en 2012 de 133 des 500 premières FTN mondiales, le Brésil n’en possède que

7 ! Par ailleurs, alors que le Brésil est compétent dans les activités liées aux matières premières, les EU

possèdent des entreprises leaders dans tous les domaines, agroalimentaire (Kraftfoods, Cargill, Monsanto),

pétrole (Exxon, Chevron), informatique (Apple, IBM, Microsoft), pharmacie (Pfizer), distribution (Wal

Mart), automobile (GM, Ford). Des entreprises comme Wal Mart, ou Exxon réalisent des chiffres d’affaires

de 425 milliards de dollars par an, c’est-à-dire supérieur au budget de la plupart des pays du monde (et

quasiment le budget français).

Les États-Unis dominent ainsi la Triade avec un PIB supérieur à celui de ses concurrents directs réunis

(Chine, Japon et Allemagne). Alors que le Brésil n’est encore qu’une puissance émergente, avec le 6e PIB

mondial mais une croissance rapide et une économie qui se diversifie : en effet le pays développe de

nouveaux domaines de puissance comme l’aéronautique, les télécommunications, les énergies.

Ensuite, si les États-Unis sont les 2e exportateurs mondiaux, le Brésil est le 22

e, en revanche la balance

commerciale étatsunienne est extrêmement déficitaire (-54%) alors qu’au Brésil elle est excédentaire

(+14%) du fait d’exportations en très forte hausse (x 3,6 entre 2000 et 2010). La croissance brésilienne est

soutenue par un afflux massif d’investissements étrangers (notamment de la Chine).

De plus, si le niveau de vie évolue rapidement au Brésil avec l’émergence d’une classe moyenne importante,

le marché intérieur étatsunien stimule toujours aussi fortement le secteur des services et permet la supériorité

des firmes américaines (Time Warner, Disney, AIG..) : ce sont 194 millions d’habitants pour le Brésil contre

300 millions pour les EU, autant de consommateurs potentiels.

Enfin, la supériorité des EU en matière financière est encore considérable face au Brésil : le dollar est

toujours la monnaie de référence des échanges mondiaux, les places boursières sont les 1ères (Wall Street,

Chicago) et la capitalisation boursière des FTN étatsuniennes est écrasante. La place boursière de Sao Paulo

(Bovespa) n’est qu’au 44e rang mondial et les FTN brésiliennes n’ont encore qu’une influence limitée à

l’Amérique latine.

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B/ Un fort déséquilibre du point de vue géostratégique.

Les EU jouent toujours clairement un rôle politique, diplomatique et militaire majeur dans le monde (hard

power). Si l’hyperpuissance est largement contestée avec des réactions de rejet violentes et extrêmes (al-

Qaïda), le leadership qu’ils exercent à ce niveau n’est pas remis en cause par les puissances émergentes.

Première base de cette puissance incontestable, le complexe militaro-industriel (Lockheed, Northrop,

Boeing…) appuyé sur le plus important budget militaire et de défense jamais engagé (environ 700 milliards

de dollars par an, contre 30 pour le Brésil), et sur près d’1,5 million de soldats (contre 400000 au Brésil).

Les forces armées des EU sont présentes partout dans le monde, par leurs flottes qui contrôlent tous les

points de passage du commerce mondial (détroits et autres espaces géostratégiques) et leurs armées de terre

et d’air réparties sur des bases sur tous les océans et tous les continents. Depuis les années 1990 ils jouent le

rôle de « gendarmes du monde », rôle qui leur est contesté et qui est considéré comme une forme

d’impérialisme. Le Brésil a ainsi largement critiqué en 2010 l’implantation de bases étatsuniennes en

Colombie, et cherche actuellement à créer sa future puissance nucléaire pour protéger ses intérêts et ses

ressources (hydrocarbures notamment) : la présidente Dilma Rousseff a ainsi annoncé le projet de sous-

marins nucléaires construits en partenariat avec la France d’ici 30 ans.

