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37 L’ EXCELLENCE EN M EURTHE - ET -M OSELLE Là, posée sur la table basse, dans ce décor si caractéristique des start-up d’aujourd’hui –ambiance décontractée, design soigné, élégance des lignes, apaisement des codes couleurs, confort des canapés, ergonomie des postes de travail, plantes vertes et silence d’une concentration quasi religieuse- la petite voiture télécommandée ne surprend plus personne. Pourquoi pas, en effet, jouer durant quelques minutes au pilote professionnel que l’on ne sera sans doute jamais pour échapper un instant à l’attraction des écrans captifs et à l’incessant défilé des algorithmes ? Pourtant, ce petit bolide racé est bien davantage qu’un simple objet de divertissement. C’est un sujet de recherche et développement des plus sérieux pour Bigint. Sous ses airs innocents, la voiture télécommandée à distance cache un ingénieux dispositif électronique et quelques capteurs qui lui permettent de transmettre au pilote quasiment en temps réel les images de ce qu’elle voit. « De 500 millisecondes en 2013, nous sommes passé à 75/90 millisecondes. C’est ce qui se fait de mieux » précise Jean-Christophe Baudier, co-fondateur de Bigint avec son camarade d’études supérieures Archibald Picq. La performance pourrait apparaître anecdotique aux yeux du néophyte. Mais, appliquée au pilotage d’un drone, voire de plusieurs, la recherche de cette simultanéité de vue entre ce que l’engin filme et ce qu’en voit l’utilisateur est une question centrale pour la sécurité des personnes et l’efficacité des matériels. « L’objectif, est de faire voler ou rouler des flottilles de drones avec des atouts pour communiquer » explique Jean-Christophe Baudrier. Il estime d’ailleurs que Bigint doit pouvoir être capable de proposer des services sur ce marché, notamment en direction du monde agricole. Mais l’ingénieur ingénieux ne se projette pas seulement dans La Start-up des Start-up Les 100 m 2 de ses élégants locaux de la rue Simon à Nancy ne lui suffisent déjà plus. Bigint recherche un plateau de 200 m 2 pour héberger l’accélération de sa croissance. Dopé par un partenariat fécond avec les réseaux des campus d’Epitech, l’agence de développement web et mobile créée en 2011 par Jean-Christophe Baudier et Archibald Picq joue désormais dans la cour des grands, celle des applications innovantes et des objets connectés avec visibilité nationale et internationale. Bigint > Légende 36

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Page 1: BigintLes 100 m2 de ses élégants locaux de la rue Simon à Nancy ne lui suffisent déjà plus. Bigint recherche un plateau de 200 m2 pour héberger l’accélération de sa croissance

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L ’ e x c e L L e n c e e n M e u r t h e - e t - M o s e L L e

Là, posée sur la table basse, dans ce décor si caractéristique des start-up d’aujourd’hui –ambiance décontractée, design soigné, élégance des lignes, apaisement des codes couleurs, confort des canapés, ergonomie des postes de travail, plantes vertes et silence d’une concentration quasi religieuse- la petite voiture télécommandée ne surprend plus personne. Pourquoi pas, en effet, jouer durant quelques minutes au pilote professionnel que l’on ne sera sans doute jamais pour échapper un instant à l’attraction des écrans captifs et à l’incessant défilé des algorithmes ? Pourtant, ce petit bolide racé est bien davantage qu’un simple objet de divertissement. C’est un sujet de recherche et développement des plus sérieux pour Bigint. Sous ses airs innocents, la voiture télécommandée à distance cache un ingénieux dispositif électronique et quelques capteurs qui lui permettent de transmettre au pilote quasiment en temps

réel les images de ce qu’elle voit. « De 500 millisecondes en 2013, nous sommes passé à 75/90 millisecondes. C’est ce qui se fait de mieux » précise Jean-Christophe Baudier, co-fondateur de Bigint avec son camarade d’études supérieures Archibald Picq. La performance pourrait apparaître anecdotique aux yeux du néophyte.

