Si vous êtes ici, c’est probablement parce que vous avez tapé « comment créer un site web » à 2h du matin ou que vous en avez marre de votre boulot actuel et que la tech vous fait de l’œil. Excellente nouvelle : le développement web est l’un des rares domaines où l’on peut passer de « je ne sais rien » à « je suis employable » sans forcément hypothéquer sa maison pour un diplôme universitaire.
Historiquement, sur vdocuments.fr, on a vu passer des tonnes de fichiers, de PDF techniques et de présentations sur l’ingénierie et la tech. C’était une mine d’or pour ceux qui cherchaient des références académiques. Mais lire un PDF sur le code et écrire du code, c’est deux mondes différents. C’est comme lire un livre sur la natation sans jamais toucher l’eau.
Alors, oubliez le jargon pompeux des manuels scolaires. On va parler concrètement de ce qu’il faut pour démarrer, des pièges débiles (dans lesquels je suis tombé aussi) et des outils qu’on utilise vraiment en entreprise en 2024.
Avant de taper la moindre ligne de code
Il y a une idée reçue qui a la vie dure : il faut être un génie des maths pour coder. C’est faux. Sérieusement. Si vous savez faire une règle de trois et que vous avez assez de logique pour monter un meuble IKEA sans qu’il vous reste trois vis à la fin, vous pouvez faire du web dev.
Le développement web, c’est surtout de la résolution de problèmes. C’est savoir pourquoi ce satané bouton ne veut pas s’aligner à droite ou pourquoi votre formulaire n’envoie rien. C’est 80% de frustration et 20% de pure euphorie quand ça marche enfin.
La Sainte Trinité : HTML, CSS et JavaScript
Ne vous dispersez pas. Au début, on voit passer des noms comme React, Angular, Vue, Python, PHP… Laissez tomber tout ça pour l’instant. Si vous ne maîtrisez pas les bases, utiliser un framework (comme React), c’est comme essayer de piloter un avion de chasse alors que vous ne savez même pas faire de vélo sans petites roues.
1. HTML (HyperText Markup Language)
Ce n’est même pas un langage de programmation à proprement parler, c’est un langage de balisage. Imaginez que vous construisez une maison. Le HTML, c’est les fondations, les murs en béton, la charpente.
- C’est la structure brute. Sans lui, rien n’existe.
- Ça fonctionne avec des « balises ». Vous ouvrez une balise, vous mettez du contenu, vous fermez la balise. Si vous oubliez de fermer, le navigateur va essayer de deviner, et souvent, il devine mal.
- Utilisez les bonnes balises. Ne faites pas tout avec des
div. Si c’est un bouton, utilisezbutton. Si c’est un titre,h1. Google vous remerciera pour le référencement, et les lecteurs d’écran pour l’accessibilité aussi.
2. CSS (Cascading Style Sheets)
Si le HTML est le béton, le CSS est la peinture, la déco, et l’agencement des pièces. Sans CSS, le web ressemble à un document Word de 1995. C’est moche.
C’est souvent là que les débutants craquent. On pense avoir compris, et paf, on change une marge et tout le site se déplace de 50 pixels vers la gauche. Voici ce qu’il faut bosser en priorité :
- Le modèle de boîte (Box Model) : Tout en web est un rectangle. Comprendre la différence entre
margin(espace extérieur) etpadding(espace intérieur) va vous sauver la vie. - Flexbox : Indispensable pour aligner les choses. Vous voulez centrer un élément verticalement et horizontalement ? Flexbox le fait en trois lignes. Avant, c’était un cauchemar mathématique.
- CSS Grid : Pour les mises en page complexes en deux dimensions (lignes et colonnes). C’est puissant, mais commencez par Flexbox.
3. JavaScript (JS)
Là, on rentre dans le dur. C’est le cerveau de la page. C’est ce qui se passe quand vous cliquez, quand vous scrollez, quand vous récupérez des données sans recharger la page.
Au début, JS va vous sembler illogique. Vous allez oublier des points-virgules, vous allez confondre les égalités (== vs ===, oui ça existe), et vous allez passer deux heures à chercher pourquoi votre fonction ne se lance pas (spoiler : vous avez oublié les parenthèses). C’est normal. Accrochez-vous.
L’équipement du développeur (Setup)
Pitié, ne codez pas dans le Bloc-notes de Windows. Vous allez souffrir pour rien. Les développeurs utilisent des IDE (environnements de développement intégrés). Aujourd’hui, le roi incontesté s’appelle VS Code (Visual Studio Code). C’est gratuit, c’est léger, et c’est ce que 90% de l’industrie utilise.
Une fois installé, ne restez pas « vanilla ». Ajoutez quelques extensions pour vous faciliter la vie :
- Live Server : Permet de voir vos changements en direct sur le navigateur dès que vous sauvegardez. Fini le réflexe F5 toutes les 3 secondes.
