libertés! septembre 2009

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Poursuivant sur la lancee de la campagne «Exigeons la dignite», ce numero est largement consacre au Nigeria, geant economique africain mais dont la population subit de plein fouet les ravages sociaux et ecologiques d’une exploitation irresponsable de son petrole par les societes etrangeres, a commencer par Shell. Un reportage a aussi ete realise en Israel sur le statut precaire des Juives pratiquantes a qui leur mari refuse le divorce.Les 3 Lettres du Mois sont consacrees a la Bosnie, au Kosovo et au Pakistan, a trouver egalement sur http://www.isavelives.be/leslettresdumois

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  • Libertes! DPOT BRUXE

    LLE

    S XBELGIQUE-

    BELGIE

    PP

    1/2345

    BXL X

    Ne parat pas auxmois de juillet-aot.

    9, rue Berckmans1060 Bruxelles

    IRANDES VOIX POURLES SANS VOIX

    ISRALDAMOURENCHANES

    NIGERIASPLENDEURS ET MISRES

    SEPTEMBRE 2009 N456 LE MENSUEL DAMNESTY INTERNATIONAL

  • ACTUEL Isral : Damour enchanes Focus : Une convention contre les disparitions Insolites-Brves

    DOSSIERNigeria : Splendeurs et misres Vers une nouvelle guerre civile ? Une mosaque explosive Des dfenseurs aux abois On achve bien le Delta

    MOUVEMENT Gros plan : La dignit en questions Des voix pour les sans voix

    ISAVELIVES.BE Lettres du mois : Bosnie-Herzgovine,

    Pakistan et Kosovo Bonnes nouvelles

    CULTURE/AGENDA Une vie palestinienne Leon dhrosme Le commissaire chez les Bozos

    D I T O R I A L

    S O M M A I R E

    Liberts! Rue Berckmans, 9 1060 Bruxelles Tl : 02 538 81 77 Fax : 02 537 37 29 libertes@aibf.be www.libertes.be ditrice responsable: ChristineBika Rdacteur en chef: Pascal Fenaux Comit de rdaction : Bruno Brioni, Thandiwe Cattier, Vronique Druant, Samuel Grumiau, Anne Lowyck,Brian May, Suzanne Welles Ont collabor ce numro : Gilles Bechet, Patricia Huon Iconographie: Brian May Maquette: RIF Mise en page:Gherthrude Schiffon Impression (sur papier recycl non blanchi) : Remy Roto Couverture: Une habitante de Makoko transporte les maigres effetspersonnels quelle est parvenue arracher de son logement dtruit par les autorits de ltat. Lagos, 6 mai 2005. George Osodi

    CHANGEMENT DADRESSE ATTESTATION FISCALE MODIFICATION, ANNULATION OU NOUVELLE COTISATION DE

    MEMBRE/DONATEUR(TRICE)Madame Michele Ligot : mligot@aibf.be

    je change dadresse (inscrire uniquement la nouvelle adresse)Nom: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Prnom: . . . . . . . . . . N de membre: . . . . . . .Adresse: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . N . . . . . bte . . . . . . . . . .Code postal: . . . . . Localit: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Tl (obligatoire): . . . . . . . . . . . . . . . E-mail: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Oui, j'adhre aux objectifs d'Amnesty et souhaite devenir membre Je rpartis le montant de : ma cotisation de mon abonnement sur toute

    lanne en compltant ce coupon et en le renvoyant Amnesty International, 9 rue Berck-mans 1060 Bruxelles. Tout montant qui dpassera 14,87 e (prix de la cotisation oude l'abonnement), sera considr comme un don, et par l-mme jouira de la dduc-tibilit fiscale pour autant que ce supplment soit de 30 e ou plus.Je verse tous les mois, au dpart de mon compte n . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . lasomme de : 6 e 10 e 20 e . . . . . . . . e (ou tout autre montant demon choix) au profit du compte 001-2000070-06 de Amnesty International partirdu . . . . . . . . . . et jusqu nouvel ordre. Je conserve le droit dannuler ou de modi-fier cet ordre tout moment. ou je verse en une fois le mandat de . . . . . . . . . . . . . . au compte 001-2000070-06Nom: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Prnom: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Date de naissance: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Adresse: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . N . . . . . . . . bte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Code postal: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Localit: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Tl (obligatoire): . . . . . . . . . . . . . . . . E-mail: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Profession: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Date: . . . . . . . . Signature:

    Ne rien inscrire dans cette case s.v.p. (rserv l'organisme bancaire)

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    En mars 2003, une coalition emmene par les tats-Unisenvahissait lIrak et renversait le rgime de SaddamHussein dont le parti Baas avait, 35 annes durant, impos lensemble des Irakiens un rgime dictatorial parmi les plusfroces de la seconde moiti du XXe sicle. Le 10 juin 2003, la peinede mort tait suspendue par lAutorit provisoire de la Coalition,le gouvernement militaire mis sur pied par la coalition anglo-amricaine. Cependant, 14 mois plus tard, le 8 aot 2004, legouvernement irakien de transition rtablissait la peine capitaleet justifiait entre autres son choix par la vague de violence poli-tique et crapuleuse qui commenait submerger lIrak. Demme, lu lors des premires lections lgislatives libres dedcembre 2005 et investi en mai 2006, le gouvernement de coali-tion du Premier ministre Nouri al-Maliki na jamais daignfournir dinformations dignes de ce nom sur ces excutions, mmesil est vident que leur nombre va croissant et quune partiedentre elles ont lieu dans le plus grand secret. Cest ainsi que, le

