nouvelles alliances dans la sphère privée : ong et entreprises

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Existe-t-il des blocages en France aux rapprochements des ONG et des entreprises ? Les entreprises se font-elles une fausse idée des ONG ? Sont-elles insensibles aux crises lointaines ? Les ONG sont elles réticentes à la présence des entreprises ? Et si oui, pourquoi ? Faut-il s’en tenir au constat souvent formulé de part et d’autre : « nous n’avons pas les mêmes valeurs » ? Telles ont été les interrogations à l’origine de la présente étude. Une trentaine d’entretiens individuels, en face à face, ont été conduits de mars à juin 2001, auprès d’entreprises engagées dans des actions de mécénat de solidarité internationale et d’ONG, de taille et de secteurs différents. Dans une deuxième phase, les acteurs ont été réunis, en novembre 2001, pour échanger leurs visions et témoigner de leurs expériences collectivement. Une étude conjointe Observatoire de la Fondation de France – Admical.

TRANSCRIPT

Nouvelles alliances dans la sphre prive :

ONG et entreprises

Admical Fondation de France D oits de reproduction rservs.

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Cette tude est le fruit de la collaboration entre la Fondation de France et lassociation Admical. Elle bnficie ainsi dexpriences complmentaires : Celle dAdmical est riche de plus de 20 ans d analyse, daccompagnement et de promotion du mcnat dentreprise en France et ltranger. Celle de la Fondation de France sappuie : - sur une expertise en matire dONG et de dveloppement btie au long de 33 annes de programmes de Solidarits internationales, - une position privilgie dobservation travers lObservatoire de la gnrosit et du mcnat qui, depuis 1997, ralise des tudes sur le mcnat dentreprises.

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Avant propos Le progrs conomique et industriel na pas encore permis dradiquer la dtresse humaine : de nombreux pays sont touchs par la famine, les guerres, la pauvret, le non-respect des droits de lHomme ou encore des troubles cologiques majeurs. Ces situations de crise constituent des enjeux plantaires. Au-del des gouvernements, elles concernent la socit civile mondiale. Dans le pass, les gouvernements des pays dvelopps taient les vecteurs prpondrants de laide humanitaire : la coopration internationale reprsentait pour les pays dfavoriss un soutien indispensable et une part significative de leurs ressources. Depuis plusieurs annes, les ONG se sont imposes dans ce domaine : la qualit de leur engagement ainsi que la diminution constante des budgets publics de coopration en font dsormais des acteurs incontournables du dveloppement. Cependant, elles ne peuvent elles seules prendre en charge lavenir des pays dfavoriss. Les Etats se doivent, pour leur part, dtre les garants lgitimes du bien-tre de leurs citoyens ; mais le dveloppement ne peut tre durable sans un tissu conomique fort. Les entreprises des pays dveloppes peuvent alors complter efficacement laction conjugue des ONG et des Etats. Encore peu actives dans le domaine humanitaire, les entreprises font parfois lobjet de critiques dONG, qui dnoncent les effets nfastes de leur activit dans les pays en voie de dveloppement. Cependant, face la pression de la socit civile et lvolution des mentalits, nombre dentreprises en sont venues sintresser ltat de sant conomique, social et cologique de rgions dfavorises du globe. Lentreprise participe alors la prservation de son environnement , au sens large du terme. Le mcnat et les partenariats qui peuvent se crer au sein de la sphre prive constituent un premier pas vers cette collaboration pousse. Bien que les entreprises et les ONG partagent lobjectif damliorer la vie quotidienne des populations dfavorises, la conciliation harmonieuse de leurs vues et des enjeux de leur intervention reste un dfi parfois difficile relever. LONG pourra y trouver une source de revenu indispensable dans un contexte de diminution de laide publique, tandis que lentreprise esprera en retirer des bnfices en terme dactivit : renforcer ses rseaux relationnels, enrichir sa politique de communication et parfois mme, senrichir de lexpertise des ONG. Le rapprochement de ces deux mondes ne saurait leur faire perdre leur me . Il doit se faire dans le respect de leurs spcificits, tant de leur mode de fonctionnement, que de leur positionnement thique, tout en encadrant trs prcisment les modalits du partenariat. La plus grande transparence doit prvaloir dans la mise en uvre de ces actions de mcnat. Ltude que nous avons ralise avec la Fondation de France a pour but didentifier les intrts et les limites des nouvelles alliances dans la sphre prive, et prsente des exemples de bonnes pratiques. Aujourdhui, le mouvement du dveloppement durable concide avec la volont commune tous les acteurs de lhumanitaire dtablir de rels partenariats, chacun ayant droit la parole et apportant sa valeur ajoute une cause commune. Lengagement croissant de la socit civile pour des causes dintrt gnral va dans le sens de lhistoire.

