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  • Hommage Karamoko Alpha Mo Lab

    Mohammadou Balo Kaldouyank Diallo

    6.76 596654

    ----------------------------INFORMATION----------------------------Couverture : Classique

    [Roman (134x204)] NB Pages : 68 pages

    - Tranche : 2 mm + (nb pages x 0,07 mm) = 6.76 ----------------------------------------------------------------------------

    Hommage Karamoko Alpha Mo Lab

    Mohammadou Balo Kaldouyank Diallo

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    Chapitre 1

    Le Fouta Djallon

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    Aperu sur le pays et les hommes

    Le massif du Fouta-Djallon, situ au Nord-Est de Conakry, occupe le centre de la colonie de la Guine Franaise. Sa masse, qui stend du 1010 au 1230 de latitude Nord et du 1130 de longitude Ouest de Greenwich jusquaux environs du 1330, couvre peu prs 80.000 kilomtres carrs. Plisse, puis ensuite compltement rabotte et aplanie ds laube des temps gologiques, toute cette rgion sest trouve, une poque plus rcente, disloque et souleve des cotes qui atteignent en gnral plus de 1.000 mtres dans la partie centrale et jusqu 1.515 mtres au mont Loura, prs de Mali. Sur presque tout son pourtour le massif surgit de la plaine comme une muraille, de distance en distance, les valles creuses par les eaux entaillent la falaise pour faire place aux larges rivires ; et l des torrents tombent en cascades et marquent dun trait blanc le rocher, donnant parfois ce paysage africain laspect de

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    certains sites du Jura [en France]. Avant mme quon y pntre, le Fouta-Djallon

    apparat ainsi comme un immense chteau deau. Laltitude gnrale du massif, son climat caractris par cinq mois dhivernage aux pluies diluviennes expliquent quil soit le pays des sources et cest l, en effet, que prennent naissance le Niger le Bafing la Falm la Gambie le Tomin le Rio Grande qui enserrent dans leur rseau toute lAfrique occidentale.

    Dans la partie centrale, qui est et que les Foulahs eux-mmes appellent le cur du Fouta-Djallon, stendent les hauts plateaux des Timbis et du Lab, coups de gorges profondes. En ces hauts lieux, le climat est salubre en toutes saisons : en janvier, en fvrier, vers la fin de la nuit, le thermomtre descend parfois 6 pour remonter 30 ou 35 entre midi et deux heures. Lhivernage est frais ; la moyenne de juillet Mali est de 186 ; au Soudan, Bamako, elle atteint 27,3. On ny trouve pas la grande fort quatoriale ; la saison sche est trop longue, lair trop sec pendant les mois de janvier et fvrier o souffle lharmattan. Sur dimmenses tendues, des taillis clairsems alternent avec des peuplements plus denses despces forestires de haut port : kouras typiques du Lab, kimms, fromagers, okoums, qui de nos jours disparaissent dans les incendies de brousse et sous la hache des balos. Dans les fonds humides, au bord des rivires, la vgtation est plus dense, plus haute ; elle sclaircit mesure quelle se rapproche des sommets o les arbres, sur un sol plus

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    pauvre et plus sec, se dveloppent mal et sont plus facilement la proie des flammes. Lorsque les incendies, qui se renouvellent danne en anne, ont fait disparatre la vgtation, les pluies dhivernage enlvent peu peu au sol toute sa terre, et aprs des sicles de cette lente destruction par lhomme et par la nature le plateau bois devient le boowal, immense champ de blocs de pierres qui semblent avoir t apports l et poss sur le sol sans que lon en comprenne la raison. Pendant lhivernage, une herbe drue, pousse miraculeusement, couvre le maigre sol des boow et, masquant la pierraille, leur donne lapparence de grasses prairies ; les troupeaux qui errent en libert ajoutent lillusion. Ds les premiers jours dharmattan lherbe dessche est la proie des flammes et le boowal devenu torride nest plus quun immense champ de cailloux noircis par lincendie.

    Aux inconvnients que prsente pour les cultures la succession dune saison trs sche et dune saison de pluie assez courte avec des transitions parfois brusques et souvent irrgulires, sajoute au Fouta-Djallon la pauvret du sol. Les terres fertiles sont rares et le cultivateur rcolte tout juste de quoi se nourrir Aussi conoit-on que les populations qui habitaient les plaines de la rgion ctire, celles qui vivaient facilement sur les bords du Niger, ne se soient gure souci de peupler le Fouta-Djallon o elles auraient connu la faim sous un climat froid dsagrable au noir. Laspect du problme est devenu tout autre le jour o ce ne furent plus des indignes vivant

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    exclusivement des produits de cueillette ou de culture qui arrivrent, au cours des vicissitudes de leurs exodes, dans le pays aux innombrables cours deau, mais des peuples pasteurs la recherche de pturages pour leurs troupeaux. Pouvaient-ils trouver pays mieux prdestin llevage que ces hauts plateaux, couverts dimmenses tendues dherbages en saison des pluies, voisinant avec des valles bien arroses o la vgtation reste verte au plus fort de la saison sche ? Le sol tait pauvre ! Quimportait des bergers habitus se nourrir de lait caill ? Inhospitalier aux cultivateurs, le Fouta-Djallon est le pays dlection des peuples pasteurs. Occup lorigine par les Bagas, encore que cela ne soit pas certain, puis par des Diallonks, on voit au XV sicle, les Peuhls sy infiltrer, y fortifier peu peu leur position pour, finalement, semparer du pays et sy fixer.

