actusoins magazine n°19 décembre 2015

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Retrouvez toute l'actualité infirmière au quotidien, sur www.actusoins.com

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  • EN IMAGES

    EN ONCOLOGIEFACE AUX JEUNES

    COMBATTANTS

    DOSSIER

    VACCINATION :LA GRANDE HSITATION

    A LA UNE

    PLAN BLANCPOUR UNE NUIT NOIRE

    DCEMBRE - JANVIER - FVRIER 2016N19

    RETROUVEZ LACTUALIT INFIRMIRE AU QUOTIDIEN SUR WWW.ACTUSOINS.COM

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  • EDITO

    diteur : ActuSoins SARL - 57 Rue de LOuest - 75014 Paris - R.C.S. PARIS 520180688Directeur de la publication : Kamel Boudjedra Numro decommission paritaire : 0613 W 90939 ISSN : 2256-6260Dpt lgal : parution Rdactrice en chef : Cyrienne Clerc

    (cclerc@actusoins.com) Ont collabor ce numro : DelphineBauer, Olivier Blanchard, Olivia Dujardin, Caroline Guignot, SimonLambert, Emilie Lay, Laure Martin, Laurence Piquard, Elsa Sabado, MalikaSurbled, Philippe Viseux de Potter. Photo de couverture : C.Beaujard/BSPP Graphisme : Pascal Fossier Illustrations :Nawak

    Impression : Rotimpres Routage: RoutageCatalan Contactrdaction :09724047 17- redaction@actusoins.com Contact annonces demploi/formation/publicit: 0954534545- annie@actusoins.com

    MobilisationPlus rien ne sera pareil aprs le 13 novembre. Une phrase entendue du ct des politiques galement valable pour les soignants qui ont vcu, cette nuit de Plan blanc, laf ux de victimes. Ils se sont mobiliss de manire exemplaire , comme la soulign la ministre de la Sant. Plusieurs in r-miers tmoignent pour ActuSoins de cette mobilisa-tion et partagent leur ressenti mais aussi leur retour dexprience.Du ct des in rmires librales, lheure est aus-si la mobilisation contre la loi dite de mo-dernisation de notre systme de sant vote le 17 dcembre. Mais ltat durgence, puis la trve des con seurs, ont eu pour linstant raison de leur combativit. Ils trouveront dans ce numro des informations sur deux sujets qui les proccupent : la clause de non-concurrence et le DMP.Dans votre magazine, partagez galement le vcu de professionnels qui se mobilisent face lhandi-cap, dautres qui soignent les migrants, ceux qui prennent en charge des jeunes atteints de cancer ou encore des in rmiers qui font le choix de deve-nir formateurs.En n, parmi les sujets qui font dbat : la vaccina-tion. Tant pour les patients que pour les soignants. Cest lobjet de notre dossier.ActuSoins vous souhaite une excellente anne 2016 et une bonne lecture ! n

    CYRIENNE CLERC RDACTRICE EN CHEF ACTUSOINS

    ABONNEZ-VOUSEN PAGE 43A LA UNE - Plan blanc pour une nuit noire

    - Deux in rmiers sapeurs-pompiers enpremire ligne

    4 VIE LIBRALE 22 - Concurrence : les rgles respecter - A quand unengouement pourleDMP?

    - Personnes ges : duquer pour prvenir les chutes

    PRATIQUES 12 - Cathter prinerveux: unetechnique danalgsie en postopratoire

    - Les pansements et leurs utilisations

    VIE PROFESSIONNELLE - Rapprocher le soin et laide domicile : une exprimentation

    - Erreurs : signaler, analyser et prvenir

    - Pour les sourds, la communication au cur des soins32

    LA LOUPE - Un centre pour soigner les maux des migrants

    40

    DOSSIER - Vaccination : lagrande hsitation 46

    PORTRAIT - Florence Ambrosino: promouvoir la pratique avance

    52EN IMAGES - En oncologie, face aux jeunes combattants 5458

    SOIGNANTS DAILLEURS - Thalande: lattraitdu priv

    INITIATIVE - Auprs des handicaps, dutemps pour la coordination

    44

    SOIGNER AUTREMENT - La relaxation, pour deslves moins angoisss

    60SE FORMER - Se former enjouant - In rmier et formateur vacataire dans un IFSI64

    LACTUALIT SCIENTIFIQUE 10

    AGENDA 70VOS DROITS 62

    ACTUSOINS 3 NUMRO 19 DCEMBRE - JANVIER - FVRIER 2016

  • Actusoins la une

    Plan blanc pour une nuit noireCtait un vendredi soir, 21 heures. Des soignants quittaient leurs blouses et leur fatigue pour entamer un week-end mrit, dautres prenaient leur relais. Quelques minutes plus tard, ce 13 novembre, les terroristes commenaient leur ballet macabre. La mobilisation est totale. Anne, Guillaume et Emmanuel, infirmiers, tmoignent pour ActuSoins.

    Pourya Pashootan / AP-HP

    Hpital Saint-Louis, salle de rveil dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015.

