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pensées de Joubert

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  • Recueil des penses deM. Joubert / [publi par

    Chateaubriand]

    Source gallica.bnf.fr / Bibliothque nationale de France

  • Joubert, Joseph (1754-1824). Recueil des penses de M. Joubert / [publi par Chateaubriand]. 1838.

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  • RECUEIL

    DES .s

    PENSES DE M. JOUBERT.

  • RECUEIL

    1 DES S

    PENSES DE M. JOUBERT. s

    fJaris.

    IMPRIMERIE LE FORMANT, RUE DE SEINE, N 8.

    8'58.

  • Paris, 8 septembres 838.

    J'ai lu ces mots dans les fragmens de

    M. Joubert Le ver soie file ses coques,

    et je file les miennes mais on ne les

    dvidera pas.

    Si; je les ai dvides j'ai spar les

    sujets confondus sur des chiffons de pa-

    pier toutefois je n'ai pas trop multipli

  • les litres, pour laisser au penseur une par-tie de la varit de ses penses. On verra

    par la beaut de ces pages ce que j'ai perduet ce que le monde a perdu. On peut ne

    pes tre de l'avis de Joubert mais voulez-

    vous connatre la puissance de son gnie?

    Jamais penses n'ont excit de plus grandsdoutes dans l'esprit n'ont soulev de plus

    hautes questions et proccup davantage.La veuve de M. Joubert n'a fait imprimerles mditations de son mari que pour elle;

    elle aurait craint, en les publiant, d'offenser

    la gloire qui a tant recherch l'obscurit..

    Mme Joubert m'a charg de rendre les der-

    niers devoirs l'me de mon ami. Il y a

    dj quatorze ans que j'ai accompagn le

    corps de cet ami au dernier asile les

    penses de M. Joubert von ^reposer dans

    la vie, comme ses cendres reposent dans

    la mort.

    On trouve dans mes ouvrages une lettre

  • en date de Turin, 17 juin i8o3, adres-

    se M. Joubert l'Essai sur la Littrature

    anglaise renferme quelques dtails relatifs

    mon ami, et j'avais crit dans le Journal

    des Dbats, le 8 mai 1824? ce peu de li-

    gnes au moment o le rare et excellent

    homme venait de quitter la terre

    JOURNAL DES DBTS, 8 mai 1824.

    M. Joubert an, conseiller honoraire

    de l'Universit, et le plus ancien ami de

    M. d F -1- cl '1\1' M. de Fontanes, vient de mourir. St

    avec des talens qui i'auraient pu rendre clbre comme son illustre ami, il a pr- fr passer une vie inconnue au milieu

    d'une socit choisie elle a pu seule l'ap-

    prcier. C'tait un de ces hommes qui attachent par la dlicatesse de leurs sen- timens, la bienveillance de leur me

  • CHATEAUBRIAND.

    l'galit de leur humeur, l'originalit de

    leur caractre, par un esprit vif et clair,

    s'intressant tout et comprenant tout.

    Personne ne s'est plus oubli et ne s'est

    plus occup des autres. Celui qui dplore aujourd'hui sa perte ne peut s'empcher

    de remarquer la rapidit avec laquelle

    disparat le peu d'hommes qui, forms

    sous les anciennes murs franaises

    tiennent encore le fil des traditions d'une

    socit que la rvolution a brise. M. Jou-

    bert avait de vastes connaissances il a

    laiss un manuscrit la manire de Pla-

    ton, et des matriaux historiques. On ne

    vit dans la mmoire du monde que par des travaux pour le monde mais il y a

    d'autres souvenirs que l'amiti conserve

    et elle ne fait ici mention des talens litt-

    raires de M. Joubert, qu'afin d'avoir le

    droit d'exprimer publiquement ses re-

    grets,

  • PENSEES

    DEE

    M. JOUBERT.

    N I.

    DIEU; AME. CIEL. RELIGION. NATURE ET IDES RELI-

    GIEUSES. CHOSES DIVINES. FOI. CULTE. SAINTET.

    PIT. DVOTION. VRIT. THOLOGIE. TERNIT.

    IMMORTALIT. BONHEUR. VIE ET MORT. PNITENCE.

    PRTRES ET PHILOSOPHES. PAPAUT. MORALE. PITI.

