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  • Document gnr le 16 sep. 2018 01:21

    Nuit blanche, magazine littraire

    Commentaires

    Spcial BD La crise Numro 16, dcembre 1984, janvier 1985

    URI : id.erudit.org/iderudit/23071ac

    Aller au sommaire du numro

    diteur(s)

    Nuit blanche, le magazine du livre

    ISSN 0823-2490 (imprim)

    1923-3191 (numrique)

    Dcouvrir la revue

    Citer cet article

    (1984). Commentaires. Nuit blanche, magazine littraire, (16),513.

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    Tous droits rservs Nuit blanche, le magazine dulivre, 1984

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  • LITTRATURE QUBCOISE commentaires

    RIKA Jean-Yves Soucy Libre Expression Si vous vous fiez la prsenta-tion du livre, si vous lisez le rsum l'endos de la couver-ture, vous vous direz: encore une histoire d'amour. Alors vous le laisserez tomber parce que vous en avez assez des his-toires d'amour, dans la vie comme en littrature; ou bien vous le trouverez trop cher; ou encore vous l'achterez parce que vous tes un ternel roman-tique. Dans ce dernier cas, vous risquez de dcouvrir une oeuvre charmante.

    Un beau jour d't, Louis (prononcez Thomas) s'aperoit qu'une bestiole poils bruns fait du camping dans les plates-bandes de sa cour. Intrigu, il dcouvre que la bibitte n'est rien de moins qu'une taupe claustrophobe, commre et hautaine, la recherche d'un serviteur. Thomas, prt accepter n'importe quoi puis-qu'il cuve une peine d'amour, jouera donc le rle de matre d'htel auprs de cette Eulalie (prononcez rika), une enqui-quineuse ne, de race noble par surcrot. Il se pliera ses moin-dres caprices, pardonnera ses nombreuses frasques, mais il apprciera avant tout son inso-lite amiti. La conclusion? motus et bouche cousue, car vous rvler la fin serait vous

    ravir injustement votre dernier sourire.

    Avec ce roman plein d'imagination, le talent de con-teur de Jean-Yves Soucy mar-que de nouveaux points. Les personnages, dous d'un ton-nant sens de la repartie, sont trs colors. L'ide de faire cohabiter une taupe possessive et un clibataire plus ou moins endurci donne lieu des scnes savoureuses. L'humour est la qualit premire de ce livre. On sourit. On s'esclaffe mme. Et ceux qui trouveront l'histoire anodine, on pourra toujours souligner l'amusante et perti-nente caricature que l'auteur t race de la socit des humains, poussant certaines vidences jusqu' l'absurde... Voil une oeuvre drle et ten-dre, une jolie trouvaille.

    Michel Dufour

    LES DEMOISELLES DE NUMIDIE Marie Jos Thriault Boral Express, 1984 Marie Jos Thriault, dans ce premier roman, met en scne des amants de la mer. Pour ces marins, les tte--tte avec l'ocan deviennent des occa-sions de rentrer en soi pour se ratisser et se reconnatre, des prtextes pour chercher dans la mer une nourriture intime,

    divine et mystique. Les person-nages on le sent travers cette criture toute empreinte de sensualit entretiennent un penchant pour l'envers des choses, pour ce qui se trouve de l'autre ct du miroir, pour le flou. On dcouvrira l'insaisissa-ble Serena voluant bord du Maria Teresa G. avec une telle aisance qu'elle semble une excroissance du navire mme; cette femme maritime saura s'entourer d'une aura de mystre.

    Le Demoiselle de Numidie n'est-il qu'un btiment de fable, un bordel fantme, ou bien s'enracine-t-il dans la ra-lit? Ces dames que Culi appelle les cocottes marines et qui font natre en lui un immense dsir d'exotisme ne sont-elles que le fruit d'imagi-nations fertiles? vous de dcouvrir.

    Je connaissais dj Marie Jos Thriault par ses recueils de posie et j 'ai t sduite par son oeuvre de romancire. Son criture, dans ce roman, est la plus convaincante lorsqu'elle est la plus proche de la posie.

    Susy Turcotte

    UNE FEMME MUETTE Grard Etienne Nouvelle Optique, 1983 Fiou! J'espre que c'est vrai-ment un roman!

    Pas de crucifix l'envers, pas de mche de cheveux noue sous ma chaise, pas de queue de rat dans les tiroirs, pas d'arai-gne velue au plafond, pas de dmon sanguinolent la fen-tre, pas de photo poignarde ni de cendre suspecte sous mon lit: on peut parler, les esprits mal-fiques sont loin.

    Gros Zo, lui, les a invoqus pour qu'ils pntrent le corps et l'esprit de sa lgitime Marie-Anne, au point de lui faire pren-dre le chemin de l'asile. Bon dbarras! Il peut maintenant copuler tour de queue et btir un avenir la mesure de sa

    grande gueule. Profondment trouble mais pas folle, Marie-Anne s'enfuit de l'hpital; au hasard de son errance, elle ren-contre son agent Glad, une belle et gentille Qubcoise toute douce qui lui donnera la force de rsister son tortionnaire.

