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L'auteur compile un certain nombre d'articles pour montrer l'évolution de l'église contemporaine. Il décrit un certain nombre de chantiers à mettre en route pour correspondre à la postmodernité.

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    Table des matires

    POUR DES EGLISES EN CHANTIER 2

    LE CHANTIER DE L'ADAPTATION CULTURELLE 4

    LA PARABOLE DE L'ENTONNOIR 7

    LE CHANTIER DU FONCTIONNEMENT EN RESEAU 12

    LE CHANTIER DES NOUVEAUX TYPES DE COMMUNAUTES-RESEAUX 15

    LE GRAND CHANTIER DE LA FORMATION 17

    POLYTALENTS 20

    EGLISE IN FUTURE 25

    EGLISE LIQUIDE 30

    LE MONDE DE JESUS 33

    LE CHANTIER DE LA SPIRITUALITE ARCHAQUE 36

    LES EVANGELIQUES EN PASSE DE DEVENIR IDOLTRE? 40

    LE CHANTIER DES FINANCES 44

    EGLISES EMERGENTES: LES RISQUES DE SE PERDRE 47

    PAROLE FAIBLE CONTRE IMAGES FORTES 49

    ANTIOCHE SUR CALIFORNIE, LE NOUVEL HORIZON 53

    LES TENDANCES ACTUELLES DE L'EGLISE 55

    NATIFS DIGITAUX OU LES NOUVEAUX PAROISSIENS NUMERIQUES 58

    COMMENT MESURER SA SPIRITUALITE? 60

    Henri Bacher a travaill comme permanent de la Ligue pour la lecture de la Bible en Suisse romande et au Prou. Il est co-fondateur et secrtaire excutif de Logoscom, association but non-lucratif. Il est galement actif dans une entreprise commerciale Genve (Suisse).

    www.logoscom.org

    www.allobible.org

    www.allobible.mobi

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    POUR DES EGLISES EN CHANTIER Compilation d'articles

    ________________________________________________________________________

    Henri Bacher reprend son bton de plerin pour marteler une srie de convictions

    qui lhabitent. Il nous propose plusieurs contributions autour de ladaptation culturelle, du fonctionnement en rseau, de la formation, du financement, etc.

    Vous trouverez galement des contributions vidos sur

    http://www.youtube.com/user/logoscom

    Les documents ne sont pas classs d'une manire linaire et systmatique, mais

    c'est plutt une construction en mosaque.

    Dans les dernires dcennies lglise a normment investi dans plusieurs domaines, les plus importants touchant la relation daide et la mise niveau acadmique de ses instituts de formation ou de ses

    facults de thologie. Or, ce quon constate, cest que la premire a toujours le vent en poupe - et je dirais quelle a trouv sa vitesse de croisire -, tandis que les seconds, les acadmiciens (1), malgr les

    efforts consentis, peinent trouver leur public.

    Lhumoriste plutt que le professeur

    Bien plus, ils semblent srieusement en perte de vitesse et ceux qui influencent

    lglise ne sont plus des professeurs et des enseignants, mais des musiciens, des thtreux, des artistes de tous poils, des vidastes, des informaticiens, des

    enchanteurs (prophtes, visionnaires, gurisseurs, etc.). On investit plus volontiers

    dans la tourne dun humoriste chrtien que dans celle dun professeur dinstitut biblique. Faut-il en dduire que lenseignement est un chec ? Disons plutt que le monde culturel a chang et que la relation daide se positionne dans la nouvelle demande de nos concitoyens, tandis que llvation du niveau des tudes correspond un ultime combat pour garder le leadership

    dans la formation spirituelle et non un engouement du grand public pour la

    sphre de la pense. Bien sr, il existe toujours une demande dans le secteur de la

    rflexion et de lanalyse thologique, mais cela ne concerne plus quune minorit. Comme pour le livre, lui aussi en perte de vitesse quant son influence sur le

    comportement des gens, les tudes de type acadmique jouissent encore dune grande rputation, mais en ralit peu de gens en tiennent compte. Les

    prdications qui sinspirent du monde acadmique sont honnies par une majorit dauditeurs, au point quon nhsite plus, temporairement, dans certaines de nos communauts, liminer la prestation homiltique aux profits de groupes de

    discussions. Symptomatique, nest-ce pas ?

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    Un orateur devient coach

    Tout rcemment, un groupe dglises ma demand de laccompagner dans une rflexion sur largent dans la communaut. Les responsables mont propos de partir faire une course de montagne tout en rflchissant. Dans un contexte pareil,

    je ne pouvais pas me comporter en orateur, pourtant cest ce que lon ma appris lacadmie. Je suis donc devenu coach, entraneur, mulateur, questionneur. Je ne pouvais pas proposer de prendre des notes. Tout sest jou dans linteractivit. Ce petit exemple montre que nos membres dglises sont parfaitement adapts la modernit et que lglise doit ouvrir de nouveaux chantiers pour rester dans la course.

    Nous ne sommes quau dbut dun chamboulement qui va affecter durablement tous les domaines-cls de lglise : lvanglisation, lenseignement, la formation des leaders, lorganisation interne, les messages, les cultes.

