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  • MINISTERE DE L'ECONOMIE, DES FINANCES ET DU BUDGET

    DIRECTION DE LA PREVTSION

    Sous-Directwn B

    ----- -----

    Bureau B3

    LIEPARGNE MONETAIRE ENAFRIQUE SUBS-ENNE

    1 1 1

    Dossier ralis par Fabrice LENSEIGNE, chercheur de I'ORSTOM dtach la Direction de la Prvision.

    Composition :

    - Note de syntkse (n O 169) - Note sur quelques aspects thoriques (n O 132) - Note descriptive sur es volutions montaires (n O 132A) - Note sur la deman& de monnaie (no 132B) - Note sur l'offre de monnaie (no 132C)

  • MINISTERE DE L ECONOMIEJ DES FINMCES ET DU BUDGET

    DIRECTION DE LA PREVISION

    Sous-Direction B

    ----- ---e-

    B3190-169 Paris, le 2 7 dcembre1 990

    I'

    L'EPARGNE MONETAIRE EN AFRIQUE SUBSAHARIENBE (Synthse)

    L'Afrique subsaharienne souffre d'une pargne insuffisante et, lorsque cette pargne existe, elle n'est pas toujours mobilise efficacement. Cette situation est lie aux difficults que connaissent les systmes bancaires de cette zone.

    La monnaie joue un rle essentiel dans ces pays et y constitue le principal actif financier (le patrimoine des mnages est surtout compos de monnaie et d'actifs physiques tels que terrains, btail...). L'analyse des volutions montairr permet ainsi d'clairer la crise de l'intermdiation que traverse l'Mique subsaharienne; Tel est l'objet des notes qui suivent :

    1/ La premire note (132) fournit quelques lments de rflexions thoriques sur les caractristiques de l'intermdiation financire dans ces pays.

    Les marchs financiers y sont fragments du fait des rglementations ou d'une mauvaise circulation de l'information. On peut notamment distinguer les marchs officiels et informels. Les premiers sont caractriss par des taux d'intrt faibles qui conduisent retenir des projets non rentables, les seconds par des taux dbiteurs souvent usuraires et une slection trop stricte des investissements. Globalement les moyens de financement externes la disposition des investisseurs sont diminus du fait de cette mauvaise allocation. Ils sont aussi affects par la trs forte incertitude qui pse sur la rentabilit des projets. I

    L'inflation anticipe et sa variabilit prsume ont un impact ngatif sur la demande de monnaie. Celle-ci augmente avec le taux de rendement rel-de la monnaie et l'importance des transactions. Elle est aussi accrue par toute augmentation du taux d'investissement dans ces pays.

    En effet l'pargne est faible pour des raisons structurelles (pyramide des ges, niveau des revenus ...) ou conjoncturelles (taux d'intrt trop bas ...) et est mal rpartie (fragmentation des marchs...). Les agents sont donc conduits autofinancer leurs investissements qui sont limits par les liquidits disponibles. La plupart dds investissements supposent la constitution pralable d'avoirs montaires et la demande de monnaie dpend des investissements prvus.

    Une hausse de la rmunration de l'pargne montaire accroit le stock de monnaie et favorise l'investissement. Mais au-del d'un taux d'intrt optimal, l'investissement, dont la profitabilit baisse, est pnalis (et la demande de monnaie est son tour freine).

    2/ La deuxime note (132A) dcrit l'volution des principaux agrgats montaires dans 10 pays d'Mique subsaharienne au cours des 30 demires annes.

    1 , A

  • Les indicateurs suivis sont les ratios MlPII3, M2/PIB, Ml/prix la consommation, Mlbase montaire et M2base montaire. Tous ces ratios connaissent une croissance dans les annes soixante et soixante-dix puis une chute la fin des annes soixante dix ou au dbut des annes quatre-vingts. Une lgre remonte observe au cours des annes les plus rcentes ne permet pas de se rapprocher significativement des points hauts.

    Ces volutions sont caractristiques d'une rgression du rle de la monnaie et du systme bancaire aprs une premire phase de dveloppement. Ce constat est confrm par l'augmentation de la part de la monnaie fiduciaire dans M1 depuis la fin des annes soixante-dix.

    Les pays de la zone franc ont eu des volutions plus favorables que les autres. La rgression montaire y est moins accuse et le stock de monnaie y est gnralement plus lev.

    3/ La troisime note (132B) met l'accent sur la demande de monnaie. Au cours des trois demires dcennies, elle a t rduite par la plus grande variabilit du taux d'inflation et surtout par la baisse du taux d'investissement. En revanche, la croissance de l'activit, mme si elle a t faible, a entran une progression de la demande de monnaie et, plus particulirement peut tre de la monnaie fiduciaire si les activits informelles se sont dveloppes plus vite que le secteur officiel.

