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  • P.5

    AFP

    En 2008, les Nations Unies ont lanc une initiative sur la rduction des missions rsultant du dboisement et de la dgradation forestire (REDD+). Ce projet vise combattre les changements climatiques et les pertes de biodiversit grce un soutien financier destin aux pays en dveloppement (PED). Le programme tient prsentement des activits dans 35 tats et son principal bailleur de fonds est la Norvge. Nanmoins, le REDD+ est loin de faire lunanimit au Sud comme au Nord.

    REDD+ : Un outil efficace contre la dforestation?Analyse dun mcanisme controvers en vue de la Confrence Rio+20

    MARC LEBEL-RACINECandidat la matrise en tudes internationalesUniversit Lavalmarc.lebel-racine.1@ulaval.ca

    Le dveloppement durable dans une perspective dradication de la pauvret constitue une dimension essentielle du REDD+. Ainsi, le programme vise com-battre lexclusion dont sont victimes les populations des PED habitant dans des zones forestires menaces. Or, le Proto-cole de Kyoto navait pas inclus de mesures concernant directement la dforestation tant donn la complexit du thme. Popu-laris loccasion de la rencontre - certains diront lchec monumental - de Copen-hague en 2009, le systme REDD+ a aussi t dbattu rcemment Durban o une alliance globale de peuples autochtones a dnonc les violations des droits des com-munauts indignes engendres par le

    programme REDD+, de mme que la trans-formation de leurs forts en corbeilles carbone .

    Les forts reprsentent le quotidien et la survie dune multitude de communauts travers le monde. Elles sont la fois des lieux de vie protger, des ressources exploiter et des cosystmes mettre en valeur. Les forts contribuent entre autres purifier lair, ralentir lrosion et fil-trer leau souterraine. Or, la dforestation reprsente un problme chronique dans le monde, particulirement dans les PED sous leffet de pressions dmographiques et industrielles. Cette situation requiert une attention immdiate, car les forts font

    partie du patrimoine commun de lhumanit compte tenu de leur rle essentiel dans la rgulation du climat. Le systme REDD+ vise protger ce patrimoine en mettant des quipes dintervention technique la disposition de pays cibls afin dlaborer des stratgies de prservation et de mise en valeur des forts. Or, ces intentions nobles pourraient masquer dautres intrts sou-vent dcris par les dtracteurs de lutilisa-tion de mcanismes de march pour tenter dattnuer limpact des changements clima-tiques.

    Sattaquer aux racines de la dfores-tation

    Les causes de la dforestation sont sou-vent dordre socioconomique comme le fait que les populations des PED dpendent aussi troitement des terres forestires des fins de cuisson, de chauffage, de construction ou encore de conversion en terres agricoles (notamment les vastes cultures dhuile de palme, de soya ou de biocarburants). De mme, des problmes persistants comme la corruption tendent ouvrir la voie aux coupes illgales, notamment en matire de bois prcieux. La dforestation peut gale-ment rsulter dun manque de valorisation

    LTAT DE LA PLANTE 20 ANS APRS LA DCLARATION DE RIO: LHEURE DES BILANS

    SATTAQUER AUX PROBLMES GLOBAUXP.4

    LES EXILS CLIMATIQUES P.7

    LE NUCLAIRE A-T-IL TOUJOURS SA PLACE, UN AN APRS FUKUSHIMA ?P.13

    Plus dun an aprs le dbut du sou-lvement populaire en Syrie, la situa-tion politique dans le pays savre plus que jamais incertaine. Alors que le prsident Bachar al-Assad refuse toujours de quitter le pouvoir, le mou-vement dopposition unifi autour du Conseil national syrien (CNS) et de lArme syrienne libre (ASL) ne bnficie pour lheure que dun rap-port de force extrmement prcaire. Face limpasse des initiatives mises de lavant par la communaut inter-nationale, cest dsormais le pril jihadiste qui semble tre sur toutes les lvres, commencer par celles du clan al-Assad. Retour sur les fan-tasmes et les ralits entourant la prsence dlments jihadistes dans le maelstrom syrien.

    DAL-QAIDA AUX COMBATTANTS TRANGERS

    P.16

    EVAN FISHER ET LOC BERTRAND

    VOLUME 7 NUMRO 2 AVRIL 2012

  • 2 www.regardcritique.ulaval.ca

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    Regard dexpertditorialPHILIPPE C. MARTINECandidat au doctorat en tudes internationalesChaire de recherche du Canada sur les conflits identitaires et le terrorismeUniversit Lavalredaction-regardcritique@hei.ulaval.ca

    ME PAULE HALLEYProfesseure la facult de droit de lUniversit Laval, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit de lenvironnement titulaire de la Chaire C.D. Howe en droit de lenvironnement et dveloppement de lArctique

    Propos recueillis par Bndicte Collignon Charge de rubrique

    Vingt ans aprs le premier Sommet de la Terre, qui a eu lieu en 1992 Rio de Janeiro, quelles ont t les principales avances au niveau du dveloppement durable dans le monde ?