    ACTUSOINS NUMRO 19 4 DCEMBRE - JANVIER - FVRIER 2016

  • Actusoins la une

    Saint-Louis, au cur du carnageVronique, pour rentrer chez elle, emprunte la rue Bichat. Surgi de nulle part, un jeune homme court dans sa di-rection : Ma grand-mre est blesse ! Elle a reu des balles ! . Ni une, ni deux, linrmire en civil arrte un camion de pompier, rquisitionne un brancard et secourt la vieille dame, avant de rentrer alerter ses collgues. La pre-mire victime de cette nuit dattentats est inscrite 21 h 42 lhpital Saint-Louis qui jouxte les deux restaurants cibls.Peu aprs, Anne Pouessel, sa cadre suprieure de sant, reoit un appel de Jean-Paul Fontaine, le chef du service des urgences de lhpital du Xe arrondissement. Tupeux venir ? Elle quitte ses contures, prend sa voiture et avale les quatre-vingts kilomtres qui la sparent du Canal Saint-Martin pour prendre son poste de coordination des inrmiers et aides-soignants. parpills dans les restaurants et cafs environnant leur lieu de travail, un grand nombre dentre eux se prsente spontanment. Je suis responsable du planning et jai d en renvoyer un certain nombre chez eux. Il nous fallait de la rserve de personnel, au cas o une autre attaque survenait dans la soire , explique cette cadre. Pour les soignants de Saint-Louis, cest le choc : le Carillon est leur base arrire, lendroit o ils dcompressent aprs le travail.Saint-Louis accueillera vingt-sept blesss par balle. Les m-decins sont descendus aux urgences pour aider trier les blesss. Urgence absolue ou urgence relative, tout dpen-dait de la localisation de la balle, et eux seuls pouvaient le dterminer, raconte Anne Pouessel. Pendant ce temps, les inrmiers sactivaient : perfusions, antalgiques, panse-ments Mais surtout, nettoyage des boxes. Jamais nous navions vu autant de sang dont lodeur enttante ottait partout .Cette nuit-l, tout lhpital est sur le pont. La direction et les cadres sont aussi revenus en urgence. Ils assurent la logis-tique : lorganisation des hommes, mais aussi la fourniture de lits-porte, de draps, de bouteilles deau. Il rgnait une atmosphre bizarre, trs calme, trs solidaire. Il ny avait plus de place pour les conits personnels , souligne-t-elle.Alors que les patients sont encore au bloc opratoire, une heure du matin, le tlphone commence sonner sans discontinuer. Ce sont les familles, folles dinquitudes, la recherche de leurs proches. Certains appelaient de loin. Dautres se dplaaient lhpital, dans la nuit, puis le lendemain matin. Dans ce malheur, nous avions une chance : nous avions identi tous nos patients, et pouvions rpondre avec certitude lanxit de ces parents , relate cette cadre de sant.Puis, les victimes, comme les personnels, ont commenc dcompenser. Notre hpital, une rfrence pour le trai-tement des cancers, dispose dun bon nombre de psys, appuys par des quipes de Lariboisire , explique-t-elle.Viennent ensuite les runions de dbrieng . Plusieurs dysfonctionnements sont relevs, des points amliorer

    pour la prochaine fois, en esprant quil ny en ait pas. Le premier, li au manque de personnel habituel lhpital : Lorsque les premires victimes sont arrives, il ny avait que trois aides-soignants. Et lun dentre eux tait sorti avec un brancard pour aller chercher les victimes du Carillon. Rsultat, nous manquions de bras pour porter les victimes .

    Deuxime faiblesse, les problmes technologiques : Aux urgences de Saint-Louis, seuls les abonns SFR ont du rseau. Lorsque le xe est sans cesse occup, cela pose des problmes pour communiquer avec nos collgues . Dernier point : le logiciel informatique, trs lent, ne permet pas de rpondre un afux de victimes, ce qui peut causer une certaine dsorganisation. Mais une grande ert est galement ressortie de ces changes et des multiples ap-pels de remerciements des familles des patients.

    lHtel-Dieu, la prise en charge psychologique et policireGuillaume Gandoin partageait son repas avec son collgue, le Dr Kierzec, lorsque les push de BFM, lont alert sur son portable. Nous avons appel les respon-sables de garde, pour savoir si ctait vrai, sils avaient besoin daide. Le premier bless par balle venait darri-ver , raconte linrmier. Les deux compres se prcipitent vers lhpital. Titulaire dun diplme dEtat dexpertise dans la gestion des interventions durgence sanitaire, ancien se-couriste la protection civile de Paris, le jeune homme a voix au chapitre dans la cellule de crise de lhpital. Le Plan blanc, il connat par cur : Nous nous runissons environ quatre fois par an, en fonction de lactualit, pour laborer des schmas de circulation des patients, anticiper les moyens ncessaires, tenir jour la liste des personnels pour savoir qui rappeler , dtaille linrmier.Comme le 11 janvier dernier, lors des attentats de Charlie Hebdo, il faut mettre en pratique la thorie. On se doutait que le Plan blanc allait tre dcle