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On ne va pas se mentir : l’exercice est pénible

Soyons honnêtes une seconde. Personne, absolument personne, ne se réveille le matin en se disant : « Super, je vais passer ma journée à mettre en page mon parcours professionnel sur Word ! ».

C’est stressant. C’est fastidieux. Et le pire, c’est cette impression de jeter une bouteille à la mer, en espérant que le DRH, noyé sous 300 fichiers PDF, daigne jeter un œil au vôtre.

Sur vdocuments.fr, on a vu passer des teras d’archives, des thèses de doctorat ultra-pointues aux manuels techniques d’ingénierie. C’est notre ADN ici : le partage de documents bruts. Mais s’il y a bien un document qui change la vie plus qu’un manuel de réparation de chaudière, c’est votre CV.

J’ai passé des années à voir des candidats brillants se faire recaler simplement parce que leur dossier était illisible ou soporifique. Oubliez les conseils tout faits des années 2000. Voici comment on décroche un entretien aujourd’hui, dans la vraie vie.

Le CV : Arrêtez de faire une liste de courses

L’erreur classique ? Penser que le CV est une autobiographie exhaustive. Ce n’est pas le cas. C’est une bande-annonce de film. Si la bande-annonce dure 3 heures, personne n’ira voir le film.

La règle d’or de la mise en page

Le visuel compte, mais pas comme vous le croyez. Pas besoin d’être un pro de Photoshop ou InDesign. Un document propre, aéré, c’est 80% du travail.

  • Évitez les barres de compétences avec des pourcentages. Sérieusement, ça veut dire quoi « Photoshop : 70% » ? Que vous connaissez 70% des fonctionnalités ou que vous réussissez votre détourage 7 fois sur 10 ? Ça n’a aucun sens pour un recruteur. Listez plutôt ce que vous savez faire concrètement.
  • La photo, parlons-en. En France, elle reste quasiment obligatoire, même si c’est discutable. Mais par pitié, évitez le selfie recadré où on devine l’épaule de votre pote en soirée. Investissez dans un portrait pro, fond neutre, sourire léger. Ça change la perception immédiate.
  • L’ordre antéchronologique est non négociable. Votre stage de 3ème en 2012, tout le monde s’en fiche si vous avez cinq ans d’expérience. Mettez le plus récent en haut. C’est ce que le recruteur veut voir en premier.

L’expérience : Résultats > Missions

C’est ici que 90% des gens se plantent. J’ai vu des CV de commerciaux qui listaient : « Prospection, rendez-vous clients, signature de contrats ».

C’est la définition même de votre job ! C’est comme si un boulanger écrivait « Je fais du pain ». On s’en doute.

Pour sortir du lot, il faut parler chiffres et impact. Transformez vos tâches en victoires :

Au lieu de dire « Gestion des réseaux sociaux », dites plutôt « Croissance de la communauté Instagram de 2000 à 15 000 abonnés en 8 mois sans budget pub ».

Vous voyez la différence ? Le premier décrit une tâche, le second décrit une performance. Le recruteur cherche quelqu’un qui apporte de la valeur, pas juste quelqu’un qui occupe un siège.

Les trous dans le CV : assumez-les

Vous avez voyagé pendant un an ? Vous avez eu un passage à vide ou pris le temps d’élever vos rejetons ? Ne le camouflez pas maladroitement en étirant les dates de vos autres expériences. Les recruteurs ont du flair, ils le verront.

Mettez une ligne : « Année sabbatique – Tour d’Amérique du Sud en sac à dos ». Ça donne un sujet de conversation pour l’entretien. Ça montre que vous êtes humain, curieux, et que vous savez prendre des risques. Mieux vaut une belle histoire qu’un mensonge gênant.

La lettre de motivation : survivre à l’ « exercice littéraire »

On entend souvent que la lettre de motivation est morte. C’est faux. Elle est juste en train de muter.

Si vous envoyez un pavé de 20 lignes qui commence par « J’ai l’honneur de solliciter… », oui, c’est mort. Le recruteur va lire la première phrase, bailler, et passer au suivant.

La structure « Vous – Moi – Nous » (mais en moins rigide)

C’est le schéma classique enseigné à l’école, mais il faut le dépoussiérer. Il ne s’agit pas de remplir des cases, mais de créer une connexion logique.