    Grard Etienne a construit son rcit comme un damier o les lments s'opposent succes-sivement: un chapitre Marie-Anne et un chapitre Gros Zo; les bas-fonds des taudis d'Hati et la relative prosprit de Mon-tral; les bourgeois mprisants rfugis Outrement et le menu peuple entass Saint-Lonard; la malade hatienne et la salvatr ice qubcoise; l'asphyxie de Gros Zo et la renaissance de Marie-Anne; l'crivain noir et le lecteur blanc. cet gard, comment ne pas souligner les trs belles pages toutes pleines de ten-dresse, de sensibilit et de doux rotisme qui dcrivent la rela-tion entre Marie-Anne et Hlne, ct de la description trs dure des hallucinations de Marie-Anne, la femme muette.

    Claude Rgnier

    VOULOIR LA FICTION, LA MODERNIT Nouvelle barre du jour Septembre 1984 Depuis septembre 1977, sept t

  • LITTRATURE QUBCOISE commentai res

    ans dj. Depuis trois ans et 36 numros, ont veill la par(t)u-(ri)tion de la revue Lise Guvre-mont, Louise Cotnoir et Hugues Corriveau (l'ordre alphabtique est invers). Du numro 141 Pin-fini, seize nbj/anne sous l'gide de Jac-ques Sojcher, Bernard Nol, Louise Anaoul, Line mcMur-ray, Normand de Bellefeuille, Michel Gay et Jean Yves Colette (l'ordre invers est arbi-traire). Un numro 141 lect-criture mcModerne o la litt-rature est possible.

    VOULOIR LA FICTION x 28 = BOUT PORTANT RAGIR: i.e. prendre une position de congruence entre l'expression et le contenu dans le tissu du texte? En ce sens draper du langage commun est avant tout affaire d'acclra-tion. Se dire surtout qu'il y a la page des matires. crire pour parler: c'est et a louche vers le ludique, j'insiste, contraint l'espace nigmatiquement tra-vaill. Rendre visible la conci-dence, le kik des apparences et cette nouvelle lisibilit filante. Pour ce/se faire, avoir con-fiance en l'imagination thori-que, she writes. La forme est le moyen ancien/nouveau qui retient le sens aigu imprvu de l'irreprsentable. This is it.

    k0 la modernit au coeur de son, TEXTE.

    Josette Gigure

    QUAND JE LIS JE M'INVENTE Suzanne Lamy L'Hexagone, 1984 Du projet qui merge des cri-tures au fminin, certaines caractristiques semblent gn-ralises: dsir d'inscrire une spcificit historiquement neu-tralise, de montrer que dans le discours a parle d'abord par-tir du sexe, de dmarquer, par le texte mme, des rapports diff-rents: au corps, au rel, au savoir, la parole.

    L'essai de Suzanne Lamy propose un regard sur cette dif-frence, la fois dans la pers-pective du discours thorique et dans celle du commentaire sur diffrentes critures: une conni-vence s'tablit qui pose les axes, dans la relation criture/lec-ture, d'une sororit. Interro-geant les institutions du savoir, l'auteure tente de donner certai-nes rponses l'vacuation de la critique fministe, la margi-nalisation et la ghettosation des critures de femmes tout en insistant sur leur diversit.

    Si, en gnral, le propos de Suzanne Lamy est intelligent, il en rsulte mon avis une demi-russite. Cette diversit dont on nous dit qu'elle constitue le noyau des critures au fminin semble plutt en surface, celles dont l'auteure rend compte apparaissant figes dans la

    mme dmarche: comme si leur dnominateur commun se devait d'obir la condition d'critures ne pouvant tre pro-duites par des hommes. De plus, Suzanne Lamy se limite essentiellement des crivaines de fiction, dlaissant ainsi des femmes plus engages dans le savoir. Qu'aurait-elle dire sur Simone Weil, Margaret Mead, Mary Douglas ou Marguerite Yourcenar, entre autres?

    Suzanne Lamy s'interroge sur le peu de considration accord la critique fministe. Malheureusement une telle cri-tique, surtout au Qubec, a encore mal articul ses outils thoriques et ce n'est srement pas par de sempiternelles plain-tes sur le caractre phallocentri-que du savoir qu'elle les trou-vera. quand un apport vrai-ment original la question?

    Francine Bordeleau

    M * * ! * * -

    DEVANT L'TANG Lise Harou VLB diteur Il y a un tang qui dort dans la cour de l'hpital psychiatrique, je l'ai vu. Aussi l'ide lui vient-elle, urgente, d'y convier Isa-belle Boilard afin de sonder, ensemble, ses eaux dormantes.

    Alors les eaux s'animent, et dans le moire de leur clapotis elle voit merger une nue de souvenirs: des bribes de conver-sations, l'htel ou au restau-rant, un mari, des enfants, des amies, des vtements, des tableaux aussi, et des livres. Des souvenirs de souvenirs, d'mo-tions, de dsirs, de dchire-ments. J'ai trangement mal mes heures, se dit-elle

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