- Prettier : Ça formate votre code automatiquement quand vous sauvegardez. Vos indentations seront toujours parfaites, même si vous codez comme un sagouin.
- Auto Rename Tag : Changez la balise ouvrante, ça change la fermante. Gain de temps garanti.
Et apprenez à utiliser l’Inspecteur (Chrome DevTools). Appuyez sur F12 sur n’importe quelle page web. Vous pouvez voir le code, modifier le CSS en direct pour tester des trucs, et surtout voir les erreurs dans la « Console ». Si quelque chose ne marche pas, la réponse est souvent écrite en rouge dans la console.
Le piège de l’Enfer des Tutoriels (Tutorial Hell)
C’est le truc le plus dangereux pour un débutant. Je l’ai vu des dizaines de fois.
Ça ressemble à ça :
- Vous regardez une vidéo YouTube de 3 heures « Créez un clone de Netflix ».
- Vous copiez le code du type en même temps que lui.
- À la fin, vous avez un clone de Netflix qui marche.
- Vous vous sentez puissant.
- Vous ouvrez une page vide pour faire votre propre projet… et vous ne savez absolument pas par où commencer.
C’est parce que vous n’avez pas appris à coder, vous avez appris à taper. Pour éviter ça, dès que vous apprenez un concept (par exemple les boucles en JS), fermez la vidéo et essayez de faire un truc bête avec. N’importe quoi. Une boucle qui écrit « J’aime les pommes » 50 fois. C’est moche, mais c’est votre code.
Où trouver les bonnes ressources ?
Internet regorge de contenu, et c’est bien le problème. Il y a trop de choix. En tant qu’ancienne plateforme de partage de documents, chez vdocuments.fr, on sait que la curation, c’est la clé.
Pour apprendre le web en 2024, voici des valeurs sûres :
- MDN Web Docs (Mozilla Developer Network) est la bible. C’est la documentation officielle, traduite en français. Si vous avez un doute sur une balise HTML ou une propriété CSS, c’est là qu’il faut aller. Pas sur un forum obscur datant de 2012.
- freeCodeCamp est incroyable. C’est interactif, gratuit, et ça vous fait pratiquer immédiatement.
- Pour les vidéos, cherchez des chaînes qui expliquent le « pourquoi » et pas juste le « comment ». Grafikart fait du super boulot pour les francophones.
Backend vs Frontend : De quel côté de la force ?
Assez vite, vous allez entendre parler de ces deux termes. Imaginez un restaurant.
Le Frontend, c’est la salle. La déco, les tables, le menu, l’ambiance, le serveur qui sourit. C’est ce que le client voit et touche. C’est le HTML/CSS/JS dont on a parlé.
Le Backend, c’est la cuisine. C’est le chaos organisé. Les bases de données, les serveurs, la sécurité, l’authentification des utilisateurs. Le client ne voit rien de tout ça (et heureusement), mais sans cuisine, pas de plat.
Au début, concentrez-vous sur le Frontend. C’est plus visuel, plus gratifiant. Vous tapez du code, ça change à l’écran. Le Backend est plus abstrait. Une fois que vous êtes à l’aise avec le front, vous pourrez jeter un œil à Node.js ou Python pour comprendre l’arrière-boutique.
Projets pour débutants (qui ne sont pas des To-Do Lists)
Tout le monde fait une « To-Do List » comme premier projet. C’est le « Hello World » des applications. Faites-en une pour comprendre la logique, puis passez à autre chose de plus intéressant pour votre portfolio.
Voici quelques idées qui montrent que vous avez compris les bases :
- L’application météo locale : Utilisez une API gratuite (comme OpenWeatherMap). Ça prouve que vous savez récupérer des données externes (fetch) et les afficher proprement.
- Un site vitrine simple pour un ami ou un commerce fictif : Pas de CMS comme WordPress. Faites-le en HTML/CSS pur. Ça montre que vous savez gérer la mise en page et le responsive (mobile-friendly).
- Un petit quiz en JavaScript : Gérez le score, changez les questions sans recharger la page, affichez un message de victoire. Ça bosse la logique conditionnelle et la manipulation du DOM.
Ne lâchez rien (surtout quand ça casse)
Le développement web, c’est ingrat. Vous allez passer une journée entière à essayer de corriger un bug, pour réaliser à 18h que vous aviez écrit beckground-color au lieu de background-color. Ça m’est arrivé, ça arrive aux seniors, ça arrivera à tout le monde.
L’important n’est pas de tout savoir par cœur (personne ne connaît tout par cœur, on passe notre vie sur Google et Stack Overflow). L’important est de savoir chercher l’information et de ne pas paniquer face à une erreur rouge.
À l’époque où vdocuments.fr était purement une bibliothèque de partage, on voyait des étudiants télécharger des cours théoriques par milliers. Aujourd’hui, la théorie ne suffit plus. Il faut mettre les mains dans le cambouis. Alors installez VS Code, faites-vous un café (ou deux), et commencez à casser des trucs. C’est comme ça qu’on apprend.