Ensuite, au niveau diplomatique, les EU se démarquent par le 1er

réseau d’ambassades au monde, une place

privilégiée à l’ONU, avec droit de veto, leader de l’OTAN, acteurs majeurs de la plupart des grandes

organisations internationales, ils possèdent les plus gros contingents de casques bleus et sont les premiers

contributeurs des grandes organisations politiques, économiques et de développement de la planète (ONU,

FMI, Banque mondiale, etc.) En revanche la diplomatie brésilienne, influente à l’échelle de l’Amérique

latine, ne l’est que très peu à l’échelle mondiale.

Enfin, au niveau politique, c’est surtout depuis la présidence de Lula da Silva (2003-2011) que le Brésil a

fait entendre sa voix comme chef de file du socialisme dans les pays émergents, et soutien des solidarités

internationales : le 1er

Forum Social Mondial a eu lieu à Porto Alegre et le Brésil reste la terre d’accueil des

mouvements altermondialistes. C’est en ce sens que le Brésil a critiqué à l’OMC les politiques

protectionnistes irrégulières des pays du Nord, notamment au sommet de l’OMC en 2003. Actuellement le

pays est même devenu émetteur d’aide au développement, même si les dons sont limités, alors qu’il était

jusqu’au début des années 2000 un récepteurs exclusif de ces aides. Ce sont surtout les pays lusophones

africains qui sont l’objet des attentions du pays (Angola, Mozambique, Guinée Bissau). Cependant, si le

Brésil souhaite une réforme du FMI et un siège au Conseil de Sécurité de l’ONU (avec droit de veto), sa

participation au G20 et l’activité de ses FTN an Amérique latine le font dénoncer par ses voisins (Argentine,

Bolivie) comme un État néo-impérialiste.

C/ Le modèle américain toujours dominant.

Les EU restent un modèle attractif (soft power) et malgré la crise le modèle libéral fonctionne et continue

d’attirer les capitaux dans le pays, ainsi que les migrants très qualifiés (brain drain).

Ils maîtrisent toujours les NTIC (net power) et leurs réseaux médiatiques sont propagés à travers le monde et

diffusent en permanence l’american way of life. Leur modèle culturel caractérisé par la consommation de

masse reste un modèle mainstream (dominant) : séries télévisées, cinéma, NTIC, centres commerciaux,

société du tout-automobile, fast foods (McDonald’s présent dans 117 pays) : le pays est toujours le premier

pôle d’immigration au monde.

Ce modèle a initié et encouragé des modèles contestataires et le réveil de cultures nationales, mais le Brésil

comme les autres, ne peut concurrencer le modèle étatsunien : si les telenovelas brésiliennes font fureur et

sont exportées dans plus de 130 pays, le portugais ne représente que très peu de locuteurs face à l’anglais

pratiqué par tous.

Au final, le Brésil a un rayonnement régional plutôt que mondial, et ses services médiatiques, bien que

dominants en Amérique latine (Globo : 1er

groupe de médias : télévision, cinéma, édition), n’ont pas

d’influence mondiale, ni même continentale. En revanche, le pays se donne des objectifs plus hauts et espère

diffuser à plus large échelle grâce par exemple à l’organisation de grands événements internationaux :

Coupe du monde de football en 2014 et Jeux Olympiques en 2016 à Rio de Janeiro.

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II – Des territoires, reflets de la puissance.

A/ Le territoire des États-Unis, un territoire maîtrisé mais contraignant.

L’immensité du territoire est un atout tant qu’il est bien maîtrisé, car de nombreuses contraintes s’imposent.

Avec 9 millions de km² (16 fois la France) ,les paysages sont très variés, avec une grande diversité de

climats.

On peut distinguer quatre domaines naturels :

- Plaine littorale atlantique

- Moyennes montagnes des Appalaches

- Grandes Plaines centrales drainées par le Mississippi et affluents, et au nord les Grands Lacs

- Hautes Terres de l’Ouest autour d’un ensemble de chaînes de montagnes (Rocheuses, Cascades et

Sierra Nevada), de vallées et de hauts plateaux.

