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Choix bibliographique des bibliothèques de l'université des Antilles et de la Guyane

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  • Choix bibliographique des bibliothques de lUniversit des Antilles et de la Guyane

  • POUR UNE LITTERATURE URBAINE

    N en 1970 Fort-de-France, Alfred Alexandre a tudi la philosophie Paris, avant de bifurquer vers la littrature. De retour en Martinique, il exerce la profession denseignant-formateur. Jugeant ses premiers crits inaboutis, trop littraires , il trouve une impulsion nouvelle au contact des salaris quil forme, et notamment des travailleurs sociaux, dont les rcits nourrissent son premier roman Bord de canal (Prix des Amriques insulaires et de la Guyane en 2006).

    Lunivers quAlfred Alexandre dcrit dans ses romans est celui de la marge, des bas-fonds de Fort-de-France o errent des personnages borderline : dealers paums, clandestins, proxntes ou putains rvant damour. Ils sont les produits de la ville contemporaine.

    La littrature dAlfred Alexandre est rsolument politique : lcrivain dlivre son diagnostic sur l tat de la cit , ltat dune Martinique en errance dont les personnages en rupture de ban constituent un symbole.

    Ce monde dexclus, Alfred Alexandre le porte aussi au thtre : sa premire pice La nuit caribenne, remarque lors du Concours dEcriture Thtrale Carabe 2007 a t mise scne en 2010. Depuis, un second texte thtral, Le patron, a t prsent en 2009 Qubec dans le cadre dune rsidence dcriture organis par lassociation ETC-Carabe et le Centre des auteurs dramatiques du Qubec (CEAD).

    GENERATION POST-CREOLE

    Sans renier ses ans, Alfred Alexandre dresse un constat critique : les discours de la N-gritude puis de la Crolit, ns comme contre-cultures, comme penses de la dissidence, ont t selon lui rcuprs . Aujourdhui, les cadres quils ont poss font obstacle lmergence dune littrature caribenne renouvele, rompant avec le questionnement identitaire dans lequel elle est enferme depuis un demi-sicle .

    ALFRED ALEXANDRE

    EN QUELQUES MOTS (2)

    Citation extraite de linterview mene par Rodolf Etienne France Antilles 22 fvrier 2011.Prsentation de lauteur extraite du site d Etonnants Voyageurs : www.etonnants-voyageurs.com

    POUR MOI, le travail dune gnration ne fait que pousser un peu plus loin les ac-quis des gnrations prcdentes. Csaire, Glissant, Confiant et les autres ont peu peu pos les bases dun champ littraire autonome lintrieur duquel je travaille. Mais tout crivain, quel que soit son pays dorigine, est somm de rinventer une langue, sa langue. () Pour rendre compte des mutations de la socit martiniquai-se actuelle, plus urbaine, plus individualiste, plus infode aux valeurs des classes moyennes, il faut dautres outils littraires que je mefforce de forger. On ne peut pas rendre compte de la socit actuelle dans une langue qui serait celle de Csaire ou de Glissant, aussi belles que soient ces langues.

  • LES VILLES ASSASSINES

    vane habite un quartier sordide o rgnent la violence et la drogue, un quartier o les rves sont crass sous la misre. Il est pris de Winona, une jeune dance hall queen qui donne son corps en spectacle tous les vendredis soirs chez Slack, cad du quartier, qui fait rgner la terreur avec laccord tacite des autorits et sest dclar propritaire des femmes quil ex-ploite. Pour chapper la rue, Winona demande vane de lemmener voir la mer, l-haut, au bout de lle. Les voici lis par un pacte despoir contre la violence, la misre et la prosti-tution. Un jour, eux aussi habiteront les faubourgs chimriques dEden Ouest. Pourvu que Slack et ses milices assassines veuillent lcher sa prise

    (3) EN QUELQUES MOTS

    Dans une langue en perptuelle invention, Les Villes assassines, qui se prsente comme la confession dvane, et peut-tre son testament, raconte cette tentative damour au sein dun monde pre et corrompu. Une criture sans dtours, une vritable posie du dses-poir.

    Les villes qui fument le crack naiment pas quon dise quelles sont belles. La nuit, quand elles allument leurs chandelleries minables sous la pluie, elles ont les yeux qui se rincent le sang, en mille morceaux de miroirs, dans les flaques deau. Et au matin, dans le vent gris, aprs avoir pass les heures noires se dlaver la fivre dans la fureur et dans le rhum, elles sont comme des filles naufrages dont la bouche lasse et solitaire se souvient peine du prix amer et sans saveur des baisers marchands, la veille, dans un coin avachi de lobscurit. L, dans lavant-jour encore en berne, le corps a froid, plus froid encore lorsquil a plu, pendant des heures, veine ouverte, sur les pare-brise. Et que la nuit na pas port conseil. Et que la peur na pas voulu se vidanger dans le sommeil. cause des pas, cause des voix, cause des rires, cause des danses et des voi-tures, toutes les nuits, qui brlent leur rage dans nos crnes. Et tout le jour aussi, en boucle et extnus, dun bout lautre de la ville, on voit des litanies dautomobiles ttues et contraries, et des motards et des pitons sauvages qui recommencent leur voukoum et battent, dans tous les sens, comme dans une sorte de labyrinthe, le macadam exaspr. Comme a. Pour rien. Pour se faire bouler la tte comme des giratoires. Et puis tomber, repus, shoots, finis. En attendant que la mme turbine, la mme migraine, une fois le soleil effac, dgaze de nouveau ses embarras dans la rue blme. Avec la mme pitaille inhumaine dinutiles, de clandestins et de petits malfrats qui se reniflent dans le noir, fument, boissonnent, se raclent le gosier et lancent des rles enrous et poitrinaires dinjures, de mauvaise grippe et de maldictions, et puis patrouillent, sans raison vritable, dans le dos de la ville, en dvissant, comme des toupies absurdes, autour du vide. Cest comme a la nuit, ici, et plus encore les vendredis et samedis soir. Cest comme a, la nuit, sur lavenue Maurice-Bishop. Cest comme a aussi dans la rue Fivre, juste ct, et la Veille-aux-Morts et la rue Sans-Retour.