  • Le paragraphe d’accroche doit parler d’eux, pas de vous. Oubliez le « Je recherche un poste de… ». Essayez plutôt : « J’ai vu que vous veniez de lancer votre nouvelle gamme X, et j’ai trouvé l’approche audacieuse… ». Ça prouve que vous vous êtes renseigné. C’est de la flatterie intelligente.
  • Ensuite, vous faites le pont. Pourquoi votre parcours bizarre ou atypique est exactement ce qu’il leur faut *maintenant* ? Ne répétez pas le CV (ils l’ont déjà lu, rappelez-vous). Racontez une anecdote professionnelle courte qui illustre votre manière de bosser.
  • La conclusion doit être un appel à l’action. Pas de formules de politesse du XIXème siècle type « Veuillez agréer l’expression de mes salutations distinguées ». Un simple « Je serais ravi de vous en dire plus de vive voix » suivi d’un « Cordialement », c’est propre, moderne et efficace.

Le ton : soyez vous-même (en version pro)

Si vous êtes dans la finance, restez sobre. Mais si vous postulez dans une start-up ou une agence de com’, lâchez-vous un peu. L’intelligence artificielle (oui, ChatGPT et compagnie) écrit aujourd’hui des milliers de lettres de motivation lisses et parfaites.

Si votre lettre est trop « parfaite », trop lisse, sans aspérités, elle paraîtra suspecte. Une tournure de phrase un peu personnelle, une marque d’enthousiasme sincère (« J’adore ce que vous faites avec… »), c’est ça qui crée le déclic humain.

Quelques vérités techniques qui fâchent

Vous avez le fond, parlons de la forme technique. Sur vdocuments, on voit passer tellement de formats de fichiers bizarres qu’on pourrait en faire un musée des horreurs numériques. Ne faites pas subir ça à votre futur employeur.

Le PDF ou rien

N’envoyez jamais, jamais un fichier Word (.doc ou .docx). Jamais.

Pourquoi ? Parce que vous avez passé deux heures à aligner vos marges, et quand le recruteur va l’ouvrir sur son Mac ou sa vieille version de Word, tout va exploser. Votre photo sera au milieu du texte, les dates seront décalées… C’est l’anarchie.

Le PDF fige la mise en page. C’est le format universel. C’est la base du respect numérique.

Le nom du fichier : un détail qui tue

Imaginez le dossier « Téléchargements » du recruteur. Il y a 50 fichiers nommés « CV.pdf » ou « CV_final.pdf ».

Si je dois chercher votre CV deux jours après l’avoir lu, et qu’il s’appelle juste « CV_2024.pdf », je ne le retrouverai pas. Et je passerai au candidat suivant.

La règle est simple : PRENOM_NOM_POSTE.pdf. C’est tout. Ça montre que vous êtes organisé et que vous pensez à la personne qui va recevoir votre fichier.

Les outils pour ne pas partir de zéro

Pas besoin d’être graphiste. Canva est devenu la référence absolue pour faire des CV jolis sans y passer trois nuits. Il y a des centaines de modèles gratuits. Attention juste à ne pas prendre les plus populaires, sinon vous aurez le même design que trois autres candidats.

Word reste une valeur sûre si vous maîtrisez les tableaux invisibles, mais c’est souvent une prise de tête inutile pour la mise en page créative.

Et bien sûr, fouillez dans nos archives sur vdocuments. Parfois, voir ce que les autres ont fait (en bien ou en mal) est la meilleure source d’inspiration. On apprend beaucoup en analysant les documents réels partagés par la communauté.

Checklist de la dernière chance avant envoi

Avant de cliquer sur « Envoyer », respirez un grand coup et vérifiez ces points. C’est du vécu.

  • Les fautes d’orthographe. Surtout dans le titre du poste ou le nom de l’entreprise. Jadis, j’ai reçu une lettre adressée à notre concurrent direct. C’est poubelle immédiate, peu importe votre talent.
  • Le lien LinkedIn. Vérifiez qu’il est cliquable dans le PDF et qu’il mène bien à votre profil, pas à votre page d’accueil.
  • Le numéro de téléphone. Une erreur de frappe ici et vous ne saurez jamais pourquoi ils ne vous ont pas appelé. Ça arrive plus souvent qu’on ne le croit.
  • L’adresse email pro. Si votre mail est encore bg-du-92@hotmail.com, il est temps de grandir. Créez une adresse prenom.nom@gmail.com dédiée à votre recherche d’emploi.

Le mot de la fin

Rédiger un CV et une lettre de motivation, c’est un exercice de vente. Votre produit, c’est vous. Ça demande un peu d’ego, un peu de technique, et beaucoup d’empathie pour celui qui va vous lire.

Ne cherchez pas à être le candidat parfait qui sait tout faire. Cherchez à être le candidat qui a compris le besoin de l’entreprise et qui peut prouver qu’il a les épaules pour aider. Soyez précis, soyez concis, et surtout, restez humain.

Bonne chance. Et une fois que vous aurez décroché le job, n’oubliez pas de venir partager vos modèles (anonymisés, bien sûr) sur la plateforme pour aider les suivants !

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