caroline quine alice roy 16 ib alice et les chats persans 1939

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jaune

ALICE

ET LES CHATS PERSANS

CAROLINE QUINEALICE

ET LES CHATS PERSANSTEXTE FRANAIS D'HLNE COMMIN

ILLUSTRATIONS D'ALBERT CHAZELLE

HACHETTE306 TABLE

I. Code secret

9II. Un incident

18III. Le tuteur

24IV. Un visiteur de marque

32V. Costumes de thtre

38VI. Un indice

42VII. Singulire dmarche

51VIII. En fuite

59IX. Bruits mystrieux

65X. Le naufrage.

73XI. Complications

80XII. Le temple aux toiles

85XIII. Le pige

92XIV. Mystrieuse disparition

99XV. La ranon

106

XVI. La menace se prcise

112XVII. En route pour New York

122XVIII. Un entretien dplaisant

129XIX. Une rencontre imprvue

135XX. Sur la piste.

142XXI. Disparu

148XXII. Dangereuse poursuite

154XXIII. Alice en mauvaise posture

162XXIV. Pris au pige

170XXV. Tout est bien qui finit bien

177

CHAPITRE PREMIER

CODE SECRETPar piti, Alice, arrte-toi un peu! La maison va s'effondrer si tu continues l'branler comme a! Plante sur le seuil du salon, Sarah, la fidle servante de James Roy et de sa fille, regardait celle-ci s'exercer danser les claquettes. Talons et pointes martelaient en cadence le sol au son de la musique entranante mise par la radio.Tap, tap, tap. Doux Jsus, on dirait que tes pieds volent. Je me demande < miment tu peux les remuer aussi vite. Tu as donc une surprise -|i.n lie en vue pour t'entraner avec cet acharnement? Sans perdre le rythme, la jeune fille aux boucles d'or eut un rire amus. Ses yeux d'un bleu intense brillrent d'animation. Non, non, Sarah. C'est pour mon propre plaisir. Je suis tout bonnement en train de faire du morse. Du morse ? Mais oui, coute bien. Je vais envoyer un message. Et Alice excuta une brve danse de claquettes. Tiens, en voici la traduction : Attention, Sarah. Tu as compris ? Pas un tratre mot. Qu'est-ce que tu me racontes l? dit la brave femme berlue. Je n'ai jamais entendu parler d'une chose pareille. A vrai dire, moi non plus, avoua Alice gaiement. Cette ide m'est venue pendant que je dansais. Le morse consiste exprimer des lettres l'aide de traits et de points, alors je me suis dit que je pourrais aussi bien tablir un code moi : pointes, talons, talons, pointes. Par exemple, la lettre a correspondrait un claquement de talon, b deux, et ainsi de suite. Si tu veux mon avis, dit Sarah d'un ton sec, tu seras bout de forces avant d'arriver la dernire lettre de l'alphabet. Oh! il n'est pas question de la traduire par vingt-six coups de talon, on pourrait faire quelque chose comme un talon, une pointe, deux talons. C'est se demander ce que tu vas encore inventer ! soupira la servante avec un bon sourire. Ce qu'il y a d'intressant, c'est que jamais personne ne devinera que j'envoie des messages en code. La musique de danse fit place la voix du speaker annonant le programme de la journe. A ce moment, Alice et Sarah entendirent le timbre de l'entre. Quelqu'un appuyait sur le bouton de la sonnette avec insistance. Avant mme qu'elles aient eu le temps d'arriver la porte, celle-ci s'ouvrait, livrant passage Marion Webb et sa cousine Bess Taylor. Et alors, on ne daigne plus rpondre aux coups de sonnette? demanda Bess d'un ton taquin.Bess tait une charmante fille, pleine de dignit, et qui prenait un vident plaisir tre toujours parfaitement habille. Oh! que je suis contente de vous voir! s'cria Alice, ravie. Je vais vous montrer quelque chose. Et comme la musique de jazz reprenait, elle esquissa quelques pas de danse. Bravo, dclara Marion. Il faut que tu nous apprennes cela tout de suite. Ses cheveux coups trs court, son nez lgrement retrouss lui donnaient une allure de garon, qu'elle aimait accentuer. Je veux bien, mais il faut d'abord que vous connaissiez le code, rpondit Alice. Un code ! s'cria Bess. Qu'est-ce que c'est encore que cette histoire? Alice ne demandait qu' l'expliquer ses deux amies, ravies l'ide d'envoyer des messages secrets. Mais c'est magnifique, Alice! s'exclama Bess, avec ce code nous pourrons nous adresser des messages sans que personne n'en sache rien. C'est bien ce que je me suis dit! Ce serait trs amusant et, qui sait? il se peut qu'un jour ce code nous soit fort utile; par exemple si l'une de nous tait en danger et avait besoin de secours. Comment transmettrais-tu en code : J'ai besoin d'aide ? demanda Marion. Ce n'est pas difficile, regarde! Aprs une brve dmonstration, Alice s'arrta. Je vais vous crire le code sur un papier. Ensuite, nous nous exercerons ensemble. Et bientt, les trois jeunes filles martelaient le sol en cadence. Leur rythme prit rapidement une allure si endiable que bibelots et portraits se mirent osciller et s'entrechoquer. A un moment, Alice faillit faire tomber une lampe, sur quoi Sarah dcrta d'un ton ferme que les trois amies taient pries d'aller s'amuser dans le jardin. D'ailleurs, je suis fatigue, dclara Alice. Que diriez-vous d'une promenade en voiture dans les environs? Aussitt dit, aussitt fait. Quelques minutes plus tard, au volant de son cabriolet, Alice emmenait ses insparables compagnes en direction de Berryville, quelques kilomtres de River City. Le nouveau code fut l'objet d'une discussion anime. Soudain, Bess cria : Attention, Alice! Il y a quelque chose droit devant nous. La jeune conductrice appuya fond sur le frein et parvint viter un petit animal qui traversait la grand-route en tranant la patte. Est-ce que je l'ai touch? demanda Alice d'une voix anxieuse. Non, non, mais il s'en est fallu d'un cheveu, rpondit Bess en se retournant pour mieux voir. Tiens ! on dirait que la pauvre bte est blesse. Elle est tendue sur le bas-ct de la route. Alice arrta la voiture, et les trois amies descendirent. Un chat! s'cria Marion. Je crois mme que c'est un persan. Dans ce cas, il a beaucoup de valeur. Crois-tu qu'il se soit chapp de chez lui? demanda Bess. C'est possible, dit Alice en s'approchant doucement de l'animal. Gare aux coups de griffes ! jeta Marion.Le petit animal se recroquevilla sur lui-mme mais ne tenta pas de fuir. Doucement, Alice caressa les poils soyeux, tout en examinant la patte blesse. C'est un bb chat, dit-elle surprise. Comme il est beau! Il est moiti mort de faim, fit observer Bess. Si nous allions chercher un peu de lait chez Mme Pickwick ? Et de la tte elle montrait une auberge, Au Bon Accueil, situe de l'autre ct de la nationale.Elles traversrent la route et pntrrent dans une salle blouissante de propret. La patronne s'avana leur rencontre; les jeunes filles lui demandrent si elle savait qui appartenait le petit chat. Non, Mme Pickwick n'en avait pas la moindre ide, et elle ajouta qu'elle avait les chats et les chiens en horreur. Il ne pouvait donc tre question de lui laisser la malheureuse bte. La seule chose faire est de ramener la maison ce pauvre clop, dclara Alice. Nous ne pouvons tout de mme pas l'abandonner dans cet tat. Les jeunes filles achetrent un peu de lait et Mme Pickwick leur prta un bol. Elles installrent dans leur voiture le petit animal, provisoirement baptis Chatouf, le firent boire et, le