Il a fallu plus d’un siècle pour conquérir l’ensemble du territoire, depuis l’Atlantique au Pacifique, par le

déplacement d’un front pionnier (la « Frontière » entre le monde « sauvage » des Indiens libres et l’espace

« civilisé » des colons) : conquête de l’Ouest.

Ce sont les transports qui ont permis les avancées rapides à travers le pays et qui constituent aujourd’hui un

tissu dense et très performant : les réseaux aérien, ferroviaire et autoroutier sont les plus importants du

monde. Cependant ce sont les fleuves qui ont les premiers servis à la conquête du territoire. Aujourd’hui les

fleuves permettent toujours l’essentiel du transport de pondéreux (matériaux lourds : bois, minerais,

charbon, pétrole). Le réseau ferroviaire a permis la conquête à partir de 1850, quant au système autoroutier il

s’est développé dans les années 1950.

Les contraintes sont nombreuses à gérer, et en premier lieu le risque sismique (faille de San Andreas en

Californie). Par ailleurs les régions de l’Ouest souffrent aussi de sécheresse graves et d’incendies

dévastateurs.

Le Sud et le centre sont soumis aux cyclones, aux tornades (Golfe du Mexique), et aux inondations

(Nouvelle-Orléans noyée à 80 % en 2005).

Les Plaines centrales et le Nord-Est subissent des vagues de froid, tempêtes de neige : Snow Belt.

Mais le territoire américain possède d’extraordinaires richesses naturelles : charbon (le ¼ des réserves

mondiales : Rocheuses, Appalaches), hydrocarbures (Golfe du Mexique, sud des Grandes Plaines,

Californie, Alaska), fer, or et cuivre ; l’eau des fleuves permet une production hydroélectrique importante (la

2ème

du monde après le Canada) et permet l’irrigation des terres de l’Ouest subissant les sécheresses. Les

ressources en bois sont également très abondantes.

Toutefois, les besoins énergétiques gigantesques des E.-U. sont le point faible de leur économie : ils

consomment le ¼ de l’énergie mondiale et doivent importer massivement pétrole, gaz et électricité même

s’ils en produisent massivement : leur balance énergétique est largement déficitaire.

C’est pourquoi les États-Unis font le choix de se tourner de plus en plus vers le nucléaire (1ère

production

mondiale). Gros gaspilleurs : l’exploitation sans ménagement a créé de nombreuses pollutions, l’érosion des

sols. Les américains se sont donc tôt lancés dans des programmes de préservation des milieux naturels, avec

des lois contraignantes : ils ont créé les premiers parcs naturels (Yellowstone en 1872), un service de

conservation des sols, l’introduction de nouvelles méthodes de culture, etc.

● Une diversité d’espaces :

L’espace agricole.

C’est un espace dynamique en adaptation permanente. Basé sur des exploitations de grande taille (200 ha),

mais avec de fortes disparités. Il y a une agriculture marginale : espaces arides, forestières, etc.

On distingue deux agricultures : familiale et capitaliste (industrielle).

- L’agriculture familiale, dans les Grandes Plaines : peu de salariés, très dépendante des politiques

fédérales.

- L’agriculture capitaliste, dirigée par de puissantes entreprises familiales ou de grandes firmes de

l’agrobusiness : Ouest (Californie, Rocheuses) et Golfe du Mexique. Grandes exploitations, main-

d’œuvre salariée, souvent immigrée, forts moyens techniques (machines, engrais, irrigation, etc.)

Les dynamiques de l’espace industriel.

On distingue quelques grandes régions :

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- Le Nord-Est, premier cœur industriel du pays, autour des Grands Lacs : la Manufacturing Belt. Cet

espace touché largement par la crise est en reconversion. Beaucoup d’industries ont été délocalisées

vers la Sun Belt ou vers la frontière mexicaine (maquiladoras). Quelques pôles restent importants :

Denver, Phoenix, etc.