    Les taux d'intrt rels sur le march montaire ont plutt eu tendance crotre. Mais les taux crditeurs rels n'ont' sans doute pas connu une progression sensible en moyenne (les avoirs montaires ne sont rmunrs que dans une faible proportion). Compte-tenu de la hausse du taux d'inflation la fin des annes soixante-dix, ils ont sans doute plutt diminu ce qui a pu rduire la demande de monnaie au profit des actifs physiques ou de la consommation.

    Les pays de la zone franc ont enregistr une baisse moins importante de leur taux d'investiseament ce qui a contribu soutenir la demande !e monnaie.

    .i/ La quatrime note a pour objet l'offre de monnaie.

    On observe une sensible diminution du volume des crdits l'conomie. Cette baisse est toutefois moins nette dans les pays de la zone franc o elle fait place une lgre reprise depuis quelques annes.

    Le comportement des banques dans la zone franc et l'extrieur semble assez diffrent. Le passif des banques de la zone franc est constitu dans une plus grande proportion par des engagements envers les banques centrales. Les ressources des banques des autres pays proviennent plus largement des dpts. L'intervention des banques centrales de la zone franc parat avoir eu un rle non ngligeable dans le maintien d'un certain niveau de montisation de l'conomie.

    5/ L'absence ou le faible degr de fiabilit des statistiques dans ces pays empche de se livrer une analyse approfondie et de raliser un diagnostic assur. Les observations qui prMdent peuvent ainsi correspondre deux schmas entre lesquels il est difficile de trancher.

    Dans le premier schma, la crise de I'htermdiation bancaire serait due une rduction de la demande de monnaie, elle-mme imputable l'volution de variables macro-conomiques : augmentation et variabilit accure de l'inflation, baisse du taux d'investissement lie des perspectives de croissance moins bonnes ou ?i une plus grande incertitude, taux d'intrt non optimaux. ..

    Dans le second schma, la crise bancaire aurait des causes internes : gestion dficiente des tablissements de crdit non sanctionne suffisamment vite du fait de l'absence de concurrence, de l'intervention des gouvemements et de l'insuffisance des systmes de contrle. L restructuration du systme bancaire aurait entran une rduction de l'offre de monnaie et la perte de confiance des agents dans les tablissements de crdit une diminution de la demande de monnaie. Il en rsulterait une baisSe de l'investissement et une croissance plus faible de l'activit.

    L A

  • Si l'on adopte une approche montariste, l'exis\ence de tension inflationnistes (hors zone Franc) et de dficits des paiements courants ou de s o d s de capitaux (zone Franc) suggre que la demande est infrieure l'offie de monnaie. Ce seraient donc plutt les performances macro- conomiques qui entraneraient une baisse de la demande de monnaie et du stock de monnaie.

    Mais les deux mcanismes prcdents peuvent aussi jouer simultanment. Les mauvaises performances macroconomiques aggravent les difficults des banques lies leur mauvaise gestion ce qui accentue les problmes macroconomiques. Les dficiences de la gestion et l'inhrtitude aux niveaux micro et macroconomiques restent finalement en cause. Les rsultats plutt meilleurs de la zone fianc seraient lis 2 une gestion relativement plus saine et plus stable des problmes conomiques.

  • J

    MRVISTERE DE L'ECONOMIE, DES FINANCES ET DU BUDGET

    DIRECTION DE LA PREWSION

    Sous-Direction B Bureau B3

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    FLRJ 90-132/

    SYSTEMES FINANCIERS ET DEVELOPPEMENT : QUELQUES POINTS DE REPERES THEORIQUES

    1 1 1

    Les systmes financiers, leur organisation, leur efficacit ont un impact rel et influencent les performances des pays en dveloppement comme le montre le "Rapport sur le dveloppement dans le monde en 1989" de la Banque Mondiale. L'accent y est mis sur la capacit des systmes financiers mobiliser l'pargne existante d'une part, et h slectionner les investissements, d'autre part.

    JA ' existence d ' agents ayant (es excdents et d ' autres des dficits d'pargne permet la criation d'un march spcifique, celui du capital, dont la dimension est influence, comme pour tout march, par l'organisation. C'est ainsi que le taux d'pargne, donc la capacit d'accumulation, comporte des dterminants structurels (pyramide des ges, niveau de revenu, "prfrence pour le prsent", etc.. . ), conjoncturels (perspectives du sous-emploi, position dans le ''cycle des affaires", niveau des dficits publics et des soldes courants ) mais galement institutionnels (modalits de rmunration de l'pargne, existence ou non de rseaux de collecte, confiance dans la solvabilit du secteur bancaire "formel", existence d'une assurance des dpts). On se propose d'apporter quelques clairages sur ce dernier point, principalement 6 partir du travail pionnier de R. Mac Kinnon (1.). I1 est vident que la pyramide des ages et le revenu par tte placent d'emble la plupart des pays africains dans une position minemment dfavorable vis--vis de leurs possibilits d'pargne.

    La mobilisation d'une pargne aura un impact significatif sur le dveloppement la condition qu'elle soit effectivement investie de la manire la plus "p