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  • Anne-Marie Gaillard, Mohammed Ababou, Kamal Mellakh,

    Kadija Zahi et Jacques Gaillard

    Ce travail est issu dentretiens conduits en 2012-2013 au Maroc auprs de 69 scientifiques marocains slectionns dans des lieux et des disciplines diffrents et identifis partir du WoS (Web of Science) pour avoir publi de faon rgulire avec des collgues trangers au cours des 5 annes prcdent lenqute. Aprs avoir prsent lchantillon et discut la fiabilit des rsultats, les auteurs prsentent ces derniers. Ces rsultats construisent une image fragmente mais cohrente des motivations et des retombes ainsi que des obstacles ou des modes de collaboration. Souvent considres comme personnelles et individuelles, ces collaborations ont le plus souvent commenc pendant les tudes (au Maroc ou ltranger), mais elles se diversifient au fil des ans et tous reconnaissent fortement le rle essentiel jou par les confrences internationales pour crer des liens qui dbouchent sur des collaborations. Ils sont unanimes reconnatre quils sont trs minoritaires vouloir et pouvoir collaborer au niveau international car le processus est difficile et ils dcrivent les problmes quil faut contourner comme tant essentiellement dpendant dun milieu scientifique national peu incitatif (manque de comptence et manque dintrt de nombreux collgues), lourde bureaucratie (particulirement pour la gestion des fonds). Ils insistent fortement sur le fait que sans collaboration internationale ils ne pourraient pas faire la recherche quils mnent aujourdhui et sont dans lensemble satisfaits des retombes de leurs collaborations considrant que leur impact contribue au renforcement des capacits scientifiques de leur pays : formation des tudiants, meilleur quipement des laboratoires apprentissage de nouvelles techniques, renouvellement de corpus thoriques, volution des thmatiques de recherche, meilleure visibilit des institutions (publications, brevets) et finalement, contribution au dveloppement conomique et social.

    Les rsultats et analyses prsents dans ce chapitre sont bass sur 69 entretiens denseignants chercheurs et de chercheurs marocains mens au Maroc en 2012 dans leurs institutions respectives sur leurs collaborations scientifiques internationales. Le but recherch travers cette approche empirique tait daccrotre notre comprhension

  • de la gense, du dveloppement et des dterminants de ces collaborations ainsi que de leurs effets sur les carrires. Un bref survol de la littrature sur ce sujet confirme plusieurs facteurs dterminants que nous rapportons ci-aprs (cf. galement chapitre 1). Parmi les motivations universelles et intemporelles figurent lamour de la science et l'espoir de sa dispersion travers les frontires au profit de lhumanit (Leibniz, cit par Loemker, 1969) ainsi que la qute de lexcellence et le besoin de visibilit (Parson 1952). Par ailleurs il est dmontr que la collaboration scientifique internationale contribue augmenter la production scientifique, sa visibilit et son impact (Landry et al. 1996; Lee & Bozeman, 2005; Duque et al., 2005; Shrum et al., 2007; Glnzel, Debackere & Meyer, 2008; Bordons, 2013). Parmi les moyens figure le recours Internet pour promouvoir les collaborations internationales et la production scientifique (Vasileiadou & Vliegenthart, 2009). Les rseaux jouent galement un rle dterminant (Liberman, Wolf, 1998) en acclrant les carrires acadmiques (Van Rijnsoever F.J., 2008) et en facilitant les nouveaux contacts et laccs aux financements (Nieminen & Kaukonen, 2001; Harman, 2001) 142. Toujours selon la littrature, outre les bnfices que lon peut tirer des collaborations internationales, ces dernires sont devenues une ncessit absolue pour faire face la complexit croissante des questions qui se posent et linflation des cots dquipements et dinfrastructure de recherche de plus en plus sophistiqus. Dans ce contexte, les communauts scientifiques les moins dveloppes ont bien videmment beaucoup gagner des collaborations scientifiques internationales dans la mesure o ces dernires pourraient contribuer 1) accrotre leurs capacits scientifiques et leur intgration dans la communaut scientifique internationale, 2) favoriser la circulation professionnelle de leurs membres, 3) accrotre leur visibilit tout en renforant leur capacit scientifique (Osca-Lluch J. et al, 2007). La littrature souligne aussi un nouveau dterminant des collaborations internationales : le besoin croissant dtudes rgionales ou internationales pour rsoudre les problmes qui se posent dornavant de manire transnationale et globale. Ces dfis plantaires tels que le changement climatique, la sant mondiale, la biodiversit, pour nen citer que quelques-uns, dpassent les frontires et constituent une menace importante pour les socits et les cosystmes. Ils exigent une collaboration internationale grande chelle en raison de la nature et de l'ampleur des consquences potentielles de ces problmes (voir The Royal Society, 2011). Il existe de nombreuses tudes bibliomtriques sur les collaborations scientifiques internationales nous renseignant sur leur importance relative et la nature de la collaboration en termes de pays et de disciplines impliques (cf. chapitre 1, 3 et 7 dans cet ouvrage). Mais en dpit de cette connaissance accumule, il nexiste que trs peu dtudes empiriques sur les raisons et les dterminants de linternationalisation des activits de recherche. Cest pour contribuer combler cette lacune que nous avons entrepris de mener des interviews de chercheurs au Maroc et cest galement dans cette dmarche que sinscrit le prsent chapitre.