- L’Ouest et le Sud : implantation des principales industries liées à l’armement (Gun Belt), et à

l’aéronautique ; les industries lourdes, dépendantes des importations de mat. 1ères, se situent sur les

littoraux ; les industries de pointe se situent près des grands centres universitaires et centres de

recherche : Californie (Silicon Valley près de San Francisco), Boston.

Les espaces touristiques.

Les États-Unis sont parmi les premières destinations touristiques : le pays y occupe 10 % des actifs. Les

principaux foyers sont :

- La Megalopolis (New York notam.), tourisme culturel en particulier.

- Les régions du Sud et de l’Ouest (soleil, mer : héliotropisme, tourisme balnéaire) : la Floride est un

grand foyer avec des villes balnéaires (Miami), des parcs d’attractions (Disneyworld à Orlando).

- La Californie dispose de tous les types de tourisme : parcs d’attractions (Disneyland), parcs nationaux

(Yosemite), tourisme culturel, balnéaire, sports d’hiver, jeux.

- Las Vegas est le premier centre hôtelier du pays.

- Les îles Hawaï sont un autre grand foyer.

B/ Pôles de commandement et périphéries : un territoire hiérarchisé.

Le territoire des E.-U.. se polarise de plus en plus autour des grandes métropoles : ce sont celles du Nord Est

qui demeurent les plus importantes (centres politiques et économiques).

Les métropoles, nœuds de communication, commandent des espaces plus ou moins étendus, selon leur

importance décisionnelle. Aux E.-U., trois métropoles de niveau international dominent l’armature urbaine :

New York, Los Angeles et Chicago. Vient ensuite Washington, capitale fédérale, puis une dizaine de villes

au rayonnement moindre, mais qui constituent des pôles de commandement régionaux : Minneapolis et

Saint Paul dans les Grandes Plaines, Denver dans les Rocheuses, Houston au Sud et San Francisco à l’Ouest.

Du fait de la contigüité de certaines métropoles, elles forment des mégalopoles :

- La plus puissante étant la Mégalopolis (côte atlantique, de Boston à Washington).

- La seconde est la mégalopole californienne : SF, LA et San Diego jusqu’à Tijuana au Mexique.

- La troisième est celle des Grands Lacs : Chicago, Detroit, Cleveland jusqu’à Toronto (Canada).

La conséquence principale est l’étalement urbain et donc l’allongement des distances entre centre-ville et

périphéries, des métropoles aux centres multiples, réseaux de transport très étendus et donc coûteux.

On distingue aux E.-U. un cœur politique et économique ancien, constituant depuis l’origine le centre de

décision du pays : le Nord-Est.

- Mégalopolis et Grands Lacs : 38 % de la pop. totale, 70 % des sièges sociaux des FMN américaines,

premier marché financier du monde (New York), 1er

marché céréalier (Chicago), et siège des grandes

organisations (ONU, FMI).

- C’est aussi le cœur industriel, mais il a connu une crise dans les années 1960-80 (vieilles industries

textiles et sidérurgiques) : de nombreuses friches aujourd’hui, en reconversion, population qui migre vers

la Sun Belt. Toute cette région de vieille industrie est appelée Rust Belt.

- La reconversion de cette région se fait vers le tertiaire et les industries de haute technologie : Boeing

s’installe à Chicago en 2000, universités et centres de recherche prestigieux : Yale à Princeton, MIT et

Harvard (l’université la plus riche au monde) à Boston, etc.

On distingue deux ensembles : le croissant périphérique attractif, et la diagonale intérieure en difficulté.

1. La Sun Belt.

Le croissant périphérique court du sud de la Mégalopolis jusqu’au Nord-Ouest pacifique : 45 % de la pop.