Mais, appliquée au pilotage d’un drone, voire de plusieurs, la recherche de cette simultanéité de vue entre ce que l’engin filme et ce qu’en voit l’utilisateur est une question centrale pour la sécurité des personnes et l’efficacité des matériels. « L’objectif, est de faire voler ou rouler des flottilles de drones avec des atouts pour communiquer » explique Jean-Christophe Baudrier. Il estime d’ailleurs que Bigint doit pouvoir être capable de proposer des services sur ce marché, notamment en direction du monde agricole. Mais l’ingénieur ingénieux ne se projette pas seulement dans

La Start-up des Start-up

Les 100 m2 de ses élégants locaux de la rue Simon à Nancy ne lui suffisent déjà plus. Bigint recherche un plateau de 200 m2 pour héberger l’accélération de sa croissance. Dopé par un partenariat

fécond avec les réseaux des campus d’Epitech, l’agence de développement web et mobile créée en 2011 par Jean-Christophe Baudier et Archibald Picq joue désormais dans la cour des grands, celle des applications

innovantes et des objets connectés avec visibilité nationale et internationale.

Bigint

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« Nous considérons les projets de nos clients comme nos propres projets. Nous leur sommes fidèles et ils nous sont fidèles en retour.»

les airs. Le sous-sol aussi lui apparaît à son tour comme une opportunité. Il voit très certainement déjà Bigint gérer en temps réel les réseaux de ces engins télécommandés et communicants partis surveiller les canalisations et les réseaux enterrés des villes comme des campagnes.

Accélérateur de croissance

« C’est long d’être rapide » ! Dans la bouche de Jean-Christophe Baudier, la figure de style n’a rien d’une boutade et tout d’une vérité première dans son monde d’applications informatiques et d’objets connectés à la grande Toile. La formule signale également ce qui demeure au cœur de la jeune société nancéenne : la Recherche et Développement. « C’est notre modèle économique » assure le dirigeant. « Nous avons choisi la R&D plutôt que la levée de fond pour financer notre croissance. Assurer du service informatique, c’est le socle sur lequel nous nous appuyons pour financer notre propre R&D. C’est pourquoi l’équipe BigInt y consacre 15 à 20 % de son temps de travail ». Soit plusieurs milliers d’heures par an. Cette insatiable curiosité technologique profite évidemment aux clients dont Bigint développe avec soin les applications, souvent révolutionnaires, tout en assurant leur suivi.

Ainsi de « Dr Sport », une application mobile s’inscrivant dans le monde d’automédication et de conseils de prévention validée par un collège de médecins. Elle intervient depuis la survenue d’une douleur au cours d’une pratique sportive jusqu’à sa prise en charge. 7 000 cas cliniques y sont recensés. Un réseau de professionnels et de pharmacies est même proposé via un système de géo-localisation.

Autre exemple : « Fetch », une application qui met en relation les restaurants qui n’ont pas de service de livraison et les gourmets consommateurs. « L’algorithme calcule les restaurants les plus proches du lieu où se trouve la personne qui commande un repas. Pour aller plus vite et pour ne pas imposer des kilomètres inutiles aux livreurs, tous en vélo » indique Jean-Christophe Baudier. Sur Nancy, là où tout a commencé, cette application assure déjà 200 livraisons par jour. Metz, Reims, Dijon s’y sont mises à leur tour. Sept villes de moins de 200.000 habitants, le cœur de cible, seront couvertes à la fin 2017.

« Nous faisons face à une explosion de start-up du genre « Dr Sport » ou « Fetch ». Bigint est là pour assurer leur développement. Nous sommes en quelque sort un accélérateur de croissance pour les start-up » assure avec enthousiasme son co-fondateur. « Nous considérons les projets de nos clients comme nos propres projets. Nous leur sommes fidèles et ils nous sont fidèles en retour. Nous avons vraiment à cœur de développer des applications web toujours plus riches et plus innovantes » ajoute-t-il avec le sérieux qui est la marque de fabrique de l’agence. Ce n’est sûrement pas sûrement un hasard si la Banque Publique d’Investissement (BPI) de Nancy et l’Institut Lorrain de Participation suivent de prêt la jeune société dans son ambitieux plan d’investissements.

Au cœur d’un riche écosystème

Jean-Christophe Baudier en est convaincu depuis toujours: « pas d’écosystème, pas de start-up ! ». Ecosystème ? Ce mot apparu dans le vocabulaire entrepreneurial au début des années 2010 désigne l’environnement économique et

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« Notre projet commun de créer une structure est née au cours de nos études à Epitech-Paris. Nous n’avions que 24 ans. Nous sommes venus à Nancy parce qu’un campus Epitech venait de s’y ouvrir.

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« Nous sommes sur l’humain. C’est important.»

Agence de développement web et mobiles, incubateur d’idéesCréation en 2011 par Jean-Christophe Baudier et Archibald Picq.