  • La Havane

    w Reinaldo Arenas. Voyage La Havane. Arles : Actes Sud, 2001.

    w Guillermo Cabrera Infante. La Havane pour un infante dfunt. Paris : d. du Seuil, 1999.

    w Alejo Carpentier. Chasse lhomme. Paris : Gallimard, 1993.

    w Alejo Carpentier. Le sicle des lumires. Paris : Gallimard, 1977.

    w Abilio Estvez. Ce royaume tappartient. Paris : B.Grasset : C. Bourgois, 1999.

    w Nicols Guilln. El Son entero cantos para soldados y sones para turistas. Buenos Aires : Losada, 1976.

    w Nicols Guilln. Sngoro cosongo ; Motivos de son ; West Indies ltd ; Espaa : poema en cuatro angustias y una esperanza. Buenos Aires : Losada,1963.

    w Pedro Juan Gutirrez. El rey de la Habana. Barcelona : Anagrama, 2001.

    w Pedro Juan Gutirrez. Le roi de La Havane. Paris : Albin Michel, impr. 2004.

    w Pedro Juan Gutirrez. Trilogie sale de La Havane. Paris : Albin Michel, 2001.

    w Pedro Juan Gutirrez. Triloga sucia de La Habana. Barcelona : Anagrama , 1998.

    w Jos Lezama Lima. Paradiso. Madrid : C.S.I.C 1988.

    w Jos Lezama Lima. Paradiso. Paris : d. du Seuil, 1999.

    w Eduardo Manet. Habanera. Paris : Flammarion,1994.

    w Eduardo Manet. La Mauresque. Paris : Gallimard, 1982.

    w Mayra Montero. La Havane, 1957. Paris : Gallimard, 2007.

    w Leonardo Padura. Les brumes du pass. Paris : Mtaili, 2006.

    w Antonio Jos Ponte. Las comidas profundas. Angers : Deleatur, 1997.

    w Ena Luca Portela. Cent bouteilles sur un mur. Paris : Ed. du Seuil, 2003.

    w Pedro Prez Sarduy. Les bonnes de La Havane. Cayenne : Ibis Rouge Editions, 2007.

    w Zo Valds. La douleur du dollar. Arles : Actes Sud ; Montral : Lemac, 1997.

    RENCONTRES LITTERAIRES VILLES RVES... (4)

  • Trilogie sale de La HavanePedro Juan Gutirrez

    Jhabitais le plus bel endroit du monde, un appartement tout en haut dun vieil immeuble de huit tages au centre de La Havane. Quand le soir tombait, je me prparais un rhum trs fort avec beaucoup de glace, jcrivais des pomes violents ou des fois moiti violents, moiti mlanco-liques que jabandonnais un peu partout autour de moi. Ou bien des lettres. Cest lheure o tout devient dor, alors je regardais autour de moi : au nord, la mer bleue, imprvisible, comme si leau tait de lor et du ciel mlangs ; au sud et lest, la vieille ville satine par le temps, les embruns, le vent et la ngligence ; louest, la cit moderne et ses hauts btiments. Chaque espace avec ses propres humains, ses propres bruits, sa propre musique.

    (5) RENCONTRES LITTERAIRES VILLES RVES...

  • Pointe--Pitre

    w Georges Brdent. La ville carnaval. Pointe--Pitre : Jasor, 2008.

    w Jyp Carraud. Tim-Tim bois sec. Paris : Payot et Rivages,1996.

    w Maryse Cond. La belle crole. Paris : Mercure de France 2001.

    w Max Diomar. Flnerie guadeloupenne. Paris : LHarmattan, 2006.

    w Frankito. Pointe--Pitre-Paris. Paris : LHarmattan, 2000.

    w Lucie Julia. Mlody des faubourgs. Paris : lHarmattan, 1989.

    w Gisle Pineau. Lesprance-macadam. Paris : Stock, 1995.

    w Gisle Pineau. Morne Cpresse. Paris : Mercure de France, 2008.

    Cayenne

    w Mouloud Akkouche. Cayenne, mon tombeau. Paris : Flammarion, 2002.

    w Paule Constant. La fille du Gobernator. Paris : Gallimard, 1999.

    w L.-G. Damas. Black-Label. Paris : Gallimard, 1988.

    w Miguel Duplan. Un long silence de carnaval. Meudon : Quidam, 2010.

    w Andr Paradis. Lanne du fromager. Cayenne : Ibis rouge d, 2000.

    w Timothe Schneider. Rue du soleil levant : voyage dans le territoire de la Guyane. Paris : L Harmattan, 2002.

    w Lyne-Marie Stanley. Mlodie pour lorchide. Cayenne : Ibis rouge d., 2001.

    w Denis Tillinac. Le Bar des palmistes. Paris : Arla, 1997.

    w Sylviane Vayaboury. La Crique. Paris : LHarmattan, 2009.

    Saint-Laurent du Maroni

    w Anne Vallaeys. La mmoire du papillon. Paris : Flammarion,