C’est l’héliotropisme (attraction des régions ensoleillées : Floride, Californie) qui opère. Mais c’est aussi

l’interface maritime pacifique avec l’Asie et la frontière active avec le Mexique.

Cette région cumule les avantages : richesses du sous-sol, présence d’industries lourdes profitant d’une

main-d’œuvre abondante, du fait de l’immigration, et peu chère.

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Les déséquilibres y sont toutefois très marqués : ghettos de riches et retraités aisés, et quartiers très pauvres

(barrios et ghettos noirs) ; main-d’œuvre immigrée sous-payée, usines et ateliers vétustes et parcs

technologiques. De plus la région n’a pas de métropoles concurrençant celles du Nord Est.

2. Pôles et périphéries.

La façade pacifique est anciennement développée : Californie très peuplée et riche, région touristique,

industries de pointe ; Nord-Ouest dominé par Seattle (siège de Microsoft) et Portland.

L’Alaska et les îles Hawaï sont des espaces lointains mais stratégiques : ressources majeures (hydrocarbures,

pêche, tourisme, agriculture tropicale).

Le Sud connaît un fort développement : le Texas est le 2ème

État le plus peuplé, forte agriculture, région

pétrolifère, infrastructures très développées (Houston, Dallas).

Une diagonale intérieure reste peu peuplée, grandes exploitations agricoles et d’élevage, quelques centres

urbains (Denver, Phoenix, Las Vegas).

C/ Un espace de forts contrastes : le territoire brésilien.

Il est le 5e pays le plus vaste du monde (8,5 millions de km²), il possède près de 14000km de frontières avec

10 États. Il possède les plus grandes richesses d’Am. Latine, et du monde : 17% des ressources en eau de la

planète, au 2e rang pour les forêts derrière la Russie, 1

er rang mondial pour le fer.

Le territoire est un atout majeur : les bassins fluviaux sont immenses avec le plus grand fleuve du monde :

l’Amazone. Le potentiel hydroélectrique est donc gigantesque. Le sous-sol est très riche, à l’exception du

pétrole. Cela permet le développement d’industries lourdes. Les surfaces cultivables sont immenses et

continuent de s’étendre avec les déboisements.

Le pays est un géant agricole, et sa situation et sa superficie font que les cultures sont aussi bien tropicales

que tempérées : les cultures sont très variées. Le pays possède des cultures vivrières au Nord et des cultures

commerciales d’exportation à l’Est et au Sud-est bien desservies par les ports et les réseaux de transport. Ces

espaces se sont étendus vers l’intérieur des terres, mais le front pionnier de défrichement ne progresse

aujourd’hui plus beaucoup. Le Brésil est le 1er

producteur mondial de café, canne à sucre, agrumes, le 2e

pour le soja et les bovins, le 3e pour le maïs, le 5

e pour le cacao. Il est le 3

e exportateur agricole mondial, et

la modernisation des techniques lui permet d’exporter de plus en plus de produits agroalimentaires, grâce à

un puissant complexe agro-industriel.

Au niveau industriel, la production est diversifiée, mais ce sont les industries lourdes qui sont les plus

solides et qui sont parmi les plus modernes du monde (chimie, sidérurgie). Les secteurs de l’automobile,

l’aéronautique, informatique ou industrie pharmaceutique sont en plein essor. 80% des exportations

brésiliennes sont des produits industriels.

L’immensité du territoire est aussi une contrainte car il devient difficile d’exploiter toutes les ressources du

pays : les aménagements de ports, de voies navigables, de routes, etc., coûte extrêmement cher.

Le 1er

contraste sépare l’Est du pays, peuplé et développé depuis longtemps depuis le littoral, de l’Ouest,

presque vide.

Le 2e contraste oppose le Nord (Amazonie et Nordeste) très pauvre au Sud (Sudeste et Sud) plus riche.

Le 3e contraste est celui qui oppose le centre de commandement Sao Paulo – Rio de Janeiro – Belo

Horizonte, au reste du pays qui fait figure de marge sous développée.