    Les Bagas

    Si lon en croit, en effet, la tradition quils tiennent de leurs pres, les Bagas occupaient autrefois le Fouta-Djallon. Ils vivaient l de faon trs primitive. Bons cultivateurs, ils se montraient galement habiles aux mtiers manuels, ils taient potiers et savaient travailler le bois. Ils auraient assist, au XIII sicle, linvasion de leur pays par les Diallonks, ftichistes comme eux, avec qui ils purent vivre en bonne intelligence. Lintolrance batailleuse des Foulahs musulmans les aurait obligs, vers la fin du XVIII sicle,

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    abandonner leurs terres et se rfugier dans la rgion ctire o ils sont encore aujourdhui. Sil y a un fonds de vrit dans ces rcits, doit-on en conclure quau cours de migrations trs anciennes dont les causes et le sens nous chappent, les Bagas ont fix quelque temps leur habitat au Fouta-Djallon avant de reprendre leur marche vers la mer. Il est plus vraisemblable quils se rattachent aux populations autochtones de la Basse Guine, mais on peut admettre que leurs groupements stendaient autrefois assez loin dans lintrieur du pays, jusquau cur mme du Fouta-Djallon ; ils auraient t peu peu refouls vers la cte par les Diallonks, puis par des Poullis ftichistes, enfin et surtout par les Foulahs musulmans. Quoiquil en soit, sil est vrai que les Bagas ont autrefois habit le Fouta-Djallon, il ne reste de leur passage aucun vestige dans le pays et aucun souvenir dans la tradition des Diallonks et des Foulahs.

    Les Diallonkes

    Lentre des Diallonks au Fouta-Djallon est moins obscure. Rameau de la race mand, les Soussous-Diallonks occupent au XII sicle un vaste territoire sur la rive gauche du Niger, entre Koulikoro et Sgou. Ils ont pour voisins au nord des Sonrhas, au sud, dans la rgion de Siguiri, les Kita du puissant empire de Mali. Entre Soussous, Kita et Sonrhais, cest une guerre sans fin. Aprs maintes vicissitudes, les Diallonks sont refouls vers le sud et ils arrivent

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    dans le massif montagneux du Fouta-Djallon o ils stablissent au milieu du XII sicle. Les nouveaux venus se rattachent trois familles principales : les Kita, les Camara et les Niakasso. De beaucoup la plus importante, la famille des Kita prtend descendre de Souma Soundiata, un des chefs darme qui suivit Gourou-Kant dans sa dfaite et sa fuite quelque temps aprs la mort du grand chef mandingue Soundiata. Cest Tlidj, tout prs de Lab, quil vient se fixer avec ses gens ; l, il eut deux fils :

    Manga Lab (manga signifie chef), qui donna son nom la rgion quil habitait, et

    Manga Dombi, anctre du chef actuel du Sangalan, Bakary Kita (en diallonk : manga Kambi).

    Un des fils de Manga Lab, Manga Sanga alla se fixer dans les plaines basses qui sont sur la rive droite de la Gambie et qui ont conserv son nom (Sangalan, pays de Sanga).

    Il est certain que les Diallonks ont occup la rgion de Lab, le Koubia, le Yambring, le Kon, le Sangalan. Sans doute na-t-on pas de renseignements prcis sur limportance de leurs villages, mais cest un fait que ces villages taient dissmins dans tout le pays. Beaucoup subsistent encore comme misside ou foulassos qui ont conserv leur vieux nom diallonk :

    Koubia Kambaya Sannou Tountouroun

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    Colia Cita Manah Balaya Tolou Sangua Malipan et bien dautres. Les Diallonks taient ftichistes et lon peut se

    faire une ide de leur religion par celle que pratiquent encore beaucoup de leurs frres Soussous. Leur organisation politique tait sommaire ; chaque clan avait son chef au-dessus de qui il ny avait aucun commandement suprme ; de l leur faiblesse. Ils taient cultivateurs et chasseurs ; llevage tenait peu de place dans leurs ressources. Si lon en juge daprs les habitudes de ceux qui vivent encore au Sangalan, ils aimaient la danse, les chants, les boissons fermentes et ils taient imprvoyants. Comment auraient-ils pu sentendre avec les Foulahs ?

    Les Poullis Les familles de race foulah forment quatre

    groupes : les Ourourbs ou Ba les Frobs ou Sod les Diallobs ou Diallo les Dayabs ou Bari Cest lpoque de Sadina Oumar Ibn El Khattab

    (que Allah lui accorde sa misricorde) que remonte

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    lorigine des Peuls. Sadina Oumar envoya de Missira(actuel Egypte)

    une arme sous le commandement de Amr Ibn Al As. Il ordonna celui ci de naviguer pendant deux mois, puis de descendre terre. Au cas o il trouverait les habitants islamiss, il doit rester pour leur apprendre le coran, la religion, le droit, le licite et lillicite. Dan