histoire de l'anatolie antique - edelo : carnets de voyage ... · pdf file pythagore. de -546...

Click here to load reader

Post on 02-Oct-2020

0 views

Category:

Documents

0 download

Embed Size (px)

TRANSCRIPT

  • © Edelo - Histoire de l’Anatolie Antique 1

    Histoire de l’Anatolie antique

    Page 4 : les régions antiques d’Anatolie (Ionie, Carie, Lycie, Pisidie, …)

    Page 8 : l’histoire des hittites

    Page 9 : les villes antiques d’Anatolie (Alaca Höyük, Hattusa, …)

    Page 14 : les villes grecques et romaines d’Asie mineure (Antioche, Tarse, …)

    Au commencement, les hommes vivaient dans des abris sous roche et tiraient leur subsistance de la chasse,

    de la pêche et de la cueillette. Peu nombreux, ils se déplaçaient en petits groupes et jouissaient sans trop

    de mal des fruits de la Terre. Ils utilisaient des pierres et des os pour se défendre, découper la viande et

    déterrer les racines.

    Autour de -15.000, avec la fin de la dernière glaciation, le climat du Proche-Orient devient plus chaud et

    plus humide. Cela favorise la prolifération des céréales sauvages au pied de l’arc montagneux qui s’étend

    des chaînes du Levant aux monts du Taurus et du Zagros, dessinant ainsi la zone connue sous le nom de «

    Croissant fertile ». Profitant des nouvelles facilités offertes par la nature, les hommes vont stabiliser leur

    habitat en abandonnant les grottes et abris naturels pour se sédentariser.

    Vers -12.500 apparaissent les premiers villages, mais la sédentarisation ne s’accompagne pas tout de suite

    du développement de l’agriculture. Les premiers sédentaires restent pendant plusieurs milliers d’années

    des chasseurs-cueilleurs.

    Autour de -9.000 sont réalisées les premières expérimentations de mise en culture de céréales sauvages.

    A partir de -7.500, les sociétés agricoles sont en plein essor avec le développement de l’élevage (chèvres et

    moutons), la construction d’édifice à plan rectangulaire, l’apparition de la céramique et le travail du cuivre.

    Entre - 7.500 et - 6.200, c'est le «grand exode» : des migrants diffusent l'économie urbaine et agro-

    pastorale du néolithique au-delà du Moyen-Orient, vers l'Europe comme vers les monts Zagros (Iran). En

    Anatolie, on en trouve les traces à Cayönu, Portasar et Nevali ainsi qu'à Catal Hüyük.

    A partir de -6.000, l’âge d’or des sociétés villageoises fondées sur une organisation égalitaire et coopérative

    s’estompe au profit de sociétés hiérarchisées. Les petites communautés paysannes qui, pendant des

    millénaires, ont constitué l’unique cadre de vie des hommes, commencent à laisser place à des

    agglomérations qui prennent de plus en plus d’ampleur. Une classe de notables s’y constitue, dont les

    membres s’enrichissent par le contrôle qu’ils exercent sur la circulation des marchandises et sont investis

    d’un certain pouvoir.

    A partir de -5.000, le travail du métal permet à l'humanité de faire un bond en avant : en perfectionnant les

    fours, les artisans parviennent à élaborer des instruments plus grands et solides (araire).

    Vers -3.000, la découverte de la technique de l'alliage permet de produire des outils en bronze, mélange de

    cuivre et d’étain, plus résistants et faciles à travailler (avec l'arrivée du fer vers - 1.500, les moyens de

    traction et de défrichement gagneront encore en solidité). La grande plaine alluviale de Mésopotamie

    méridionale est alors le théâtre d’une mutation décisive des sociétés humaines : l’émergence des villes.

    Plusieurs centres urbains se développent le long des bras de l’Euphrate et du Tigre, dans la région de

    Sumer, à l’image d’Uruk où est inventée la première écriture de l'histoire humaine, signes gravés avec la

    pointe d'un roseau sur des tablettes d'argile humides.

    Au IIIe millénaire, des cités-états se constituent sur le haut plateau anatolien, comme dans l’ensemble du

    Proche-Orient. Elles fondent l’essentiel de leur prospérité sur l’extraction des différents minerais dont

    regorgent les montagnes environnantes. Le travail des métaux y atteint une maîtrise exceptionnelle,

    comme en témoigne le matériel funéraire des nécropoles princières, telle celle d’Alaca Hüyük. En raison de

  • © Edelo - Histoire de l’Anatolie Antique 2

    l’abondance du cuivre en Anatolie, la production du bronze y tient une grande place. Elle devint vite

    cependant dépendante de l’importation d’étain, minerai rare à cette époque et dont les principales sources

    se trouvaient à l’autre extrémité du monde oriental, des confins montagneux du plateau iranien. Du fait de

    sa position centrale, la Mésopotamie constitua un intermédiaire naturel dans son acheminement, et des

    marchands mésopotamiens vinrent s’établir au cœur de l’Anatolie dès l’époque de Sargon vers -2.300.