Jacques Rigaud Prsident Admical

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Avant-propos Lorsque surgit une crise humanitaire les ONG franaises retrouvent souvent sur le terrain des ONG trangres en collaboration active avec des entreprises de leurs pays, parfois soutenues par les militaires et les diplomates. Cest toute une force active qui se dploie. Si les ONG franaises sont la plupart du temps prsentes, elles ne sont pas portes par ce fort mouvement collectif. Les entreprises en particulier nont pas organis et systmatis leur intervention alors quelles sont de plus en plus sensibles aux crises de ce type. Existe-t-il des blocages en France aux rapprochements des ONG et des entreprises ? Les entreprises se font-elles une fausse ide des ONG ? Sont-elles insensibles aux crises lointaines ? Les ONG sont elles rticentes la prsence des entreprises ? et si oui, pourquoi ? Faut-il sen tenir au constat souvent formul de part et dautre : nous navons pas les mmes valeurs ? Nest-il pas temps de faire voluer les mentalits ? Telles ont t les interrogations lorigine de la prsente tude, mene conjointement avec Admical. Avant dinviter le lecteur sa dcouverte, deux prcisions essentielles mritent dtre apportes : - le constat de relations fonctionnelles et simples entre les ONG et les entreprises dans les pays trangers a t le dclencheur de notre rflexion. Ces relations ne sont pas pour autant considres comme des modles exemplaires et reproductibles tels quels. - limpact de lactivit conomique des entreprises dans des zones en dveloppement ou en crise constitue un sujet en soi, largement plus vaste et plus complexe que le sujet de cette tude. Celle-ci na pas la vocation de dire que le rapprochement ONG/Entreprise doit se substituer lurgente ncessit dun investissement plus massif des entreprises dans le Sud. Nous parlerons donc, dans le contexte de lurgence et de la post-urgence humanitaire, de mcnat ou de partenariat : des dons consentis par des entreprises, sans intention lucrative directe. Ce travail est issu de dix-huit entretiens individuels et dun atelier dchanges entre ONG et entreprises. Il a ainsi, par sa mthode, dj contribu une meilleure connaissance rciproque dun certain nombre dentreprises et dONG. Il dresse un tat des lieux de leurs relations et propose des lments de rponse pour une dmarche constructive, intelligente, qui prserve les intrts et la nature de chaque partie.

Bertrand Dufourcq Prsident Fondation de France

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Mthodologie En mars 2000, Admical et la Fondation de France ont organis conjointement une confrence sur le thme : Quel mcnat dentreprise dans lurgence humanitaire ? , laquelle ont particip de nombreuses entreprises et ONG. La richesse des dbats et lintrt manifest par les participant ont amen les deux organismes poursuivre la rflexion sur les reprsentations des acteurs et les modalits de rapprochements entre les entreprises et les ONG. Cette publication est donc la synthse dune tude conduite en 2001 par Estelle Hdouin pour la Fondation de France et Jean-Marc Pautras pour Admical. Une trentaine dentretiens individuels, en face face, ont t conduits de mars juin 2001, auprs dentreprises engages dans des actions de mcnat de solidarit internationale et dONG, de taille et de secteurs diffrents. Dans une deuxime phase, les acteurs ont t runis, en novembre 2001, pour changer leurs visions et tmoigner de leurs expriences collectivement.

Cette synthse est une articulation et une mise en perspective des arguments, des blocages mais aussi des solutions mise en avant par les acteurs eux-mmes. Dans le souci de respecter leur anonymat, seule la nature des organismes, entreprise ou ONG, a t signale lors de citations. Du fait de la mthode inductive utilise, les caractristiques ou les questionnements sont mis en lumire parfois de faon caricaturale ou extrapole lensemble des ONG et des entreprises. Une plus grande rigueur demanderait une analyse au cas par cas, bien au-del des moyens disponibles pour raliser cette synthse. Cest donc pour les besoins de la dmonstration que les traits significatifs ont t mis en avant, sans prtendre une complte reprsentativit.

Lobjectif de cette tude est doffrir une photographie des reprsentations et des pratiques, tout en essayant de montrer que le

partenariat entre les entreprises et les ONG est souhaitable et possible. Pas davantage qu lexhaustivit, nous ne prtendons la rdaction dun guide mthodologique offrant les bonnes recettes pour un partenariat russi . Il sagit davantage de proposer une grille de lecture pour essayer de dcoder les mcanismes luvre dans les modalits de rapprochements entre les entreprises et les ONG, et dentrevoir quelques possibilits derrire les discours ou les particularismes institutionnels. Remerciements Admical et la Fondation de France souhaitent remercier tout particulirement les entreprises et les ONG qui ont accept de participer aux entretiens individuels, et la table ronde en 2001. Sans leur contribution, cette tude naurait pu tre ralise. Nous esprons que leurs tmoignages pourront inciter dautres organismes se rapprocher et faire uvre dinventivit pour imaginer dautres modalits de partenariat.

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Sommaire 1re partie La solidarit internationale : sujet la mode ou vritable tendance ? I - Contexte favorable II - volution du mcnat de solidarit internationale 2me partie Mconnaissance, rticences et divergences entre les acteurs I - A problmes communs, rponses spcifiques

- largent - le