Pourtant les autorités ont depuis les années 1960 lancé le front pionnier vers l’Ouest : Brasilia est la seule

capitale d’un État à avoir été installée en plein désert : la ville est construite de toute pièce en quelques

années selon les plans de l’architecte Oscar Niemeyer. Mais cela n’a pas amené beaucoup de population à la

conquête de l’Ouest, même si cette région du Centre-Ouest est dynamisée par la capitale.

Enfin, le Brésil s’est développé de manière bien différente suivant les 5 régions du pays :

- Sud et Sudeste sont le cœur économique du pays, avec les plus grandes villes (Rio, Sao Paulo, etc.). Ces

régions possèdent les centres de décisions, politiques, économiques, culturels, attirent les investissements

et voient se développer les infrastructures les plus modernes : Sao Paulo est la 1ère

ville du pays.

- Centre-Ouest et Amazonie : espaces sous-peuplés : 61% de la surface du pays avec 13% de la pop.

L’Etat a lancé dans les années 1970 un plan d’intégration nationale pour coloniser les terres agricoles

d’Amazonie : les principaux flux migratoires du pays se font vers ces régions-là.

- Nordeste : c’est la zone de sous-développement du Brésil : climat difficile (sécheresse), populations

très pauvres qui manquent de tout : malnutrition, manque d’eau, très peu d’infrastructures.

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III – Les limites du développement de deux géants.

A/ A l’échelle mondiale, des contestations nombreuses.

La première critique touche bien sûr la politique extérieure des EU, qui par leur présence planétaire et dans

tous les domaines est jugée impérialiste et néfaste au développement d’autres pays laissés en trop forte

dépendance. Si Obama a tenté d’œuvrer pour une meilleure image de son pays dès sa première élection de

2008 (discours du Caire), les critiques sont permanentes. Quant au Brésil il cherche déjà à s’imposer en tant

que seule véritable puissance diplomatique de l’Amérique du Sud et progresse avec difficultés.

La seconde critique touche la dette des deux pays, à commencer par celle des EU qui est colossale : en effet,

ils sont les 1ers débiteurs de la planète, et si leur dette représente un plus faible pourcentage du PIB que celle

du Japon, c’est le seul fait de leur PIB très supérieur. La réduction de cette dette est devenue un enjeu majeur

à l’échelle mondiale, et a été l’objet d’un vif débat aux EU entre le président et le Congrès. D’autant plus

que la Chine possède actuellement une grande partie de la dette sous forme de bons du Trésor émis par la

FED pour trouver des liquidités. Quant au Brésil, si les efforts depuis 10 ans sont faits pour réduire la dette

extérieure, c’est au prix de la dégradation de sa monnaie, le réal, qui perd sans cesse de sa valeur et est

largement déprécié face au dollar.

Enfin, la troisième critique porte sur le trop faible engagement des deux pays dans des politiques de

développement durable, et sur les atteintes fréquentes à l’environnement : les EU sont le 1er

producteur

mondial d’OGM, plantes qui sont décriées à travers l’Europe pour le risque qu’elles peuvent faire encourir

aux populations (cancers ?). Par ailleurs ces plantes sont modifiées pour ne produire que peu de récoltes, et

le risque de pollution des plantes non OGM est avéré. La quasi-totalité du maïs et du soja produite aux EU

est OGM. Le risque d’épuisement des sols existe et également. Au Brésil, c’est la question de la forêt

amazonienne qui se pose régulièrement, notamment la déforestation du Mato Grosso qui laisse place à

l’élevage et à la culture du soja. Or l’impact est planétaire car il s’agit de la plus grande zone forestière

mondiale et que les enjeux liés au réchauffement climatique sont lourds. De même que le Brésil multiplie les

aménagements destructeurs dans cette région, par la construction de barrages (celui de Jirau par exemple),

de routes, et autres infrastructures nécessaires pourtant au développement du pays et à son indépendance

énergétique. Il émerge pourtant une conscience environnementale dans la société brésilienne qui fait

entendre sa voix : pour la défense de l’environnement et des peuples de la forêt, la justice brésilienne a

finalement ordonné l’arrêt des travaux sur le grand barrage de Belo Monte en 2011 par exemple.