    Note :

    1 Dans le cadre de cet article, l acadmie ou les acadmiciens sont des termes utiliss pour parler de la formation ou de ceux qui se forment dans une cole, un institut ou une universit. En

    fait dans la sphre de lcrit.

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    LE CHANTIER DE L'ADAPTATION

    CULTURELLE ____________________________________________

    Nous devons passer dune culture littraire une culture doralit lectronique. Pour linstant, on peut encore parler dun mix entre ces deux cultures, mais peu peu loralit va marginaliser durablement lcrit comme descripteur et ordonnateur de la ralit.

    La multiplication des sous-cultures

    La culture du livre est de fait une monoculture, servie par le levier technologique

    de limprimerie. Ctait un puissant moyen duniformiser la pense et les comportements. Loralit lectronique, par contre, est gnratrice dune mosaque de sous-cultures qui elles-mmes dveloppent des tribus . Notre

    socit se tribalise. Alors que la culture du livre a limin en France, par exemple,

    lutilisation rgulire du breton, de loccitan, ainsi que dautres langues, les nouvelles cultures orales produisent le verlan, le langage SMS, le patois des

    banlieues.

    Culture orale ou culture crite

    Quelle est la diffrence entre culture crite et culture orale ? Disons, en

    caricaturant, que lcrit nutilise que trs peu lmotion, le sentir, pour transmettre linformation de base. Autrement dit, techniquement, vous lisez un texte, une sorte de code qui ne procure pas, dentre, une motion quelconque. Ce nest qu la fin de la phrase, lorsque votre cerveau aura pass par le processus danalyse, cest--dire le fait dassembler logiquement des lettres et des mots, que vous allez comprendre et ventuellement ressentir une motion : par exemple la joie

    dveloppe par le propos ou la tristesse engendre par lhistoire crite. Il est clair que le processus nest pas aussi mcanique que je le dcris, preuve en est la posie. Pour comprendre, les lettres et les mots doivent tre aligns sur une mme

    ligne, les uns derrire les autres. Il y a un dbut et il y a une fin. On ne peut pas

    intervertir le commencement et la fin dune phrase. Ce processus de lecture forme aussi notre manire de voir le monde, de

    communiquer, de formuler notre foi. Le sermon traditionnel emploie cette manire

    de penser. Point 1, point 2, point 3, conclusion. On embote les arguments les uns

    derrire les autres comme on aligne les mots dun texte. Cest la fin, quon se dit: voil jai compris ! Cest une argumentation logique, froide de prfrence pour ne pas polluer le propos avec des motions personnelles. Lauditeur de ce genre de pratique homiltique ressent une joie intellectuelle, plus quune joie au niveau de ses tripes.

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    Loralit et limportance du ressenti

    Pour loralit cest tout autre chose. Pas de logique linaire, pas dembotements darguments, mais plutt une juxtaposition dambiances, dmotions, de sons, de couleurs, dodeurs. Une sorte de mosaque, comme lorsque le peintre se met laborer un tableau. Il ne commence pas en haut gauche pour terminer en bas

    droite, en suivant des lignes imaginaires comme dans lcriture. Tout en ayant en tte son image finale, il peut peindre dune manire compltement anarchique, illogique et pourtant, peu peu, sa reprsentation prendra du sens. Dans ce

    contexte, la vision est primordiale. Sil ne peut pas visualiser sa reprsentation mentalement, il narrivera jamais la raliser. Si nous parlons tellement de vision aujourdhui dans lglise, cest que nous avons chang de culture ! Pour apprhender une peinture, on ne lanalyse pas (mme si certains analytiques le font), mais on la sent. On ressent une peinture avant de la comprendre. Ou bien

    on comprend ce que lon ressent. Le sentir est donc premier dans le processus de loralit. L o lcrit a besoin dune ligne pour se matrialiser, loralit a besoin dune histoire pour se dire. Lhistoire a la fonction dun filet provisions. Cest un moyen de transporter les vrits que lon veut transmettre. Les paraboles de Jsus fonctionnaient comme ces filets pour donner des informations sur son Pre, sur les

    hommes, sur le Royaume, etc.

    Quel prdicateur tes-vous ?

    Le prdicateur traditionnel raffole des textes de laptre Paul, trs proches de la structure analytique de lcrit. Le prdicateur moderne adore les histoires des vangiles et de lAncien Testament. Pour tester quel prdicateur vous tes, comptabilisez le nombre de fois o vous avez prch sur les ptres et le nombre

    de fois o vous avez prch sur lAncien Testament ou sur une parabole.

    Quelques questions pour terminer

    - Les communauts tribales vont se multiplier. Ce qui est dj le cas dans les

    grands centres urbains. Je ne parle pas de la tribalisation ethnique, mais bien de

    celle engendre par les cultures actuelles. Comment former des pasteurs dans

    une acadmie imprgne par lesprit de la monoculture pour des communauts pluri-culturelles ?

    - Comment crer lunit entre ces diffrentes tribus ? Le un seul cur, une seule pense de laptre Paul nous lavons souvent