    Parmi les avances importantes, il faut souligner ltablissement dune solidarit internationale et la formulation dobjectifs communs vers un changement de nos modes de dveloppement. Des initiatives ont t mises en place, ici et l, contribuant un dveloppement plus viable au niveau co-logique et plus quitable dun point de vue humain. Pensons, entre autres, la dimi-nution de loccupation des terres qui fait lobjet de politique de grands pays comme le Brsil et lIndonsie. Malheureusement, on demeure des plus inquiets quand on regarde le bilan qui demeure ngatif. Un rapport des Nations-Unies du premier fvrier dernier nous rappelle que la plante sen va vers une pnurie de ressources, pnurie que nous aurions espr viter grce cette solidarit. Si le discours autour du dvelop-pement durable est trs fort, les rformes importantes quil commande font face de grandes rsistances au sein des institutions conomiques et politiques. videmment, les acteurs de ces secteurs ont assumer les cots associs ces changements ins-titutionnels. Pour les auteurs, qui ont docu-ment des civilisations dans lhistoire qui nont pas su rsoudre leurs dilemmes de dveloppement et qui sont disparus, comme lle de Pque, le message est clair que les changements institutionnels reprsentent de grands dfis.

    Dailleurs, un des thmes abords lors du Sommet de Rio +20 est le cadre institutionnel du dvelop-pement durable. cet gard, un dfi qui se pose depuis longtemps, et qui continuera se poser, concerne la collaboration entre les pays en voie de dveloppement et les pays industrialiss. Quels sont les mcanismes de coopration qui pourraient tre mis en place pour mettre fin cette impasse ?

    Toute la difficult est l ! Dans ce monde conventionnel o les liens se tissent selon la volont des tats, il faut trouver des moyens pour que les mauvais joueurs , qui ne voudraient pas se soumettre des obligations contraignantes, participent malgr tout leffort collectif pour le dve-loppement durable. Car ces obligations sont lavantage de tous. En ce qui concerne les mcanismes institutionnels, lEurope, par exemple, a propos de taxer les tats qui ne respecteraient pas leur engagement en matire de rduction des gaz effet de serre quivalent aux seuils prdtermins. Cependant, il ny a pas de formule unique applicable tous les tats puisque les pays dvelopps qui ont dans le pass tir des profits conomiques de la dgradation de lenvironnement ont maintenant un lourd hritage porter. Il y a une responsabilit partage au niveau de la communaut inter-nationale quant au dveloppement durable, mais une responsabilit qui doit permettre tous datteindre un niveau de vie acceptable pour des raisons dquit et de justice. Par contre, il serait dramatique que les pays en voie de dveloppement rptent les mmes

    RDACTEUR EN CHEF : Philippe C. Martine DIRECTRICE GNRALE : Jihane LamouriCOORDONNATRICE DES AFFAIRES ADMINISTRATIVES : Cindy MarcouxCOORDONNATRICE DE LA COMMUNICATION: Vronique Labont COORDONNATEUR AUX PARTENARIATS ET AUX VNEMENTS : Kim GauthierCO-RESPONSABLES DE LA PUBLICIT : Bndicte Collignon CHARG DE RUBRIQUE : Bndicte CollignonCONCEPTION GRAPHIQUE : Gabrielle Matte

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    Doctorat en Etudes Internationales

    Volume 7 - Numro 2 - Avril 2012

    Quel tat de la plante ?

    La Terre tait lhonneur le 22 avril dernier loccasion du Jour de la Terre alors que 300 000 personnes ont march dans les rues de Montral pour faire part de leur proccupation quant ltat de la plante. Cette mobilisation massive, voire sans prcdent, du peuple qubcois traduit linquitude des uns, et le rejet pur et simple des autres, de la gestion du dossier environnemental par Ottawa et Qubec.

    Dans le contexte o les preuves de la dgradation du climat ne sont plus faire, les dossiers environnementaux qui suscitent des interrogations se multiplient : le retrait du Canada du Protocole de Kyoto, lexploitation des sables bitumineux et des gaz de schiste, le rtrcissement de la calotte glacire, les coupes blanc dans la fort borale, la disp

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