B/ A l’échelle nationale, des très fortes inégalités.

Les deux pays sont parmi les plus inégalitaires au monde, et les disparités régionales y sont fortes.

Le Brésil est un pays de métissage, du fait de son histoire : le peuplement s’est fait en plusieurs vagues : les

Portugais dès 1500 entrent en contact avec les populations indiennes déjà présentes, puis envoient des

esclaves déportés d’Afrique pour exploiter les ressources du pays. Puis les européens viennent ensuite

peupler les littoraux : Allemands, Italiens, et même Japonais. Cependant il existe une très nette séparation

entre les populations métisses qui dominent dans le Nord et le Nord-est, alors que les populations d’origine

européenne dominent le Sud et le Sud-est : le Brésil du Nord connaît de graves problèmes alors que le Sud,

blanc, est développé.

Les inégalités sociales sont écrasantes : la Brésil est l’un des pays les plus inégalitaires du monde : 10% des

plus riches détiennent 45% du revenu national ; les 10% les plus pauvres n’en possèdent qu’1 %. Les

conditions de vie s’en ressentent : le Nordeste est plus misérable, l’espérance de vie y est plus faible que

dans le Sudeste. Les industries se concentrent d’ailleurs dans la région du Sudeste, les écarts de revenus se

creusant d’avantage. Un tiers de la population du pays est donc pauvre, et dans cette tranche, on compte une

majorité d’analphabètes, certains vivent sans accès à l’eau potable et à l’électricité. La région la plus pauvre

est celle du Nordeste, c’est une population essentiellement rurale, notamment dans le Sertao (région aride du

Nordeste). On trouve toujours aujourd’hui des paysans sans terres alors qu’il n’y en a quasiment plus dans le

Sudeste. Le problème de la terre reste un grave au Brésil, du fait de l’opposition entre latifundio (très grande

propriété foncière qui utilise des paysans sans terres soumis et exploités par le propriétaire) et minifundio

(très petite exploitation de taille insuffisante pour vivre). Des ligues paysannes existent depuis les années

1960, et la voie des sans-terres reste aujourd’hui un acteur majeur dans les décisions politiques en matière

d’agriculture et de répartition : le président Lula da Silva en a fait un de ses thèmes majeurs de campagne.

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Les politiques menées n’ont jusqu’à présent pas réussi à réduire les écarts de développement, on distingue

donc toujours :

- Le vieux Brésil au Nordeste, au passé esclavagiste : essentiellement rural, très grande pauvreté, forte

proportion de population noire, la minorité la plus défavorisée du pays.

- Le nouveau Brésil, Sud et Sudeste, qui produit les ¾ du PIB : mis en valeur par les colons européens

depuis 1850 : développement rapide des villes et des infrastructures.

- Le Brésil pionnier, Centre-Ouest et Amazonie : moins de 15% de la pop. sur 65% du territoire. Cette

région possède d’abondantes ressources et en 1960 y a été établie la capitale économique et

administrative du pays : Brasilia. Région d’agriculture mécanisée, qui attire très peu de pionniers.

Enfin, les inégalités sont spectaculaires dans les villes. L’urbanisation est ancienne et les villes ont abrité

longtemps les élites européennes coloniales. Le développement des industries et du tertiaire a amené en ville

les classes moyennes, qui dominent aujourd’hui. Mais l’exode rural massif a amené une très grande

population très pauvre : les populations peuplent des bidonvilles et quartiers insalubres dans les centres et les

périphéries des villes : les favelas : les quartiers très riches côtoient donc les quartiers d’extrême pauvreté.