    142 Pour une discussion plus dtaille de la littrature cf. Chapitre 1.

  • Un guide dentretien semi-directif a t labor dans le but dclairer, au cours de linterview, un certain nombre de questions. A savoir :

    Trajectoires de formations, itinraires de la recherche Circonstances et droulement des collaborations Motivations Type, nature et porte des collaborations Effets des collaborations Obstacles et difficults Auto-valuation du rle jou dans la dernire collaboration.

    Les scientifiques interviews ont t slectionns par tapes. Afin de ne pas multiplier les lieux denqute, les interviews ont t concentrs au sein de plusieurs ples universitaires majeurs du Maroc dont les dates de cration recoupent les diffrentes phases de dveloppement des universits publiques marocaines:

    Laxe Rabat-Casablanca et Mohammedia, o ont t crs les premires universits marocaines, la premire, lUniversit Mohamed V, ayant vu le jour Rabat en 1956.

    Fs, Marrakech et Oujda o les universits ont t cres respectivement en 1975 (Fs) et 1978 (Marrakech et Oujda).

    Ttouan-Tanger qui fait partie de la dernire vague de cration universitaire du dbut des annes 80.

    Les chercheurs ont t identifis laide du Web of Science (WoS), la slection soprant sur les chercheurs ayant publi au moins quatre fois en tant que co-auteur avec des collgues trangers durant les cinq annes prcdant lenqute (2005-2010). Ces personnes nayant pas toujours t joignables au moment de lenqute (2011), une liste complmentaire a t tablie sur la base des rseaux universitaires locaux, en sefforant de respecter un quilibre entre les diffrentes disciplines, et en impliquant non seulement des chercheurs co-publiant avec des chercheurs trangers, mais aussi ceux collaborant avec des collgues trangers sans toutefois tre visible dans le WoS. Ce dernier critre de slection simposait pour inclure dans lchantillon des chercheurs en Sciences Humaines et Sociales (SHS) qui bien que collaborant volontiers linternational ne co-publiaient pas dans des revues indexes par le WoS (nous y revenons ultrieurement).

    143 Au moment de lenqute lUniversit Cadi Ayyad de Marrakech tait considre comme la premire universit marocaine en termes de publications et la troisime du continent africain. 144 Les chercheurs en SHS ont plus tendance publier des ouvrages ou des chapitres douvrage ainsi que des publications dans des revues locales non indexes.

  • Quatre chercheurs, auteurs de ce chapitre, se sont partag les entretiens qui se sont drouls sur une priode dun an entre 2012 et 2013. Les enregistrements oprs ont t retranscrits puis ont servi de base la rdaction de quatre synthses. Ce sont ces dernires qui, conjointement au squenage thmatique des interviews disponibles, servent de support ce chapitre. La plupart des entretiens ont t raliss sur les lieux de travail (bureaux ou laboratoires), parfois aprs une approche difficile et laide de collgues ayant dj t interviews. Durant lentretien, les chercheurs ont toujours manifest un grand intrt et une grande disponibilit. Ils ont fait de lenqute leur propre cause dit lun des enquteurs. Cela illustre bien la bonne ractivit des chercheurs interviews et le fait quils se sont volontiers fait les intermdiaires pour faciliter les prises de rendez-vous avec dautres collgues identifis. Ils ont eu le sentiment davoir pu pleinement sexprimer sur les diffrents facteurs et obstacles de leurs collaborations. Ils affirment de faon trs forte leur amour de la science, de la recherche et du mtier de chercheur et certains dentre eux se sont volontiers attards sur les conditions difficiles de lexercice de cette activit au Maroc ainsi que sur les questions gnrales de la politique nationale denseignement suprieur qui rendent difficile la pratique de lactivit de recherche. La faon dont ils ont trait la question du rle quils ont jou lors de leur dernire participation un projet en collaboration a presque toujours largement dpass le cadre de cette dernire. Ils ont prfr rpondre dune faon gnrale faisant apparatre un rle qui se densifiait en responsabilits et initiatives au fur et mesure de lavancement de leur carrire (la plupart dentre eux sont des chercheurs confirms avec une grande exprience collaborative). Par contre ils ne se privent pas toujours de juger la participation de leurs c

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