hommage d'afrique a jean de la fontaine

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Un recueil de Fables de Jean de la Fontaine, réalisé suite à une exposition d'artistes au Bénin lors d'un hommage national à l'auteur français.

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  • Hommage d'Afrique Jean de la Fontaine

    16 fables illustres de Jean de la Fontaine

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    Cet ouvrage a t ralis partir des pages du site Internet "Hommage d'Afrique Jean de la Fontaine".

    Vous pouvez le visiter cette adresse :

    http://www.bj.refer.org/benin_ct/tur/fontaine/fontaine.htm

    Les textes sont de Jean de la Fontaine. La gravure de couverture est de Delpech. Les illustrations des fables sont de Alphonse et Julien Ymadj, teinturiers Abomey.

    Vous tes libres de distribuer cet ebook comme bon vous semble la condition de ne pas le modifier. Donnez le vos amis ou clients, vendez-le mme si vous le voulez. La culture se doit d'tre partage par le plus grand nombre. Nous vous souhaitons bonne lecture et faites attention la morale...

    (seconde dition, janvier 2010)

  • Sommaire

    Sommaire................................................................................3 Les animaux malades de la peste........................................4 Le chartier embourb............................................................7 La cigale et la fourmi ............................................................9 Le corbeau et le renard .......................................................11 Le geai par des plumes du paon .....................................13 Le laboureur et ses enfants.................................................15 Le livre et la tortue ............................................................16 Le lion et le moucheron ......................................................18 Le loup et l'agneau ..............................................................20 Le loup et le chien ...............................................................22 La mort et le bcheron........................................................24 La poule aux oeufs d'or ......................................................26 La querelle des chiens et des chats, et celle des chats et des souris ..............................................................................27 Le renard et le bouc.............................................................30 Le singe et le lopard ..........................................................32 Le villageois et le serpent ...................................................34 Ressources sur Internet ......................................................36

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  • Les animaux malades de la peste

    Un mal qui rpand la terreur, Mal que le Ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom), Capable d'enrichir en un jour l'Achron, Faisait aux animaux la guerre. Ils ne mouraient pas tous, mais tous taient frapps. On n'en voyait point d'occups A chercher le soutien d'une mourante vie ; Nul mets n'excitait leur envie. Ni loups ni renards n'piaient La douce et l'innocente proie. Les tourterelles se fuyaient ; Plus d'amour, partant plus de joie. Le lion tint conseil, et dit: Mes chers amis, Je crois que le Ciel a permis Pour nos pchs cette infortune. Que le plus coupable de nous

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  • Se sacrifie aux traits du cleste courroux ; Peut-tre il obtiendra la gurison commune. L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents On fait de pareils dvouements. Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence L'tat de notre conscience. Pour moi, satisfaisant mes apptits gloutons, J'ai dvor force moutons. Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense. Mme il m'est arriv quelquefois de manger Le berger. Je me dvouerai donc, s'il le faut ; mais je pense Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi : Car on doit souhaiter selon toute justice Que le plus coupable prisse. Sire, dit le renard, vous tes trop bon roi ; Vos scrupules font voir trop de dlicatesse; Eh bien ! manger moutons, canaille, sotte espce, Est-ce un pch ? Non, non : vous leur ftes, Seigneur. En les croquant beaucoup d'honneur ; Et quant au berger, l'on peut dire Qu'il tait digne de tous maux, tant de ces gens-l qui sur les animaux Se font un chimrique empire. Ainsi dit le renard, et flatteurs d'applaudir. On n' osa trop approfondir Du tigre, ni de l'ours, ni des autres puissances, Les moins pardonnables offenses. Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mtins, Au dire de chacun taient de petits saints. L'ne vint son tour et dit : Jai souvenance

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  • Qu'en un pr de moines passant, La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense, Quelque diable aussi me poussant, Je tondis de ce pr la largeur de ma langue. Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net. A ces mots on cria haro sur le baudet. Un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue Qu'il fallait dvouer ce maudit animal, Ce pel, ce galeux, d'o venait tout leur mal. Sa peccadille fut juge un cas pendable. Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable ! Rien que la mort n'tait capable D'expier son forfait : on le lui fit bien voir. Selon que vous serez puissant ou misrable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir

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  • Le chartier embourb

    Le Phanton d'une voiture foin Vit son char embourb. Le pauvre homme tait loin De tout humain secours. C'tait la campagne, Prs d'un certain canton de la basse Bretagne, Appel Quimper-Corentin. On sait assez que le Destin Adresse l les gens quand il veut qu'on enrage. Dieu nous prserve du voyage ! Pour venir au chartier embourb dans ces lieux, Le voil qui dteste et jure de son mieux, Pestant, en sa fureur extrme, Tantt contre les trous, puis contre ses chevaux, Contre son char, contre lui-mme. Il invoque la fin le dieu dont les travaux Sont si clbres dans le monde. Hercule, lui dit-il, aide-moi : si ton dos A port la machine ronde, Ton bras peut me tirer d'ici. Sa prire tant faite, il entend dans la nue

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  • Une voix qui lui parle ainsi : Hercule veut quon se remue, Puis il aide les gens. Regarde d'o provient L'achoppement qui te retient ; Ote d'autour de chaque roue Ce malheureux mortier, cette maudite boue Qui jusqu' l'essieu les enduit. Prends ton pic, et me romps ce caillou qui te nuit. Comble-moi cette ornire. As-tu fait ? - Oui, dit lhomme. - Or bien je vas t'aider, dit la voix. Prends ton fouet. - Je l'ai pris. Qu'est ceci ? mon char marche souhait. Hercule en soit lou ! Lors la voix : Tu vois comme Tes chevaux aisment se sont tirs de l. Aide-toi, le Ciel taidera.

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  • La cigale et la fourmi

    La cigale, ayant chant Tout l't, Se trouva fort dpourvue Quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la fourmi sa voisine, La priant de lui prtre Quelque grain pour subsister Jusqu' la saison nouvelle "Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l'ot, foi d'animal Intrt et principal"

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  • "Que faisiez-vous au temps chaud ? Dit-elle cette emprunteuse - Nuit et jour, tout venant Je chantais, ne vous dplaise - Vous chantiez? j'en suis fort aise Eh bien ! dansez maintenant."

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  • Le corbeau et le renard

    Matre corbeau, sur un arbre perch, Tenait en son bec un fromage. Matre renard, par l'odeur allch, Lui tint peu prs ce langage : "H ! bonjour, monsieur du corbeau. Que vous tes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte votre plumage, Vous tes le phnix des htes de ces bois." A ces mots, le corbeau ne se sent pas de joie ; Et, pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dpens de celui qui l'coute.

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  • Cette leon vaut bien un fromage, sans doute." Le Corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

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  • Le geai par des plumes du paon

    Un paon muait : un geai prit son plumage ; Puis aprs se l'accommoda ; Puis parmi d'autres paons tout fier se panada, Croyant tre un beau personnage. Quelqu'un le reconnut : il se vit bafou, Bern, siffl, moqu, jou, Et par messieurs les paons plum d'trange sorte ; Mme vers ses pareils s'tant rfugi, Il fut par eux mis la porte. Il est assez de geais deux pieds comme lui, Qui se parent souvent des dpouilles d 'autrui, Et que l'on nomme plagiaires.

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  • Je m'en tais, et ne veux leur causer nul ennui ; Ce ne sont pas l mes affaires.

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  • Le laboureur et ses enfants

    Travaillez, prenez de la peine ; C'est le fonds qui manque le moins. Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine, Fit venir ses enfants, leur parla sans tmoins : "Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'hritage Que nous ont laiss nos parents. Un trsor est cach dedans. Je ne sais pas l'endroit ; mais un peu de courage Vous le fera trouver, vous en viendrez bout. Remuez votre champ ds qu'on aura fait l'ot ; Creusez, fouillez, bchez ; ne laissez nulle place O la main ne passe et repasse." Le pre mort, les fils vous retournent le champ, De, del, partout ; si bien qu'au bout de l'an Il en rapporta davantage. D'argent, point de cach. Mais le pre fut sage De leur montrer, avant sa mort, Que le travail est un trsor.

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  • Le livre et la tortue

    Rien ne sert de courir ; il faut partir point. Le livre et la tortue en sont un tmoignage. Gageons, dit celle-ci, que vous natteindrez point Sitt que moi ce but. - Sitt ? tes-vous sage ? Repartit lanimal lger. Ma commre, il vous faut purger Avec quatre grains dllbore. - Sage ou non, je parie encore. Ainsi fut fait : et de tous deux On mit prs du but les enjeux. Savoir quoi, ce nest pas laffaire, Ni de quel juge lon convint. Notre livre navait que quatre pas faire ; Jentends de ceux quil fait lorsque prt dtre atteint Il sloigne des chiens, les renvoie aux calendes Et leur fait arpenter les landes. Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter, Pour dormir et pour couter Do v