    L’ensemble du haut plateau d’Anatolie centrale, habité par des populations connues sous le nom de Hatti,

    bénéficia de ces échanges : des cités comme Kanish (Kültepe) ou leur capitale Hattusa (Bogazkale)

    connaissent alors une grande prospérité. Des caravanes d’ânes quittent Assur deux fois l’an, chargées de

    l’étain venu de l’est, ainsi que d’étoffes tissées en Basse-Mésopotamie. Elles repartent d’Anatolie avec de

    l’argent et de l’or, métaux qui font déjà office de monnaie d’échange universelle.

    Vers -2.000, l’Anatolie voit l’arrivée de plusieurs ethnies de langue indo-européenne, parlant des dialectes

    voisins les uns des autres : les Hittites s’établissent sur le haut plateau d’Anatolie centrale, tandis que les

    Louvites occupent le sud de la péninsule (Cilicie, Lycie), et les Palaïtes le nord-ouest (sur les bords de la Mer

    Noire). Après une première tentative d’unification politique de l’Anatolie centrale menée au XVIIIe par des

    rois de Kussara, c’est un souverain hittite qui va la réaliser vers -1.650. Il établit sa capitale dans la ville

    d’Hattusa, dont le site constitue une sorte de citadelle naturelle au cœur du haut plateau, et prend le nom

    d’Hattushili 1er (1625-1600), « l’homme d’Hattusa ». Cherchant à se rendre maître de la route du sud qui

    lui ouvrira les portes du commerce international, il conquiert la plaine de Cilicie, puis pénètre en Syrie où il

    s’empare de plusieurs villes. C’est son successeur Murshili 1er (1620-1590) qui achève la conquête de la

    Syrie par la prise d’Alep, la métropole régionale. Il mène alors un raid le long de l’Euphrate jusqu’à

    Babylone et provoque la chute d’Hammurabi et de la dynastie amorrite qui y règne depuis trois siècles.

    De -1.750 à -1.200, l’Empire Hittite couvre l’Anatolie et la Syrie. Les rivalités entre Hittites et Egyptiens

    pour l’hégémonie au Levant aboutissent en -1284 à la bataille de Kadesh et à un traité entre Hattousili III et

    Ramsès II. La capitale hittite, Hattousa, est l’objet d’une rénovation de grande ampleur ; les décors

    monumentaux des portes ou de la citadelle manifestent de fortes influences syriennes, hourrites en

    particulier. Les forgerons hittites découvrent le secret de la métallurgie du fer. C’est l’époque où les

    Peuples de la Mer arrivent en Anatolie et au Levant depuis les régions méditerranéennes. Ces migrations

    d’accompagnent de troubles qui entraînent l’effondrement d’Etats prestigieux, au premier desquels

    l’empire hittite. Les descendants de la dynastie royale hittite établissent des Royaumes Néo-Hittites en

    Anatolie du sud-est et en Syrie qui seront annexés à l’empire assyrien au VIIIe.

    Entre -1100 et -900, les Grecs s’installent sur la côte anatolienne. Les cités qu’ils fondent deviendront, pour

    certaines d'entre elles, des villes majeures, comme Smyrne, Éphèse, Milet... La fertilité légendaire de la

    côte de l'Asie Mineure fut la base du développement spectaculaire des villes, qui prit un tour particulier en

    raison de la situation particulière de la région : terre d'Asie, elle était adossée aux civilisations indigènes de

    l'intérieur, les Lydiens, plus loin les Phrygiens, et à travers eux se trouvait en contact indirect avec les

    territoires du Moyen-Orient. C'est là, et non dans la « vieille Grèce » que naitra l'architecture ionique,

    beaucoup plus somptueusement décorée que le style dorique de Grèce ; c'est là que les Grecs se lanceront

    dans la construction de temples immenses, tels ceux d'Éphèse ou Samos, plus proches du gigantisme

    asiatique ou égyptien que de la sage mesure propre à la civilisation grecque.

    De -900 à 600, l’Empire Assyrien couvre, sous le règne d’Assurbanipal (668-627), un territoire immense

    allant de l’Egypte à la Mésopotamie et du Levant à l’Anatolie. L’empire chutera en quelques années et la

    Haute Mésopotamie cessera d'être le foyer d'un royaume puissant.

    Jusqu’à -696, la Phrygie (capitale Gordion) domine l’Anatolie jusqu'aux invasions cimmériennes sous le

    règne du roi phrygien Midas.

    De -696 à -546, la Lydie (capitale Sardes) repousse les Cimmériens et domine l’Anatolie jusqu’aux invasions

    perses sous le règne du roi lydien Crésus. A l’ouest de l’Anatolie, l'Ionie est la première région de Grèce où

    la philosophie, l'art et les sciences se sont développés, bénéficiant des richesses intellectuelles du P