42 rue Gustave Simon. 54000 Nancy.Tél : +33 (0)3 55 20 46 35. [email protected]

Chiffre d’affaires : 400.000 € en moyenne.Effectif : 8 salariés, jusqu’à 12 collaborateurs en fonctions des périodes.

10 à 20 % du temps de travail est réservé à la R&D.Certifications particulières :

Crédit d’Impôt Innovation : en 2015 et 2016Demande pour le statut Jeune Entreprise Innovante en cours

Les deux créateurs de BigInt le savent plus que quiconque. Dans cet univers du «Big Internet», les informations et les données personnelles circulent à la vitesse de la lumière à travers les nuages (« Cloud »), la sécurité est plus qu’un maître-mot : un impérieux impératif. « La sécurité est trop négligée. C’est souvent une passoire » affirme-

t-il, confiant même se méfier lui aussi de certains objets connectés. L’agence est certes juridiquement responsable en cas de fuite de données. Mais, au delà même de cet engagement légal, BigInt oeuvre lui aussi à la construction d’un internet plus sûr et plus respectueux de la vie privée. Question d’éthique !

social sans lequel une entreprise ne peut pas fonctionner. L’écosystème de Bigint est incontestablement formée par le dense réseau organisé autour du campus nancéen d’Epitech, la grande école privée de l’innovation et de l’expertise informatique (12 sites en France, plus de 6 000 étudiants). Les deux co-fondateurs de Bigint en sont d’ailleurs issus et y ont même été enseignants durant quelques années. « Notre projet commun de créer une structure est née au cours de nos études à Epitech-Paris. Nous n’avions que 24 ans. Nous sommes venus à Nancy parce qu’un campus Epitech venait de s’y ouvrir. C’était aussi pour nous l’opportunité de partager l’expérience de Paris avec les étudiants de Nancy » raconte Jean-Christophe Baudier.

Bigint a réalisé et assure la maintenance de l’Intranet pédagogique de l’école Epitech. De la gestion des stages à celle des plannings, des boîtes mails jusqu’à la tout récente signature électronique certifiée mise en place par son équipe d’experts, « presque tous ingénieurs ». Epitech est ainsi devenu l’un des plus fidèles grands comptes de l’agence, sans oublier la vingtaine d’autres clients fidèles ! C’est aussi pour elle un généreux vivier de jeunes talents sur lequel Bigint sait pouvoir compter. L’agence les rencontre aussi au cours d’apéros-web organisés à la Poudrière de Nancy, un espace de travail partagé que Bigint a financièrement aidé en 2013 en participant au bouclage de leur opération de prêt participatif, aussi appelé « crowdfunding ».

« Nous sommes sur l’humain. C’est important » affirme Jean-Christophe Baudier avec sincérité. La multiplication même des écrans et des applications impose, à ses yeux, de ne jamais oublier cette réalité fondamentale. Tous les

matins, vers 10 heures, le « Daily Meeting » réunit tous les collaborateurs autour d’une tasse de café (tout de même 42 kilos par an !) Debout, chacun fait à tour de rôle le point sur l’avancée de son travail. Cette pratique de l’agilité , cette conduite du changement pour « déjouer les incertitudes », Bigint l’applique évidemment avec la même rigueur avec ses clients. Histoire d’éviter toute mauvaise surprise finale.

La sécurité de l’avenir

Que vaut l’espace et la réalité physique quand votre métier est justement de les « dématérialiser » ? Quelques millisecondes ! Rien d’étonnant donc à ce que les portes de Bigint se soient très rapidement grandes ouvertes sur le marché international. L’agence a ainsi pris en charge le site internet «lesfrontaliers.lu » qui recense toutes les informations utiles, et elles sont innombrables, à tous ceux qui travaillent dans le Grand-Duché de Luxembourg, qu’ils soient belges, français ou allemands. Outre un forum, l’agence a développé la calculatrice fiscale du site, un outil plus que précieux et très largement utilisé.

Avec « Foobot », la création d’une start-up française incubée au Luxembourg et qui a pris son essor aux États-Unis, Bigint plonge plus avant encore dans la dématérialisation. Placé dans une pièce, ce petit capteur plutôt design analyse de manière instantanée la qualité de l’air intérieur des appartements et des bureaux. Il peut émettre des alertes et propose des conseils pratiques pour améliorer, à distance, ladite qualité de l’air intérieur. Bigint gère les applications mobiles qui disposent, désormais, d’une bonne visibilité sur la scène internationale : Suède, États-Unis, Chine.