Les quartiers riches sont de plus en plus fermés, barricadés (condominios fechados) gardés par des milices

privées : ils ont accès à des centres commerciaux réservés.

Aux États-Unis, c’est l’échec du Melting pot : le modèle américain n’est pas parvenu à assurer la réussite de

tous : 12 % de la pop. vit en-dessous du seuil de pauvreté (37 millions de pers.). Les classe moyennes,

autrefois dominantes, éclatent : certains s’appauvrissent, les écarts se creusent. Le pays est un des plus

inégalitaires au monde, et les affrontements violents sont fréquents. Le mythe du melting pot est bel et bien

révolu : les ségrégations spatiales et ethniques sont courantes, et si les populations de l’Europe de l’Ouest

ont été assimilées à la culture WASP (White Anglo-Saxon Protestant), les minorités sont globalement

défavorisées. Les hispaniques et les Noirs ont pu accéder à de grandes responsabilités et on y trouve des

bourgeoisies bien implantées, mais l’essentiel est pauvre. En fait, il s’avère qua la société américaine n’est

pas métissée, mais est constituée de communautés aux identités fortes cohabitant sans se mélanger : c’est le

salad bowl (saladier), ou encore, ce que J.F. Kennedy appelait la « Nation de nations ».

D’autre part, près de 45 millions de personnes vivent aujourd’hui sans la moindre protection sociale, d’où la

volonté affichée du président Obama d’étendre la sécurité sociale dans le pays, mais il n’y est parvenu qu’en

très faible proportion. Les États les plus pauvres sont traditionnellement ceux du Sud : Alabama,

Mississippi, Géorgie, qui sont aussi les États ou la discrimination et la ségrégation ont tenu le plus

longtemps et où le racisme es encore aujourd’hui très présent. Les populations noires y sont notamment

délaissées, ce qui avait causé un lourd contentieux moral dans le pays lors de l’ouragan Katrina qui dévasta

en 2005 la Nouvelle-Orléans.

C/ A l’échelle locale : les clivages intra-urbains.

Que ce soit aux EU ou au Brésil, les noirs sont surreprésentés dans les ghettos urbains et les favelas, ils sont

les premières victimes de la violence urbaine et de la pauvreté : il s’agit bien de l’échec du melting pot. Les

principales villes des États-Unis ont connu des périodes d’émeutes au cours du XXe siècle, la dernière en

importance fut celle de Los Angeles en 1992. De Seattle à New York, Chicago, Atlanta, les tensions raciales

sont entretenues par un fort taux de chômage qui pèse sur les minorités essentiellement, ainsi que par des

rivalités entre noirs, hispaniques et asiatiques, et enfin par une police souvent très violente vis-à-vis des

populations marginalisées. La criminalité est la plus élevée dans les villes où la pauvreté et la

désindustrialisation de permettent pas aux populations de s’en sortir, d’autant si le racisme s’y associe :

Saint-Louis et Détroit sont parmi les plus touchées. Il existe des gangs nombreux organisés à partir de

l’adolescence et qui prennent en charge des jeunes gens désœuvrés délaissés par l’État.

Au Brésil ce sont les villes de Récif et de Rio qui figurent parmi les plus violentes métropoles du monde :

les favelas sont à proximité de quartiers luxueux, tous les trafics y existent. Ainsi, Sao Paulo voit les

déplacements par hélicoptères très nombreux : les riches circulant par ce moyen pour éviter les tensions

urbaines et la saturation : la plupart des immeubles possèdent d’ailleurs des héliports.

Ces difficultés pour les EU comme pour le Brésil à intégrer leurs minorités amènent des logiques de repli et

de nouveaux types d’urbanisme : les Gated Communities (quartiers riches sécurisés par des sociétés privées)

et les Condominios fechados. Le gouvernement brésilien a choisi également de régulariser les favelas,

notamment la Rocinha de Rio, faute d’avoir les moyens d’expulser et de reloger les milliers de ruraux qui

débarquent chaque année.