    10 juin dernier, ce ne sont pas moins de 19 personnes, y comprisune femme, qui ont t excutes sans que cela fasse lobjet de lamoindre annonce officielle et aprs que les peines capitales aientt prononces lissue de procs qui ne rpondent pas auxnormes internationales en matire de procs quitables. Sous Saddam Hussein, la peine de mort tait pratique unevaste chelle et visait entre autres les opposants politiques duBaas : partis lacs, organisations religieuses, dirigeants tudiants,journalistes, hommes daffaires, dserteurs (durant le conflit Iran-Irak), etc. lpoque, Amnesty International tait bien en peinedtablir avec prcision le nombre suppos lev de citoyensirakiens passs par les armes, entre autres lors de la terrible vaguede rpression qui rpondit au soulvement des provinces majori-tairement arabes chiites dans le sud et kurdes dans le nord, auprintemps 1991, rpression durant laquelle des dizaines de milliersdIrakiens furent victimes de disparitions forces. Un peu plus desix ans aprs le renversement du rgime baasiste, la dconvenueest dautant plus svre que la ministre des Droits de lHommeWajdan Mikhal Salim sest elle-mme faite la promotrice dunepeine capitale cense rpondre aux vagues incessantes dattentatsmassifs perptrs contre la population civile... La consquence enest quen juillet dernier, les estimations les plus fiables valuaient un millier le nombre dIrakiens aligns dans les couloirs de lamort ePascal Fenaux

    Pour en savoir plus:A thousand people face the death penalty in Iraq (Index AI : MDE14/020/2009)

    DANS LESGRIFFES DUTIGRE

  • Une Juive rcemment divorce montre les alliances dont elle peut dsormais se sparer. Jrusalem, 2001. Panos/Stuart Freedman

    Je me sens comme une otage, une esclave. Je neserai libre que quand il mourra. Enfermependant de longues annes dans unmariage malheureux, cela fait maintenant dix ansquAliza tente dobtenir le divorce. En vain.Son cas est ainsi venu gonfler les statistiques desnombreuses femmes israliennes coinces dans cettezone dombre, entre mariage et divorce. On les appelleles agounot, littralement, les ancres, les encha-nes. Lorsquelle raconte son histoire, cette joliequadragnaire semble envahie dune grande lassi-tude. Eleve dans une famille juive ultra-orthodoxe,elle a pous 18 ans un homme plus g quelle. Uneunion arrange par sa famille dans laquelle elle ne sesentira jamais laise. Mais, rapidement, arrive lepremier enfant ; il y en aura six en tout. Aliza resterafinalement pendant 16 ans, malgr des violences rp-tes de la part de son mari.Javais peur. Il menaait de me tuer si je partais, raconte-t-elle. Un jour, Aliza trouve enfin le courage de porterplainte et de demander le divorce. Les questions de lagarde des enfants, de la pension alimentaire et dupartage de la maison sont rapidement rgles par untribunal civil. Elle pense alors que son cauchemar esttermin. Il ne fait que commencer Pour que ledivorce soit officiellement prononc, il faut en effetpasser devant un tribunal rabbinique. En Isral, o lesdeux tiers de la population se disent pourtant nonpratiquants, il ny a ni mariage, ni divorce civil. Selon la Loi judaque, la Halakha, cest lhomme quidoit remettre sa femme lacte de divorce, le gett. Etil doit le faire de son plein gr, sous peine de nullit.

    Sil refuse ou disparat sans laisser de traces, sa femmene pourra pas refaire sa vie. Si elle a des enfants avecun autre homme, ceux-ci (et toutes les gnrationsaprs eux !) seront considrs comme des mamzerim,des btards, du point de vue de la religion. linverse,un homme dont la femme refuserait de divorcer, peutprocrer nouveau sans consquences pour lesenfants, voire se remarier.Ces femmes seraient des milliers selon les associa-tions, qui comptabilisent aussi celles qui ont laisstomber par lassitude ou dont le mari a monnay le gettcontre de largent ou la garde des enfants. Aliza aussia subi ces pressions. chaque fois que nous passionsdevant la cour, il avait de nouvelles exigences, tmoigne-t-elle.Les rabbins me demandaient de tout accepter. Au final, a macot une fortune et jai plusieurs fois pens abandonner.Une loi de 1995 permet pourtant au tribunal rabbi-nique dimposer des sanctions aux maris rcalcitrants,telles que suspendre leur permis de conduire, bloquerleurs comptes bancaires, voire les envoyer en prison.Mais ces sanctions ne sont administres que dans derares cas et seulement aprs de longues annes derefus.Lan dernier, Aliza sest finalement adresse au Centerfor Womens Justice (CWJ), une association qui repr-sente des femmes agounot devant les tribunaux. Lerefus dun gett cause beaucoup de souffrances, expliqueSusan Weiss, lavo