laissant roul en boule sur le sige, elles traversrent de nouveau la route pour aller se restaurer Au Bon Accueil.Vers trois heures, les amies taient de retour chez Alice o elles s'empressrent de montrer leur trouvaille Sarah qui les aida envelopper de bandages la patte blesse et prparer un panier garni d'un coussin moelleux.Quand James Roy revint de son tude, sa fille voulut lui faire admirer aussitt son nouveau protg. Chatouf, satisfait, ronronnait. II est trs beau! admira James Roy. J'espre que nous pourrons rapidement retrouver son propritaire. Cela dit, il n'y songea plus. Le lendemain, en ouvrant le journal local, son regard se posa par hasard sur utie petite annonce. Alice, viens voir! appela-t-il.Et, lui tendant le journal, il ajouta : Tiens, voici qui t'intressera. Une personne du nom de A. B. Arnold offre une rcompense de dix dollars qui lui rapportera un petit chat persan. Voici son adresse Berryville. Crois-tu qu'il s'agisse de Chatouf? demanda Alice vaguement attriste. Je n'en ai pas la moindre ide. Au dbut de l'aprs-midi, elle se mit en route pour Berryville en compagnie de ses deux amies insparables, Marion et less. L, elle interrogea plusieurs commerants sur la personne qui avait fait insrer l'annonce. Il ne s'agissait pas d'un homme comme elle l'avait d'abord cru, mais d'une femme, Annie Arnold. Elle m'a tout l'air d'tre une originale, dclara Alice ses amies. C'est une vieille fille installe dans la rgion depuis trois ans peine. On ne sait pas grand-chose son sujet, si ce n'est que ses voisins sont avec elle sur le pied de guerre, parce que sa maison sert de refuge plus de vingt-cinq chats. Vingt-cinq! souffla Bess. Eh bien, elle doit avoir une jolie noie chez le crmier! C'est justement l le hic, rpliqua Alice. Mlle Arnold nesemble pas rouler sur l'or, et elle n'arrive pas nourrir ses pensionnaires. Rsultat : ils vagabondent partout, miaulant qui mieux mieux. Rien d'tonnant ce que ses voisins se plaignent, commenta Marion en caressant Chatouf pelotonn sur ses genoux. Arrtons-nous devant la prochaine picerie et achetons des conserves de poisson, suggra Alice. Pour une fois, cette arme de chats aura un bon repas. Aussitt dit, aussitt fait, et les jeunes filles reprirent leur route. Bientt elles s'arrtaient devant une grande maison blanche alourdie de clochetons style 1900. L'ensemble tait assez dlabr et aurait eu besoin de plusieurs couches de peinture. Dans la cour, laisse l'abandon, des fleurs talaient leurs couleurs vives.Les trois amies descendirent de voiture et s'engagrent dans l'alle qui conduisait la