    FTES. RGIONS INTELLECTUELLES. ESPRIT, etc., etc.

    Dieu! intelligence et amour qui embrassele monde; il nous paie de notre esprance,et y sourit; il ne se contente pas de voir, ilest vu. Quelqu'un le voit les anges ? et pour-quoi pas aussi les mes ? Dieu se plat treconnu.

  • 10

    Dieu a fait le monde et quand il ne l'aurait

    pas fait, et qu'il n'aurait fait que nos mes ?

    Ce n'est pas l'auteur de tout c'est le crateur

    des esprits, le matre de nos destines que nous

    sommes surtout enclins et obligs adorer.

    Le monde est sorti de l'esprit de Dieu,

    comme une belle statue de bronze ou de mar-

    bre sort du moule ou de la tte du sculp-teur.

    La justice de Dieu n'est pas de ce monde.

    Les matrialistes abusent des abstractions

    plus encore que les plus subtils spiritualiste, et

    tout au moins avec une inconsquence qu'on ne

    peut reprocher ceux-ci. Voyez, par exemple,l'ide qu'ils attachent leurs mots nature,

    matire le tout 1

    Nous sommes, dit l'Imitation, ce que nous

    sommes devant Dieu.

    Nous sommes ce que Dieu nous voit, et

    toutes choses sont ce que Dieu les voit.

    Rien ne peut tre beau dans la matire que

  • | j

    par l'impression de la pense ou de l'me 7

    except la lumire, belle par elle-mme, ou

    plutt par l'impression de son principe imm-

    diat, qui est Dieu.

    Le dieu de la mtaphysique n'est qu'une

    ide mais le Dieu des religions, le crateur

    du ciel et de la terre, le juge souverain des

    actions et des penses, est une force.

    Dieu est n de Dieu, comme l'image nat de

    l'objet dans un miroir.

    S'il n'est pas ncessaire de croire tout ce

    que les religions enseignent, il serait beau du

    moins de faire tout ce qu'elles prescrivent.

    L'univers obit Dieu comme le corpsobit l'me qui le remplit.

    Dieu ddaigne la conduite du monde phy-sique, il l'a livr son cours et ses ressorts;mais il s'est rserv les mes.

    C'est le sacerdoce, c'est--dire un tat o il

    y avait beaucoup de mditation et de loisir,

  • 12

    qui donna la littrature hbraque son exis-

    tence et sa perfection.

    Des yeux levs au ciel sont toujours beaux,

    quels qu'ils soient.

    Aimer Dieu et se faire aimer de lui, aimer

    nos semblables et se faire aimer d'eux, voil

    la morale et la religion dans l'une et dans

    l'autre, l'amour est tout fin principe et

    moyen.

    La foi empche l'homme de livrer son es-

    prit beaucoup de soins inutiles elle le d-

    tourne de tenter ce qui est impossible.

    Dieu multiplie l'intelligence, qui se com-

    munique comme le feu l'infini. Allumez mille

    flambeaux un flambeau, allumez-en un mil-

    lion, sa flamme demeure la mme.

    Dieu. L'enfant le croit semblable l'homme;l'homme exerc le croit semblable la lu-

    mire, ce qui est un bien petit progrs.

    Aucun homme peut tre n'imagina seul

  • 13

    plusieurs dieux la fois mais chacun ayantadmis avec le sien le dieu de son voisin, le

    polythisme s'tablit. Il y eut plusieurs dieux,

    t parce qu'il y avait eu plusieurs peuples.

    Heureux ceux qui ont une lyre dans le coeur,et dans l'esprit une musique qu'excutent leurs

    actions! Leur vie entire aura t une har-

    monie conforme aux noms ternels.

    Il y a mille occasions o le ciel ne veut

    pas que l'vidence nous arrte.

    Rien que de beau et de cleste n'entrera

    jamais dans le ciel.

    Les prtres sont les meilleurs amis et les

    meilleurs conseils qu'on puisse avoir.

    Ils ont ordinairement des affections con-

    formes leurs doctrines, et dans leurs doc-

    trines une sagesse suprieure eux et

    nous.

    Dieu qui peut tout faire par un acte

    simple de sa volont, a voulu cependant seserv